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LIQUIDATION DES PRODUITS EXPOSÉS ET DU MATÉRIEL

COMMISSION D’AFFECTATION DES OBJETS PROVENANT DE L’EXPOSITION COLONIALE DE 1900.

Dès le commencement d’octobre 1 900, c’est-à-dire six semaines avant la fermeture de l’Exposition, je me suis préoccupé, avec les commissaires représentant les différentes colonies, de la liquidation des objets exposés et du matériel, dont une grande partie ne devait pas faire retour aux colonies qui les avaient envoyés.

Il paraissait inutile d’engager des frais de transport pour des produits et objets qui étaient journellement exportés de nos possessions et qui, au contraire, pouvaient être utilisés en France pour contribuer à former ou à compléter des collections destinées à faire connaître les productions de notre empire colonial. Je saisis le Ministre des colonies de cette question par lettre du 3 octobre et lui demandai de m’autoriser, en principe, à disposer des produits non réclamés par les colonies, sauf à solliciter son approbation pour chaque cession gratuite qui serait faite, d’accord avec les commissaires intéressés.

Un rapport du Secrétaire général du Ministère des colonies, reconnaissant la nécessité de régler d’urgence la question d’attribution d’un certain nombre d’objets et de collections qui pourraient être mis utilement à la disposition des services du Ministère et, en particulier, de l’Office

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colonial et du Jardin colonial, proposa au Ministre de nommer une Commission chargée d’examiner la destination à donner aux objets exposés dans les pavillons de l’Exposition coloniale. Par arrêté du 12 octobre, le Ministre, approuvant ce rapport, composa ainsi celle Commission :

M. Godin, sénateur, président du Comité consultatif de l’agriculture, du commerce et de l’industrie aux colonies, président.

MM. Auricoste, directeur de l’Office colonial, Béraud, membre du Conseil d’administration de l’Office colonial, Broussais, sousdirecteur de l’Exposition des colonies et pays de protectorat, Dvbovvsky, directeur du Jardin colonial ; Camille Guy, chef du Service géographique, missions et expositions an Ministère des colonies, Paraf, vice-président du Comité consultatif de l’agriculture, du commerce et de l’industrie aux colonies, Puthoste, chef de bureau des budgets et comptes au Ministère des colonies, Tardit, membre du Conseil d’administration du Jardin colonial, membres.

M. Cherouvrier, sous-chef de bureau, adjoint au directeur de l’Office colonial , secrétaire.

Dans une note (lu 22 octobre, par laquelle M. Camille Guy m’adressait copie de la décision et de l’arrêté du Ministre, il était spécifié que la Commission était chargée de statuer sur l'affectation à donner à certains objets provenant des sections coloniales.

Je 11’avais donc pas à prendre de décision, avec approbation du Ministre. Mon rôle se borna, dès lors, à présenter à la Commission les demandes qui m’étaient remises directement ou qui m’étaient communiquées par le Ministre, et à lui proposer la destination à donner aux objets 11e provenant pas des colonies elles-mêmes et appartenant à l’Etat.

Les demandes émanant de services administratifs, établissements scientifiques , musées et chambres de commerce s’élevèrent au nombre de vingt-sept, celles d’établissements étrangers à onze, et celles d’instituteurs et institutrices français a huit.

J’invitai les commissaires des colonies à mettre à la disposition de la Commission tous les produits et objets appartenant à leur colonie, et qui n’auraient pas reçu une destination spéciale d’après les instructions reçues par eux des comités locaux et des gouverneurs.

Dès la clôture de l’Exposition , tous les produits envoyés par les exposants leur furent d’abord rendus ou expédiés, de façon qu’aucune confusion ne put s’établir entre les objets appartenant aux particuliers et ceux appartenant à chaque colonie et achetés sur les fonds du budget local. Le résultat de cette méthode fut qu’aucune réclamation fondée de la part des exposants ne m’est parvenue depuis la fermeture de l’Exposition.

Ce qui resta dans les pavillons, après cette première opération, fut divisé par les commissaires en lots — conformément aux instructions de leur colonie, propriétaire de ces objets, — - et le lot (le plus considérable de beaucoup). destiné à satisfaire aux demandes de cession gratuite lut mis par eux à la disposition des délégués de la Commission d'affectation.

