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ADMINISTRATION

Plan, façade et coupe.

Défilé des coloniaux, par M. Le Mouël.

La plupart de nos publications, sauf celles dont la commission de la classe 113 avait pris l’initiative, furent mises en vente à des prix très modiques dans les différents pavillons au cours de l’Exposition , ce qui me permit de récupérer une faible partie des frais importants qu’elles avaient occasionnés. Au siège de l’Administration de l’Exposition coloniale, nous tenions à la disposition du public une collection de 18 volumes illustrés, soit 2,966 pages, au prix de i5 francs, prix de propagande. Ces volumes étaient ceux consacrés aux diverses colonies qui exposaient : les volumes de la commission de la Classe 113 et du palais du Ministère et V Album 11e furent pas mis dans le commerce. Mais je tins, toutefois, à ce que le service en fût fait gratuitement aux personnes prenant un intérêt aux questions de colonisation; ainsi, tous les membres du Parlement ont reçu cette collection : j’en fis distribuer 65o à la Chambre des députés et 32 5 au Sénat. Les différentes directions du Ministère des Colonies en furent pourvues, ainsi que la plupart des grands établissements scientifiques, et diverses bibliothèques. Je crois avoir de la sorte réussi à concilier l’intérêt qu’il y avait à répandre dans le public les connaissances coloniales, tout en mettant entre les mains des spécialistes une véritable petite biblio thèque sérieusement documentée.

Voici, pour terminer, la répartition des publications

non vendues ou distribuées et approuvée par M. le Ministre des colonies :

Jardin d’essai colonial . 2,3 io volumes.

Alliance française . 865

Ecole des hautes études commerciales. . 3 1 5

Ecole supérieure de commerce de Paxis. 3i5

Institut commercial . 3i6

79 bibliothèques populaires . 1,920

10 écoles supérieures de commerce de

province . 3,o4o

Bibliothèque des colonies . 935

Ecole coloniale . 5 1 5

Institut colonial de Marseille . 618

Institut colonial de Bordeaux . 618

Institut colonial de Dunkerque . 618

Office colonial . 5i,620

Total . 64,oo5

Dans le corps de bâtiment où se trouvaient logés les bureaux de mon administration , une salle de conférences, ayant son entrée sur le boulevard Delessert, avait élé aménagée. M. Janiaud en avait gracieusement fourni le mobilier et les tentures. M. Marc, directeur de ï Illustration, avait bien voulu en assurer la décoration artistique: de nombreuses aquarelles originales qui avaient été reproduites dans V Illustration , et qui représentaient des scènes de la vie coloniale, étaient suspendues aux murs. Elles étaient signées Scott, Marchetti, Sabattier, Vaenen et Berteault. Toutes avaient une haute valeur artistique et

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contribuaient pour la plus grande part à l’aspect élégant de la salle. De plus, au point de vue des projections, toute l’installation nécessaire avait été aménagée pour quelles pussent être faites dans les meilleures conditions possibles.

Aussi, la salle des conférences nous rendit-elle les plus grands services, non seulement comme salle de conférences, mais encore comme salle de réceptions : ce fut là que je reçus les membres des missions indigènes à leur arrivée à Pans; là également se réunissaient les commissaires des colonies. On v lit la distribution des prix de l’Ecole Berlitz et les distributions de médailles aux indigènes dans les cas où celle cérémonie ne put avoir lieu au Palais du Ministère. Enfin, le Congrès de la Marine marchande et le Congrès de la Ramie y tinrent leurs séances.

Voici maintenant le compte rendu succinct des conférences qui furent données au cours de l’Exposition.

Le 1 3 juin, sous le patronage de l’Ecole internationale de l’Exposition, M. Feiilet, gouverneur de là Nouvelle- Calédonie, lit une conférence sur la colonie qu’il administre. J’eus I honneur de la présider, ayant auprès de moi M. Marcel Saint-Germain, directeur de l’Exposition coloniale, M. Max Choublier, secrétaire de l’Ecole internationale.

Le conférencier critiqua d’abord les gens qui en arrivent à croire que les voyages sont mutiles et que les expositions les remplacent. « On a soutenu, dit-il, que tous les onze ans, on voit sans fatigue, à Paris, tout ce qui peut intéresser dans les voyages et dans les explorations. C’est un paradoxe; mais, en ce qui concerne la Nouvelle-

Calédonie, en parcourant son exposition, en passant quelques minutes devant l’admirable carte en relief qu’on y trouve, on en saura plus que ceux qui ont fait simplement le tour de file ou qui sont restés pendant un an à Nouméa. Quant à la capitale de la Nouvelle-Calédonie, ajoute M. Feillet, ce n’est jamais moi qui aurais choisi ce point sans eau, sans air, adossé à une ligne de collines, pour édifier une ville qui a coûté 4 millions ».

