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CHAPITRE PREMIER

Résumé historique.

La Sénégambie, contrée dont dépend notre colonie du Sénégal, est située à la partie occidentale du continent africain.

Le Sahara la limite au N., l’océan Atlantique à l’O., la Guinée au S., et le Soudan à l’E.

Elle est comprise entre le 10® et ie 18® degré de latitude N., et le 7®-20® degré longitude O.

Le nom, primitivement donné au Sénégal, est celui Z énaga. Ainsi s’appelait une peuplade berbère qui habitait la rive droite du fleuve.

L’origine de cette colonie française (la plus ancienne de toutes) remonte, au quatorzième siècle. En 1364, des navigateurs normands fondèrent plusieurs établissements commerciaux sur la côte occidentale d’Afrique, depuis l’embouchure du Sénégal jusqu’à l’extrémité du golfe de Guinée.

En .1664, l’association des marchands de Dieppe et de Rouen qui, depuis 1620, exploitait des comptoirs au Sénégal, céda ses établissements, moyennant 150,000 livres tournois, à la Compagnie des Indes-Occidentales, créée en mai (1664).

Quelques années après (1672), une nouvelle Compagnie fut créée et substituée à la Compagnie des Indes-Occidentales.

En 1677, l’île de Gorée, les comptoirs de Rufisque, Portudal et Joal, sont enlevés aux Hollandais par la France. Cette conquête est ratifiée par le traité de Nimègu^e (1678).

La Compagnie, créée en 1672, prend, en 1679, le titre de Gom-

pagnie du Sénégal. — Cette Compagnie cède, en 1681, tous ses droits et privilèges, moyennant une indemnité de 1,010,015 livres tournois, à une société nouvelle, la Compagnie du Sénégal, côte de Guinée et d’Afrique.

L’étendue de la concession est établie, par arrêt du roi, entre le cap Blanc et Sierra-Leone (1684-1685).

Enl694, nouvelle Compagnie: la Compagnie royale du Sénégal, cap Nord et côte d’Afrique. — Elle élève, en 1699, le fort Saint- Joseph, près de Drarnané.

En 1702, révolte des indigènes. Le fort Saint-Joseph est brûlé. Dissolution de la Compagnie (1709). Constitution d’une nouvelle société qui acquiert les privilèges de la précédente pour 240,000 livres.

Le fort Saint-Joseph est reconstruit à Makana (1713).

Construction du fort Saint-Pierre de Kaïnoura sur la rive gauche de la Falémé (1715).

En 1717, les Maures du Sénégal cèdent Portendick à la France.

La prise de l’île d'Arguin (1724), la cession de Portendick sont confirmées à la France par la convention de La Haye (1727).

Construction du fort de Podor (1743).

Les Anglais s’emparent du Sénégal et de Gorée en 1758, mais en 1763, Gorée est restituée à la France, et en 1779, le Sénégal est reconquis par le duc de Lauzun.

Le traité entre la France et l’Angleterre (1783) reconnaît les droits de la première de ces puissances au Sénégal et à Gorée.

La colonie est administrée par des gouverneurs que nomme le roi.

Le privilège de la traite de la gomme accordé à la Compagnie de la Guyane (1784), est cédé par elle, en 1785, à une association de négociants qui s’intitule tour à tour Compagnie de la Gomme et Compagnie du Sénégal.

Les cessions successivement faites à la France par le damel (roi) de Cayor, embrassaient, en 1787, le cap Vert et les terres voisines, depuis la pointe des Mamelles jusqu’au cap Bernard, avec le village de Dakar.

L’Assemblée nationale constituante (1791) décrète la dissolution de la Compagnie du Sénégal ; le commerce est déclaré libre au Sénégal pour tous les citoyens français.

L’île de Gorée est, en 1800, prise par les Anglais. Saint-Louis leur résiste et leur échappe. — L’île de Gorée qui, d’après le

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traité d’Amiens (1802), eût dû être rendue à la France, et ne le fut pas, est enlevée aux Anglais par des corsaires français réunis à un détachement de la garnison du Sénégal (1804).

En 1809, Gorée et le Sénégal furent repris par les Anglais, mais en 1817, conformément au traité de 1814, qui restituait à la France tous les établissements qu’elle possédait au 1®’' janv. 1792 à la côte occidentale d’Afrique, les Anglais rendirent le Sénégal. — Naufrage de la Méduse, qui portait les fonctionnaires et les troupes chargés de reprendre possession de la colonie.