La Commission se réunit au Ministère des colonies, pour la première fois, le îq octobre, sous la présidence de M. Godin, sénateur, qui donna lecture de la lettre du Ministre des colonies, lui confiant la présidence, et de l’arrêté constitutif de la Commission.

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L’examen des conditions dans lesquelles la Commission était appelée à fonctionner et à statuer fut aussitôt abordé.

M. Broussais appela l’attention sur la question de propriété des objets envoyés par les comités locaux dont quelques-uns avaient fonctionné avec le concours de fonds privés, comme l’Union calédonienne pour le comité de Nouméa.

Le Président estima que toutes les dépenses faites dans les colonies pour l’Exposition étant ordonnancées par les gouverneurs, les produits ainsi achetés devaient appartenir aux colonies et non aux comités locaux, sans personnalité civile. La question fut réservée.

M. Godin demanda à M. Broussais s’il avait connaissance de décisions déjà prises par les gouverneurs au sujet de l’attribution des produits provenant de leurs colonies respectives.

Sur la réponse affirmative de celui-ci, le Président lit remarquer qu’en tous cas il y avait intérêt à ce que le plus grand nombre possible de produits fût réservé aux institutions dépendant directement du Ministère des colonies et servît à reconstituer l ancienne Exposition coloniale.

Cette dernière question fut alors envisagée successivement par M. Dybowski et par M. Auricoste, chacun de ces messieurs faisant connaître à la Commission le but de la création de l’établissement qu’il dirige et la nécessité de constituer auprès de lui, pour en compléter le caractère utilitaire, un musée permanent des produits coloniaux.

iM. Dybowski annonça que plusieurs gouverneurs avaient

déjà adhéré à ses demandes de collections el que le Ministre avait invité les commissaires des colonies à réserver au Jardin colonial certaines parties de leurs collections, notamment ceux: de Madagascar, delà Guyane, de la Côte d’ivoire, de la Réunion, de la Guadeloupe, de la Nouvelle- Calédonie et du Dahomey.

Le Président fit alors observer que la Commission avait des attributions toutes spéciales et qu’elle n’était pas appelée à se prononcer sur une réorganisation de l’Office colonial ou du Jardin colonial, son rôle devant se borner à l’affectation des objets provenant de l’Exposition. Il émit cependant l’avis qu’il importait qu’un musée colonial hit organisé dans un emplacement très central, ainsi que le service de renseignements qui devait naturellement y être attaché. Puis il estima qu’il y avait heu d’étudier le moyen de faire la part des deux établissements concurrents.

M. Béraud demanda que les collections de l’Exposition coloniale ne fussent pas trop dispersées.

M. Tardit déclara que, la Commission se trouvant en présence des revendications de deux établissements dépendant de l’Administration des colonies, il importait de donner satisfaction à chacun d’eux suivant ses attributions et ses ressources.

Le Président lit remarquer qu’il convenait de savoir quelles étaient exactement les collections à répartir et, sur le vœu exprimé par M. Tardit, pria M. Broussais de demander aux commissaires des colonies de dresser, pour être soumise à la Commission, la liste des objets ne devant pas faire retour aux colonies ou aux exposants.

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Informé de ce désir, je demandai aussitôt aux commissaires de me meUre en mesure d’y satisfaire.

La seconde séance de la Commission eut lieu le 2 4 octobre.

Le Président donna lecture des demandes d’objets ou produits coloniaux qui lui étaient déjà parvenues, et il fui entendu que le Président se contenterait, pour le moment, d’accuser réception de ces demandes.

Sur l’invitation du Président, M. Broussais lit connaître les demandes de même nature adressées au Délégué des colonies et comprenant notamment divers services du Département des colonies.

Le Président émit l'avis que les objets devaient d’abord être remis à 1’Ofîice colonial et au Jardin colonial, qui seraient chargés d’en faire la distribution aux différents

demandeurs, après avoir effectué leur prélèvement pour constituer leurs propres collections.

Après échange d’observations entre MM. "Pardi t, Dybowski et Béraud, portant sur les attributions déjà faites de certains produits par les gouverneurs et les commissaires, et l’intervention du Président, qui déclara qu’à son avis la Commission 11e pouvait être bée d’une façon absolue par ces indications, M. Tardit proposa la désignation d’une sous-commission chargée d’examiner sur place les collections à répartir et de donner son avis sur les moyens à employer pour en assurer une h eureuse distribution .

