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Les colonies françaises

C’est le i3 juillet 1892 que fut pris par le Gouvernement le décret instituant l’Exposition universelle de 1900. Le 5 novembre suivant, M. le Ministre du commerce instituait la Commission préparatoire, et, le 9 septembre i8p3, un décret nommait M. Picard Commissaire général de l’Exposition.

Le 22 mai 1 8 9 4 , M- Paul Dislère, Conseiller d’Etat, fut mis à la tète de l’Exposition des colonies et pays de protectorat (arrêté ministériel du 22 mai 1 894)-

Sous les ordres du Ministre des affaires étrangères pour la Tunisie et Madagascar, du Ministre des colonies pour les colonies et pays de protectorat autres que la Tunisie et Madagascar, et sous l’autorité du Commissaire général, M. Dislère devait présider à l’organisation de l’Exposition des colonies et pays de protectorat, se mettre

RAPPORT GENERAL

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en rapport avec les résidents généraux, gouverneurs généraux et gouverneurs, et avec les comités locaux institués par eux. Il devait centraliser entre ses mains l’organisation et l’administration des diverses expositions coloniales françaises, dont chacune eut plus tard à sa tête un commissaire spécial relevant du Délégué. Il était constitué l’ordonnateur des dépenses que comporterait l’ensemble de l’Exposition coloniale.

Dès son entrée en fonctions, M. Dislère prenait connaissance du projet de règlement général de l’Exposition et adressait, à ce propos, à M. Picard, un certain nombre d’observations qu’il est utile de mentionner. Il demandait notamment : 1 0 que le délégué des colonies et pays de protectorat eût le droit d’assister aux séances des comités de classe, des comités de groupe et du comité supérieur; 2° que dans l’article î 2 la formule : « les Délégués officiels représentant les colonies ou pays de protectorat » fût remplacée par la formule : « le Délégué des colonies et pays de protectorat»; 3° que l’on prévît la publication d’un catalogue spécial des colonies et pays de protectorat; 4° que l’on se préoccupât de la question de la désignation des jurés chargés de représenter les colonies, laquelle avait soulevé quelques difficultés en î 889 et devait, en 1900, en soulever d’identiques, puisque le règlement ancien n’était pas modifié sur ce point.

M. Picard répondit que les comités d’installation 11’auraient pas à intervenir dans l’installation des pavillons des colonies françaises, qui devait se faire uniquement sous la direction de M. Dislère; que les colonies étrangères et les pays de protectorat français auraient des délégués offi-

ciels, de sorte que le libellé du projet de règlement général se trouvait ainsi mieux répondre à la réalité; que la rédaction proposée ne créait aucun obstacle à la publication d’un catalogue spécial des colonies; enfin que, d’accord avec M. Delaunay-Belleville , il était entendu que la représentation coloniale dans le jury serait proportionnelle au nombre des exposants et à l’importance des expositions, conformément au principe général posé par le règlement, et que les colonies et pays de protectorat désigneraient leurs jurés au même titre que les pays étrangers, le tout sous réserve de l’action du Ministre des colonies (lettre du 9 juillet 1 8 9 4 ) -

L’étude du projet de règlement général conduisit M. Dislère à présenter, en outre, certaines observations d’où découlait la constitution d’un groupe de la colonisation. Nous allons voir comment la Commission préparatoire modifia ce projet primitif et, au lieu du groupe île la colonisation conçu par M. Dislère, créa le Groupe XVII, divisé en trois classes (l 13-1 1 4-1 15).

L’arrêté qui nommait M. Dislère Délégué des colonies et pays de Protectorat était identique à celui qui désignait le délégué à la section des Beaux-Arts et le délégué à la section de l’Agriculture. Mais entre M. Dislère et ces deux délégués il y avait cependant une différence essentielle : sa compétence embrassait uniquement des exposants d’une origine donnée, exposant dans toutes les classes; la leur, au contraire, embrassait les exposants de toutes origines, exposant dans certaines classes déterminées.

Dès lors, envisageant les intérêts généraux des exposants coloniaux et l’impossibilité où l’on s’était trouvé

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précédemment de faire entrer dans le cadre général de la classification certains produits intéressant particulièrement la colonisation, M. Dislère demanda la création d’un groupe Colonisation , comme il y avait déjà un groupe Agriculture et un groupe Beaux-Arts.