Les Français qui débarquent à Nouméa se demandent comment on peut vivre en Nouvelle-Calédonie; ceux qui font en bateau le tour de file ne voient que montagnes infranchissables et arides; que ne pénètrent-ils dans f intérieur?

D’abord, on trouve, sur la côte Est, un pays très fertile, où de petites bandes de terre sont très utilisables pour une colonisation intelligente.

Ordinairement, quand on veut coloniser un pays, on y développe d’abord les industries alimentaires, c’est-àdire celles qui peuvent servir à nourrir les fonctionnaires, puis on établit les usines à sucre et autres, qui doivent faire la fortune des colons.

La Nouvelle-Calédonie n’a pas échappé à cet ordinaire circuitus, mais comme elle est extrêmement fertile, bien dotée à tous les égards, on peut espérer quelle entrera très vite dans la période de production.

Pour le conférencier, il considéra, à son arrivée, file qu’il venait administrer comme file du Robinson suisse — un livre qui jadis fit ses délices — file du Robinson suisse moins les serpents. On peut vivre là-bas, alfirmét- il , de façon à ce que tout progresse : l’agriculture qui

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trouve de merveilleux pays d’élevage et les industriels cpii doivent y progresser, un jour ou l’autre, côte à côte; la nature du sol entremêlant de la façon la plus utile la zone de culture et les massifs miniers avec des zones transversales qui sont tantôt l’une, tantôt l’autre.

C’est de cette documentation générale que s’est inspirée l’œuvre de la colonisation française en Nouvelle-Calédonie : limitée dès l’abord à la production agricole, elle s’élève peu à peu vers la production industrielle, dont les éléments sont tous voisins et cl’une richesse incomparable. Les colons installés dès le début ont cultivé le cacao, le café, la vanille; on a fait des essais sur les légumes frais elles fruits; aujourd’hui, voici comment M. Fedlet décompose la production du sol: i° élevage; 2° agriculture; 3° mines.

11 va sans dire qu’à côté de ces trois éléments nourriciers de la Nouvelle-Calédonie, sans parler du fer, du cuivre, etc., il en est d’autres, mais de moindre importance. Ici encore, M. Feillet veut faire œuvre française en attirant dans la colonie des ouvriers de la métropole pour répondre au pressant besoin de main-d’œuvre créé par le développement de l’industrie minière.

Pour cela, le recrutement de cette main-d’œuvre nationale étant, pour les entreprises privées, plus onéreux que d’autres, l’Etat et la colonie devront participer aux frais de son transport. C’est le problème de l’heure présente d’où dépend , dans un avenir rapproché, la prépondérance de l’élément français dans la population calédonienne.

La conférence fut suivie d’une visite au pavillon de la

Nouvelle-Calédonie , sous la direction de M. Caulry, ingénieur des mines, ancien président du Conseil général. Déjà, au cours de la conférence, une carte de la colonisation française en Nouvelle-Calédonie avait été le commencement de cette leçon de choses.

Le i 9 juin eut lieu la conférence de M. Emile Labarthe , secrétaire particulier de M. le Ministre des colonies, sur Jules Ferry colonial. J’avais également l’honneur de la présider.

Le conférencier s’est excusé d’avoir eu la pensée de faire revivre la grande ligure de Jules Ferry par les faibles moyens d’une parole trop jeune et trop inexpérimentée, devant quelques-uns de ceux qui, non seulement l’ont soutenu dans ses grandes luttes en faveur de l’éducation du peuple, de l’émancipation sociale et de la conquête de nos libertés, mais qui ont été avec lui les grands précurseurs du magnifique mouvement d’expansion coloniale devant lesquels les jeunes fronts de notre génération s’inclinent repectueusement. Le conférencier montre quel était l’état des esprits en France au moment où Jules Ferry arriva au pouvoir et comment, malgré les divisions des partis, les coalitions scandaleuses, les violences de l’opposition, il gouverna la France en l’orientant vers un but certain et défini. Sa politique fut véritablement celle des résultats, et il reste, avec Gambetta, l ame des deux puissantes cariatides qui soutinrent le nouvel édifice de la République. Au point de vue spécial où se place M. Labarthe, de sa politique coloniale, les furieuses rancunes ne lui furent pas marchandées. Quand le dénigrement n’était plus possible, on organisait la conspiration

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du silence et, si on parlait de nos colonies, c’était uniquement pour en médire.

