CHAPITRE IV
Divisions administratives. — L’Algérie sous la domination ottomane. — L’Algérie sous la domination française. — ■ Gouverneur général. — Territoire civil ; territoire militaire. —Bureaux arabes. — Organisation indigène. — Chefs indigènes. — Vallée du Chélif ajoutée au territoire civil (18Gb).
Sous la domination ottomane, c’était un Dey (du persan Dei, Dieu, ou plutôt de l’arabe Dai, conducteur) qui gouvernait l’Algerie. Divisée en quatre provinces — Alger, Oran, Constantine, Titeri, — elle avait chacune d’elles administrée par un Bey (colonel ou seigneur).
L’Algérie, sous la domination française et depuis 1843, forme trois provinces : les provinces d’Oran, d’Alger et de Constantine, subdivisées en arrondissements, cantons et communes. Les anciennes subdivisions musulmanes ont aussi dû être respectées jusqu’à un certain point ; on y voit commander des Khalifats, des Aghas, des Kaïds, des Cheikhs.
Une autre division ou plutôt une distinction a été faite entre le pays civil, le pays intermédiaire et le pays arabe. Le premier est celui où l’administration européennê a pu facilement s’imposer ; dans le second, la protection du pouvoir militaire est encore nécessaire; enfin, dans le troisième, le pouvoir hailitaire règne exclusivement.
Les pouvoirs civil et militaire sont concentrés entre les mains du gouverneur général .
Chaque province se compose de deux territoires ; le Territoire civil et le Territoire militaire.
Le territoire civil forme le département. Il comprend : la préfecture, les arrondissements, les commissariats civils ou districts,
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les communes de plein exercice et leurs annexes, enfin les localités non érigées en communes.
ün préfet, assisté d’un conseil de préfecture, administre le département. — Un sous-préfet administre l’arrondissement; celuici comprend les communes proprement dites, et, en outre, un certain nombre de districts administrés par des commissaires civils qui sont soumis aux sous-préfets. — Un maire, assisté d’un conseil municipal, administre la commune.
Des chefs indigènes, sous la surveillance du maire, administrent les indigènes fixés sur le territoire civil. — A chaque préfecture est attaché un Bureau arabe départemental ; à chaque arrondissement est attaché un Bureau arabe cioil^ que gèrent des adjoints au bureau arabe départemental, sous les ordres des souspréfets.
Le territoire militaire comprend : la Division militaire^ les Subdivisions, les Cercles, qui sont à la subdivision ce que le district ou la commune sont à l’arrondissement.
Le commandant de la division, assisté d’un Conseil des affaires civiles, administre le territoire militaire. Il statue sur les matières attribuées aux préfets en conseil de préfecture. Son administration s’étend sur les Européens et les indigènes établis en territoire militaire.
Les fonctions de commissaires civils sont remplis par les commandants supérieurs de cercles.
A défaut de fonctionnaires civils, les commandants de place, en territoire militaire, remplissent les fonctions municipales et celles d’officiers de l’état civil et déjugés de paix. Ils connaissent des contraventions de simple police.
Des Bureaux arabes, spécialement chargés de l’administration des populations indigènes, sont établis dans toutes les subdivisions et dans chaque cercle. Ils sont dirigés par des officiers français, sous l’autorité du commandement militaire.
Une Direction divisionnaire des affaires arabes centralise, dans chaque division, les affaires arabes auprès du général. — Le Bureau politique, placé sous la direction du général de division, sous-gouverneur de l’Algérie, centralise, à Alger, l’administration générale des indigènes en territoire militaire.
La fixation des circonscriptions militaires a déterminé l’organisation des tribus. On distingue chez celles-ci : le Douar ou réunion de tentes rangées en cercle, qui correspond à un de nos
hameaux; la Ferka^ ou réunion de plusieurs douars, sous un Cheikh ; la Tribu, qui réunit plusieurs ferkas et obéit à un Kaïd ; TAghalik, ou grand Kaïdat, réunion de plusieurs tribus, sous un Agha ou un Kaïd-el-Khiâla (général de la cavalerie). Plusieurs aghaliks réunis ont pour chef un Bach-Agha ou un Khalifat.
Le Cercle embrasse plusieurs Khaïdats.
Les Aghas sont nommés par le ministre de la guerre. Leur rôle consiste à surveiller les kaïds et les khalifats. Ils disposent d’une troupe indigène soldée par la France. Leur autorité est politique. ^
Les Kaïds sont nommés par le commandant de la division. Ils veillent à l’exécution des ordres du commandant et lèvent les impôts dans leur tribu.
Les Cheikhs ont un rôle analogue à celui des maires. Ils sont assistés par un conseil des notables.
L’institution des bureaux arabes a été généralisée par une ordonnance du l®*" février 1844. En juillet 1864, un décret impérial les a réorganisés et en a augmenté le nombre. Dans sa lettre au duc de Magenta (1865), l’empereur veut que le rôle des bureaux arabes soit à l’avenir plutôt politique qu’administratif.
Tous les nouveaux centres de population qui ont acquis un certain développement sont érigés en communes par décret impérial.
En 1865, toute la vallée du Chélif a été ajoutée au territoire
Il comprend actuellement ;
Français 100,208
•Étrangers..... 77,565
Indigènes vivant dans les villes et les villages 189,823
373,580 individus.
((C’est à peu près, dit le général Allard, la population d’un département français, mais la superficie de ce même territoire civil est quinze ou vingt fois plus grande que celle d’un département. ))
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