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HORS SÉRIE

Médaille d’or à M. Ben-Sadoun^ de Paris, pour la fabrication en Algérie, l’importation et l’imitation en France de produits algériens.

Médaille d’argent à M. Noirot, directeur de V Algérie agricole (recueil mensuel), pour l’aide qu’il n’a cessé de prêter à l’organisation des concours algériens.

Nous n’avons pu reproduire tous les détails du rapport si instructif de M. Duval. Nous renvoyons ceux de nos lecteurs à qui ne suffirait pas l’extrait ci-dessus, à ce document important.

Extrait du discours de M. Lestiboudois , conseiller d’Etat^ président du Conseil général de Constantine, à Vouveriure de la session de 1861.

Pour moi, dès que j’ai eu mis le pied sur la terre d’Afrique, deux idées principales m’ont dominé, et, après douze années d’études assidues, je ne trouve rien de meilleur, dans mes convictions, sur les moyens de peupler cette terre et d’en obtenir d’abondants produits.

Pour tirer de ce sol une grande richesse, il est inutile , à l’origine, d’y implanter, à grands frais et risques, des végétaux étrangers; il suffit de lui demander ce qu’il a produit de tout temps et pour ainsi dire spontanément.

Il donne des céréales de première valeur, la soie, le lin, la laine, le coton peut-être, l’huile et le tabac, et tous les fruits qui entrent comme un élément considérable dans le grand com-

ALGÉRIE

merce; enfin les vins, dont les qualités ne sont plus contestées. Ne demandons pas davantage pour les premiers temps. Bien des nations sont opulentes qui n’ont pas de pareils trésors.

La seconde pensée qui m’a saisi , c’est que , si on peut assurer la prospérité de l’Algérie au moyen des végétaux qui lui sont propres, on ne peut assurer leur culture qu’au moyen des hommes qui l’habitent, en les éclairant, en les dirigeant, en les associant aux races européennes!

L’Arabe est d’une intelligence rare ; il a de la dignité , et aspire conséquemment à une haute civilisation; il est pasteur; il est propre à certaines cultures ; il est commerçant habile ; il peut donc rendre de grands services.

Le Kabyle sédentaire, pratiquant l’horticulture avec amour, démascleur émérite, ouvrier incomparable pour ces contrées, a déjà prouvé qu’il viendra de grand cœur prendre part à nos travaux .

Mais on a peu de souci des résultats que pourrait amener l’association de pareils élémen ts avec les pionniers de la civilisation européenne

On colonise une terre déserte, un pays dont on veut refouler la population, ou dont, à la honte de l’humanité, on projette d'exterminer les habitants; on colonise une contrée à laquelle on veut demander des produits qui exigent des travailleurs tout à fait spéciaux. Mais ici une population nombreuse est répandue sur toute la surface du pays ; des races distinctes, pourvues d’aptitudes précieuses, sont disposées à entreprendre toutes les cultures ; le sol donne naturellement les plus riches éléments d’échange. Que parle-t-on donc de coloniser l’Algérie, et d’y appeler des émigrants de toutes les parties dil monde, pour y constituer une race subordonnée à l’intelligence européenne? Cette race couvre le sol ; il ne faut que Tutiliser.

{Extrait de la brochure anonyme intitulée : /’Algérie française. —

Indigènes et immigrants. Paris, Challamel, 1863, broch. in-8.)

Tant que les indigènes n’auront pas opéré une séparation radicale entre le spirituel et le temporel, tant que leur culte et leurs dogmes religieux seront en contradiction avec nos Godes, ils ne pourront être investis du titre de citoyens français. Il faut que le Koran devienne pour eux un livre purement religieux.

sans action sur la législation civile. Ce progrès n’est pas impossible. D’autres peuples sont sortis de l’organisation théocratique et se sont rangés sous un gouvernement séculier, sans abdiquer leurs croyances. (Brochure anonyme, 1863.)

A cette opinion nous en devons joindre quelques autres.