Eh bien ! que voyons-nous, aujourd’hui que les voiles mystérieux qui enveloppent toute entreprise lointaine se sont dissipés et que l’aube sereine est apparue? L’Annam et le Tonkin constituent un magnifique empire qui laisse à tous ceux qui l’ont vu, parcouru, exploré, une même impression de beauté, de richesse et d’espérance. Et voilà ce que l’on a longtemps appelé la terre-ossuaire, marécage, choléra! Tunis est aussi en pleine prospérité. Le conférencier examine rapidement l’état de toutes nos colonies, et il montre, à l’aide de chiffres et de renseignements tirés d’une étude de M. Guy, la situation florissante de notre empire colonial. Grâce à Jules Ferry, la France qui, il y a vingt ans, se trouvait à peine au niveau du Portugal, a pris le second rang dans le monde comme puissance coloniale.

C’est que Jules Ferry a compris que les nations de l’Europe ont voulu chercher des diversions à leurs motifs de discordes et qu elles ont été poussées, par la force des choses, à chercher à étendre leur influence au loin. Si dans cette lutte des intérêts, dans ce conflit perpétuel sur le terrain économique , la France , les yeux fixés sur la trouée des Vosges, s’était détachée de la politique coloniale, en quelles mains seraient aujourd’hui ces immenses empires qui constituent pour nous une source inépuisable d’activité, de richesses et d’espérances?

Au lieu de savoir gré à Jules Ferry de cette clairvoyance, on l’a traité de Prussien, et, un jour de honte, au lendemain de Lang-Son , non seulement on a renversé

son cabinet, mais il s’est trouvé des voix françaises (fui ont osé demander la mise en accusation de l’illustre homme d’Etat, du grand patriote!

Après avoir dégagé ainsi la profonde idée politique de Jules Ferry, l’orateur examine quel fut le système qu’il suivit.

Ce système reposait sur une triple base : humanitaire, politique, économique. Elle ne consiste pas dans la passion détendre nos possessions, sans rime ni raison, sans frein ni mesure. O11 a cependant, dans le but de la travestir, osé la représenter ainsi. On en a fait une conception délirante et conquérante, on l’a converti en paladin déchaîné s’en allant à travers le monde à la conquête d’une Dulcinée exotique.

Notre politique n’a jamais été celle-là. Elle se rattachait, dans la pensée de Ferry, à un ensemble de vues, de considérations, d’intérêts logiquement précisés. Ferry nous a dit : « Nous devons aller là où nous appellent non seulement l’intérêt de la France, mais des traités formels, des engagements solennellement souscrits ».

Au point de vue économique, la colonisation s’adapte merveilleusement aux peuples qui out un superflu de capitaux ou un excédent de produits, et la création d’une colonie est la fondation même d’un débouché.

L’orateur cite comme exemple les Indes anglaises qui demandent à la métropole pour 800 à 900 millions de produits par an; l’Algérie qui, sur [y \ 1 millions d’importations, prend 34 1 millions à la France et 70 à l’étranger. C’est ce que Jules Ferry formulait en disant qu’il suffit que le lien subsiste entre la mère-patrie qui produit et

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les colonies qu’elle a fondées, pour que la prédominance économique accompagne et subisse en quelque sorte la prédominance politique.

Ce qui manque à notre grande industrie, ce sont les débouchés, et l’occupation de l’Indo-Chine nous a mis aux portes de la Chine, c’est-à-dire d’un marché de 4 o o millions de consommateurs.

Telles furent les idées, les principes, les résultats de la politique de Jules Ferry. On sait comment il a été récompensé. Il fut impopulaire ! et frappé de cet ostracisme qu’il appelait « un enfant arrêté de la cité antique »; mais cette impopularité est la loi psychologique des sociétés. C’est l’histoire du drame éternel où se débat la doulouleuse humanité et qui évoque le défdé sublime des Socrate, des Thraséas, des Caton, la liste glorieuse, et qui sans doute n’est pas close, de ceux qui ont souffert pour avoir relevé le droit abattu et proclamé la sainte vérité. Oui,

] histoire nous enseigne que toute grande idée est un combat avec la société, que les précurseurs de toutes vérités ont été flétris, déshonorés et sont morts sur les bûchers et les croix, coupables d’avoir apporté au monde des vérités si hostiles à ses préjugés qu’il les a persécutés pour que ces vérités ne troublent pas son repos. Mais l’histoire nous enseigne aussi, fort heureusement, que la conscience humaine est susceptible de développement; quelle progresse lentement avec l’humanité; que les idées des grands semeurs germent mystérieusement et se propagent, alors que tout semble fait pour les anéantir; qu’il v a tels principes, tels droits, comme ceux qui touchent à l’expansion coloniale, qui se sont développés

avec grandeur dans la civilisation contemporaine. Aussi, est-ce en vertu de celte justice immanente de l’histoire ([ue les violences, les injustices ont cessé à l’égard de Jules Ferry, même avant sa mort; que son nom illustre rayonne d’un pur éclat sur le monde et que sa statue domine aujourd’hui notre admirable Exposition coloniale, symbolisant en quelque sorte l’œuvre immortelle qui assure à sa mémoire la reconnaissance fidèle de tous les Français.