La Commission préparatoire de l’Exposition de 1900, sur la proposition de sa ire sous-commission, admit la création d’un Groupe XVII (Colonisation), mais repoussa la création de classes spéciales à certains produits proprement coloniaux. De la sorte, les classes composant le Groupe XVII étaient universelles au même titre que Içs autres; elles devaient recevoir des objets, documents et produits entrant dans leur cadre, quelles qu’en fussent l’origine et la nationalité.

M. Dislère fit remarquer au Commissaire général que les produits de nos colonies devaient être exposés dans des pavillons spéciaux, édiliés aux frais de celles-ci et à ceux du Ministère des colonies, mais que les exposants du Groupe XVII comprenant des métropolitains et des étrangers, il serait juste que leurs produits fussent exposés dans un palais particulier, dont les frais seraient couverts parmi crédit spécial, pris sur le budget général de l’Exposition, ainsi que cela se pratiquait pour tous les autres groupes de la classification générale.

A ces observations, M. Picard répondit, par lettre du 1/1 août 1 8 c) 4 ■> qu’il lui paraissait impossible de séparer matériellement les objets classés dans le Groupe XVII de ceux provenant des colonies, et que, de plus, M. Dislère ayant la direction complète des installations coloniales, même pour le Groupe XVII, l'édification du pavillon

spécial que demandait M. Dislère devait se faire aux frais du budget des Colonies.

M. Dislère exprima alors l’avis (pie, puisque les comités d’admission et d’installation ordinaires ne devaient pas fonctionner pour le Groupe XVII, les droits à eux conférés par l’article 5o revenaient au service spécial chargé de l’organisation de ce groupe. Tl pigeait nécessaire que cette question fût tranchée avant que l’Administration coloniale établît son budget spécial et pût calculer ainsi le montant du crédit qu’elle avait à demander au Parlement. Il fallait également trancher la question de l’affectation des recettes effectuées dans l’enceinte de l’Exposition coloniale. Enfin M. Dislère, se basant sur ce que, précédemment, le budget des recettes de l’Exposition coloniale était alimenté : i° par un crédit spécial; i" par les contributions des établissements d’outre-mer; 3° parles perceptions effectuées dans l’enceinte de l’Exposition coloniale, demanda quelle subvention serait versée aux colonies par le budget général de l’Exposition, étant donné qu’à l’Exposition coloniale française on rattachait le Groupe XVII, composé d’exposants métropolitains et étrangers.

Ces données étaient nécessaires pour établir le budget du Groupe XVII, que M. Dislère voulait voir indépendant du budget de l’Exposition coloniale proprement dite.

Le Commissaire général déclara (lettre du 2 3 octobre i 8 g 4 ) que les produits des concessions devaient profiter au budget général de l’Exposition , et , d’autre part, qu’aucune subvention ne pouvait être accordée par ce même budget général à l’Exposition coloniale , même pour aider aux dépenses nécessitées par le Groupe XVII.

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Malgré celle nouvelle réponse négative, M. Dislère écrivit au Commissaire général, le 17 mai 1 8 g 5 , pour lui préciser les raisons pour lesquelles le Département des colonies ne pouvait prendre à sa charge les dépenses de construction du Groupe XVII, groupe international. De plus, il insistait sur ce point que le règlement général n’ayant prévu aucune disposition spéciale pour les conditions d’admission des exposants de ce groupe, ces conditions devaient être nécessairement les mêmes que celles des autres groupes, ce qui enlèverait au Ministère des colonies toute action sur les comités des Classes 113, 114 et 115. Enfin, la réunion dans un même pavillon d’exposants coloniaux français, dispensés des frais d’installation, et des exposants des classes internationales du Groupe XVII, participant, eux, à ces dépenses, ne semblait guère admissible. C’est pourquoi M. Dislère estimait nécessaire de prévoir, pour le Groupe XVII, des dépenses de même ordre que pour tous les autres groupes, et évaluait à la somme de 280,000 francs les frais de construction du palais spécial desliné à ce groupe.

Il ne fut pas fait de réponse officielle à cette lettre, et les choses restèrent en l’état.

Dans une lettre adressée le ier juillet 1897 au Commissaire général, le Ministre des colonies ayant exprimé le regret que le Délégué des colonies à l’Exposition ne fût plus associé à la constitution du Groupe XVII, M. Picard répondit au Ministre (7 juillet 1897) en cilant les termes de l’arrêté du 22 mai 1894, qui nommait M. Dislère « Délégué à l’Exposition universelle de 1900 pour organiser dans la section des colonies et pays de

protectorat, les expositions particulières de l’Administration centrale, des administrations locales françaises et des gouvernements placés sous le protectorat de la France, etc. ».

