AGRICULTURE ET INDUSTRIE
Gomme. — Arachide. — Béref. — Riz, — Mil. — Maïs. — Coton. — Indigofère.
— Bœuf, âne, chameau. — Cheval. — Chèvres, moutons, cochons. — Essences
principales. — Gonakié, etc. — Professions manuelles des indigènes. — Fer.
— Or. — Pêche. — Constructions maritimes. — Service du remorquage.
La gomme, l’arachide, le béref ou graine de melon, le sésame et autres plantes oléagineuses, l’amande et l’huile de palme, le riz, le mil, le coton ; tels sont les principaux produits du sol sénégalais et dépendances.
L’agriculture, au Sénégal, estcomplétementaux mains des noirs.
La gomme est le produit d’un arbre de la famille des acacias. Les indigènes le nomment vereck, lorsqu’il donne de la gomme blanche, et nehueb, lorsqu’il en donne de la rouge. — La plus estimée et la plus blanche est celle de Galam, que l’on traite à Bakel. — La gomme de la rive droite du Sénégal est la plus recherchée. On traite pendant les mois de janvier à août.
Varachide {avachis hypogea) produit une amande de la grosseur d’une petite aveline. On en extrait une huile supérieure, suivant certains connaisseurs, à l’huile d’olive.
. Ce n’est pas le seul usage de l’arachide. L’amande sert aussi de nourriture aux habitants; les tiges, de fourrage aux bestiaux, enfin de combustible et d’engrais.
Le Gayor et la Casamance fournissent les quantités les plus considérables; le pays de Galam, les qualités les plus estimées.
Le Béref ou Beraff est une graine que produisent le Cucumis melo et le Cucurhita miroor, deux plantes de la famille des cucurbitacées, que les indigènes consomment crues, mais dont ils gardent la graine pour la vendre. Cette graine, qui contient 30 p. 100 d’huile, est à la fois bonne pour la saponification et l’alimentation. Son huile se rapproche de l’huile d’olive.
lo2 LES COLONIES FRANÇAISES.
LaCasamance donne d’autres oléagineux : la graine de sésame, de pignon d’Jnde, la noix de palme, celle de louloucouna, dont la savonnerie surtout peut tirer parti.
Le riz du Kaarta n’est pas inférieur à celui de l’Inde.
Le mil, base de la nourriture des noirs, est cultivé sur les deux rives du Sénégal, mais spécialement sur la rive gauche.
Le maïs, les haricots-niébés font aussi partie de la nourriture des indigènes.
Le vient naturellement au Sénégal. Beaucoup plus court que les cotons américains, il ne peut rivaliser qu’avec les sortes moyennes des États-Unis. — Les noirs l’emploient pour tisser leurs vêtements.
L’zWzÿo/érc vient naturellement aussi. Il est l’objet d’un commerce des plus actifs, surtout en Gambie. On obtient jusqu’à vingt récoltes par an de la plante.
Le bœuf, l’âne et le chameau sont employés à l’agriculture. On élève des chèvres, des moutons et des cochons. Les chevaux, d’origine arabe, sont très-sobres, résistent bien à la fatigue, mais ne sont pas employés comme bêtes de somme ou de trait.
Les principales essences sont : le gonakié {acacia Adansonii), le caïlcedra {klaya senegalensis), le detarr {detarium senegalense), le vène {pterocarpus dinaceus), le n’dimb {sterculia cordifolia), le solum {diaium nitidum), etc.
L’industrie a contre elle les préjugés des indigènes. Noirs et surtout mulâtres se croiraient déshonorés de s’y livrer. Les seules fabriques sont des briqueteries et des chaufourneries.
(( Les principales professions manuelles sont celles de charpentier, de menuisier, de maçon, de tisserand, de calfat, de forgeron et d’orfévre; de ces professions, celles de charpentier de marine, de tisserand et d’orfévre, sont les seules qui offrent quelque degré de perfectionnement.
«Indépendamment des forgerons ordinaires, il existe dans la colonie des forgerons nègres ou maures qui ne se bornent pas au travail du fer, et qui fondent, forgent et travaillent tous les métaux indistinctement. Ils fabriquent les outils de culture les plus grossiers et les bijoux en or les plus délicats.
« Les tisserands nègres du Sénégal tissent avec le coton indigène des bandelettes d’étoffe de 15 centimètres de largeur en moyenne. La réunion de plusieurs de ces bandelettes, longues de 2 à 3 mètres environ, forme un morceau d’étoffe, nommé
LE SÉNÉGAL. io3
pagne, qui constitue le principal vêtement des indigènes des deux sexes. Les plus beaux de ces pagnes sont mêlés delîls de couleurs qui forment des dessins très-régnliers et môme assez compliqués. Le nombre des tisserands excède à lui seul celui de tous les autres ouvriers réunis. » [Notices^ etc.)
C’est dans le Bambouck et le Tambaoura, que se trouve en grande partie l’or qu’on traite au Sénégal ; il se rencontre dans des terrains d’alluvion formés de sable, de cailloux quartzeux et d’argile schisteuse. L’imperfection des moyens employés ne permet pas à ce travail d’être aussi lucratif qu’il devrait l’être.
Quoique le Sénégal et la mer qui borde les côtes abondent en poissons, Saint-Louis, non plus que Corée, ne possède aucun établissement de pêche. Ce sont les nègres qui se livrent à cette industrie. Ils font sécher les quantités considérables de poisson qu’ils prennent et le vendent à l’intérieur. Les procédés trèsprimitifs qu’ils ont employés jusqu’ici commencent à faire place à la seine et à l’épervier.
On compte environ 1 ,5C0 marins noirs ou laptols se livrant à la pêche et à la navigation locale.
Saint-Louis et Corée possèdent quelques chantiers de construction maritime. La colonie a 48 navires de commerce (non compris les embarcations) : 25 long-courriers et 23 caboteurs. Ils sortent de ses chantiers pour la plupart.
Le service du remorquage sur la barre du Sénégal est fait par une Compagnie de Saint-Louis. Deux bateaux à vapeur sont affectés à ce service.