En remerciant le conférencier, j observai que c’est le commerce qui découvre les colonies, les débouchés lointains, et qu ensuite s’ouvre 1ère de l’agriculture dans le pays nouvellement conquis. Mais l’agriculture, qui déjà en France a besoin d’être apprise, doit l’être a fortiori aux colonies, et, pour elle comme pour le commerce, une école coloniale d’agriculture serait nécessaire, d’où ne sortiraient que des jeunes gens destinés à faire des agriculteurs ou des commerçants. Malheureusement, un gros obstacle, la loi militaire, nous prive de ces concours dont nous avons besoin, et nous en privera tant que celte loi n’aura pas été modifiée et n’aura pas mis nos nationaux sur un pied d’égalité avec les étrangers qui les concurrencent sur leur propre terrain.

Le 2i juin, sous les auspices de l’Ecole internationale de l’Exposition, M. Chailley-Bert, secrétaire général de l’Union coloniale, fit mie conférence sur la colonisation française.

M. Chailley-Bert a tout d’abord développé ce thème : que la colonisation française se présente actuellement sous un aspect nouveau et que ceux qui s’en occupent

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doivent s’intéresser aux questions politiques et sociales qui s’y rattachent.

Aux Expositions cle 1867, de 1878 et de 1889, nous avions déjà des expositions coloniales, mais celle de 1900 marque une orientation nouvelle et aucun prétexte ne peut être meilleur pour étudier la colonisation que le spectacle (pie nous avons aujourd’hui sous les yeux.

Entre les Expositions précédentes et celle de 1900 d n’y a, dit le conférencier, qu’un seul point commun : le nom. Sans cloute, la France a toujours eu des colonies; sans même revenir aux époques héroïques de la colonisation de l’Inde, du Canada, on peut rappeler que, même dans les temps modernes, de 1 8 1 5 à 1 860 , par exemple , nous avions déjà des colonies. Mais, qu’était-ce que ce domaine extérieur comparé à ce qu’il est de nos jours?

Nous appelions nos grandes colonies la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion qui, à elles trois, 11e représentent ni le territoire, ni la population du département de Seine-et-Oise. La Guyane, c’était Cayenne où nous expédions nos forçats, mais oii nous n’avons cherché à pénétrer que depuis qu’on s’est aperçu qu elle renfermait de l’or. Depuis 1 880, au contraire, nous avons acquis un véritable empire colonial. Sous l’inspiration d’hommes comme Jules Ferry, Gambetta, Paul Bert, Eugène Etienne, nous avons d’abord mis la main sur la Tunisie qui représente un cinquième de la France ; sur l’Indo- Cliine, dont les territoires sont deux fois et demie plus grands que la France; nous avons pénétré dans le Sud- Algérien , dans l’Afrique occidentale jusqu’à Tombouctou, préparant notre action colonisatrice sur le Sénégal,

la Guinée, le Congo. . enfin nous avons pris Madagascar.

Actuellement, notre empire colonial est seize fois et demie plus grand que la France et il compte 5o millions d’habitants. Voilà le phénomène nouveau cpii doit nous guider dans l’orientation de notre politique coloniale.

Avant 1 880 , la conquête de l’Algérie elle-même n’avait rien changé à notre existence métropolitaine; elle n’était pour ainsi dire qu’un terrain de manœuvres. C’est seulement lorsque le phylloxéra envahit les départements du Midi que l’Algérie commença à se peupler de Français, encore est-il bon de faire remarquer qu elle 11e compte aujourd’hui encore que 292,000 de nos concitoyens d’origine, sur une population européenne de 600,000 individus et sur une population indigène de 4 millions et demi d’habitants.

Le développement de notre domaine colonial qui s’ouvre à toutes les initiatives constitue un fait nouveau brutal, dont nous avons le devoir de tirer parti. Pouvait-on, il y a quelques années, songer à expédier un jeune homme aux colonies? Non. La Guadeloupe, la Martinique et la Réunion avaient déjà trop d’habitants, l’Algérie n était pas encore entrée dans la période de production. D’ailleurs les gouvernements ne se préoccupaient des colonies qu’à 1 occasion de la politique intérieure; il n’y avait pas à proprement parler de politique coloniale. Richelieu, Colbert, Choiseul se sont occupés des colonies, la Restauration aussi, puisque l 'Union coloniale a même fait faire un cours sur la politique coloniale de la Restauration,

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puisque l’Algérie fut conquise en i83o, puisque Louis- Philippe lit occuper Tahiti et puisqu’on se souvient encore de l’incident Pritchard qui faillit renverser M. Guizot.

