LA Ü I G U E
Indo-Cbini;.
séparés jusqu’à présent par cinq journées de marche. Il est certain qu’alors Lang-Son deviendra une place d’échanges considérable. Nous y entretenons un vice-résident.
A quelques kilomètres de Lang-Son, se trouve le gros village de Ki-Lua, où se tient régulièrement un marché important. Une population de 1,500 à 2,000 habitants, presque tous Chinois, s’y livre au commerce et à la petite industrie.
Cao-Bang. — Cao-Bang, chef-lieu de petite province, n’est qu’un village situé à la frontière, dans l’angle des provinces du Quang-Si et du Yunnan, à 130 kilomètres dans le nord-ouest de Lang-Son, et, comme cette dernière ville, sur le versant chinois. C’est un des points extrêmes du territoire occupé par nous, La population de Cao-Bang, composée de métis, en grande partie, est douce et hospitalière. Elle cultive les mômes produits qu’aux environs de Lang- Son.
Nam-Dinh. — Nam-Dinh occupe le second rang parmi les villes du Tonkin, et après Hanoï, c’est le seul centre populeux otfrant véritablement le caractère d’une ville. Située dans la partie sud-ouest du delta, sur le canal qui relie le fleuve Rouge au Day, Nam-Dinh se trouve en dehors de la grande artère fluviale que fréquentent d’ordinaire les Européens, et elle a, jusqu’à présent, conservé, sans mélange, son cachet asiatique. C’est une grande cité d’environ 50,000 habitants, resserrée en profondeur, par sa citadelle, et qui s’étale le long de son canal, sur une étendue de 4 kilomètres.
Sa forteresse, enlevée par Garnier en 1873, n’a plus été depuis cette époque le théâtre d’aucune action de guerre. Les événements qui ont suivi ont porté toute l’attention du côté de l’est; aussi le nom de Nam-Dinh est-il moins connu que celui des autres citadelles moins importantes. Les fortifications, très vastes, ont été construites à la Vauban ; actuellement elles n’ont plus qu’une utilité très secondaire. Elles renferment un grand nombre de bâtiments militaires récemment élevés par le génie.
La résidence et les administrations civiles sont au dehors ;
TONKIN
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leur installation dans les maisons chinoises a plus d’originalité que de confortable.
Presque entièrement construite en briques, la ville se distingue par sa propreté. Elle ne possède aucun monument d’architecture digne d’être signalé. Les rues assez bien alignées sont convenablement entretenues. Elles sont divisées, comme à Hanoï, par catégories d’industries et il y règne une très grande activité. Nam-Dinb est, en effet, une importante place de commerce, elle a été la première du Tonkin au point de vue du commerce indigène. Son marché était le rendez-vous des jonques de l’Annam et de la Chine et l’entrepôt des produits du Thanh-IIoa, principalement du coton; mais à présent, le port deHaï-Phong, d’où partent des services de vapeurs pour l’Annam et la Chine, a détourné le mouvement à son profit et l’on peut prévoir que, sous peu, les opérations de la place de Nam-Dinh ne seront plus que celles d’un commerce local. Quoi qu’il en soit, son port encombré d’embarcations et ses quais embarrassés d’estacades, d’appontements primitifs et fourmillant de gens bizarrement accoutrés, donnent encore un tableau fort curieu.x de l’animation annamite,
Nam-Dinh possède spécialement l’industrie artistique de l’incrustation de nacre. Ses ouvriers ont produit des ouvrages d’une finesse fort remarquable. Malheureusement, les commandes nombreuses des Européens ont beaucoup nui à la perfection du travail, en même temps qu’elles ont amené une grande élévation dans les prix. Autrefois, les ouvriers s’ingéniaient à découper les différents détails des dessins, dans des nacres différentes, pour obtenir des jeux de lumière chatoyants et les assemblaient ensuite avec une justesse parfaite : maintenant, ils se contentent de découper des dessins plus larges et d’indiquer les lignes extérieures par des traits de laque, puis ils les encastrent dans des entailles grossières, d’où ils ne tardent pas à s’échapper. Un beau bahut demandait plusieurs années de travail; ils le confectionnent actuellement en un moiset le vendent quatre
LES COLONIES EKANÇAISES.
fois plus cher. Celle industrie s’esl beaucoup transporlée à Hanoï depuis notre occupation, mais Nam-Dinh conserve toujours sa réputation.
