CHAPITRE II
Possessions françaises. — États voisins. — Cercle d’action de la France.
La colonie sénégalaise comprend :
1° Le bassin du Sénégal, fleuve qui a 1,600 kilomètres de cours, depuis les monts du Fouta-Djalon jusqu’à son embouchure;
2° Les forts et comptoirs situés sur la côte, depuis le cap Blanc jusqu’au cap de Sierra-Leone.
Le chef-lieu de la colonie, Saint-Louis, est bâti sur uii îlot de sable formé par le Sénégal. L’île a 2,500 mètres de long sur une largeur moyenne de 180 mètres. Sa superficie est de 34 hectares.
On remarque, le long de la rive gauche du Sénégal, les contrées suivantes :
Le Oualo, annexé en 1855. Deux forts y ont été construits : celui de Richard-Toll et celui de Mérinaghen;
Le Dimar, annexé en 1858. Le fort de Dagana domine le pays. Le Jbro, soumis en 1859, où s’élève le fort du Podor.
Le Fouta, qu’habitent des fanatiques hostiles, Peuls et Toucouleurs, qui toutefois, en 1859, n’ont osé s’opposer à la construction d’un poste fortifié à Saldé (ou Tébékout) ;
Le Damga^ annexé en 1859, où Matam, centre commercial plein d’avenir, est protégé par un fort ;
Le Gadiaga (ou pays de Galam), divisé en deux États, le Gouy (en deçà de la Falémé) et le Kamera (au delà de cette rivière); c’est là que se trouve l’important comptoir et le poste fortifié de Bakel ; ^
Le Bondon, État poul et musulman,' dominé par le fort de Sénoudébou;
Le Bambouck, pays malinké, non musulman, sis à l’angle oriental que forment la Falémé et le Sénégal.
Le Khasso, occupé par les Peuls, s’étend depuis Diakhabel jusqu’au confluent du Bafing et du Baoulè, sur chaque rive du Sénégal. Le plus éloigné de nos postes, le fort de Médine, se trouve dans le Khasso. — Ce pays a subi l’influence de la France.
Le Kaarta, sur la rive droite du Sénégal, a une superficie de 2,500 à 3,000 lieues carrées. Les Bambarras l’occupent.
Trois grandes tribus maures du désert, les Trarzas, les Braknas et les Douaïchs, occupent ou plutôt parcourent la rive droite du
Sénégal, depuis Saint-Louis jusqu’à Bakel. « Les Trarzas, les plus rapprochés de Saint-Louis, habitent le pays qui s’étend des bords du fleuve jusqu’au marigot de Morghen vis-à-vis de Gaé et sur une profondeur de plus de 100 lieues. Les Braknas occupent la contrée qui longe la rive droite du fleuve, depuis le marigot de Morghen jusqu’à El-Modinalla, vis-à-vis du Fouta-Toro. Enfin, le territoire des Domïchs commence à El-Modinalla et se pro-longe jusque derrière les Guidimakka dans l’intérieur et du côté du Tagant. Ces Maures se mettent en contact avec nous pour l’échange de la gomme qu’ils récoltent sur leur territoire. » {Notices sur les colonies françaises, publiées par ordre du ministre de la marine.)
Les Trarzas, les Braknas et les Douaïchs, naguère insolents et pillards, respectent aujourd’hui le nom français.
Au sud de l’embouchure du Sénégal, on remarque les contrées suivantes :
Le Gandiole, sis à 8 kilomètres de l’embouchure du fleuve, a été séparé du Gayor et appartient à la France depuis 1861. Il se compose de trois villages.
Le Cayor, sis au sud de Saint-Louis, se prolonge sur la côte jusqu’à la presqu’île duCap-Yert. Sa longueur est de 40 lieues ; il a une largeur de 20 à 30 lieues. La France possède toute la côte sur une profondeur de trois lieues. En 1861, trois postes, servant de stations télégraphiques de Saint-Louis à Gorée, ont été élevés; ce sont ceux de Lompoul, M’boro et M’bidgen.
L’île de Gorée, sise sur la côte à 180 kilomètres de Saint-Louis, est un rocher de 880 mètres dans sa plus grande largeur et de 215 dans sa largeur moyenne : elle a 2,250 mètres de circonférence et 17 hectares de superficie.
La rade de Gorée est très- vaste, et assez sûre pendant la saison sèche.
Le Diander, distrait du Gayor en 1861 et placé sous notre autorité, est situé en face de Gorée ; Rufisque, 'son principal port, communique par un fil électrique avec nos autres établissements.
Vakar, la pointe extrême de la presqu’île du Gap-Yert, où l’on construit un port qui doit servir au ravitaillement des paquebots transatlantiques français de la ligne du Brésil, n’est séparé de Gorée que par un canal de 2 kilomètres.
Les pays de et de qui viennent ensuite, reconnaissent l’un et l’autre notre suzeraineté.
LE SÉNÉGAL. 131
La France a, dans le Baol, le comptoir de Portudal, et, dans le Sine, celui de Joal.
Le Saloum, sis au sud du Sine, s’étend sur les bords du fleuve Saloum à 120 kilomètres de son embouchure. Nous y avons construit, en 1860, une tour à Kaolakh, principal lieu de traite situé à 6 kilomètres de Cahone, village-capitale du royaume.
A 235 kilomètres de Gorée, à l’entrée du fleuve Gasamance et sur sa rive droite, la France possède l’île de Djogué; sur la rive gauche, elle possède les îles de Carahane et de Guimbéring. Dans le haut du fleuve, nous avons le Boudhié (où l’on a établi le comptoir de Sédbiou), le Pakao, le Yassi^ sur la rive droite de la Casamance ; sur la rive gauche, nous avons le Souna et le Kerakounda.
Le Rio-Nunez (à 440 kilomètres de la Gasamance, en suivant la côte), et le Rio-Pongo (à 130 kilomètres plus bas que le Rio- Nunez), sont exploités par le commerce français.