Cette proposition fut adoptée par la Commission qui délégua pour la visite à effectuer dans les pavillons de l’Exposition MM. Auricoste, Broussais et Dybowski.

M. Tardit ayant fait remarquer qu’il y avait lieu de statuer dès ce moment sur la demande d’achats d’objets coloniaux formulée par le représentant d’un pays étranger, le Président ajouta qu’il convenait de céder à titre purement gracieux les objets demandés par le Commissaire général d’Autriche.

A l’unanimité, les membres de la Commission se rangèrent à cet avis.

Je fis part aux commissaires des colonies de la visite (pie devait faire la Sous-Commission dans leurs pavillons et les priai de mettre à sa disposition le plus grand nombre possible d’objets et produits dont ils pourraient disposer.

Celte visite eut lieu en plusieurs fois et l’accord s’établit facilement entre les commissaires, les directeurs de l’Olfice colonial, et monservice, représenté par M. Broussais.

La Commission se ‘réunit pour la troisième fois le fi novembre.

Le Président donna lecture des nouvelles demandes parvenues, et il fut décidé qu’il serait tenu compte, dans la plus large mesure possible, des demandes des Gouvernements étrangers.

Une demande de M. Hamy, directeur du Musée ellmographique du Trocadéro, fut plus particulièrement examinée en raison de son objet spécial.

Le Président émit l’avis, à ce sujet, qu’il serait préférable de réunir toutes les collections coloniales d’ethnographie en une exposition permanente plutôt que de les disperser en un certain nombre de musées.

M. Dybowski fit, au contraire, valoir l’importance du

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musée du Trocadéro , et estima qu’il y avait lieu de lui attribuer la plus grande partie des collections ethnographiques.

Le Président lit remarquer qu’il se plaçait au point de vue purement colonial en demandant la constitution d’un musée à la fois agricole, commercial et ethnographique.

M. Tardit pensa qu’une part importante devait être faite au musée du Trocadéro, mais que cet établissement ne pouvait être autorisé à prélever sur l’ensemble des collections que les objets paraissant présenter un intérêt tout spécial pour lui.

La Commission n’ayant pas pouvoir pour créer un musée colonial, ce fut l’avis de M. Tardit qui, en fait, prévalut.

Le chef du Service géographique fut chargé de répondre aux demandes de l’Ecole Braille et de la Société de géographie de l’Est, et l’Inspecteur général de l’agriculture à celle du musée d’histoire naturelle d’Elbêuf.

M. Auricoste, au nom de la Sous-Commission, rendit compte de l’examen auquel elle s’était livrée. Il déclara que partout le meilleur accueil avait été réservé par les commissaires des colonies aux représentants de la Commission d'affectation. Il ajouta qu’une entente complète s’était établie entre les deux directeurs des deux établissements plus particulièrement intéressés, l’Office colonial et le Jardin colonial, qui devaient prendre possession de tous les objets remis par les commissaires, à la clôture de l’Exposition, et en faire, pour partie, une répartition ultérieure entre les demandeurs.

M. Guy réclama, pour le service qu’il dirige, les cartes exposées dans les pavillons coloniaux. Le Président estima que les cartes revenaient tout naturellement au Service géographique, mais à la condition de les publier et d’en remettre un exemplaire à l’Office colonial.

Cette manière de voir fut ratifiée par la Commission. Puis, sur la proposition du Président, la Commission approuva purement et simplement les actes de la Sous-Commission.

Après rappel par le Président et par M. Dybowski de la demande de cession gratuite formulée par ce dernier pour le Jardin colonial et portant sur quelques-uns des pavillons édifiés par l’Indo-Chine, la Commission adopta le vœu suivant :

La Commission d'affectation émet le vœu que l’on demande à M. le Gouverneur général de l’Indo-Cliine de vouloir bien abandonner ses pavillons au Jardin colonial.

Il fut entendu que M. Dybowski, de concert avec le Délégué des colonies, provoquerait l’envoi d’un télégramme dans ce sens à M. Doumer.

Cette démarche lut faite, mais le Gouverneur général répondit au Ministre que les charpentes, provenant de l’Indo-Chine, devaient être vendues au profit du budget spécial de l’Exposition de l’Indo-Chine, au lieu d’être retournées dans la colonie, comme il avait été arrêté primitivement.