A partir de 1819, le territoire colonial qui, jusque-là, n’avait en réalité embrassé que l’îlot de Saint-Louis et l’île de Gorée, prend de l’extension. — Les traités passés avec les chefs du Oualo cèdent à la France en toute propriété les îles et terres de cette contrée qu’on voudra cultiver. Dès 1820, on construit dans le Oualo, sur la rive gauche du Sénégal, les forts de Richard-Toll et de Dagana; peu après, on élève celui de Bakel. — En 1824, l’exploitation du commerce de la haute Sénégambie est concédée à la Compagnie commerciale et agricole de Galam et du Oualo,

De 1826 à 1848, aucun résultat utile ne fut atteint dans la colonie. La culture du coton et celle de l’indigo n’aboutirent qu’à un insuccès notoire. Les chefs maures de la rive droite du lleuve voulant atteindre la rive gauche et y asseoir leur domination, il fallut plusieurs fois les réprimer (1826, 1830, 1832, 1843). Les populations noires, trop éloignées de la main protectrice de la France, plièrent sous le joug des Maures. — En 1848, le privilège de la Compagnie fut supprimé.

Depuis 1831, l’attention du gouvernement français s’est portée sur la situation du Sénégal d’une manière toute particulièrê. Il était temps. En 1854, un noir, El-Hadj-Ornar, fanatique musulman, affichait sa prétention de détruire les établissements européens et de fonder un vaste empire indigène et mahométan. Dans son intéressant ouvrage sur le Sénégal, M. J. Mavidal a montré combien il était urgent de veiller sur les tendances et les menées des Musulmans voisins de la colonie.

C’est aussi en 1854 que M. Faidherbe, alors commandant du génie, aujourd’hui général, fut envoyé comme gouverneur au Sénégal. On sait tous les services qu’il y a rendus à la France, soit comme diplomate, soit comme homme de guerre, soit comme savant.

Les années suivantes ont été remplies par de nombreux événements dont voici, en résumé, les principaux :

Fondation de la Banque du Sénégal, de l’imprimerie du gouvernement et du journal officiel de la colonie (1855).

Traité avec les Maures Trarzas et leur roi. Le Oualo, les villages de Dagana, de Bakel, de Sénoudebou, des îles de Thiong et de Ndiago, annexés aux possessions (1856).

Défénse du fort de Médine par Paul Holl, métis sénégalais. Délivrance des assiégés, après trois mois de siège, par le gouverneur (1857).

Renonciation des Anglais au droit de commerce sous voiles, depuis l’embouchure de la rivière Saint-Jean jusqu’à Portendick, en échange de la factorerie d’Albréda sur la Gambie (1857).

Annexion des villages de Gaé, Réfo, Bokol, etc., aux environs de Saint-Louis (1858).

Traité de paix consacrant l’annexion de la rive gauche du fleuve, depuis Bakel jusqu’à la Falémé (Guoy), celle du Dimar, et le droit de créer des établissements sur tout le cours de la Falémé (1858). ■

Prise, par le lieutenant-colonel Faron, du village fortifié de Guémou (1859).

Démembrement du Foula en trois États indépendants: Damga, Fouta central et Toro (1859).

Annexion du Damga; soumission du Toro (1859).

Yoyages d’exploration dans les contrées voisines par MM. Mage, Vincent, Pascal, Lambert, Bourel, Azan, Alioun-Sal, Bou-el- Moghdad et Braouézec (1860).

Le mouvement de réaction qui s’opéra à Saint-Louis, à partir de 1854, s’étendit à Gorée, dont les dépendances ne comprenaient à cette époque que le comptoir d’Albréda, en Gambie, cédé depuis à l’Angleterre, •— les îles de Djogué et de Carabane dans la basse Caramance, et le territoire de Sedhiou dans la haute Caramance, achetés en 1828, 1836 et 1837 aux indigènes de cette rivière.

Depuis 1854, revendiquant des titres anciens, nous avons repris sur la presqu'île du Gap-Vert les droits que nous conféraient trois traités passés en 1763, 1765 et 1787, avec le roi de Cayor. Ce pays^ parcouru en 1861 et 1862 par diverses colonnes commandées successivement par les gouverneurs Faidherbe et Jauréguiberry, est

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devenu accessible à notre influence et a fini par accepter notre suzeraineté.

