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PALAIS DU MINISTÈRE DES COLONIES

Le palais du Ministère des colonies était situé au sommet de la partie ouest des jardins du Trocadéro. (M. Scellier de Gisors, architecte.) 11 comprenait : le pavillon proprement dit; le service du jardin colonial, composé d’une grande serre et de deux petites serres chaudes; le pavillon d’accès sur la partie sud des jardins.

Toutes ces constructions s’étageaient à des niveaux différents dont la disposition était nécessitée par les pentes

très sensibles du terrain en cet endroit du parc. Le système de fondation employé pour les différents bâtiments fut celui des rigoles ordinaires remplies de béton de ciment. Pour le pavillon proprement dit, les murs furent montés en moellons jusqu’au niveau du plancher du rezde-chaussée; pour les parties en élévation, on employa le système plus léger et plus rapide du pan de bois avec remplissages intermédiaires. Ce procédé fut d’ailleurs employé dans la majeure partie des constructions édifiées pour le compte du Ministère des colonies, ce qui occasionna une sérieuse difficulté pour le liourdis. On ne pouvait, en effet, recourir au procédé ordinaire de remplissage en plâtras et plâtre.

Le poids eût été trop considérable et il n’eût pas été possible de trouver les quantités suffisantes pour hourdir de semblables surfaces. On résolut alors d’employer les panneaux en plâtre, connus sous le nom de lentillons, formant planches d’une longueur d’environ i m. 5o, rendus rigides au moyen de roseaux noyés dans le liourdis et d’épaisseurs variables d’après leur emploi. Malheureusement, le fournisseur ne put assurer la production nécessaire et suspendit les envois. On lit immédiatement procéder à l’exécution de panneaux similaires par l’entrepreneur général, mais il ne put suffire aux besoins journaliers et il fallut chercher un autre procédé et avoir recours à l’emploi du métal déployé. Ce système , moins économique que le précédent, permit cependant d’agir rapidement et donna de bons résultats.

Le métal déployé est constitué par une feuille d’acier très mince, découpée en losange [par une machine spé-

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ciale. Le hourdis se fait au moyen d’un gobetage en plâtre gâché serré, et, en raison de la disposition spéciale des losanges, il y a relativement peu de plâtre qui passe au travers. Le hourdis une fois établi, il n’y a plus qu’à procéder à l’enduit ordinaire. On l’employa pour les hourdis et plafonds et pour le revêtement des parties de façades comportant des saillies moulurées. La quantité employée a été environ de 20,000 mètres.

Les terrasses, perrons, escaliers extérieurs furent . exécutés en ciment armé, système Hennebique, et nous donnèrent pleine satisfaction. Le plancher formant terrasse d’une surface de 1 35 mètres superficiels était calculé pour une surcharge libre de 45 o kilogrammes par mètre carré.

Il fut constitué par un hourdis de o m. 08 d’épaisseur portant sur des murs en maçonnerie. Il était renforcé au moyen de blets de o,3oXo,4o, de poutres principales de o,2oXo,35 et de poutrelles de o,i5Xo,2o.

Les balustrades ont été exécutées : pour les parties hautes, en plâlre avec balustres dito; pour les parties du rez-de-chaussée, en sable mortier coloré imitant la pierre avec balustres de même composition. Les combles en charpente furent couverts en tuiles ordinaires avec châssis métalliques vitrés pour l’éclairage des salles de l’Exposition.

Le dôme couronnant le vestibule d’entrée était égalemenl en charpente, hourdi plein à sec et recouvert sous l’enduit extérieur d’une forte toile imperméable, marouflée sur toute la surface et enduite de céruse. La voûte en berceau recouvrant la galerie centrale était en

planches assemblées d'après le système Fabre, procédé qui, tout en présentant les garanties nécessaires de solidité et de légèreté, avait l’avantage de n’exercer qu’une poussée insignifiante sur les parties verticales. La coupole d’entrée fut construite en staff, en quatre fractions semblables recouvertes d’une décoration picturale, et suspendues ensuite à l’ossature de la charpente du dôme.

La grande serre était établie sur le plan carré de 1 o mètres de côté et accompagnée sur les faces ouest et nord d’annexes de 5 mètres de largeur sur i m. 5o de profondeur. La construction de cette serre était entièrement métallique et reposait sur un socle en maçonnerie de briques destiné à compenser les différences de niveau des terrains avoisinants. Les parties verticales entièrement vitrées avaient une hauteur de 7 m. 5o et étaient surmontées d’un comble courbe à quatre pans également vitré.

Les deux petites serres placées en contre-bas furent également construites en fer et munies d’un appareil de chauffage.

Le pavillon annexe fut construit en maçonnerie et briques, avec ravalement en plâtre. Le zinc fut employé pour la couverture.

Pour la décoration du pavillon, on employa divers procédés : sculpture, peinture et application de panneaux de treillage. C’est ainsi qu’une partie des sculptures du dôme furent exécutées dans la masse, afin d’éviter les surcharges inutiles. Le surplus de la décoration fut achevé au moyen de moulages.

Les cartouches appliqués sur les différentes façades

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étaient en slall; les vases placés sur les balustrades de la terrasse é taient de même composition ; enfin les nombreux ornements de l’intérieur étaient encore une application de carton-plâtre.

La peinture décorative de la grande galerie, les panneaux de la voûte d’arète, les peintures de la salle de géographie et la frise décorant la façade postérieure furent exécutées sur toile et marouflées.

Le planisphère des colonies de la façade principale fut dessiné et exécuté directement sur la surface murale.

Enfin, le mur de soubassement de la serre et la façade du pavillon d’entrée furent revêtus d’une décoration de treillage.

A noter également dans la décoration générale les beaux groupes placés dans les jardins. Ces figures reposaient sur des socles construits en bois de charpente revêtus d’enduits en plâtre et posés sur une solide fondation en maçonnerie.

4° NOUVELLE-CALÉDONIE

Architecte : M. Brey.

Le pavillon de la Nouvelle-Calédonie était situé entre l’Exposition du Ministère et le Palais du Trocadéro.

Le terrain présentant à cet endroit une consistance suffisante, les fondations furent faites par les procédés ordinaires : rigoles remplies de béton de ciment.

Les murs furent montés en moellons jusqu'au niveau du plancher de rez-de-chaussée. Les parties en élévation construites en pan de fer démontables, ce pavillon devant être transporté dans la colonie, à la fin de l’Exposition.

Le remplissage intermédiaire fut constitué par une maçonnerie de briques avec enduit en plâtre aux deux faces. La tuile ordinaire fut employée pour la couverture.

Le porche d’entrée et la vérandah de la façade postérieure furent construits en charpente apparente en bois el recouverts d’une décoration de treillage.

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