En ce qui concerne spécialement les œuvres d’art provenant du palais du Ministère des colonies, je saisis le Ministre de la question de la destination à leur attribuer.

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par lettre du 28 novembre. Ces œuvres se composaient de :

i° Deux toiles de M. Cormon décorant les voûtes de la grande galerie;!

20 La coupole du vestibule d’entrée , peinte par M. Guillonnet;

3U Une frise peinte par M. Calbet;

4° Des panneaux peints par M. Fraipont ;

5° 12 bustes représentant les grands coloniaux;

6° 4 figures décoratives en plâtre de M. Marqueste;

ÿ° Le groupe en plâtre du dénicheur d’ours de M. Frémiet;

8° Des vases décoratifs en plâtre.

J’appelai particulièrement son attention sur la valeur artistique des plafonds de MM. Cormon et Guillonnet qui pourraient être utilisés avec avantage lorsque le Ministère des colonies serait logé dans un palais lui appartenant, et je lui fis part des demandes de cession gratuite du Jardin colonial, de l’Ecole coloniale et de l’Office colonial, portant, la première sur le groupe de Frémiet, les figures en staff de Marqueste, les vases décoratifs et les toiles représentant les îles Tuamotou et la Côte des Somalis dans le pavillon dit des Dioramas, la seconde, sur les panneaux décoratifs de Fraipont et la troisième sur les douze bustes des coloniaux. M. Scellier de Gisors s’offrait de faire les démarches nécessaires pour cpie les œuvres cl’art proposées au Ministre fussent conservées dans un endroit approprié (le Louvre).

Le Ministre me répondit, le 6 décembre, qu’il acceptait les propositions de M. Scellier de Gisors pour la conservation des œuvres d’art destinées au Ministère des colonies et qu’il estimait que les demandes des trois

services du Département devaient être soumises à la Commission d’affectation. Eu conséquence, les toiles et coupoles de MM. Cormon, Calbet et Guillonuet lurent déposées, avec l’autorisation du Ministre des beaux-arts, dans un local situé sous la salle des Etats, et j informai le Président fie la Commission d’affectation de la décision du Ministre relativement aux demandes des services du Ministère, par une lettre du 7 décembre 1900. Je fis connaître en même temps à M. le sénateur Godin que les objets laissés à la disposition du Ministre par les différentes colonies avaient été remis, par les soins des commissaires intéressés, aux deux services désignés pour en prendre livraison, par la Commission d’affectation. Enfin, je le priai de convoquer cette Commission pour statuer sur la répartition à effectuer des objets et du matériel provenant du palais du Ministère des colonies et du pavillon de l’Administration (salle des Conférences).

J’avais, d’autre part, prié le Ministre, par lettre du 29 novembre, de statuer sur la demande de cession gratuite des deux grandes cartes de communications maritimes

postales et des câbles télégraphiques sous-marins exposées dans le palais du Ministère au Trocadéro, demande formulée par l’Office colonial.

Le 1 3 décembre 1900, la Commission d’affectation se réunit , pour la quatrième fois, au Ministère des colonies.

Sur l’invitation du Président , M. Broussais fit connaître les nouvelles demandes de produits parvenues au Délégué des colonies, puis donna communication de la correspondance échangée entre celui-ci et le Département au

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sujet du projet d'affectation des objets et du matériel qui se trouvaient clans le palais du Ministère et le pavillon de I Ydministration coloniale au Trocadéro.

Après un échange de vue entre ses membres, la Commission adopta la répartition , telle qu’elle figure au procèsverbal, de ces objets entre l’Ecole coloniale, l’Ofïice colonial et le Jardin colonial de Nogent.

Sur la demande du Président, MM. Auricoste et Dybovvski firent connaître qu’ils avaient recueilli et mis en sûreté la plupart des objets ayant figuré dans l’Exposition coloniale, mais cpie les commissaires de Madagascar et de l’Indo-Chine n’avaient pas encore terminé leur travail, faisant remarquer que le premier de ceux-ci semblait avoir opéré une répartition telle que les collections devaient se trouver disséminées dans un trop grand nombre de mains, et que le dernier les avait avisés que l’Indo-Chine devait reprendre possession de tous les objets exposés, y compris les pavillons en bois.