(( Rien dans le Koran, dit M. Pellissier de Reynaud, ne s’oppose formellement aux investigations scientifiques, ni au libre développement de l’intelligence... La brutale réponse d’Omar, fort contestable d’ailleurs, s’efface devant la fondation de milliers de bibliothèques créées par les Arabes au temps de leur puissance.

« Les transgressions particulières, à la loi religieuse ne sont que de la licence, et ne sauraient constituer un principe de progrès. Le Musulman qui viole le jeûne et boit du vin n’est pas plus près de la civilisation qu’un autre. Une nation ne progresse pas par de petits actes de révolte individuelle contre ses usages et ses croyances, actes qui sojit presque toujours lé résultat de passions mauvaises, et que très-souvent le repentir fait tourner, un peu plus tard, au profit de la superstition.

(( Le despotisme et l’anarchie marchaient déjà de pair avant le Koran. Chez tous les peuples orientaux, le principe d’immobilité existait avant lui dans les sociétés orientales.

(( Au résumé, à l’exception de la Trinité, que le Koran repousse en termes formels, les musulmans et les chrétiens ont sur Dieu les mômes idées. La doctrine de l’amour divin est également la même dans les deux religions.

« L’islamisme exalte l’excellence de Marie, mère de Jésus, autant que le christianisme lui-même. Le Koran dit qu’elle conserve sa virginité intacte et qu’elle naquit purifiée. Beaucoup de commentateurs ont cru voir dans ce passage la proclamation formelle de l’immaculée conception, qui est un dogme tout récent du catholicisme.

« n est certain que Mohammed est un des hommes les plus extraordinaires qui aient paru.

« Les dogmes du Koran sont simples et inattaquables , à moins qu’on ne pousse l’incrédulité jusqu’à l’athéisme. Les chrétiens peuvent trouver qu’il n’en dit pas assez, mais non que ce qu’il dit est faux. » (Pellissier de Reynaud, De Viüamisme et de son action sur les mœurs de ceux qui le professent,)

«De tous les peuples conquérants, ditYiardot, les Arabes furent,

sans contredit, le moins exigeant comme le moins cruel. Ils imitèrent la tolérance religieuse et civile des Romains de l’empire, sans avoir imité les excès militaires des Romains de la République. Toute leur histoire rend témoignage de cette grande modération... La conquête de l’Espagne par les Arabes, bien différente de celle par les peuples du Nord, se lit sans ravages, sans effusion de sang, comme une simpleprise de possession. » (Viardot, Hist. des Arabes et des mœurs d'Espagne, t. IL)

Le renom de fertilité de l’Algérie, vit sur le vieux mot latin : l'Afrique, grenier de Rome. On se garde bien de rechercher si la province d’Afrique n’était pas située beaucoup plus à l’est, répondant à la Tunisie, et non à l’Algérie; si, le temps écoulé, les changements apportés dans les coutumes, dans les mœurs, dans l’existence politique et sociale de la population, dans la densité du peuplement, dans l’assiette des centres habités, dans le boisement des montagnes, dans le débit des sources et des cours d’eau, n’ont pas créé une situation tout autre. Parce que le mot latin disait grenier de Rome, c’est-à-dire pays des céréales, on a voulu trouver une zone tropicale propre aux cultures des climats chauds. (Broch, anonyme, 1863.)

Le caractère général des terrains algériens est argileux, marneux ou calcaire ; il ne comportera pas, de longtemps, un mode d’exploitation plus favorable que la culture pastorale. Les cultures sarclées ne pourront être entreprises que lorsque la culture pastorale aura été perfectionnée. C’est aussi l’avis du savant M. Moll. On avait tenté la colonisation par l’introduction des plantes tropicales, avant de savoir si les conditions agricoles et économiques du pays permettaient d’espérer la réussite. On persévéra dans les mêmes efforts par routine et par préjugé, à travers tous les changements de situation apportés par le temps. On exagérait les résultats partiels obtenus, comme on avait fait pour la fertilité universelle du sol. On passa les échecs sous silence pour n’avoir pas à reconnaître des erreurs et à renoncer à des illusions. (Rroch. anonyme, 1863.) — On lit, d’un autre côté, dans la brochure de M. Albert de Broglie, Une Réfo7^me administrative en Algérie : « L’Algérie, telle qu’elle nous est tombée en partage, n’était pas un pays inhabité, mais un pays mal habi té. Une terre mal cultivée est une terre à laquelle le possesseur a beaucoup demandé et beaucoup pris sans lui rien rendre. L’Algérie

