DISTRIRUTION DES DIPLÔMES ET MÉDAILLES
EXPOSANTS
Sollicités — ainsi que nous l’avons vu au début de ce rapport — de prendre activement part à l’Exposition universelle, les producteurs coloniaux adressèrent au Délégué, par l’intermédiaire des comités locaux, de fort nombreuses demandes d’admission. Ces demandes portaient l’énumération sommaire des produits qui devaient figurer dans le pavillon de la colonie intéressée, mais ne mentionnaient pas, sauf exception, les classes auxquelles devaient se rapporter les produits annoncés. Ce fut mon service qui procéda à cette classification assez délicate, en raison du grand nombre de classes entre lesquelles devaient se répartir les produits, suivant leur nature même, et, souvent aussi, par suite du manque de précision dans la désignation des objets.
Ce travail de classification était effectué pour chaque demande, dès son arrivée; les numéros des classes, correspondant aux produits mentionnés, étaient portés sur la demande elle-même et sur un livre d’enregistrement spécial. Deux duplicatas de la demande ainsi complétée étaient dressés sur formules réglementaires fournies par
NOS COLONIES
Je Commissariat général ; l’un était envoyé à la Direction générale de l’Exploitation et proposé par moi à l’admission conformément à l’article 37 du Règlement général; l’autre était remis au commissaire de la colonie pour lui permettre de préparer le plan de ses installations intérieures. L’original restait au Service central.
Cette manière de procéder était d’ailleurs la même que celle qui fut appliquée aux produits étrangers dont l’admission, suivant l’article 38, était prononcée également par la Direction générale de l’Exploitation sur la proposition du commissaire délégué de la nation intéressée.
Pour les produits métropolitains, c’était différent : les demandes étaient soumises à l’examen des comités d’admission, par classe, puis aux comités de groupe et enfin au Comité supérieur de révision; elles étaienl admises, sur la proposition de ces comités, par la Direction générale de l’Exploitation.
Tout ce travail préliminaire de classification et d’admission fut donc accompli , en ce qui concerne les demandes émanant des colonies, par le Service central de la Section des colonies et pays de protectorat et sans le concours d’aucun comité. Les demandes ainsi présentées par moi furent toutes admises sans exception.
La première demande d’exposant me parvint le 1 5 novembre 1898 et la dernière le i3 juillet 1900. Bien que le délai d’admission fût, à celte dernière date, depuis longtemps écoulé, je réussis à faire admettre toutes les demandes présentées tardivement, mais aux riscpies et périls des exposants, c’est-à-dire que ceux-ci 11e pouvaient exiger l’examen de leur produit par le jury de
classe dans le cas où celui-ci aurait visité le pavillon de leur colonie avant l’installation du produit exposé. En d’autres termes, ces exposants couraient le risque de n’obtenir aucune récompense. En réalité, le nombre des exposants qui se trouvèrent dans ce cas fut très restreint.
Le chiffre des demandes d’exposition provenant de nos colonies et pays de protectorat fut, pour l’ensemble des classes visées , de 3,702. En y comprenant les demandes de la Tunisie (648), on arriva au total de 4,35o.
Un écart assez considérable entre le chiffre des demandes et celui des expositions réalisées doit être constaté. Le total des expositions figurant dans les pavillons de la Section des colonies et pays de protectorat placés sous ma direction, c’est-à-dire sans y comprendre l’Algérie et les installations spéciales du groupe XVII (Classes 113, 114 et 115), s’éleva au chiffre de 3, 080.
La différence entre ces deux chiffres s’explique, d’abord, par le fait que quelques demandeurs coloniaux, très peu nombreux d’ailleurs, renoncèrent à exposer; mais elle provient surtout de cette circonstance qu’un choix fut effectué, dans chaque colonie, des produits les plus intéressants, ce qui amena à réduire notablement le nombre et la diversité des objets à expédier à Paris par rapport à celui des objets mentionnés sur les demandes elles-mêmes. Loin d’être un mal, cette diminution des objets envoyés permit, au contraire, de n’exposer, dans la plupart des cas, que des produits de réelle valeur et qui furent très appréciés, ainsi que le démontrent le nombre et la qualité des récompenses attribuées aux colonies par le Jury international.
NOS COLONIES
Voici le détail, par colonie, des expositions présentées dans les pavillons de la Section coloniale :
Pavillon du Ministère des colonies . 86
Indo-Chine . 4 1 8
Etablissements français dans l’Inde . 4o
Réunion . 106
Madagascar et dépendances . 48o
Mayotte et Comores . 2 3
Côte française des Somalis . 76
Sénégal-Soudan . 2 45
Guinée française . 48
Côte d’ivoire . 3 1
Dahomey et dépendances . 5 7
Congo français . 53
Martinique . 1 1 4
Guadeloupe . 160
Guyane française . . 56
Saint-Pierre et Miquelon . 32
Nouvelle-Calédonie et dépendances . 607
Etablissements français de l’Océanie . 3 g
Tunisie . 509
Total . 3, 080
Si l’on ajoute à ce total le nombre des expositions de l’Algérie, dont je n’avais pas à m’occuper et qui est, je crois, de 2,019, 011 arrive, pour l’ensemble des possessions françaises, à un total général de 5,099 exposants.
Dans le tableau suivant est indiqué l’état numérique, par classe, des exposants de la Section coloniale française, non compris l’Algérie :