La Commission , en prenant acte de ces réserves formulées par les directeurs des deux services intéressés, pria son Président de les signaler au Ministre et d’appeler l’attention de celui-ci sur l’intérêt qu’il y avait pour le Jardin colonial à ce que le Gouverneur général de l’Indo- Cliine voulût bien lui abandonner les maisons indigènes envoyées par la colonie.

Le Président invita, ensuite, les directeurs de l’Office colonial et du Jardin colonial à préparer le classement des objets qui leur avaient été remis, et à constituer les collections partielles destinées à être offertes aux établissements français et étrangers.

A L’EXPOSITTON DE 1900.

En transmettant ce procès-verbal au Ministre, M. le sénateur Godin attira son attention sur la dernière partie r celle relative aux collections de Madagascar et de l’Indo- Ghine.

Dès que je fus saisi par le cabinet du Ministre de ces réclamations, j’adressai copie de la lettre de M. Godin et du procès-verbal de la séance de la Commission aux commissaires de Madagascar et de l’Indo-Chine, en les priant de me renseigner exactement sur ce cpu avait été fait par eux jusqu’à ce moment.

Le commissaire de Madagascar me répondit qu’il avait suivi exactement les instructions qui lui étaient parvenues, soit du gouverneur général, soit du Ministre des colonies, pour la répartition des collections appartenant à la colonie et que les échantillons de tous les objets exposés avaient été promis par lui au Jardin colonial et à l’Ofïic© colonial.

Le commissaire de l’Indo-Cbine , de son côté, me lit savoir qu’il n’avait pas attendu les réclamations des deux services intéressés pour y faire droit, qu’il avait préparé la répartition des objets entre eux et que le retard dans la mise à exécution totale de ses instructions provenait des mesures qu’il avait fallu prendre pour assurer le départ, dans le délai réglementaire, des objets à renvoyer dans la colonie.

Je transmis au cabinet du Ministre les réponses de ces deux commissaires et, quelques jours après, je fus informé que M. Doumer avait donné l’ordre de vendre les bois de charpente demandés jiar M. Dybowski.

Ace moment l’Office colonial et le Jardin colonial ache-

RAPPORT GENERAL

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vaient d’enlever ceux des produits exposés qui leur étaient destinés (janvier 1901), mais il restait encore beaucoup de matériel et d’objets d’ornementation des pavillons qui avaient été attribués par la Commission à ces deux établissements et notamment au Jardin colonial. Celui-ci termina l’enlèvement de ces objets vers le milieu de mars.

Il devenait nécessaire de soumettre à l’approbation de la Commission d’affectation les dernières attributions faites par la Sous-Commission à -divers services du Département des colonies, d’accord avec moi et les Commissaires intéressés ; j écrivis donc le 2 5 mars 1901 à M. Godin pour le prier de réunir la Commission avant Pâques, et lui fis remarquer que cette approbation était d’autant plus nécessaire qu’il s’agissait, pour la plus grande partie, d’objets dont le comptable du matériel de l’Exposition coloniale avait pris charge.

La Commission se réunit une cinquième et dernière fois le 3 avril 1901.

Le Président déclara que les objets provenant de l’Exposition coloniale de 1900 ayant été remis aux services du Département des colonies désignés pour les recevoir, c’est-à-dire au service intérieur du Ministère, à l’Ecole coloniale, à l’Office colonial et au Jardin colonial, la réunion de la Commission avait pour but de donner décharge régulière de ces objets au Délégué des colonies.

M. Broussais ayant donné communication de trois nouvelles demandes d’échantillons, la Commission en confia l’examen à l’Office et an Jardin colonial.

M. Dybowski fit remarquer que le Jardin colonial

n’avait reçu aucun échantillon (les produits qui figuraient dans les pavillons de l’Indo-Chine, et il ajouta que ces pavillons avaient été vendus sans que personne ait été avisé de cette vente.

M. Broussais lit part à la Commission de la réponse du commissaire de l’Indo-Chine aux réclamations de M. Dybowski, réponse dans laquelle il déclarait avoir abandonné tous les objets dont il pouvait disposer à i’Oflice colonial chargé, dans sa pensée, d’en remettre une partie au Jardin colonial.

M. Auricoste reconnut qu’en effet une convention était intervenue entre lui et M. Dybowski, à qui une partie des produits venant de l’Exposition indo-chinoise devait être attribuée dès que le classement en aurait été opéré.

