‹ Les colonies françaises; (volume 4)Chapitre 15 sur 30 · fr · texte numérisé non relu

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1. Sur les territoires annexés ou possédés, il n'existe plus, à proprement parler, que des captifs de case ; ceux-ci font partie de la famille et sont toujours fort bien traités; leur situation auprès de leur maître a quelque analogie avec les clients ou les affranchis des patriciens de l'ancienne Rome.

2. Les noms en italique indiquent les articles pour lesquels les

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD. 155 Les articles d'exportation les plus courants ont été :

Arachides et grai-

nes oléaginen-

Argent

Peaux et cuirs..

Guinées et tissus.

Amandes de

palme

Rhum et tafia. . .

Minerais et mé-

Bois divers

fr.

Riz

Nacre et perles

Poterie

Meubles et bron-

Café

Pommes déterre

Autres légumes.

Marchandises

diverses . ...

Ces statistiques, relevées d'après les registres des douanes, ne donnent aucune indication vraiment précise sur le lieu d'origine des marchandises européennes ou la destination réelle des produits locaux.

Les unes, quoique françaises, arrivent par bateaux étrangers; d'autres, qui sont étrangères, sont importées par bateaux français; on peut toutefois estimer que les deux tiers de produits qui parviennent au Sénégal sont d'origine étrangère. Cette infériorité du commerce français tient à des causes diverses : d'abord la différence de prix, puis la répugnance des industriels métropolitains à se conformer au goût des indigènes; enfin l'ignorance complète de ces mêmes industriels au sujet des articles qui se vendent couramment dans nos colonies ^

provenances ou les destinations étrangères dépassent les destinations ou provenances françaises.

1. La différence de prix est capitale; les Français vendent généralement des articles de bonne qualité, mais d'un prix trop élevé; nos concurrents commerciaux n'ont pas autant de scrupules; ils ont compris qu'il fallait vendre à bon marché; naturellement la qualité des articles s'en ressent, mais ils vendent beaucoup et nous ven-

On a demandé, pour lutter contre la concurrence étrangère, de créer à l'entrée dans la colonie des tarifs différentiels. Le Conseil général a été d'un avis opposé et a demandé au contraire que les droits du tarif général

dons peu. A cet égard, le fait suivant est à méditer : un commerçant fiançais, passant dans une colonie, propose des chemises, bonnes et bien faites j on lui répond qu'elles sont trop chères, qu'on ne les vendrait pas et qu'une maison étrangère en vend dans le pays, à un prix très bas, plusieurs milliers de douzaines par an. Le négociant français demande à voir un modèle de ces chemises, et n'a pas de peine à s'apercevoir que les articles dont il s'agit ont les épaules tellement rognées qu'elles sont presque immettables et qu'en outre la toile ne vaut rien. Il cherche à démontrer que les siennes n'ont pas ces défauts et dureront par conséquent plus longtemps; mais on l'arrête par cette réponse : « Tout ce que vous dites est très vrai, malheureusement celles-ci sont les seules qui se vendent et j'en écoule cent douzaines par an; il y a trois ans, j'ai acheté une seule douzaine de chemises semblables à celles que vous me montrez; c'était un essai; je les ai encore en magasin. » Le commerçant français rapporta à Paris le modèle qu'on lui avait montré; dès son retour, il vse mit à chercher en France un fabricant qui lui en fît de semblables au môme prix que le fabricant étranger. Partout il fut repoussé; chaque itidustriel, pris d'un très louable scrupule, lui répondait que sa maison ne se compromettrait certainement pas à fournir pareille camelote, A la fin, il trouva à Rouen quelqu'un qui consentit à lui livrer la marchandise telle qu'il la di^mandait.

La ville de Rouen est la première qui ait compris la nécessité de combattre à armes égales la concurrence étrangère; depuis quelques années déjà, elle s'est mise à fabriquer spécialement pour le Congo des étoffes dont on ne voudrait probablement pas en Europe et elle commence à les vendre en grandes quantités; elle a formé en outre un syndicat pour l'exploitation de ses tissus en extrême Orient, et ce syndicat envoie à l'étranger des représentants et des courtiers.

Il serait à désirer que chaque gouvernement local envoyât à Paris plusieurs collections des articles étrangers qui se vendent dans la Colonie, en y joignant tous les renseignements nécessaires : prix et mode de vente sur place, lieu d'origine, fret, droits de douane ; ces collections, toutes semblables, seraient réparties entre les chambres de commerce de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, le Havre, Lille, Nantes^ Montpellier, Nancy, etc., à raison d'une collection par chambre.

