CHAPITRE PREMIER Précis historique
Le sultan de Maouté et Adriansouli. — Ramenetak. — Prise de possession ^ par la France.
Mayotte ou Maouté, située entre 12^ 34' et 12^ 12' de latitude sud, UT Zi3' et liS'' 03' de longitude est, a été découverte en 1527 par le navigateur portugais Diego Ribero ; elle fut visitée en 1599 par le Hollandais Davis qui fut très bien reçu par le sultan de l'île.
En 1607, le capitaine anglais John Saris reçut avis du navire hollandais Gelderland que Mayotte avait une rade très commode; elle n'a toutefois été décrite qu'en 1720 par Hamilton.
Dans ses mémoires, le capitaine Péron parle d'une expé-
dition que le sultan d'Anjouan aurait faite, en 1792, contre Mayotte pour obtenir le payement d'un tribut ; cependant jusqu'en 1830 l'histoire de notre possession actuelle est assez obscure.
Vers cette époque, RadamaP^, roi desHovas, poursuivant le cours de ses conquêtes, avait chassé de la côte nordouest de Madagascar, Adriansouli, chef des Sakalaves de Boeni. Amadi, sultan de Mayotte, alors en guerre avec ceux de la grande Comore et d'Anjouan, lui offrit de se réfugier, avec ses sujets, à Mayotte, dont il lui abandonnerait une partie de la souveraineté.
Sur ces entrefaites, Amadi fut tué par son frère qui prit sa place; mais Banacombé, fils d'Amadi, renouvela à Adriansouli les offres de son père en le pressant de les accepter. Avec le secours des Sakalaves, l'usurpateur fut renversé ; Adriansouli épousa la fille d'Amadi et une partie de l'île lui fut assignée en toute propriété.
Bientôt des querelles, entretenues soigneusement par les Hovas, éclatèrent entre les anciens et les nouveaux habitants de Mayotte, qui en vinrent aux mains. Banacombé, vaincu, fut chassé de l'île et chercha un refuge auprès de Ramenetak, à Mohéli. Ce dernier envahit Mayotte et en chassa à son tour Adriansouli qui, avec le concours du sultan d'Anjouan, réussit à y revenir; son autorité toutefois ne fut pas incontestée et il eut fréquemment à réprimer des révoltes.
Telle était la situation, lorsqu'en ISZiO le lieutenant de vaisseau Jehenne, commandant la Prévoyante, vint à Mayotte. Adriansouli, dégoûté du pouvoir, offrit de céder l'île à la France, moyennant une pension de 5,000 francs et l'éducation de ses enfants à Bourbon. Frappé des avantages remarquables que présentait ce point, M. Jehenne transmit la proposition au Gouvernement qui envoya, en 18A1, M. Passot, capitaine d'infanterie de marine, pour étudier la question et, s'il y avait lieu, passer un traité avec Adriansouli.
MAYOTTE.
En dehors de ce dernier, trois prétendants se disputaient alors, nominalement du moins, la possession de Mayotte : c'étaient Banacombé, l'ancieri sultan, Ramenetak, sultan de Mohéli, et Salim, sultan d'Anjouan, frère d'Abdallah.
Banacombé, seul prétendant sérieux, mourut pendant les négociations ; Ramenetak mourut également, léguant la souveraineté de Mohéli à sa fille qui a toujours vécu en bonne intelligence avec les Français. Enfin Salim renonça expressément à tout droit sur Mayotte.
Le traité conclu avec le capitaine Passot fut ratifié par le Gouvernement français le 10 février 18Zi3, et la prise de possession officielle eut lieu le 13 juin de la même année.
La reine de Mohéli.
Océan Indien,