M. Picard ajoutait : « Cet arrêté, identique à ceux qui règlent les attributions du délégué des Beaux-Arts et du délégué de l’Agriculture, est toujours en vigueur. M. Dislère aura donc à organiser le Groupe XVII en qualité (le collaborateur de MM. les Directeurs généraux de l’exploitation. »

D’après cette lettre, le Délégué des colonies ne participait plus à l’organisation du Groupe XVII en qualité de Directeur, mais en qualité de collaborateur.

Dans sa lettre du 12 juillet 1897 au Ministre des colonies, M. Dislère crut devoir établir nettement la situation à cet égard et exposer les motifs pour lesquels il ne croyait pas pouvoir s’occuper du groupe XVII dans les conditions nouvelles posées par M. Picard.

A la suite d’entrevues avecM. Delaunay-Belleville et de correspondances particulières entre MM. Dislère et Picard, il fut arrêté, le 3o juillet 1897, que l’organisation et la construction du Groupe XVII seraient assurées uniquement par les soins du Directeur général de l’exploitation.

Déchargé de la direction du groupe XVII , M. Dislère n’avait plus à s’occuper que des exposants coloniaux français (particuliers et administrations); et il devait assurer, en cette qualité, la participation du Département des colonies à l’Exposition universelle comme exposant dans la Classe 113 (avec la collaboration des membres de la Commission spéciale instituée dès mars 1898), et, en outre,

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dans diverses classes pour plusieurs de ses services : service géographique, office colonial, postes et télégraphes, service de santé, service pénitentiaire, Jardin colonial, Ecole coloniale.

En tant cjue Délégué des colonies et pays de protectorat, M. Dislère se trouvait donc placé, en fait, dans des conditions identiques à celles des commissaires étrangers (lettre du 27 juillet 1897), ce fIu* Parah contradictoire avec tout ce qui avait été dit précédemment par le Commissariat général au sujet des attributions du Délégué.

Tandis que ces diverses questions de réglementation générale s’acheminaient vers une solution quelque peu différente de celle prévue à l’origine, le service central du Délégué était entré en relations avec nos possessions d’outre-mer, et leur donnait les instructions et les indications nécessaires pour la préparation de l'exposition, qui devait être « une importante manifestation des Jorces économiques de notre domaine extérieur, l’ affirmation de sa puissance et de ses ressources ». L’Exposition coloniale française de 1 900 devait avoir d’autant plus d’importance qu’elle était non seulement appelée à faire connaître les colonies aux métropolitains, mais surtout quelle avait à lutter contre les colonies étrangères; c’était, en effet, la première fois que se préparait une Exposition coloniale internationale.

Ces considérations inspirèrent la rédaction de nombreuses circulaires, qui furent adressées au gouverneurs et aux Comités locaux ; ]e me bornerai à résumer les principales.

Dès sa première circulaire aux gouverneurs en dale du 28 août 189,8, le Ministre des colonies, sur la proposition du Délégué, les informait qu’il avait décidé, par arrêté du 2 août i8q5, l’institution dans nos établissements d’outre-mer d’un comité pour la participation de chacun d’eux à l’Exposition universelle Û).

Cet arrêté déterminait la composition de ces comités locaux et réglait ainsi leurs attributions : i° faire connaître les actes officiels concernant l’organisation de l’Exposition; 20 distribuer des formules et demandes d’admission; 3° provoquer la participation des agriculteurs, des industriels et artistes; 4° provoquer et organiser, s’il y avait lieu, le groupement des produits similaires de la colonie et désigner un délégué pour chacune de ces expositions collectives. Le Ministre insistait pour que les comités se missent immédiatement à l’œuvre , en raison des longs délais exigés pour la préparation et la mise au point de cette entreprise. Il faisait remarquer combien était étendue et complexe la mission des comités qui avaient à rechercher les moyens les plus propres à faire ressortir aux yeux du public les ressources de toute nature possédées par leur colonie.

Par une nouvelle circulaire du 2 3 juillet 1896, le Ministre demandait aux colonies leurs intentions et leurs projets concernant les surfaces dont elles auraient besoin, et les ressources qu elles comptaient affecter à leur exposition; le Ministre estimait que les comités locaux, depuis leur constitution, avaient dû réunir les informations nécessaires pour pouvoir émettre un avis ferme à ce sujet.