Un traité du février 1861 nous a cédé toute la côte entre Saint-Louis et Gorée, sur une profondeur de trois lieues; la proviiK^e du Gandiole, voisine de Saint-Louis, et celle du Diander, en face de Gorée, ont été également annexées à nos possessions.

En 1859, les royaumes de Baol, Sine et Saloum, ont été visités par nos colonnes ; trois traités ont été passés avec les rois de ces pays, et nous nous sommes établis à Rufisque, Pôrtudal, Joal et Kaolakh.

Dans la Casamance, plusieurs expéditionsheureusesdeM.lechef de division Pénaud en 1851, àCagnut sur les îles Aïamats; de M. le chef de division Protêt en 1859, sur les Jigonches et les Banjiars deKamabel; du commandant Laprade en 1860, sur les Karônes, à Hilor et Courba, et à Thionk sur les Jigonches; enfin du même officier supérieur en 1861, sur le Souna et les Balantes de Gouniara, ont soumis à la France la plupart des terrains arrosés par ce fleuve. (Traités des 7 nov. 1855, 9 janv. 1859, 14 fév. 1861 et 17 mars 1863.)

Depuis lors, les coutumes arbitraires imposées à nos traitants, ont été supprimées; Sedhiou est devenu le centre d’un commerce florissant, la rivière de Songrougou, affluent de la Casamance, a été explorée et ouverte à nos nationaux.

Enfin, dans le courant de 1862, des troubles ayant éclaté dans le Fouta central, des populations amies ayant été pillées par les Toucouleurs^ trois expéditions furent successivement entreprises contre ces fanatiques en juillet et sept. 1862 et janv. 1863. Vaincues et dispersées dans ces trois circonstances, les populations du Fouta-Toro ont demandé et obtenu la paix. (Y. les excellentes Notices sur les colonies françaises^ publiées par ordre du ministre de la marine, — par E. Avalle, biblioth. du ministère de la marine. — Paris, 1866, in-8.)

Depuis 1831, la colonie du Sénégal a compté parmi ses gouverneurs :

MM. Renault de Saint-Germain, chef de bataillon d’infanterie de marine (1831).

Cadéot, sous-commissaire de la marine, intérimaire (1833).

Quernel, capitaine de frégate, intérimaire (1833).

Pujol, capitaine de frégate (1834).

Malavois, lieutenant de vaisseau (1836),

Guillet, sous-commissaire de la marine, intérimaire (1836). Soret, capitaine de corvette (1837).

Gharmasson, capitaine de vaisseau (1839).

Montagniès de la Roque, capitaine de vaisseau (1841).

Pageot des Noutières, commissaire de la marine, intérimaire (1842),

Bouet-Willaumez, capitaine de corvette (1843).

Laborel, chef de bataillon d’infanterie de marine, intérimaire (1844).

Thomas, commissaire de la marine, intérimaire (1844). Ollivier, capitaine de vaisseau (1845).

Houbé, chef de bataillon d’infanterie de marine, intérimaire (1846).

Comte Bourdon de Gramont, capitaine de corvette (1846). Caille, lieutenant-colonel, intérimaire (1847).

Bertin du Château, chef de bataillon, intérimaire (1847). Baudin, capitaine de vaisseau (1847).

Bertin du Château, chef de bataillon d’infanterie de marine, intérimaire (1848).

Baudin, capitaine de vaisseau, commissaire de la République (1848).

Aumont, capitaine de frégate, gouverneur intérimaire (1850). Protêt, capitaine de vaisseau (1850).

Aumont, capitaine de frégate, intérimaire (1852).

Vérand, commissaire de la marine, intérimaire (1854).

Protêt, capitaine de vaisseau (1854).

Faidherbe, chef de bataillon du génie (1854).

Morel, chef de bataillon d’infanterie de marine, intérimaire (1856).

Faidherbe, lieutenant-colonel du génie (1856).

Robin, capitaine de frégate, commandant supérieur de la marine, intérimaire (1858).

Faidherbe, colonel du génie (1859).

Stéphan, commissaire ordonnateur, intérimaire (1861). Jauréguiberry, capitaine de vaisseau (1861).

Pinet-Laprade, lieutenant-colonel du génie, intérimaire (1863). Faidherbe, général de brigade (1863).

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