‹ Les colonies françaisesChapitre 40 sur 315 · PÉNITENCIER DE BOU-KHANIFIS · texte numérisé non relu

PÉNITENCIER DE BOU-KHANIFIS

Restant au 31 décembre 1863 167

Entrés en 1864 275

Décédés — 4

Sortis — 301

Restant au 31 décembre 1864 137

PÉNITENCIER d’aÏN-EL-BEY.

Restant au 31 décembre 1863 177

Entrés en 1864 664

Décédés — 12

Sortis — 688

Restant au 31 décembre 1864 141

Sur le nombre des individus entrés en d864, lOi ont été arrêtés par mesure politique.

Sur le nombre des individus sortis, 71 n’avaient pas terminé leur peine ; le gouverneur général les a graciés.

Dans ces établissements, les détenus sont employés à des travaux qui ont pour but de les initier à nos procédés de cultures perfectionnées et à certaines professions, .telles que celles de maçon, de briquetier, de serrurier, etc. Des chefs et des sous-chefs d’ateliers sont choisis parmi ceux qui se font remarquer par leur conduite et leur intelligence...

Il n’est pas douteux que plusieurs, parmi les détenus, les Kabyles particulièrement, prennent dans les pénitenciers des notions de jardinage et de greffage qu’ils utilisent en rentrant dans leurs tribus.

La mortalité du pénitencier d’Aumale a eu pour cause des fièvres produites par les défrichements. Cet établissement ne date que de quatre ans.

INSTRUCTION PUBLIQUE

Les établissements d’instruction publique, d’après le tableau pour 1864, ouverts à la jeunesse des tribus de l’Algérie, sont de deux sortes :

Dans les uns, les écoles des douars ou des villages, les zaouïas et les médersas^ l’instruction est purement arabe.

Dans les autres, les écoles arabes-françaises elle collège impé-

ALGÉRIE. 79

rial arabe-français, on se propose ‘ d’enseigner aux enfants indigènes la langue française, l’arithmétique, l’histoire, la géographie^ etc.

Les écoles des douars et des villages sont au nombre de plus de 2,000. Elles sont fréquentées par .27 à 28,000 enfants auxquels des tolbas, munis d’une autorisation délivrée par les commandants des territoires, apprennent à lire et à écrire ; ces tolbas donnent, en outre, à leurs élèves, quelques notions d’arithmétique, et leur font apprendre par cœur et réciter un plus ou moins grand nombre de versets du Goran.*C’est par le nombre de ces versets que, la plupart du temps, on juge du degré d’instruction de l’enfant. — Les résultats*obtenus dans ces écoles sont presque nuis.... Les maîtres sont le plus souvent fort ignorants euxmêmes. Ce n’est que dans les douars et villages qu’habitent quelques chefs indigènes, quelques personnages religieux qui veulent faire des sacrifices pour instruire leurs enfants, qu’on rencontre des tolbas aptes à être à la tête d’une école.

Cette situation fâcheuse est la conséquence obligée du genre de vie des populations arabes. Une école est-elle possible avec ces tentes qui se déplacent, tantôt pour trouver des pâturages, tantôt pour les travaux des semailles et des récoltes? Elle ne l’est guère plus chez les populations qui, habitant la montagne, loin de se réunir en villages, dispersent leurs gourbis, les cachent dans le fond d’un ravin ou les groupent au nombre de quatre à cinq sur des crêtes difficiles, sur des pitons inaccessibles.

Dans les villages de la Grande-Kabylie, les écoles pourraient être mieux installées,plus suivies, et donner de meilleurs résultats qu’en pays arabe. Mais le Kabyle n’a pas de langue écrite ; s’il apprend la langue arabe, ce n’est qu’en voyageant comme colporteur, au milieu des tribus arabes, qu’il en fait usage : il n’a pas pour cela besoin d’école. D’un autre côté, il fait assez peu de cas de l’instruction; il laisse les marabouts ou ceux qui prétendent le devenir vivre d’aumônes et de revenus plus ou moins licites dans quelques zaouïas. Satisfaire par l’industrie, le commerce et la culture de quelques parcelles de terrain aux besoins matériels de la vie, telle est la préoccupation de la population de laKabylie. Un jour viendra certainement où sa vive intelligence, s’éveillant à notre contact, embrassera des horizons nouveaux et appréciera combien est puissante l’instruction comme auxiliaire du travail manuel.