est cette terre-là. Pour être rétablies dans leur abondance et dans leur vigueur primitives, les richesses naturelles exigent un travail presque aussi considérable et aussi coûteux que celui qui est nécessaire à nos vieilles terres fatiguées par tant de siècles de culture... »

L’Européen garde son énergie sous toutes les latitudes, mais à la condition expresse de ne pas appliquer sous une trop haute température cette énergie aux travaux manuels qui le conduiraient infailliblement à sa perte.

Pendant la saison sèche, en Algérie, non-seulement les Européens, mais les indigènes, travaillent la terre avec fantaisie, c’està-dire sans continuité ni permanence. Yoilà pourquoi il serait si désirable de pouvoir consacrer aux rudes travaux d’été de la campagne des ouvriers d’une autre couleur et d’une autre cornplexion, en réservant les blancs pour la direction des travaux. Le travail de surveillance, quelque pénible qu’il paraisse, donne aux individus qui l’exercent une occupation et une activité favorables à'ieur santé.

L’avenir de la colonisation agricole en Algérie est incontestablement lié au développement des cultures industrielles, surtout de ces grandes cultures du coton et de la canne à sucre, qui ont fait, de tout temps, la fortune de nos autres colonies. Ces cultures ne sauraient donner de grands résultats en Algérie, qu’à la grande exploitation, puisque cette exploitation est la seule qui offre des garanties suffisantes au capital. {Bulletin de la Soc,, d’agriculture d’Alger,^ 1861, p, 68 et suiv.)

Le caractère général de la propriété , dans les villes , était individuel; dans les tribus, il était collectif.

C’est la grande culture et l’éducation des bestiaux que le sol et le climat de l’Algérie favorisent le plus généralement ; l’une et l’autre exigent des déplacements continuels, car il faut, dans certains moments, fuir des lieux malsains, inondés ou desséchés, qui, dans d’autres moments, sont très-productifs et très-habitables. Les conditions hygiéniques pourront s’améliorer avec le temps et par d’immenses travaux, de même que notre conquête a amélioré les conditions politiques ; mais jusque-là la nature des choses sera difficile, sinon impossible, à changer d’une manière générale. (Enfantin, De la colonisation de r Algérie.)

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Des esprits superficiels, en voyant le fâcheux état de l’agriculture indigène dans ces plaines brûlées, accusent la barbarie des habitants. Cette qualification n’est pas justifiée. Les agriculteurs français les plus compétents établis depuis longtemps en Algérie rendent à l’intelligence agricole des indigènes une justice plus impartiale. N’avons-nous pas entendu confesser qu’après avoir fait pour l’ensemencement Fessai des qualités diverses des céréales, on avait reconnu le blé dur des indigènes comme donnant les meilleurs résultats ? Lie même aveu a été fait pour le maïs, pour les fèves ; nous pouvons ajouter pour le tabac aussi, puisque les plants indigènes sont d’une qualité incontestablement supérieure et se vendent à un prix beaucoup plus élevé. En présence des capricieuses péripéties du climat, les cultivateurs sagaces se demandent si l’indigène, labourant légèrement de grands espaces, n’est pas mieux avisé que l’Européen, qui concentre ses efforts sur un point limité, jouant, chaque année, une partie de ruine ou de succès avec la sécheresse, les pluies torrentielles, la grêle, les brouillards du matin et le vent du désert. Si l’on examinait la situation agricole avec attention, peut-être découvrirait-on que les faits donnent souvent raison à ce que nous appelons la routine indigène contre la science exotique. Il n’y a rien d’universel ni d’absolu en fait d’expérience.