(l) Voir annexes I et II.

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Le Ministre les a Avisait, en même temps, qu’en raison des demandes de la plupart des nations étrangères, on serait probablement forcé de réduire l’espace alfecté primitivement à nos colonies (la totalité des jardins du Trocadéro). Il leur demandait en conséquence de lui faire connaître leurs besoins, pour lui permettre de défendre leurs intérêts auprès de l’Administration de l’Exposition universelle.

A côté des questions d’ordre matériel précédemment envisagées, il restait à indiquer aux colonies un moyen pratique de se mettre en relations durables avec le public que l’exposition de leurs produits aurait intéressé à leur avenir économique. Ce fut l’objet de la circulaire du ier juillet 1897.

Elle recommandait aux colonies de réunir et de préparer les éléments d’une notice imprimée, qui présenterait le tableau complet des ressources naturelles de chaque colonie , de sa situation économique et des desiderata à satisfaire pour lui donner tout le développement possible. Le Ministre indiquait un procédé pratique de grouper les bonnes volontés et les compétences locales : la mise au concours, dans chaque colonie, de l’étude des différents points à examiner, avec primes pour les meilleurs travaux. Les éléments ainsi obtenus, joints à ceux de source administrative, devaient permettre aux colonies et aux comités locaux de préparer des notices instructives et documentées , dont la diffusion parmi les visiteurs de l’Exposition ne pouvait manquer de produire d’utiles effets.

Afin de ne négliger aucun moyen susceptible d’intéresser à l’œuvre entreprise les producteurs, industriels et

négociants coloniaux, le Ministre appela l’attention des colonies sur l’avantage qu’il y aurait à organiser des expositions préparatoires locales dans le courant de l’année 189g. La pensée que les produits ainsi réunis, sous les yeux de la population coloniale, seraient les mêmes que ceux à exposer à Paris, provoquerait certainement un redoublement d’activité chez les intéressés. Ces expositions partielles, faisant l’oiEce de répétitions avant la grande Exposition de 1 900, mettraient en lumière les lacunes ou omissions qui pourraient se produire, et que l’on aurait alors toute facilité de combler et de réparer en temps utile. (Circulaire du 26 janvier 1898.)

La question de la vente , pendant l’Exposition , de certains produits coloniaux soumis à la dégustation des visiteurs ou travaillés sous leurs yeux, fut réglée par la circulaire du 2 0 mars 1898 : elle commentait le règlement général de l’Exposition universelle et en appliquait les diverses dispositions à ces deux catégories de produits; elle indiquait aux colonies les formes suivant lesquelles les droits de douane, de contributions indirectes et d’octroi seraient perçus sur leurs produits. La redevance à payer par chaque exposant faisant déguster ses produits ou vendant et livrant des objets travaillés sous les yeux du public, dans le pavillon d’exposition de sa colonie, était fixée à 1 o francs.

Cette mesure, purement de faveur, était accordée par le Ministre du commerce sur la demande du Délégué, mais elle était réservée uniquement aux colonies, le règlement général s’opposant, en principe, à la vente et à la livraison des objets exposés.

Le 9 juillet 1898, le Ministre fit parvenir aux comités locaux un certain nombre d’exemplaires de la formule imprimée réglementaire devant servir à l’établissement des demandes d’admission à l’Exposition universelle. Les comités avaient à distribuer ces formules aux intéressés, à les recueillir ensuite et à les renvoyer au Délégué, à Paris, avant le i5 février 1899, aux termes du règlement général; ils devaient en même temps donner leur avis sur chaque demande à eux remise.

Le Délégué était chargé de centraliser toutes les demandes entre ses mains et de les transmettre au Directeur général de l’exploitation de l’Exposition, en les proposant à son admission.

Le Ministre, à la date du 20 octobre 1898, adressa aux colonies le tableau complet des réductions consenties par les entreprises de navigation françaises pour le transport des passagers et des produits à destination de l’Exposition ; il profita de la circonstance pour appeler l’attention des comités et, par eux, des exposants sur l’utilité qu’il y avait à prévoir le groupement des objets de même nature et leur expédition en colis soigneusement emballés.