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD. 1.57

fussent augmentés de 2 pour 100, c'est-à-dire portés à 7 pour 100 K

Le commerce du fleuve a été déclaré libre par un décret du 22 mars 1880; autrefois ce commerce était divisé en cinq catégories comprenant :

l"" La grande traite de Galam (habitants noirs résidant à Bakel et ayant des comptoirs dans le haut pays); 2<» ta

petite traite de Galam (embarcations remontant le fleuve pendant la crue des eaux et redescendant pendant la même année); 3° tes marigotiers (opérant dans le bas du fleuve et assimilés aux petits traitants de Galam avec cet avantage de pouvoir continuer leurs échanges durant toute Tannée) ; Zi<> ta traite des basses escahes (autrefois réservée à Taristocratie sénégalaise); tous les petits

1. Malheureusement, il est probable qu'aucun de ces vœux, s'il était réalisé, ne réussirait ni à augmenter les recettes de la colonie ni à développer le commerce national dans le pays. Les enclaves de la Gambie anglaise et de la Guinée portugaise permettent d'exercer la fraude sur une vaste échelle et les noirs ne s'en priveraient pas le jour où les marchandises de toutes provenances payeraient des droits surélevés.

commerçants du Oualo qui n'étaient point assez fortunés pour faire une expédition en rivière.

Mais, avec les années, ces catégories s'étaient entremêlées.; les uns et les autres peu à peu avaient empiété sur leurs droits respectifs et la liberté se trouvait pour ainsi dire établie de fait quand elle fut proclamée par le décret du 22 mars 1880 ^

Taxes et droits. — Les contributions et taxes locales sont fixées comme suit :

Impôt locatif. — 4 0/0 de la valeur locative réelle ou estimée pour les maisons situées à Saint-Louis (et faubourgs), Dakar, Rufisque et Gorée, à l'exception des terrains non bâtis, des cases en paille, et des maisons de Gorée dont la valeur locative ne dépasse pas 500 francs par an et qui servent d'habitation à leurs propriétaires.

2*^ Contribution pei^sonnelle ;

3° Impôt de capitation. — 1 fr. 50 par chaque habitant domicilié dans les banlieues de Saint-Louis et de Dakar, aussi bien que dans les villages qui entourent nos postes militaires ;

4° Patentes. — Droit fixe ainsi fixé :

Banquier ou négociant

Commerçant de classe

Boulanger

Baraques de marchés et petits magasins

La patente de traite est applicable dans la banlieue de Saint- Louis, le long de la voie ferrée et sur la petite côte (de Dakar à la Gambie). La l'^^ classe est de 200 francs, la 2*^ classe de 150 francs sans droit proportionnel. Il y a, en outre, une patente de colportage de 20 francs par mois pour les marchands ambulants (excepté les indigènes revendeurs dans les rues des villes).

1. Ce décret du 22 mars portait cependant la restriction que les commerçants français ou d'origine française- seraient seuls admis à Commercer dans le fleuve. Mais il ne faut pas oublier qu'un ancien décret, non abrogé encore, considère comme Français tout étranger qui réside depuis cinquante-sept jours au moins dans la colonie.

2. La patente de négociant ne peut couvrir tous les établissements d'une même maison de commerce j elle doit être payée par chaque comptoir qui importe et exporte directement.

600 fr. \

'^00 » / Suivant le classement

200 )) f établi chaque année

i50 » t par les chambres de

lôO » \ commerce 2.

SÉNÉGAL ET

RIVIÈRES DU SUD

Aucune différence n'est faite en faveur des négociants français établis dans les villes le long de la côte ou le long du fleuve.

Le droit proportionnel est de 20 0/0 de la valeur locative réelle ou estimée des magasins, boutiques ou autres locaux servant exclusivement au commerce (applicable seulement à Saint-Louis, ses faubourgs, sa banlieue), Dakar, Rufisque, Gorée, Joal, Nianing et la voie ferrée.

5*^ Licence de caharetier (indépendante des autres patentes). — l-^^ classe, 800 fr. ; 2^ classe, 600 fi\; 3« classe, 300 fr.;

6^ Droit de vérification des poids et mesures ;

7^ Droits de P enregistrement et du timbre i ;

8** Droit de redevance domaniale annuelle : 50 centimes par hectare de terrain vague concédé dans les territoires annexés. (On accorde aussi, sous certaines conditions, des concessions gratuites).

