‹ Les colonies françaisesChapitre 94 sur 315 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Coup d’œil historique.

L’île de la Réunion est située dans Tocéan Indien entre 52° 56' — 53° 34' de longitude E. et 20° 50' — 21° 23' de latitude S.

Découverte vers 1505 par le Portugais Mascarenhas, occupée par les Français en 1642 et en 1649, cette île a successivement porté les noms de Mascareigne, de Bourbon (1619)^ de la Réunion (1793), de Ronaparte (sous l’Empire), de Bourbon (en 1815 lorsque les Anglais qui la détenaient depuis 1810, la rendirent à la Restauration), enfin de la Réunion (1848).

Elle est à 140 kilom. S.-O. de File Maurice (autrefois île de France), à 600 kilom. O. -S.-O. de Rodrigue, à 560E. de Madagascar,à 3,000 N.-E. ducap de Bonne Espérance, et à 16,250deBrest.

Le drapeau de la France y fut pour la première fois arboré par le capitaine Gobert, de Dieppe, en 1638. Ce fut en 1643 seulement qu’il en fut pris possession au nom de Louis XIII, par le sieur de Pronis, agent de la Compagnie des Indes orientales à Madagascar.

En 1649, cette prise de possession fut renouvelée par M. de Flacourt. L’île perdit alors son nom de Mascareigne et prit celui de Bourbon,

La Compagnie des Indes orientales, à qui elle fut concédée en 1664, comme dépendance de Madagascar, y envoya vingt

ouvriers qui formèrent le premier noyau de la colonisation.

Une troisième prise de possession, au nom de Louis XIY, eut lieu en 4671.

En 1674, la petite colonie se vit tout à coup augmentée par les Français échappés aux massacres du Fort-Dauphin, à Madagascar. On songea plus sérieusement dès lors à tirer parti de File Bourbon.

Voici, en résumé, quels furent les événements subséquents de 1710 à 1793 :

En 1710, une administration régulière fut établie à Bourbon par la Compagnie des Indes : gouverneur, conseil provincial^ etc.

En 1724, un conseil supérieur remplaça le conseil provincial, dont il garda les attributions judiciaires.

En 1735, le gouvernement de File Bourbon fut réuni à celui de File de France (île Maurice). Mahé de la Bourdonnais fut nommé gouverneur général des deux îles.

En 1764, la Compagnie des Indes fut dépossédée par ordonnance royale. Les deux îles rentrèrent sous le gouvernement du roi. Une indemnité de 1,200,000 livres de rente fut donnée à la Compagnie.

En 1766, ordonnance royale confiant l’administration de Fîle de France et de Bourbon à un gouverneur et à un intendant. Un commandant particulier et un ordonnateur de la marine, relevant du gouverneur qui siégeait à Fîle de France, résidèrent Bourbon. — Impôt de capitation sur les esclaves.

En 1767, organisation des branches du service par l’intendant général Poivre. Il introduisit à Bourbon la culture des épices.

En 1768, conseil électif des notables. Il administre l’emploi des fonds provenant de l’impôt de capitation sur les esclaves (trente sous par tête), destiné à pourvoir aux dépenses communales de la colonie.

En 1774, établissement d’une juridiction autre que le conseil supérieur. Elle est composée d’un juge royal, d’un lieutenant de juge, d’un procureur du roi et d’un greffier.

En 1790, une assemblée coloniale, décrétée par l’Assemblée constituante, et présidée parle général comte de Malartic, gouverneur des îles de France et de Bourbon, qui rendit alors d’immenses services aux colonies (1), s’empara de tous les pouvoirs. Elle pou-

(1) Voir la partie historique consacrée à la Guadeloupe.

LA RÉUNION

vait se composer de tout individu, blanc ou noir libre, et se renouvellerait chaque année. — Institution du jury, des justices de paix, des communes.

En 1793, la République fut proclamée à Bourbon ; cette île prit le nom d’île de la Réunion.

Une commission de onze membres fut chargée de surveiller le comité administratif. Le conseil supérieur et de la juridiction royale fut supprimé, et cent huit habitants de la colonie furent déportés.

Le général Decaen, nommé capitaine général des- établissements français au delà du cap de Bonne-Espérance, reçut le gouvernement de File, en 1803. — On établit à la Réunion un commandant particulier et un sous-préfet. L’assemblée coloniale cessa ses fonctions.

La situation de File fut prospère jusqu’en 1806. A. cette date, les habitants demandèrent et obtinrent que File de la Réunion fût à Favenir appelée île Bonaparte. De 1806 à 1810, c’est-à-dire pendant la guerre maritime engagée dans la mer des Indes, entre la France et l’Angleterre, la détresse de la colonie fut des plus grandes.

Les 7 et 8 juillet 1810, les Anglais débarquent 5,000 hommes près de Saint-Denis. En vain la garnison, composée de 260 hommes et de i ,200 gardes nationaux , oppose à l’ennemi une résistance énergique. Le 9, on fut contraint à capituler. La colonie passa sous la domination britannique et reprit le nom d’île Bourbon,

En 1815, Fîle fut rendue à la France en vertu du traité de Paris du 30 mai 1814.

Le conseil supérieur de Fîle, la juridiction royale, les justices de paix et les communes (sous le nom de Paroisses)^ furent rétablis.

Un comité consultatif, dit comité d’agriculture et de commerce, fut établi en 1816 ; le conseil supérieur et la juridiction royale furent remplacés par une Cour royale et un tribunal de première instance. L’organisation municipale de la colonie fut aussi réglée et déterminée.

En 1818, la traite des noirs Fut définitivement prohibée.

En 1825, réorganisation du gouvernement colonial. Le comité consultatif est remplacé par un conseil général de douze membres, nommés par la couronne sur une liste de vingt-quatre candidats, présentés par les conseils municipaux de la colonie. Ce conseil général, supprimé à son tour en 1833, fut remplacé par un conseil colonial, composé de trente membres et ayant des attributions

plus étendues. Un an après, le principe électif fut appliqué à la formation des municipalités.

Lorsque, le 9 juin 1848, la République fut proclamée àBourbon , Tîle reprit son ancien nom d’île de la Réunion.

Le conseil colonial et les fonctions de délégué furent supprimés; — le droit électoral accordé à tout habitant majeur né ou naturalisé français; la Réunion, put envoyer trois députés à l’As» semblée nationale constituante.

En 1853, l’Empire fut proclamé. En 1854, un sénatus-consulte, du 3 mai, réglant la nouvelle constitution des colonies, fut promulgué le 26 juillet.

C’est sous l’empire de ce sénatus-consulte que se trouve actuellement la Réunion, ainsi que nos autres colonies.

Page 1