LOCAUX, - HYGIÈNE
Le bastion 5 7 a été mis à la disposition des indigènes qui y ont été logés pendant tout leur séjour à Paris.
Ce local avait été complètement et judicieusement aménagé dans ce but par le Commissariat de l’Exposition. Les chambres ainsi que les couchettes ont été nettoyées, désinfectées avant, pendant et après le séjour des Malgaches. Chaque chambre qui était aérée régulièrement possédait un poêle qui fonctionnait le matin et le soir afin d’éviter aux Malgaches les changements de température.
La propreté générale du bastion a été rigoureusement pour-
suivie par des lavages réguliers des chambres, et la propreté corporelle des indigènes assurée à l’aide d’appareils à douche et de baignoires. Ils en ont profité largement.
Tous leurs linges ont été plusieurs fois lavés et désinfectés au moyen de lessiveuses et du savon était mis à leur disposition pour leur permettre de les nettoyer au fur et à mesure des besoins.
Une distribution générale de bas, chaussettes, sandales, ceintures de flanelles, capuchons a été faite dès l’arrivée à Paris par les soins du Commissariat pour préserver les Malgaches du froid.
Chacun d’eux avait pour couchette, suivant la manière de leur pays, une natte épaisse, une paillasse, un traversin et deux couvertures. Tous ces objets de literie ont été exposés à l’air régulièrement deux fois par semaine.
La seule boisson entre les repas a été l’eau bouillie dans un vaste récipient de la capacité de 3oo litres, et par cette sage mesure nous n’avons eu aucun cas sérieux d’embarras gastrique.
Au rez-de-chaussée du bâtiment se trouvaient : la cuisine, les réfectoires et l’infirmerie.
La cuisine a toujours été tenue en bon état de propreté ainsi que les réfectoires et les tables avec les ustensiles et plats qui étaient ou balayés ou lavés après chaque repas.
La nourriture des indigènes se composait d’une double distribution de café par jour, ainsi que de deux plats de viandes, riz et légumes accommodés en ragoûts ou bouillis; des fruits de saison et du vin deux fois par semaine.
Quand les Malgaches ont été acclimatés, ce régime devait les fortifier; aussi sont-ils partis en parfait état de santé.
Le Commissariat a eu la sage prévoyance de mettre à la disposition du médecin une infirmerie de cinq lits qui a rendu
NOS COLONIES
de très réels services aux indigènes et qui a permis de soigner les malades aussi convenablement que possible.
Le régime de l’infirmerie se composait de la nourriture ordinaire, moins le vin qui était remplacé par du lait.
En résumé, nous pouvons dire que, depuis leur arrivée à Paris jusqu’à leur départ, les indigènes ont été l’objet de soins constants de la part des membres du Commissariat qui n’a rien épargné pour maintenir en bonne santé le détachement malgache et le renvoyer dans la colonie après un heureux séjour en France.
Veuillez bien agréer, Monsieur le Commissaire, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
Signé : Vili.ette.