9" Taxes de consommation frappant les liquides et spiritueux réexportées par taxe : 1^ sur tous les points compris entre Bel-Air (Rio-Nunez) et Kaolack; dans les stations du chemin de fer entre Rufisque et N'Dande inclusivement. Ces taxes sont les suivantes :

Absinthe, par hectol. 20 fr.

Alcool, eau-de-vie, liqueurs , vermout , par hectolitre 10 »

Fruits à l'eau-de-vie, par 12 bouteilles... 1 20

Vins, bières, cidres,

par hectolitre...... 2 20

Vins, bières, cidres,

par 12 bouteilles. . . » 55

10** Droits de navigation divisé en droit de touage (de 1 fr. 25 à 2 fr. 50), d'ancrage (0 fr. 50 par tonne pour bâtiments français, 1 fr. pour bâtiments étrangers), de francisation et de congé.

11** Droits d'emmagasinage de fonds de commerce (15 cent, par kilog.) et de visite de la dynamite (50 fr. par 100 kilog.)

12" Droits de lazaret (personnes, de 2 fr. à 10 fr. par jour, marchandises, de 1 fr. à 2 fr. les 100 pièces ou 100 kilog.)

13<* Droits divers : redevances sur les constructions établies sur le domaine public (de 20 à 50 cent, le mètre) et droit de monte des étalons arabes (10 fr. par saillie).

Constructions et revenus des communes : octrois et centimes additionnels, etc., à Saint-Louis, Dakar, Gorée, Rufisque.

i'ô^ Droits de douane : Droits à l'importation applicables entre la frontière nord du Sénégal et la rivière du Saloum inclusive-

1. Ne voulant indiquer que les taxes et droits locaux et non tous les moyens de recettes de la colonie, nous ne faisons pas figurer ici le fermage des salines de Gandiole, celui des palmiers de Rufisque et la vente des produits du jardin de la Taouey.

ment, 15 0/0 de la valeur sur armes et munitions de guerre ; — 10 0/0 sur tabac en feuilles; — 5 0/0 sur autres marchandises de toute provenance; — 2 cent. 1/2 par raètre sur guinées fabriquées en France et dans les colonies françaises (soit 0 fr. 375 par pièce de guinée) ; — 6 cent. 1 /2 par mètre sur les autres guinées (0 fr. 975 par pièce.) — Droits d'exportation sur les gommes : 1 fr. 50 par 100 kil. — Rivières du Sud : droits à l'exportation du Saloum jusqu'à la Mellacorée inclusivement, 7 Ô/O de la valeur des produits coloniaux sans distinction de provenance, de nature et de destination) ^.

Navigation. — En 1886, il est entré dans les ports du Sénégal, 338 navires, dont 166 français el 172 étrangers.

Les navires français venaient principalement de Bordeaux, /i8 ; de Marseille, 20 ; du Havre, 3 ; de Saint-Nazaire, 2; deDunkerque, 1; de Rouen,!; d'Algérie, l;deSierra-Leone, Zi5; des Bissagos, 23; de Bathurst (Gambie anglaise), 15.

Les bâtiments étrangers venaient de Marseille, 13; de Bordeaux, 1; du Gabon, 1; de Liverpool, 61; de Bathurst, 16; de Hambourg, 21; du cap Vert, 17; de Boston, 6; d'Anvers, 3; de New-York, 6; de Sierra-Leone, 7; de Christiania, 5; des Bissagos, 10.

Les sorties se sont élevées à 335 navires, dont 183 français et 152 étrangers. Les bâtiments français allaient principalement à Bordeaux, 58; Marseille, 12; Dunkerque, 1; Fort-de-France, 6; la Pointe-à-Pitre, 2; aux Bissagos, 2Zi ; à Bathurst, 18; à Sierra-Leone, M; au Brésil, 3; en Guinée, 1 ; à Haïti, 1 ; à New-York, 1.

Les navires étrangers allaient à Bordeaux, 3; Marseille,

1. Il n'a pas été établi de droits à l'importation «t, cause de la configuration du littoral. La rive est tellement boisée et les canaux, formant des fourrés épais, sont en si grande multitude à l'embouchure des rivières, qu'il a été jugé impraticable jusqu'à ce jour d'établir un service de douane, la fraude étant excessivement facile. La création de ce service, qui est encore à l'étude, demanderait un personnel nombreux coûtant plus de 300.000 francs par an; cette création rendrait toutefois les plus grands services, car les négociants étrangers en profitent pour inonder de leurs produits toute la région qui va du littoral au Niger, y compris le Fouta-Diallon.

