ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’INDE
Dans la reconstitution de la pagode de Vilnour, le grand produit qui attirait dès 1 abord l’attention du visiteur était le coton, sous toutes ses formes, réuni en balles, manufacturé en cotonnades d’une infinie variété; les guinées sont le grand produit de Pondichéry. On remarquait ensuite de fort belles soieries, des broderies, des objets en vannerie et en sparterie, des échantillons de bois de toutes sortes, des fruits, des liqueurs et des piments frais et conservés. Le riz est aussi un des grands produits de nos établissements de l’Inde; il figure à l’exportation pour 1 ,900,000 francs. Le mouvement commercial total de
ces établissements alleinl le chiffre de i 4,c>94,353 francs qui, en 1899, marquait une augmentation de 3,003,4-90 francs sur 1898. Il est à regretter que l’exiguïté de noire territoire ne nous permette pas de cultiver les graines oléagineuses et nous rendent ainsi tributaires de nos puissants voisins, car toutes la graines oléagineuses expédiées par Pondichéry proviennent du territoire anglais.
De magnifiques meubles d’un caractère artistique contribuaient à la décoration de la salle, ainsi qu’un temple de Siva en argent ciselé , une pagode laquée noir el or, de belles armes ciselées el incrustées, un jardin de pierres précieuses, et une intéressante collection de vieilles statuettes en bronze se rapportant au culte brahmanique.
TUNISIE
La Tunisie a fait dans son exposition une large place aux antiquités. Le sol de cette colonie est un des plus riches sous ce rapport, el 1 immense emplacement qu’occupe Carthage est une mine merveilleuse de documents archéologiques qui n’a été encore qu’effleurée : l’emplacement des fouilles, tel qu’il ligure sur le plan en relief des ruines, donne à peu près l’impression d’un trou que l’on ferait avec le bout de sa canne sur la place de la Concorde. Quoi qu’il en soit, le sol de la Tunisie a déjà fourni des documents du plus haut intérêt.
Les maquettes des travaux du service des antiquités étaient nombreuses et fort belles: le temple du Capitole, découvert à Dougga, est un des plus beaux de l’Afrique ancienne; un superbe théâtre; le temple de Calestis; ceux de Stitia; la ville de Laborié, à Oudna. La maquette de
celle dernière ville représentait quarante chambres toutes pavées de mosaïques différentes et d une conservation remarquable. Dans la basilique byzantine de Dermèche, à Carthage, on voyait la brique remplaçant le marbre.
De remarquables aquarelles dues à M. Pradère garnissaient cette salle, où l’on trouvait encore des vitrines contenant i’épigraphie de l’Afrique ancienne, des inscriptions lybiques, puniques, néo-puniques, romaines, vandales et byzantines. Un peu partout, des types très divers de lampes d’argile. On retrouvait dans une vitrine les objets du culte des religions de l’Afrique ancienne, et dans deux autres la série chronologique de la tombe africaine : maquettes de tombeaux, simples fosses à inhumation creusées dans le sable, chambres à porte monolithe, sarcophages avec leur riche mobilier, consistant en A7ases d'importation corinthienne ou étrusque , poteries de fabrication locale , décorées de zones et de stries caractéristiques, alabustres, œufs d’autruche peints, scarabées en pierre, en ivoire ou en pâte de verre, colliers et bracelets d’émail, d’ambre, de cornaline et de cristal de roche, nombreuses amulettes représentant la série des divinités égyptiennes, pendants d’oreilles, colliers, bagues et cachets en or massif ou en argent, miroirs, cymbales, sonnettes et hachettes en bronze, moules de masques et de statuettes en terre cuite, étuis d’or renfermant des lames métalliques gravées défigurés égyptiennes accompagnées d’inscriptions carthaginoises, etc. Une sorte de souterrain enfermait un grand sarcophage avec la reconstitution exacte des rites funéraires; çà et là, des statues, des statuettes et des mosaïques, parmi lesquelles la célèbre mosaïque de Virgile,