L’Empire sembla, lui aussi, avoir une politique coloniale, mais le moyen d’avoir une vraie politique coloniale ne consiste pas à s’occuper des colonies tous les dix ans à propos d’incidents extérieurs. . . , il faut avoir une politique réfléchie, suivie, ne prendre les territoires que dans un but d’avenir et d’exploitation commerciale ; les grouper, si possible, pour en faciliter l’utilisation. L’Angleterre a une politique coloniale, la Hollande en a une; la France commence, elle aussi, à en avoir une. Le dernier vote de la Chambre et du Sénat, sur le projet d’armée coloniale, qui attendait depuis vingt-deux ans dans les cartons, le prouve ; la création de l'Office colonial aussi; l’organisation d’un parti colonial qui groupe i5o ou 200 membres de la Chambre et du Sénat, également.

Tout cela prouve que le Gouvernement s’intéresse à nos colonies et à leur mise en valeur. La société française suivra. Ce n’est évidemment pas là l’opinion de tout le monde ; il y a des gens qui prétendent qu’il est inutile de constituer un empire colonial, puisque nous ne pouvons pas le peupler. C’est un point de vue. Et tout d’abord la question se pose : Avons-nous besoin de colons ? M. Cliailley-Bert répond : Non! Cela peut paraître un paradoxe, cependant c’est la vérité.

Dans nos colonies, dit-il, il y a du bon, du médiocre et du mauvais. Défalcation faite des deux premiers éléments, ce n’est pas seize fois et demie l’étendue de la France qu’il nous reste à exploiter, mais six fois au maxi-

muni. Puis, presque toutes nos colonies jouissent de climats tropicaux qui ne sauraient nous convenir et ne se prêtent pas à la colonisation pour l’Européen.

Nous avons fait ce tour de force sous l’inspiration d’autres idées; les créoles, charmants, artistes, intelligents, sont le résultat de ce déplacement de Français dans des pays tropicaux, mais ils vivaient dans des îles où la mer apporte son contingent de fraîcheur et régularise la température en compensant l’effet de la latitude. Nous n’avons plus d’autre île à coloniser que Madagascar.

Un deuxième fait nouveau mérite d’être pris en considération : nous n’avons plus d’esclavage, et toute la colonisation passée reposait sur l’esclavage.

D’autre part, nous savons que demander à un Européen de travailler de ses mains dans les climats tropicaux, c’est l’envoyer à la mort, et ce n’est pas le hut que vous poursuivez, puisque vous voulez, au contraire, l’envoyer à la fortune.

Il faut donc de toute nécessité s’adresser à l’élément indigène, et alors le problème sera résolu. C’est cette noble cause qui doit être le but de la politique coloniale actuelle : concilier les intérêts des colons avec les intérêts matériels des indigènes.

Si nous n’avons pas ce souci, si nous ne nous préoccupons pas du sort des indigènes, si nous ne travaillons pas à améliorer leurs conditions d’existence, il n’y a pas de colonisation possible.

C’est à cette œuvre qu’il faut convier le Gouvernement et la démocratie.

Longtemps on a cru la lutte de races inévitable. On

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partait toujours de ce point de vue que l’indigène doii être l’opprimé; de là la disparition des anciennes tribus des Indiens du Nord en Amérique , des indigènes australiens dont on ne trouve plus que de rares échantillons, et le refoulement de plus en plus accentué des Arabes en Algérie. Partout où les Européens sont entrés en contact avec les indigènes, ceux-ci ont disparu.

Il faut enrayer ce mouvement. Napoléon III avait eu l’intuition de celle collaboration que nous pouvons attendre de l’élément indigène quand il rêvait la constitution du royaume arabe ; malheureusement il manquait du pouvoir nécessaire pour réaliser sa généreuse conception. Aujourd’hui l’indigène ne doit plus être l’ennemi du colon, et réciproquement le colon doit prendre l’indigène comme collaborateur. Les Hollandais l’ont admirablement bien compris. On voit combien ils ont réussi à Java.

La population de Java s’est développée dans des proportions énormes , tandis que celle de Ceylan , par exemple , restait stationnaire. Faisons connue les Hollandais dans nos colonies et alors nous n’aurons plus besoin de nous préoccuper de trouver des colons français. Aux Indes, sur ooo millions d’habitants, il y a 08,000 colons anglais, et cependant les Anglais y sont établis depuis trois siècles. A Java, sur 2 5 millions d’habitants il y a 5o,ooo Hollandais, y compris les femmes, les enfants et les métis; si l’on défalque ces éléments, il reste 10,000 colons sur 2 5 millions d’habitants. Nous pouvons arriver à des proportions à peu près identiques.