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD

2 ; Dunkerque, 1 ; Caen, 1 ; Fort-de-France, 1; Libreville, 3; Bathurst, 16; aux Bissagos, 15; à Boston, 6; à la Barbade, 8; aux Canaries, 12; aux différents ports des États-Unis, ÏLi; au Maroc, 12 ; à Monrovia, 12 ; à New-York, 5.

Moyens de communications. — Frets et passages, par terre, — 11 n'y a au Sénégal qu'un petit nombre de routes semblables aux routes de France; ce sont celles des environs de Saint-Louis et du Cayor. Dans l'intérieur, les routes de caravanes sont plutôt des itinéraires et des chemins battus que des voies construites à la mode européenne.

Depuis quelques années il existe, entre Dakar et Saint- Louis, une ligne ferrée (à voie de 1 mètre) de 263 kilomètres de long, qui a été construite dans un double but commercial et stratégique. Depuis que cette ligne est en exploitation, le Cayor s'est complètement pacifié; en outre, il s'est créé des plantations qui s'étendent assez au loin des deux côtés de la voie et qui commencent à donner à ce pays un mouvement et une animation qu'il ne connaissait pas auparavant ^

Cette ligne, outre ses gares terminus, Dakar et Saint- Louis, contient 18 stations intermédiaires, dont les plus importantes sont : Rufisque, Thiès, Pout, Tivavouanne, Pire-Goureye, Mekké, Kelle, N'Dande, Louga, M'Pal et Leybar.

Les wagons sont à couloir central, aussi aérés que possible; le départ des trains a lieu de Dakar et de Saint- Louis, à 6 heures du matin ; l'arrivée a lieu à 6 h. 25 du soir. Le croisement des trains s'effectue à la station de Kelle vers midi un quart.

Le prix du voyage est de 31 fr. 55 en première classe, 21 fr. 05 en seconde, IZi fr. /i5 en troisième; le prix moyen

1. A N Dande, quand on vient de Saint-Louis, ou à Pire-Goureye, quand on vient de Dakar, sont des buffets où l'on vend des paniers de déjeuner comme en France; une fois vides, ces paniers sont laissés par les voyageurs à l'une des stations de la route. Afrique, i. Il

du transport des marchandises est d'environ 20 centimes par tonne et par kilomètre.

Au moment de la récolte des arachides du Cayor, la Compagnie peut à peine suffire au transport des barriques ; pendant le reste de Tannée, son trafic est beaucoup plus restreint.

La construction de la ligne de Dakar à Saint-Louis a permis, en outre, à un certain nombre de navires d'éviter la barre si dangereuse de l'embouchure du Sénégal; leurs marchandises sont débarquées à Dakar, puis réexpédiées à Saint-Louis.

Par eau. — Les moyens de communication par eau avec l'intérieur se réduisent au fleuve, les routes de terre n'étant généralement parcourues que par les indigènes ou les colonnes expéditionnaires. Le service du fleuve est fait, au point de vue postal, par les avisos de la Colonie. Celui qui porte le courrier et les voyageurs part de Saint-Louis le lendemain de l'arrivée. en cette ville de la correspondance d'Europe ; il revient la veille du départ de cette correspondance pour Dakar et l'Europe.

Les avisos coloniaux sont montés par des matelots indigènes qui portent le nom de laplots. Ces laptots sont de deux catégories: les laptots de manœuvre et les agents des machines. Ceux-ci ont une hiérarchie spéciale : de chauffeurs, ils peuvent s'élever jusqu'au grade de second maître et sont assimilés dans leurs grades (comme ceux qui proviennent des laptots de manœuvre) aux matelots et officiers mariniers de la flotte métropolitaine.

Les laptots de manœuvre ont aussi une hiérarchie particulière; ils peuvent devenir quartiers-maîtres, puis seconds maîtres. Certains d'entre eux sont affectés au pilotage ; ils ont le grade de quartiers-maîtres et sont alors appelés gourmets (élèves pilotes) ; ils peuvent être nommés seconds et premiers maîtres, et ces derniers portent dans la colonie le nom de capitaines de rivière. Les laptots doivent également servir sur le littoral et connaître les entrées

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des fleuves, enfin ils peuvent être embarqués, avec leurs grades, sur les bâtiments de la flotte métropolitaine; ce sont des marins excellents et très appréciés.

Au point de vue commercial, le service du fleuve est fait par des navires de toutes sortes, petits vapeurs, goélettes, chalands, etc.

Le fret et le prix des passages de Saint-Louis aux escales sont fixés comme suit :

1** De Saint-Louis à :

Passa

gers.

Indigènes.

Fret

Durée

par tonne

du

l'-e cl.

2c cl.