Les zaouias sont des établissements où les jeunes gens qui ont appris à lire et à écrire plus ou moins bien, vont perfectionner leur instruction, étudier le Coran et ses commentaires, Sidi Khelil et autres auteurs, qui font autorité en matière de religion et de législation musulmane. — L’enseignement, dans ces écoles, est presque toujours gratuit. Les zaouïas sont entretenues, les unes par des marabouts influents, les autres au moyen d’aumônes et de quêtes. 11 en est qui ont des revenus assez importants, provenant de donations faites à diverses époques, par des hommes qui en ont été les fondateurs ou qui ont regardé comme une œuvre méritoire de doter des établissements religieux de tout ou partie des biens qu’ils laissaient en mourant. — C’étaient ces zaouïas qui avaient autrefois le monopole de former des cadis et autres magistrats indigènes. Il n’en 'est plus ainsi, et trois médersas sont, à Alger, TIemcen et Con^antine, ouvertes aux jeunes gens qui se préparent à occuper a&8 emplois dans la magistrature musulmane.

L’enseignement donné dans ces médersas par des professeurs musulmans, comprend : la grammaire, le droit et la théologie. TJn cours d’arithmétique est aussi fait aux élèves, et, depuis quelques années, un professeur de langue française a été attaché à ces écoles.

Les médersas ont reçu;en.l864 : celle d’Alger, 42 élèves; celle de TIemcen, 65 ; celle de .Constantine, 45. La durée réglementaire des études est fixée à trois ans.

Les écoles arabes- françaises étaient, en 1864, au nombre de 18» savoir :

PROVINCE d’aLGER.

École de Tizi-Onzou

indigènes.

Fort-Napoléon

Européens.

Béni-Mansour.

indigènes#

Laghouat

Européens#

Djelfa

indigènes.

Attafs

Djendels.

Eéiii-Zoug-Zoug

Toukria

Heumis

Européens#

ALGÉRIE

PROVINCE DE CONSTANTINE

École de Tebessa 10 élèves Européens.

— — 4 G — indigènes.

— Collo 9 — Européens.

— — - 15 — indigènes.

— Aïn-Beïda i2 — Européens.

— — 64 — indigènes.

— Takitount 5 — Européens.

— — 17 — indigènes.

— Bordj-bou-Aréridj 13 — Européens.

— — 21 — indigènes.

— Bou-Saada 7 — Européens.

— — 60 — indigènes.

— Batna... 14 — Européens.

— — 36 — indigènes.

— Biskara 9 — Européens.

— — 44 — indigènes.

En 1865, d’autres écoles arabes-françaises ont dû s’ouvrir dans la province d’Oran, qui jusque-là n’en avait pas eu : à Ammi- Moussa, Nédromah, Frendah, Zemmorab et Saïda.

On enseigne dans ces écoles la langue française, l’arithmé” tique, la géographie, l’histoire. Un maître indigène est chargé, en outre, de l’enseignement de Farabe et de l’éducation religieuse.

Les écoles arabes-françaises sont, parle fait, dit le Tableau pour 1864, le plus puissant moyen d’action dont dispose le gouvernement pour pousser les indigènes dans la voie du progrès et de la civilisation.

Un inspecteur spécial de ces écoles, de celles des douars et villages, ainsi que des zaouïas et des médersas, a été nommé en 1863... Ce n’est là évidemment qu’un moyen decontrôle; il serait impuissant pour remédier complètement aux inconvénients qui ont pu être signalés dans le recrutement du personnel enseignant. Bientôt ce recrutement sera assuré par une école normale primaire destinée à fournir des instituteurs à l’Algérie, et qui aura pour élèves des Européens et des indigènes, — Là, se formeront des maîtres qui seront spécialement préparés à l’éducation de la jeunesse musulmane, et, soit qu’ils restent dans les villes, soit qu’ils soient envoyés dans les tribus, ils ne seront point complètement étrangers à la langue et aux mœurs de la jeune population sur l’esprit de laquelle ils sont appelés à agir. — D’un autre côté, il entre dans les projets du gouvernement général d’assurer, mieux qu’elle ne l’a été jusqu’ici, la position du personnel enseignant

des écoles arabes-françaises et de doter largement leurs établissements du matériel de toute sorte dont ils ont besoin. Des mesures seront prises en ce sens en 1865 ; elles sont à l’étude.

Au-dessus des écoles ci-dessus se trouve le collège impérial arabe-français d’Alger. Fondé en 1857, il a vu le nombre des élèves indigènes internes s’élever progressivement à plus de 100. L’enseignement du collège comprend la langue française, l’histoire, la géographie, l’arithmétique, les éléments de géométrie, l’arabe, le dessin linéaire et le dessin d’imitation, la gymnastique et le chant. — La répugnance de certaines familles indigènes à nous confier l’éducation de leurs enfants va. en diminuant.

Des collèges arabes-français, semblables à celui d’Alger, ont dû s’ouvrir en 1865, ou le seront très-prochainement, à Oranetà Gonstantine.

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