CHAPITRE V
Situation financière. — Budget de TÉtat. — Budget local.
En 1863, la situation financière des établissements de la Côted'Or et du Gabon, a présenté les chifîrfis suivants :
Budget de VEtat,
lo Personnel civil et militaire.
Gouvernement colonial 28,000 fr. » c.
Administration générale 29,960 »
Culte 17,100
Accessoires de la solde, 14,000 »
États-majors 1 1 ,060
Troupes indigènes 88,816 14
Traitements dans les hôpitaux 61,019 40
Yivres 69,961
319,516 fr. 74
Réduction du 30® pour incomplets 10,660 23
308,866 fr. 5l c.
2® Matériel civil et militaire.
Ports et rades. 1 ,000 fr.
Édifices publics 1,000
Casernement et campement 800
Génie 52,000
Artillerie ' 3,000
Divers 550
58,350 fr.
'•3" Subvention de VÉtat.
Subvention au service local 150,000 fr.
Les dépenses de FEtat s’élèvent donc à 517,216 fr. 51 c., non compris celles du service marine^ dont le détail n’est donné que dans les comptes définitifs.
En 1861, les dépenses de ce service se sont élevées à 459,497 fr. 09 c.
Budget local.
1° Recettes.
Contributions indirectes 2,000 fr.
Amendes et produits divers 2,000
Subvention métropolitaine 150,000
154,000 fr.
2° Dépenses.
Service des ponts et chaussées 3,GG0 fr. » c.
— des ports 19,895 20
— de la police 2,613 40
~ de l’instruction publique. . 1,200 >>
Administration générale (suppléments 1,400 »
Agents divers 22,869 72
Dépenses accessoires 3,000 »
55,238 fr. 40 c.
Déduction du 30® pour retenues à l’hôpital et incomplets. 1,831 28
53,397 fr. 12 c.
Hôpitaux 10,840 fr. » c.
Vivres 48,092 94
Travaux et approvisionnements G, 500 »
Approvisionnements divers 5,200 »)
Éclairage public 1,000 »
Subvention au service du culte 1,000 »
— — de l’instruction publique 3,000 »
Frais de correspondance 1,200 »
— de culture, achats de graines 1,500 »
Dépenses diverses et imprévues 22,300 »
Total des dépenses 154,030 fr. 00 c.
APPENDICE
1. Extrait du rapport de 11. «Iules Duval au concours g^énéral et national d’ag^riculture de Parls^ en 1860.
1° Essences forestières.
Au concours d’agriculture de Paris (1860), le Sénégal a envoyé un certain nombre d’espèces forestières dont le bois paraît propre aux usages industriels.
GABON
Le rapport présenté au jury par M. Jule^ Duval signale les espèces suivantes :
Gonakié {acacia Adansonii). — Constructions navales.
Ghi-ghis {bauhinia reticulata). — Constructions à terre.
Ross {cephalanthas africanus). Menuiserie.
Yene (en yolof ou wolofj, Kino (en mandingue), {pterocarpus erinaceus). — Constructions navales.
Detarr (en yolof), Membodo (en mandingue) {Detariiim senegalense). — - Tabletterie, menuiserie, charpente, constructions navales.
N’dimb (en yolof), Danta (en mandingue), sterculia cordifolia). — Constructions navales .
Solum (en yolof), Kocito (en mandingue) {dialum nitidum). — Constructions navales.
Benten (en yolof), Bintaforo (en mandingue) {bombax sp.). — Pirogues et madriers.
Caïlcedra {khaya senegalensis). — Constructions , menuiserie, tabletterie.
Ces bois proviennent en partie de l’établissement de Sedhiou, dans le bassin delà Casamance, où ils se trouvent en abondance. Les Portugais de Bissao en envoient tous les ans quelques chargements en Europe pour les constructions navales.
2° Matières oléagineuses et savonneuses.
Au Sénégal, l’industrie tire une huile excellente, pour l’éclairage et l’entretien des instruments d’acier, du béraf ou graine de Yombosse {cucurbita miroor).
Au Gabon, le dika {mangifera gabonensis) offre un extrait dont le goût est analogue au beurre de cacao. La. noix de mpôga, fournissant l’huile la plus fluide qu’on connaisse, peut servir à la confection des bougies, des savons. La noix de pentadesma est une sorte de stéarine végétale; le djavé (bassia gabonensis) est excellent aussi pour la saponification. — Au concours de 1860, le pain de dika a été l’un des titres de l’administration du Gabon à la mention très-honorable qui lui a été accordée.
Le premier rang d’importance dans les chargements de notre commerce apppartient à l’arachide, à peine connue il y a vingt ans. La rive gauche du Sénégal, autour et en amont de Saint- Louis, le Cayor et le Fouta, Dakar, Rufisque, Sainte-Marie de Bathurst en fournissent annuellement 30 à 35,000 tonneaux.
vu
Le Gabon produit, comme le Sénégal, l’arachide , mais sur une échelle beaucoup moins considérable.