On nous oppose la statistique dressée par le Ministère de l’intérieur qui constate que , chaque année , il ne part que

5,ooo à 6,ooo Français pour les colonies el on compare avec les Allemands, les Anglais, les Irlandais. D’abord les Allemands s'expatrient maintenant beaucoup moins; les Anglais et les Irlandais trouvent dans leurs colonies des

CT

climats beaucoup plus propices. Puis enfin la statistique est fausse parce qu elle ne prend cpie les Français qui s’embarquent dans les ports et que, si l’on compte ceux qui arrivent aux colonies, on atteint le chiffre tout à fait différent de 3o,ooo émigrants, la plupart par les voies secrètes, pour éviter le service militaire.

Il y a là un contingent qui est, on peut le dire, trop considérable, parce que ce qu’il nous faut surtout dans nos colonies ce sont de bons colons. Le courant nouveau consiste à filtrer la colonisation pour ne laisser que ceux qui ont une valeur réelle ; les autres sont des éléments inutiles et coûteux.

On dira : Oui , mais alors vous n’avez pas travaillé pour la démocratie; vos colonies ne sont accessibles qu’aux riches. Erreur encore. Le temps est en effet passé où 200,000 fils de paysans normands s’expatriaient au Canada ou en Louisiane. Mais la République, qui a soin de l’avenir de ses enfants, doit procéder par ordre. Inutile d’envoyer tant de colons mal préparés; il faut les rapatrier comme fait M. Doumer, ou en faire des fonctionnaires. Si nous voulons tirer parti de notre empire colonial, il faut suivre l’exemple que nous donnent les grandes industries. Grouper les capitaux, l’argent, les moyens de travail, créer les entreprises et y appeler ensuite les ouvriers et le personnel indispensables.

La France a fait la première dépense; elle a maintenant

UAL PORT GENERAL.

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les colonies; il faut qu elle s’occupe d’y créer du travail. Quand ce travail sera créé, on dira à la démocratie : envoyez-nous des ingénieurs, des artisans, des ouvriers, des valets de ferme. La démocratie trouvera son compte en fournissant les éléments de seconde main.

M. Chailley-Bert conclut que le Gouvernement de la République a déjà fait une œuvre immense dont la démocratie profitera, non seulement comme nous venons de le dire en fournissant surtout les ouvriers de la seconde heure, mais encore en participant à ces sociétés anonymes qui émettent pour l’exploitation des colonies des parts de 5 o o, de 100 francs comme en Angleterre; elle pourra ainsi s’intéresser aux entreprises de la première heure.

Les jeunes gens s’orientent de plus en plus vers les choses coloniales ; ils ont beaucoup changé depuis quelques années, et c’est avec enthousiasme qu’ils se dirigent dans cette voie. Les coloniaux de l’avenir ne se rencontrent plus parmi les riches, mais parmi les jeunes gens qui , ne se sentant pas une vocation particulière, désirent se procurer par le travail des moyens d’existence. Il y a donc lieu maintenant non plus de rechercher des colons, nous sommes sûrs d’en trouver plus qu’il ne nous en faut, mais de les former, de les instruire, de les mettre à même de réussir.

h' Union coloniale est entrée dans celte voie; les autres entreprises et les pouvoirs publics suivront.

Les gens qui ne connaissent pas la question disent : Comment, après vingt ans de politique coloniale suivie, vous n’en êtes que là : cette critique est injustifiée. Vingt ans, c’est beaucoup dans la vie d un homme, c’est peu

dans la xie des peuples. La République a non seulement acquis des colonies, mais elle les a organisées et commence à les mettre en valeur. C’est une œuvre qu’aucun autre peuple n’eût été capable d’accomplir en si peu de temps.

La conférence s’est terminée sur ces paroles consolantes et pleines d’espoir.

Le même jour, et sous la présidence de M. Mager, président de l’Association syndicale des journalistes coloniaux:, M. Tarte, Ministre des travaux publics du Canada, Commissaire général fie là section canadienne à l’Exposition, fit une conférence sur le Canada, Les Franco-Canadiens, la littérature, la presse, les poésies et les chansons. M. Hector Fabre, consul général du Canada à Paris, avait pris place au bureau.

En ouvrant la séance, M. Mager tint à rappeler (pie cette date du 21 juin était pour les Français et les Canadiens un anniversaire.

C’est, en effet, le 21 juin 1764 que parut le premier journal français du Canada, la Gazette de Québec.