Il convient de compléter l’historique de cette période de début en relatant la création d’une commission chargée d’assurer la participation du Ministère des colonies à la Classe 113, «Procédés de Colonisation » , Groupe XVII.

M. Dislère déposa à ce sujet un rapport entre les mains de M. le Ministre des colonies, en mai 189b. Il y exposait qu alors que, pour la forme matérielle et pour la

forme commerciale de la colonisation, il faudrait surtout recourir à l’initiative privée , pour la forme administrative et intellectuelle de la colonisation le Département des colonies était seul en mesure de réunir les documents nécessaires pour présenter au public, soit sous l’aspect de publications, soit sous celui de tableaux, de cartes, etc., l’historique et le résultat des efforts tentés par la France dans cette grande œuvre de la colonisation qui caractérise surtout les trente dernières années de notre histoire.

Fixer lelat physique, scientifique, économique et moral de nos colonies, tel devait être le but de la participation du Ministère des colonies à la Classe 1 13. Il fallait montrer le rôle propre de l’Etat, qui est d’organiser administrativement les colonies, de développer chez les indigènes les connaissances des peuples civilisés, et, réciproquement, d’enseigner, à la population de la métropole, les colonies, leur géographie et leur histoire, — leur corps et leur âme — ainsi qu’on a pu dire, et c’étaient précisément les méthodes employées par la France pour réaliser cet idéal politique et intellectuel, qui devaient former la base de l’Exposition du Ministère des colonies dans la Classe 113. D’ailleurs il était bien évident que, même en matière de production et de commerce, en plein champ d’activité individuelle, l’intervention de l’Etat se manifeste, sous forme de concessions territoriales, d’organisation de banques et de caisses de prêts, de tarifs spéciaux de douane en faveur de certaines marchandises, de traités en vue de procurer des bras à l’agriculture, de travaux publics, etc., d’où la nécessité aussi d’établir une synthèse générale des théories coloniales modernes mises en pra-

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tique par le Pavillon de Flore, au triple point de vue du régime économique, de la propriété domaniale et privée, et de la main-d’œuvre, le tout étayé sur des statistiques précises destinées à souligner et à éclairer les progrès et les défectuosités possibles de notre système de colonisation.

Conformément au rapport et aux propositions de M. Dislère, le Ministre des colonies prit un arrêté instituant cette commission.

Le Délégué des colonies et des pays de protectorat en était le président. Sa composition, modifiée par la suite, ainsi que nous le verrons au chapitre consacré aux publications, fut la suivante : membres, MM. Marcel Dubois, Arnaud, Guy, Tissier, Doubrère, Franck Puaux; membres adjoints, MM. Bousson, Davet, Adam; secrétaire, M. Tantet; secrétaire adjoint, M. Victor Morel.

La commission se réunit pour la première fois le 2 5 mai î 8 9 5 . « Etudier les cjuestions fondamentales de la colonisation, envisager tout ce qui a pour but de peupler les colonies de Français immigrés, d’y mettre en valeur les richesses de tout ordre, d’y attirer les capitaux, d’y créer un outillage, d’y développer la civilisation, d’y retenir et d’y fixer les colons ; prouver, l’histoire à la main, que les Français ont été de tout temps un des peuples les plus colonisateurs; signaler leurs efforts constants pour reconstituer leur domaine colonial et les immenses progrès accomplis pendant le siècle et surtout sous la troisième République, tel était le vaste programme que la commission avait à aborder de front. » [Introduction générale, p. 1.)

La répartition du travail que comportait ce programme fut faite, dès la première séance, entre les membres de la commission et, à la séance du 6 juillet 1896, chacun put présenter un plan raisonné et détaillé de la partie qui lui incombait dans l’ensemble.

La commission poursuivit ensuite normalement ses travaux, qui aboutirent aux instructives publications dont j’aurai à m’occuper plus loin.

Tel est le tableau d’ensemble des travaux accomplis depuis la nomination de M. Paul Dislère en qualité de Délégué des colonies et des pays de protectorat, jusqu’au mois d’octobre 1898, époque à laquelle M. Dislère résigna ses fonctions.

Au cours des correspondances échangées entre le Délégué et les colonies, on est frappé par les incertitudes qui ont régné, pendant toute celte période, au sujet de l’emplacement qui devait être définitivement attribué à l’Exposition coloniale. Cette question avait soulevé de graves difficultés, et elle 11e reçut une solution définitive qu après une série de péripéties qu’il convient de relater.

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