3° Gommes.
Les gommes sont des dons de la nature très-abondants dans les climats tropicaux. La gomme du Sénégal joue un rôle trèsimportant dans l’économie commerciale de cette colonie, dans nos transports maritimes et dans les applications industrielles... Au Concours de 1860, on a particulièrement remarqué les gommes de l’acajou à fruits et de l’acacia lèbbeck (ou bois noir); la gomme copal {guibourtia), une des richesses naturelles de la côte occidentale d’Afrique ; le caoutchouc du Gabon, où il peut donner lieu àun commerce des plus considérables...
4° Matières tinctoriales et tannantes.
Pour l’indigo, une médaille d’argent a été accordée à M. Correz, ancienpharmacien militaire au Sénégal, qui avait tenté, dans ces dernières années, de préparer la matière extraite des indigotiers indigènes, d’après des procédés qui lui conservassent toute sa valeur, tandis que les préparations des natifs du pays ne procurent qu’une pâte terne et mélangée. Bien que le succès industriel n’ait pas couronné sa tentative, M. Correz n’en a pas moins établi, par des spécimens qu’il a livrés à l’analyse des juges les plus compétents, les qualités supérieures des indigos du Sénégal, et il a rendu ainsi à la colonie, à la science et peut-être à la métropole, un service que le jury a tenu à honneur de récompenser. M. Correz présentait au Concours de 1860 deux spécimens fort remarquables, dont l’un, fait avec des feuilles vertes, rappelait les meilleures qualités de Java; dont le second, tiré de feuilles sèches, se rapprochait des bonnes sortes du Bengale; tous deux contiennent 60 p. 100 d’indigotine.
Parmi les matières tinctoriales, on a encore remarqué le nebneb, le bablah (gousses tinctoriales et tannantes), le henné commun, le santal rouge qui, au Gabon, est déjà l’objet d’un commerce considérable, etc.
5® Cotons,
Au Concours d’agriculture de Paris (1860) , les cotons du Sénégal n’ont obtenu que des mentions honorables; mais, dit M . Jules Duval dans son rapport, c’est parce que ces produits s’éloignaient trop des similaires de la Guadeloupe et même de la
GABON
Guyane, pour rivaliser avec ces types supérieurs. En procédant ainsi, le jury n’a pas entendu déprécier ces types communs qui, dans les colonies de Taïti, du Sénégal et de l’Inde, et aux Antilles mêmes, trouvent leur emploi dans toutes les industries domestiques; au Sénégal et sur la côte d’Afrique, même dans l’intérieur, c’est avec les cotons spontanés ou cultivés que se fabriquent, à défaut de laine, tous les vêtements ; et dans l’Inde, ils sont la matière première des guinées, toiles de coton dont s’habillent les populations d’une grande partie de l’Afrique et de l’Asie. — « Une matière, ajoute le rapport, qui trouve de tels emplois mérite d’être tenue, quelque vulgaire qu’elle paraisse, en une certaine estime, au moins pour sa solidité et pour son bon marché. »
6® Farines et fécules.
Au Concours de 1860, on a remarqué le couscoussou des Sénégalais, farine granulée faite avec des niébés (dolichos lablab), avec le gros et le petit mil sorgho, même le maïs, comme avec le blé dans le nord de l’Afrique.
7° Café.
Au Concours de 1860, le jury a décerné une médaille d’argent à MM. Prom et Maurel, du Sénégal, pour leur café de Rio-Nunez, espèce d’un arôme pénétrant, trouvée à l’état sauvage sur le flanc méridional des montagnes Fouta-Djialon, et faisant l’objet d’un commerce de quelque importance à la côte occidentale d’Afrique.
8® Graines alimentaires.
Parmi les graines alimentaires jouant un rôle de premier ordre, il faut compter les mils de divers genres {sorghum penicellaria)^ qui, sous les noms de grand et de petit mil, sont la base du régime alimentaire des noirs du Sénégal et de la côte occidentale d’Afrique.
9° Cire.
La côte occidentale d’Afrique peut fournir de grandes quantités de cire très-propre aux usages industriels.
10° Essences forestières du Gabon,
Le Gabon a envoyé au Concours d’agriculture de Paris, en 1860, différentes espèces forestières.
Les suivantes doivent être mentionnées :
Ébène {Diospyros ebenum), — Ébénisterie.
Geïssendet. — Construction et ébénisterie.
Évino. Menuiserie, ébénisterie.
Intovo. — Mêmes emplois.
Llonda. — • Constructions et meubles.
Oyamba. — Mêmes emplois.
Ojoli. — Id.
Ocoumé {amyris sp.). — Pirogues, ébénisterie.
Pandja. — Mêmes emplois.
Garigari. — Constructions navales.
Combo {myristica sp.). — Bois à crayons.
Ajoutons le sandal rouge et blanc, employé particulièrement pour la teinture.
îî. IQxtrait du rapport présenté à PEmpereur^ le 4: août par la Commission de surveillance des banques coloniales.