Les personnes qui ont exploré les parties montagneuses du pays ont pu constater que la culture, protégée par la sécurité, était aussi avancée que dans la moyenne de nos départements français. Les montagnards tirent le meilleur parti des eaux, du fumier même. La propriété est très- divisée, complantée d’arbres fruitiers et close par des murs en pierres sèches ou par des haies. La population, plus dense et fixée au sol, a fait appel à l’industrie pour parfaire les ressources trop faibles de la culture. LaKabylie du Djurjura ne mesure que 63 ares de terre à chacun de ses habitants, et le Tell de l’Algérie (14 millions d’hectares, y compris les montagnes, lacs et rivières) est aussi peuplé que la moyenne des 57 départements français les moins populeux. On a relevé récemment que, sur 2,500,000 charrues qui labourent en France, 1,600,000 (plus des 3/5) ne sont encore que Faraire sans roues, peu supérieur à la charrue employée parles Arabes. Il y a lieu d’espérer que nos tentatives en faveur de l’amélioration de l’agriculture indigène seront couronnées de succès. Il sera plus praticable de perfectionner la main-d’œuvre algérienne, en la

maintenant à bon marché, que d’introduire des cultivateurs étrangers en les faisant vivre dans de bonnes conditions de production-

En résumé, le vrai paysan de l’Algérie, l’ouvrier agricole, la base la plus rationnelle et la plus solide de la propriété, c’est l’indigène. (Brochure anonyme de 1863 : L’Algérie française, Indigènes et immigrants.)

Il ne serait pas prudent de renoncer trop tôt au concours de l’aristocratie indigène pour commander les régions où nous ne pouvons agir directement. Il n’y aurait aucun avantage, ni pour la paix, ni pour l’ordre public, ni pour la civilisation, à décapiter la société indigène, en enlevant aux plus instruits, aux plus nobles, aux plus riches, les moyens de se rattacher honorablement à notre gouvernement... D’ailleurs, frapper ceux que l’opinion n’a pas encore condamnés, c’est préparer des chefs pour les agitations et pour les troubles. (Brochure aùonyme de 1863.) — <( L’aristocratie arabe, dit d’Escayrac de Lauture (le Désert et le Soudan), est essentiellement nationale. Le noble est toujours le parent du prolétaire, qui ne le reconnaît pour son chef qu’en vertu du droit d’aînesse, et parce que le type primitif semble moins altéré chez le noble. »

« L’étendue des côtes algériennes (O. Mac-Garthy, Géographie de l’Algérie) dépasse 1,000 kilom. (250 lieues), et ses autres limites en ont une de 1,600 kilom. (400 lieues), ce qui donne un périmètre de 2,600 kilom. (650 lieues).

(( La superficie, l’étendue de la surface que cette double ligne enveloppe, est d’environ 60 millions d’hectares, c’est-à-dire qu’elle est égale à celle de la France, plus 1/8 environ.

« Quant à l’étendue respective de nos deux grandes divisions naturelles, elle a :

(( Pour le Tell, 14 millions d’hectares ;

c< Pour le Sahara, 46 millions d’hectares. »

Ces 60 millions d’hectares sont occupés par environ 3 millions d’indigènes.

On évalue à 1,801,805 hectares la superficie occupée par les bois et forêts dans les trois provinces de l’Algérie, savoir :

Province d’Alger 260,000 hectares.

— d’Oran 460,805 —

“ de Gonstantine 1,091,000 —

[État actuel de V Algérie^ 1862, p. 30.)

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Une expérience de vingt années^ dit M. de Launoy, ingénieur à Gonstantine, semble avoir démontré que, dans la province de Constantine, le cultivateur européen ne saurait subsister en dehors de la région de l’olivier et de la vigne, laquelle occupe, le long du littoral, une bande de 4 à 5 myriamètres de largeur. Les concessions faites en dehors de cette zone ont donné le triste spectacle d’un honteux gaspillage de la fortune publique en constructions et en plantations destinées seulement à apparaître un jour, dans l’unique but de servir au libellé d’un titre, et n’ont abouti qu’à enrichir l’obsession et la faveur. (Broch. anonyme de 1863 : Indigènes et Immigrants^ p. 66.)

