‹ Les colonies françaisesChapitre 83 sur 106 · RAPPORT DU DOCTEUR VILLETTE · texte numérisé non relu

RAPPORT DU DOCTEUR VILLETTE

(Octobre 1 900.)

Paris, le 8 octobre 1900.

Le docteur Villette , médecin de la section malgache à l’Exposition universelle de 1 900, à M. le Commissaire délégué de Madagascar à l’Exposition.

Monsieur le Commissaire,

Paris.

Arrivé au terme de ma mission, j’ai l’honneur de vous faire connaître le résultat de mes observations sur l étal sanitaire des indigènes de Madagascar pendant les six mois qu’ils ont passé à l’Exposition.

Durant la période d’acclimatement, c’est-à-dire les trois premiers mois, il y a lieu de remarquer un nombre relativement considérable d’affections pulmonaires et intestinales ainsi que de l’appareil locomoteur. Chez quelques indigènes ces maladies ont été sérieuses et ont motivé des indisponibilités variant entre huit jours et un mois.

Elles ont été par ordre de gravité les congestions pulmonaires, les grippes infectieuses, les dysenteries, puis les diarrhées, embarras gastriques simples, rhumatismes et lumbagos.

C’est pendant cette première période que nous avons eu à noter trois décès : deux cas de congestion pulmonaire et un cas de tuberculose qui s’est déclaré à bord après avoir quitté Fort Dauphin.

Les Malgaches dont le moral se laisse facilement déprimer sont d’une manière générale enclins à la nostalgie, aussi 11’est-il

NOS COLONIES

pas étonnant que nous en ayons constaté trois cas dont le plus sérieux s’est présenté chez un indigène dont le grand’père était atteint de manie.

Les névralgies ont été très fréquentes chez les hommes comme chez les femmes et se sont manifestées par des déterminations du côté des nerfs intercostaux, sciatique et facial.

Les diverses affections se sont amendées peu à peu sous l’influence de la chaleur et pendant les trois derniers mois ont été beaucoup moins fréquentes.

La moyenne des indisponibilités, qui avait été de i5 par jour au début , s’est peu à peu abaissée à 4 pour tomber à a en septembre.

Nous n’avons constaté que trois cas de fièvre paludéenne, dont un à forme cataleptique. C’est le premier de ce genre que nous ayons rencontré.

Pas d’affections épidémiques en dehors de 18 cas bénins de varicelle soignés à l’hôpital d’Aubervilliers dans le courant des mois de mai et juin.

Les indigènes, tous vaccinés avant leur départ de Madagas car, ont été revaccinés à leur arrivée à Paris.

Page 1