Puis M. Broussais donna connaissance des protestations du commissaire de Madagascar contre le reproche qui lui avait été adressé de n’avoir pas tenu compte des indications données par la Commission, indications qu’il déclarait avoir, au contraire, suivies très exactement.

Cette affirmation fut déclarée exacte par les deux services intéressés.

Le Président exprima le regret que les pavillons de l’Indo-Chine eussent été vendus, malgré l’avis contraire de la Commission.

M. Dvbovvski s’associa aux paroles du Président et annonça qu’il avait été plus heureux dans ses négociations avec le commissariat de la Réunion, qui lui avait abandonné son pavillon forestier, aujourd’hui reconstruit à Nogen t-sur-Marne .

Après que M. Broussais eut rappelé la répartition ar-

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rètée dans la précédente séance, la Commission émit le vœu que les objets remis au Service intérieur du Ministère fussent abandonnés par lui au Jardin colonial et à l’Office colonial, s’ils ne lui étaient pas réellement utiles.

Sous cette réserve et sur la proposition du Président, la Commission prit la décision suivante : « En vertu des pouvoirs qui lui ont été conférés par le Ministre des colonies, la Commission d’affectation des objets provenant de l’Exposition coloniale de iqoo a décidé que les objets dont la nomenclature suit, et provenant, soit du Palais du Ministère des colonies au Trocadéro, soit du Pavillon de l’administration de l’Exposition coloniale, étaient attribués :

i° Au Service intérieur du Ministère des colonies;

2° A l’Ecole coloniale;

3° A i’Olïice colonial;

Et 4° au Jardin colonial.

Après cette nomenclature , le procès-verbal contient la constatation suivante :

La Commission constate que la remise des objets ci-dessus aux Services intéressés a été effectuée, et, par la présente délibération, en donne déchargé pleine et entière à M. le Délégué des Ministères des affaires étrangères et des colonies à l’Exposition de 1900.

Le Président prononça ensuite la clôture des travaux de la Commission.

Diverses questions soulevées par M. Dybowski au cours des séances de la Commission doivent être expliquées ici pour dégager mon service de la responsabilité qui pourrait paraître lui incomber de ce chef.

D abord, la réclamation du Directeur du Jardin colonial relative aux produits de l’Indo-Chine, dont il n’avait pas reçu d’échantillons, ne pouvait pas s’adresser au commissaire de l’Indo-Clnne puisque, d’après une entente intervenue entre eux, ainsi que le constate le procès-verbal, tous les produits disponibles de l’Indo-Chine avaient été remis à l'Office colonial, à charge par celui-ci d’en attribuer une partie au Jardin colonial. Si donc ce dernier n’avait pas encore reçu satisfaction, on 11e pouvait reprocher au commissariat de l’Indo-Chine d’être l’auteur du retard constaté.

D’autre part, il y a lieu de remarquer que le regret exprimé par le Président au sujet de la vente des pavillons de l’Indo-Chine ne peut viser en rien le Service central de l’Exposition coloniale , ni même le commissaire de celte colonie; ni le Délégué, ni le commissaire ne pouvaient, en effet, disposer de charpentes appartenant exclusivement à l’Indo-Chine, qui restait libre de les faire rapporter (ainsi qu’elle l’avait décidé en premier heu) dans la colonie, de les donner ou de les vendre. Elle a choisi, par l’organe de son gouverneur général , ce dernier parti, après avoir été avisée par le Ministre, et sur ma proposition, des demandes de M. Dybowski, et j’ai fait connaître cette décision à la Commission. Je n’avais pas d’autre initiative à prendre, et mon rôle ne pouvait aller au delà, d’autant plus que l’Indo-Clnne a intégralement payé de ses deniers les dépenses afférentes à son exposition.

En résumé, tous les objets exposés et tout le matériel, quelle que fût sa provenance, ont été remis à leurs pro-

priétaires ou distribués par les soins de la Commission d’affectation à différents services publics et établissements privés, d’accord avec les possesseurs de ces objets.

Cette liquidation matérielle s’est donc effectuée régulièrement et sans réclamation motivée; elle a permis de donner satisfaction à de nombreuses demandes de produits coloniaux, résultat qui fait honneur à la bonne volonté et à la compétence des commissaires de nos différentes colonies.

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