L’auteur de la brochure anonyme de 1863 : L Algérie française^ Indigènes et Immigrants^ — résume ainsi ses idées :

« 1° Indépendance très-large laissée au pouvoir local, sous la seule garantie du contrôle et de l’inspection, indispensables dans un gouvernement représentatif;

« 2® Sages ménagements envers Tétât social des indigènes ; offrir à ceux-ci les moyens de se rallier à nous honorablement et avec profit ;

« 3® Abandonner l’agriculture aux natifs, sauf à étudier les meilleures mesures pour les faire progresser;

« 4® Création de l’industrie par les immigrants ; encouragements sérieux pour aider le développement industriel;

(( 5® Enfin tirer des indigènes un concours militaire qui allège pour la France les charges de la conscription. »

iSénatus-Consulte du 5 Juillet 1865.

Art. L’indigène musulman est un Français néanmoins, il continue à être régi par la loi musulmane.

Il peut être admis à servir dans les armées de terre et de mer. 11 peut être appelé à des fonctions et emplois civils en Algérie.

Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français : dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France.

Art. 2. L’indigène israélite est Français; néanmoins, il continue à être régi par son statut personnel.

11 peut être admis à servir dans les armées de terre et de mer. Il peut être appelé à des fonctions et emplois civils en Algérie.

Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français ; dans ce cas, il est régi par la loi française.

Art. 3. L’étranger qui justifie de trois années de résidence en Algérie peut être adoGiis à jouir de tous les droits de citoyen français.

Art. 4. La qualité de citoyen français ne peut être obtenue, conformément aux art. 1 , 2 et 3 du présent sénatus-consulte, qu’à IMge de xingtet un ans accomplis; elle est conférée par décret impérial rendu en conseil d’État.

Art. s. Un règlement d’administration déterminera :

1° Les'conditions d’admission, de service et d’avancement desindigènes musulmans et des indigènes Israélites, dans les armées deterre etdemer;

2® Les fonctions et emplois civils auxquels les indigènes musulmans et les indigènes Israélites peuvent être nommés en Algérie ;

3® Les formes dans lesquelles seront instruites les demandes prévues par les art. 1, 2 et 3 du présent sénatus-consulte.

Appréciation de la lettre de V Empereur ^ par le général Allard,

La lettre de l’Empereur au maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, parut le 4 novembre 1865 (elle est datée du 20 juin 1865).

c( Elle causa, dit le général Allard, une vive émotion en France et en Algérie; mais on en a singulièrement exagéré la portée; on s’est mépris sur ses conséquences .

(( Elle contient deux choses distinctes : d’abord un programme général, puis des mesures de détail inspirées par une étude faite sur les lieux et propres à le réaliser après examen sérieux par les hommes compétents.

(( Il y a, en Algérie, deux grands intérêts dont l’antagonisme est ancien et constant, et que l’Empereur s’est proposé de réconcilier. Il y a l’intérêt français et européen représenté par 200,000 individus disséminés sur le littoral et dans le Sahel ; et il y a l’intérêt arabe représenté par 2,500,000 indigènes, vivant, sous la tente, des produits de la terre, formant des tribus indépendantes, propriétaires, depuis un temps immémorial, des territoires qu’elles occupent.

(( Eallait-il, après la conquête, pour faire de la place à la colonisation, refouler un peuple fier dans le Sahara, lui infliger le sort des Indiens dans l’Amérique du Nord? Fallait-il même adopter le système mitigé qu"on a appelé le cantonnement indigène et dont l’application a suscité la guerre sainte? L’humanité, la politique, l’intérêt bien entendu de la France, ne permettaient pas une telle conduite, L’Empereur ne l’a pas pensé. Le système qui a été formulé dans la lettre impériale n’est pas un système nouveau; elle trace des règles de conduite pour les administrateurs... )) {Corps législatif, séance du 5 mars 1866.)

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