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CHAPITRE IV

Population. — Extrait de la Notice du colonel (géne'ral) Faidherbe. Blancs : race arabe et race berbère. — Noirs : race poul ou peul j race malinké ou bambara j race wolof ou ouolof.

Outre les Européens, deux autres races blanches distinctes se trouvent au Sénégal. Ce sont les races arabe et berbère qui occupent la rive droite du fleuve.

La race berbère, d’après les Notices du ministère de la marine

LE SÉNÉGAL

et des colonies, occupait déjà l’Afrique septentrionale avant les Phéniciens et les Égyptiens. L’une de leurs nations les plus célèbres, X^^Zénaga s’étaient étendus du Maroc jusqu’au Sénégal ; ils y régnèrent en maîtres jusqu’à l’invasion de l’Afrique par les Arabes, au septième siècle de notre ère, et depuis lors leur puissance commença à décroître.

Au treizième siècle, une puissante tribu arabe, les Béni-Hassan, subjuguèrent les Zénaga, les soumirent à l’impôt et dominèrent à leur place sur les bords du Sénégal. Ils achevèrent, contre les noirs, l’œuvre de conversion à l’islamisme et de refoulement vers le centre de l’Afrique commencée par les Berbères.

Aujourd’hui les Maures de la rive droite forment trois grandes tribus : les Trarz'as^ les Braknas et les Douaïchs^ qui se divisent elles-mêmes en une foule de tribus.

L’élément arabe et l’élément berbère sont à peu près égaux dans ces trois grandes tribus; dans les deux premières, les familles d’origine berbère sont tributaires des Arabes-Hassan ou guerriers; au contraire, la race berbère ou zénaga, primitivement subjuguée par les Arabes-Hassan, a repris la prééminence sur ces derniers chez les Maures-Douaïchs.

Enfin, comme les uns et tes autres se sont mêlés depuis des siècles aux noirs, et qu’il se trouve parmi eux la moitié de noirs purs, captifs ou affranchis, qui ont adopté les mœurs de leurs maîtres on patrons, on doit dire que ces Maures se composent, par tiers environ, de mulâtres arabes, de mulâtres berbères et de noirs affranchis ou esclaves, tous nomades.

Gomme tes blancs, les noirs du bassin du Sénégal se divisent en plusieurs races. Les principales sont :

La race poul ;

La race malinké ou bambara ;

La race wolof ou ouolof qui, comme les Sérer et les Soninké, se rattache à la précédente.

Ces différentes races se distinguent par la teinte plus ou moins foncée de leur peau, leurs formes physiques, leur degré d’intelligence.

Les Poul ou Peuls sont des individus d’un brun rougeâtre, aux cheveux à peine laineux, aux traits presque européens. S’étant trouvés les plus rapprochés des populations blanches musulmanes qui ont envahi le Soudan, ils ont les premiers embrassé l’islamisme et jouent vis-à-vis des autres peuples noirs, le rôle de con-

vertisseurs à main armée. Ils ont fondé des États puissants, tels que le Raous-sa, le Macina, le Fouta, le Toro, le Damga, le Fouta- Djalon. Ils se sont mélangés avec leurs captifs ou voisins de race noire, et lorsque, dans une de leurs peuplades, l’élément noir entre dans une proportion notable, la race mélangée est désignée, au Sénégal, par le nom de Toucouleur ou Toukrour, Les Poul sont généralement pasteufs; ils ont une langue spéciale, douce et harmonieuse.

Les Malinké et les Soninké^ connus au Sénégal sous le nom de Mandingues et de Sarakhollé, sont des noirs de haute taille et aux cheveux crépus; ils ont les traits du nègre, mais non pas au même point que ceux des régions équatoriales et du Congo. Ils habitent principalement le versant septentrional des pays montagneux où le Niger, le Sénégal et la Gambie, prennent leur source. Ces populations parlent divers dialectes dérivant d"une même langue. Les Malinké sont assez guerriers pan tempérament; les Soninké sont les noirs les plus commerçants de la côte occidentale d’Afrique.

Les Ouolof et les Sérer sont les plus beaux, les plus grands et les plus noirs de tous les nègres de l’Afrique; ils ont pour berceau les vastes plaines d’alluvion comprises entre le Sénégal, la Falémé et la Gambie. Ils habitent principalement le Oualo, le Cayor, le Baol et le Sine. La race Serer Ouolof parle deux langues à peu près monosyllabiques, qui ont entre elles les affinités les plus complètes. Ces peuples sont doux, puérilement vains, imprévoyants, apathiques, mais très-braves. Ils sont cultivateurs et pêcheurs. On doit leur reprocher une tendance déplorable à l’ivrognerie.

Les Ouolof, au milieu desquels se trouvent nos principaux établissements du Sénégal, vivent généralement avec nous en bonne intelligence. Il est sorti de ce contact une race mélangée, assez nombreuse, qui a fait des progrès bien remarquables depuis le commencement de ce siècle.

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