Cet exemple a été suivi depuis; un nombre considérable de journaux français ont été fondés et ont maintenu la prépondérance des idées, des goûts et des mœurs françaises. Le Canada a été créé en 180C, Hector Fabre a fondé l’ Evénement en 1 8 G 7 et l’a cédé en 1 884, à qui? A M. Tarte lui-même, le conférencier d’aujourd’hui, qui est en même temps Ministre des travaux publics en son pays.

Dans une brillante improvisation, M. Tarte a fait I bis-

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torique (le l’organisalion conslitutionnelle du Canada. 11 affirme qu’il existe là-bas 3 millions de Franco-Canadiens qui se sont maintenus intacts, qui constituent un véritable peuple autonome, absolument indépendant de l'Angleterre.

Le 1 1\ juin de cette année, comme les années précédentes, jour où M. Mager parle de fêter la fête nationale canadienne, quel drapeau arborerons-nous? Le nôtre, celui (pie nous n’avons jamais cessé d’arborer : le drapeau tricolore!

Cette évocation a eu un très vif succès. M. Tarte a ensuite développé son sujet avec talent et avec esprit. Puis, M. Mager l’a remercié.

Tout cela est très bien. . . Mais! mais si l’on rapproche l’enthousiasme bien naturel de M. Tarte et même de M. Mager pour le Canada de certaines études publiées par les Français les plus compétents. . . , on puisera dans celle comparaison matière sérieuse à réflexion.

A la suite d’une mission dont il avait été chargé, M. Descours-Désacres, qui venait d’étudier à fond le Canada, concluait en résumé :

Quelque considérable qu’ait été déjà le trouble jeté eu France sur nos marchés agricoles par le pays de l’Ouest, ce trouble ne peut être comparé aux perturbations nouvelles dont nos marchés seront menacés quand ces pays auront pris tout leur essor.

Cet essor menace cletre rapide. La surproduction sera d’année en année plus considérable.

Alors même que nous parviendrions en France à fermer entièrement nos portes aux importations de viande, de beurre et de fromage de ces immenses pays, leur concurrence resterait redoutable sur les marchés étrangers; les prix auxquels ils livreront

leurs produits nous interdiront même, à notre avis, certains marchés et, en premier lieu, le marché anglais.

Le Français désireux de s’établir en dehors du sol de la France afin de s’y livrer à l’agriculture ne saurait songer utilement à s’expatrier au Canada, quelque facilité (pie semble lui offrir le langage, qui, dans certains comtés de la province de Québec, est le même que le sien.

La situation agricole au Canada est elle-même trop précaire pour qu’il soit permis à un colon agricole, disposant ordinairement de capitaux fort restreints, d’escompter le succès.

Et l’auteur de ce travail concluait ainsi avec le Bulletin de la Chambre de commerce de Montréal, qui ne peut être soupçonné de parti-pris :

Les Français et même les Algériens qui s’expatrient chaque année au Canada sont assez nombreux.

Avant de s’expatrier dans ces rudes et lointains pays, que le colon agricole songe aux difiicultés du retour; puisse-t-il ne jamais grossir le nombre de ceux qui viennent, soit des Etats-Unis, soit de toutes les parties du Dominion, demander aide à l’Union nationale française de Montréal.

Cette association charitable, fondée par les Français et commerçants français de Montréal, secourt chaque année un grand nombre de Français en détresse; nous l’avons vue à l’œuvre, nous la saluons avec respect.

Si quelques-uns de nos cultivateurs sentent leur activité trop à l’étroit sur le vieux continent, qu’ils tournent leurs regards vers les colonies françaises.

Le 5 août, M. Henri Malo, chef adjoint de mon cabinet, lit, pour l’Association polytechnique, une conférence sur l’Exposition coloniale, sur les idées générales qui avaient présidé à son organisation, et passa rapidement en revue la situation économique de nos principales colo--

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nies; la conférence fut suivie d’une visite des palais et pavillons du Trocadéro.

Le 29 septembre, sous la présidence de M. H. Malo, M. Charles Lemire, ancien résident en Indo-Chine, fit une conférence avec projections qui fut une véritable excursion archéologique et ethnographique à travers le Cambodge, l’Annam et le Tonkin. Les monuments anciens et modernes de ces pays, les types des peuples qui les habitent, défilèrent sous les yeux du public pendant que parlait le conférencier. Ce dernier fit une comparaison des plus instructives entre les monuments klmiers, kiams, annamites, chinois, donnant une foule de renseignements sur leur style, leur origine et les sources d’inspiration des architectes et des artistes. La comparaison de ces monuments avec les reconstitutions qui en avaient été faites au Trocadéro offrait le plus haut intérêt.

