VIII. Produits de la chasse, de la pêche et des cueillettes
Le commerce des pelleteries est peu considérable dans les colonies françaises ; il se réduit à quelques peaux de tigres, de lion et de singe ; les comptoirs de la Côte-d’Or pourraient fournir une certaine quantité de ces dernières. On tire des établissements de Terre-Neuve quelques belles fourrures, provenant en majeure partie d'échanges avec les Micmacs de Terre-Neuve .
De la plupart des colonies françaises on pourrait tirer une assez grande quantité de plumes à couleurs vives, propres à la confection d’objets de 'toilette ; mais la Guyane et la Cochinchine sont les seules où ce commerce ait une certaine importance ; les queues de paon et les ailes des martins-pêcheurs sont en ce dernier pays l’objet de transactions suivies avec la Chine. Le Sénégal dont on pourrait aussi tirer un riche assortiment de plumes de couleur, n’exporte que des plumes d’autruche et de marabou .
La plus grande partie des cornes et pieds de bœufs abattus dans la Sénégambie est perdue pour le commerce; on n’en exporte annuellement qu’une dizaine de mille kilogrammes.
Le prolongement des récifs d’Entrecasteaux et le canal qui sépare la Nouvelle-Calédonie de ses dépendances, sont très-propres à la pêche de la baleine et du cachalot.
A la côte de Malabar on fait une assez grande quantité d’huile de poisson. La pêche est la principale industrie de notre établissement de Mahé. — Dans la Basse-Cochinchine, l’huile de poisson donne lieu à un commerce important. A Saint-Pierre et Miquelon, l’huile de foie de morue est en prospérité ; en 1865, les foies s’achetaient, à Saint-Pierre, 3 fr. 50 les 8 litres. Annuellement^ la colonie exporte environ 500,000 kilogrammes d’huile brune de foie de morue, vendus en France de 120 à 140 fr. les 100 kilogrammes. La fabrication de l’huile de loup marin, si elle était encouragée, pourrait prendre de grands développements dans nos établissements de Terre-Neuve ; on l’obtient par la fermentation au soleil ; elle est bonne pour l’éclairage , le corroyage, la mécanique.
Les Antilles peuvent fournir une grande quantité d’éponges communes ; on en trouve aussi d’excellentes et en abondance sur les côtes des îles de la Société.
Dans le haut Sénégal, la Casamance, les cours d’eau de la Côte-d’Or et du Gabon, en Gochinchine, les hippopotames sont assez communs ; mais les lamentins, dont la peau est employée à la confection des cravaches, deviennent de plus en plus rares.
La pêche des huîtres perlières est une des principales industries des Ranacks dans les établissements français de l’Océanie. — Les nautiles, très- abondants sur les plages de la Nouvelle-Calédonie, donnent une nacre très-estimée. En Cochinchine, le commerce
APPENDICE
de la nacre est considérable ; on emploie cette matière à la fabrication des objets de luxe.
Les Antilles, la Guyane, la Réunion, les comptoirs de la côte occidentale d’Afrique et les établissements français de l’Océanie possèdent des tortues comestibles et à écailles ; mais il n’en est fait de commerce un peu important qu’en Gocbincbine, à Mahé, à Mayotte et dépendances. Les époques de pêche, à Nossi-Bé, ont lieu de septembre à mars. Chaque tortue fournit douze feuilles, dont 4 grandes du poids maximum de 2 kil. 500. Le prix moyen est de 50 fr. le kil.
Nos colonies de Saint-Pierre et Miquelon, de la Guyane, du Sénégal et de la Gocbincbine pourraient fournir des quantités énormes de vessies natatoires de poissons, mais elles sont en partie perdues. A la Guyane, pourtant, elles sont l’objet d^un certain commerce; en 1865, il en a été exporté 3,088 kilogr., au prix moyen de 3 fr. le kil.
Le Gabon fournit encore d’assez grandes quantités d’ivoire. La Basse-Gochinchine pourrait en donner également; mais ce produit esG presque en totalité, exporté en Chine.
Le Sénégal et dépendances exportent annuellement 100,000 kil. de cire environ.
Les lichens de la Réunion, employés à faire des gelées qui sont excellentes, pourraient être utilisés en pharmacie pour la fabrication des capsules.
Les matières gommeuses et résineuses sont abondantes et variées dans les colonies françaises; mais peu d’entre elles sont exploitées sur une large échelle. Citons en première ligne, la gomme du Sénégal, le caoutchouc du Gabon, les résines, gommes, etc., des Antilles, de la Guyane, de la Cochinchine, et de nos établissements océaniens. — La récolte de gomme s’est élevée, au Sénégal, en 1866, à 2 millions de kilogr.