Nam-Dinh est aussi une ville universitaire, un centre d’examens pour les lettrés. Elle doit à cette situation un cachet de distinction que n’ont pas les autres villes duTonkin; son séjour est très goûté et il existe à Nam-Dinh, en dehors des commerçants et des lettrés, une sorte de bourgeoisie instruite qu’on ne rencontre )mlle part ailleurs.
Ninh-Binh. — Au sud-ouest de Nam-Dinh, se trouve Ninh- Biuh, chef-lieu de province, au croisement du Day et de la rivière de Phu-Nho, petite ville pittoresque, célèbre par le rocher énorme de sa citadelle, accessible seulement par un escalier étroit. La petite province de Ninh-Binh est faite de rizières et de montagnes escarpées. Celles-ci marquent à l’ouest la frontière du Tonkin et de l’Annam. Au nord une partie de son territoire lui a été enlevée pour constituer la province Muong.
Phuo.ng-Lam. — Le chef-lieu de celle-ci est établi à Phuong- Lam sur la rivière Noire. Ce n’est encore à présent qu’un village, dans une petite vallée au pied de hautes montagnes et où le chef Muong de la région est venu se placer auprès de notre résident.
Haï-D L’ONG. — Haï-Duoug est la capitale de la grande province du même nom, une des plus riches du Tonkin; sa citadelle, qui est bâtie sur les bords du Thaï-Binh, était une des forteresses de premier ordre du Delta. Elle n’a plus actuellement qu’une utilité secondaire. La ville a été en grande partie détruite et sa population est descendue à 7 ou 8,000 hal)itants. Haï-Duong est une vice-résidence et un centre militaire important.
Qüang-Ykn. — Quang-Yen, sa dépendance, n’est qu’une bourgade de quelques centaines d’habitants, sur le Cuanam-Trieu.
Sa situation, sur des collines à proximité de la mer, en fait un lieu très salubre qui a été choisi pour sanatorium .
ÏONKIX.
MoivKay. — A l’exlrémilé de la province, sur la frontière du Quang-Tong, se trouve Haï-Ninh ou Mon-Ka, préfecture annamite, où il a été créé un poste administratif relevant de la vice-résidence de Quang-Ven. C’est à Mon-Kay que fut traîtreusement attaqué et tué par les Chinois M. Haïtce, membre de la commission de délimitation des frontières.
IIaï-Phong. — Ilaï-Phong, le port du Tonkin, est une ville récemment créée. Il y a quelques années, son emplacement était occupé par un simple village annamite, au milieu des marais, à l’entrée du Cua-Cain. A présent, Ilaï-Phong se présente sous l’aspect d’une ville presque entièrement européenne, qui s’étend dans un triangle formé par le Cua-Carn et le canal du Song-Tam-Bac, que suivent les bateaux remontant à Hanoï. De belles rues ont été ouvertes, des maisons confortables y ont été bâties.
Le long de la rive droite du Cua-Cam et du Song-Tam-Bac se succèdent une série de docks, de magasins de la douane, de magasins pour la marine, établissements de la Compagnie des Messageries maritimes, des Messageries fluviales et d’armateurs faisant la navigation des Cüles de l’Annam et de la Cocbinchine d’une part et de celles de Chine avec Hong-Kong. L’intérieur de la ville est occupé par de nombreuses maisons de commerce, françaises et chinoises. Un liés bel hôtel répond à toutes les exigences d’une vie confortable.
A peu de distance de la ville, la presqu'île de Do -Son olfre aux habitants de Haï-Phong une station balnéaire rafraîchie par la brise de mer.
Haï-Phong, dont le territoire faisait ]jartie de la province de Haï-Duong, a été détachée avec une banlieue assez
Un acteur annamite.
élendue et érigée en une commune que S. M. le roi d’Annam a reconnue terre française. Une municipalité ayant pour chef le résident a été instituée comme à Hanoï. Haï-Phong possède un tribunal de première instance.
Le port présente un aspect déjà très animé, malheureusement la barre du Cua-Cam limite le tonnage des bateaux qui le fréquentent et les grands transports de l’État vont s’abriter dans l’excellent mouillage de la baie d’Along, d’où leur chargement, transbordé sur des chalands, gagne ensuite Ilaï-Phong par le Cua-Nam-Trieu.
Une Annamite.
Village sur [jilotis.