M. Noirot, administrateur du Fouta-Dialon, fit, le 2 5 octobre, une conférence avec projections sur la colonie qu’il administre et qu’il a créée; il nous lit débarquer à Conakry, nous exposa l’extraordinaire développement de la Guinée française, dû à l’initiative de M. le gouverneur Ballay, puis nous promena à travers le Fouta. Nous vîmes la ferme modèle qu’il a créée à Timbo et les résultats qu’il a déjà obtenus pour la culture des plantes potagères et du caoutchouc. Il nous entretint des moyens de préservation qu’il employait pour empêcher la destruction des lianes. Enfin, il décrivit l’administration extrêmement peu coûteuse qu’il avait instituée et le système d’impôts établi sur son initiative, lequel a donné les meilleurs résultats.

Le Dahomey lit l’objet d’une conférence de M. le lieutenant Brot, qui eut lieu le 3o octobre sous la présidence de M. le général Chariot. Ce dernier présenta le conférencier qui est déjà un vieux colonial. En elfet, en i 897, ce fut lui que M. le gouverneur Ballay chargea de conduire une troupe de renforts au commandant Bretonnet, alors sur le Niger, à travers le pays des Barribas en pleine révolte. Le lieutenant Brot ne mit qu’un mois à accomplir sa mission, bien qu’il ait été blessé de trois flèches empoisonnées.

Après un rapide aperçu historique, le conférencier, à l’aide de projections, nous conduisit tout d’abord à Kotonou, nous montra la barre, la ville, les principaux établissements européens. Puis il lit défiler sous nos yeux Porto-Novo, Abomey, le Bas et le Haut-Dahomey, le Gourmah (et ici il adressa un souvenir ému à son ancien chef, le commandant Bretonnet), la région du Niger, avec ses paysages, la brousse, les grands arbres, des types du pays et de curieuses photographies instantanées prises pendant un combat, montrant les officiers debout, commandant le feu aux tirailleurs abrités dans la brousse.

M. Benito Sylvain, aide-de-camp de l’empereur Ménéhck, lit avec succès trois conférences, les 26 août, 9 et 16 septembre, sur 1 Influence de la France dans le monde colonial.

Enfin, je ferai une mention spéciale des conférences en arabe faites par le cheikh Ahou-Naddara , et dont voici l’énumération : Les rapports de la France avec les pays musulmans , le 2 5 mai, sous la présidence de M. le doc-

NOS COLONIES

teur Loir, commissaire de la Tunisie; La France et ses colonies, le icr juin, sous la présidence de M. Sainl-Germain, sénateur d’Oran, directeur de l’Exposition coloniale; La France et ses rapports avec les Orientaux dans l’histoire, sous la présidence de M. Monteils, délégué de l’Algérie; Paris et ses monuments , le 17 août, conférence que je ne pus présider, et à laquelle ]e déléguai M. H. Malo pour me remplacer; Les Expositions universelles et leur utilité, le 21 septembre, sous la présidence du prince Saïdina, fds de feu Saïd-Omar, sultan d’Anjouan.

Algériens, Tunisiens, Marocains, Egyptiens se rendirent régulièrement à ces conférences qui avaient lieu dans leur langue, et qui leur expliquaient un peu tout ce qui les environnait.

Au cours de ces conférences, des poésies arabes furent lues par leurs auteurs; je citerai Mme Aviérino, qui dirige deux revues à Alexandrie, M. Tewfick bey Challoub, ancien vice-consul de Perse à Alexandrie, M. Brahim D)amal, frère du grand négociant de Tunis, et plusieurs autres encore. Tous eurent un véritable succès auprès de leurs compatriotes.

Les conférences qui ont été données dans la salle de l’administration coloniale semblent avoir répondu au but que l’on s’était proposé en la créant, et même au delà, puisque nos indigènes de langue arabe eux-mêmes y ont trouvé leur compte.

Je dois, enfin, mentionner une cérémonie d’ordre tout intime qui eut lieu, le 26 août, dans la salle des conférences, où les fonctionnaires du service général et tous les commissaires et commissaires adjoints des colonies

s’étaient réunis pour remettre à MM. Broussais, sousdirecteur, et V. Morel, secrétaire général de l’Exposition coloniale, les insignes en brillants de la Légion d’bonneur, donnant ainsi à mes deux principaux collaborateurs une précieuse marcpie d’estime et d'affection.

Deux Congrès, celui de la Ramie, sur lequel je crois devoir m’étendre un peu en raison de l’intérêt qu’il présente au point de vue colonial, et celui de la Marine marchande, tinrent leurs séances de travail dans la salle des conférences coloniales. Je parlerai ensuite du Congrès des Chambres de commerce anglaises, des visites qu’il lit à notre Exposition et des réceptions qui eurent lieu à cette occasion.

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