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ÉTABLISSEMENTS DE LA CÔTE FRANÇAISE DES SOMALTS

Pour marquer les étapes successives de l’expansion rapide de cette colonie , on avait confié à M. Paul Buffet le soin de représenter par des tableaux ce que fut Obock, ce qu’était Djibouti, la veille de l’occupation, et ce qu elle est devenue depuis; à ces tableaux s’ajoutaient une vue de Tadjourah et une carte dioramique de notre possession, embrassant même une grande partie de l’Abyssinie. M. T ristan Lacroix coopérait à cette représentation de la colonie, par une série très complète d’études faites sur place et de dessins. Dans des cadres, de nombreuses photographies représentaient des types du pays, des scènes de leur existence et des paysages.

L’instruction du visiteur par l’image était complétée par un très artistique diorama, peint par M. Henri d’Estienne, d’après une maquette du regretté Marius Perret, figurant la construction de la ligne du chemin de fer dans

le désert, tandis qu’une caravane , l’ancien mode de trans-

port qui sera bientôt supplanté par la voie ferrée, déroule son long ruban à travers les sables.

La décoration de la salle principale était faite de festons d’une légère étolfe blanche à larges liteaux rouges servant à confectionner les toges abyssines, et de vols d’oiseaux, de tètes d’antilopes, d’oiseaux au repos. Elle était complétée par des panoplies d’armes, où figuraient de curieux boucliers, des bracelets d’ivoire, des vêtements, des défenses d’éléphants, dont une atteignait 2 m. 4 o de développement, etc.

Dans les vitrines se voyaient des spécimens de fleurs de cotonnier et de coton décortiqué, des ornements en étain, en ivoire, des coquillages et des perles, de la cire d’abeilles, du caoutchouc, du fer oligiste, du sel provenant du Bahr-Assal; puis des bijoux abyssins en filigranes d’argent doré, des monnaies, des livres abyssins, des images saintes, deux curieuses caricatures de femmes européennes par des artistes abyssins; une vitrine était réservée aux objets d’ethnographie provenant de la mission de Bonchamps.

Une autre vitrine était consacrée aux produits français et étrangers d’importation, étoffes, perles, quincaillerie, verrerie, coutellerie, armes de guerre et de chasse. Les produits d’exportation étaient les peaux de léopards et de singes, la cire jaune, le benjoin, le ricin, l’aloès, le café du Harrar, le moka, le dourali, l’encens, le blé, le maïs, le tef.

Un indigène extrayait le produit secrété par la civette.

Dans le vestibule, M. le comte de Léonlielf exposait des peaux de fauves, des armes, des photographies, du

NOS COLONIES

sel et, en particulier, une superbe gerbe de dents d’éléphant d’une valeur de plus de 600,000 francs, y compris le reste de l’ivoire exposé dans la même salle.

Sur la terrasse, une grande vitrine enfermait de beaux spécimens de la faune et de la flore de la colonie ; enfin , sous une tente, extérieurement, était installé un bar de dégustation de café du Harrar, lequel obtint un plein succès et dont le rendement augmente chaque jour. 11 ne peut que se développer encore et son commerce prendra une extension considérable le jour où le chemin de fer de Djibouti au Harrar sera entièrement terminé.

Déjà, à l’heure actuelle, les importations s’y élèvent, en l 900, au chiffre de 5,9^9, 1 07 francs, en augmentation de plus de 1 million sur l’année précédente. Comme la colonie ne consomme pas grand chose et ne produit rien , ce mouvement commercial intéresse l’Abyssinie, dont Djibouti doit être le principal port.

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