3e cl.

(vapeur).

trajet. .

Richard-Toll . .

10 fr.

5 fr.

10 heures.

(144 kil.)

(167 kil.)

(261 kil.)

Saldé-Tébékout

(461 kil.)

(601 kil.)

Rakel,KayesMe-

2° De Dakar à Saint-Louis par mer 1^^ classe 30 fr.

(Toutes les six semaines) 2*^ — 12 »

Fret : 15 fr. par tonne.

Durée du voyage : 12 à 14 heures.

Avant la 'création de la ligne maritime postale de la Côte occidentale d'Afrique, il n'existait d'autres moyens de communication, entre le Sénégal et les Rivières du Sud, que par l'aviso colonial le Dakar, qui faisait le service suivant :

Le i*^"" de chaque mois, le vapeur le Dakar faisait un voyage entre Dakar et Sierra-Leone, avec escales à Rufisque, Foundioum (Saloum), Sainte-Marie de Bathurst (Gambie), Carabane (Casamance), Boulam (Guinée portu-

gaisej, Bel-Air (rivière Nunez), Boffa (rivière Pongo), Konakry (Dubréka}, Benty (Mellacorée). Il emportait et rapportait les dépêclies, paquets, malles et valises de correspondance à destination de tous les points desservis. Le vapeur repartait de Sierra-Leone le lendemain de son arrivée et mettait 12 jours à regagner Dakar. Le prix des passages et celui du fret étaient les suivants :

Passagers

français, indigènes.

Fret

Durée

irc cl.

2e cl.

par tonne.

du trajet.

De Dakar à

fr.

2 fr.

5 fr.

2 heures

Foundioum (80 miUes^)

Garabane (140 milles).

variable.

lOJ

Bel-Air

Boffa (410 milles)

Benty (470 milles)

Free - Town ( Sierra -

Par mer, avec VEurope, — Le Sénégal communique avec la France par quatre courriers mensuels fournis par les compagnies suivantes :

Messageries marilimes. — Transports 7narilimes à vapeur. — Chargeurs réunis. — Compagnie Fraissinet.

Les paquebots des Messageries ne touchent qu'à Dakar, puis ils vont au Brésil et à la Plata. Ils partent de Bordeaux le 5 et le 20 de chaque mois (à 11 heures du matin), et doivent arriver à Dakar le 12 (à minuit) ou le 29 (à 10 heures du matin). Le paquebot du 5 est le plus rapide (ligne subventionnée), sa vitesse réglementaire ne doit pas

1. Rappelons que le mille (ou nœud marin) est de 1852 mètres.

être au-dessous de ili nœuds à l'heure, celle du 20 (départ non subventionné) est en moyenne de 12 nœuds 60. Ces navires touchent à Lisbonne, le 7 de chaque mois (à U heures du soir) et le 2^ (à 6 heures du matin)

Au retour, les paquebots des Messageries touchent à Dakar, ceux de la ligne subventionnée du 19 au 20 de chaque mois (de 7 heures du soir à midi le lendemain), et ceux delà ligne non subventionnée le 10 (de 4 heures du matin à 2 heures du soir). Ils gont de retour à Bordeaux le 27 et le 18 de chaque mois.

Les Transports maritifnes à vapeur ont, de Marseille, un départ mensuel dont la date varie. Ils touchent à Dakar neuf jours après, puis continuent leur route sur le Brésil et la Plata. Au retour, ils touchent également à Dakar et sont à Marseil'e neuf ou dix jours plus tard.

Les navires de la Compagnie des Chargeurs réunis et ceux de la Compagnie Fraissinet font alternativement le service (subventionné) de la côte occidentale d'Afrique de Dakar à Loango.

Ceux des Chargeurs partent tous les deux mois du Havre (5 janvier, 5 mars, 5 mai, 5 juillet, 5 septembre, 5 novembre); ils touchent à Cherbourg le 6, et le 10 à Bordeaux, où ils reçoivent la plupart des passagers et la correspondance postale. Ils s'arrêtent à Lisbonne le IZi et arrivent à Dakar le 21. Ils font ensuite les escales suivantes : Konakry, le 2Zi ; Sierra-Léone, le 25 ; cap Palmas, le 27 ; Grand-Bassam, le 28 ; Kotonou, le 31 (ou le 1^^), puis ils continuent sur Benito, Libreville etLoango.

Les navires de la Compagnie Fraissinet partent le 10 de Marseille tous les deux mois (février, avril, juin, août, oc-

1. Les correspondances doivent être expédiées de Paris la veille du jour du départ du paquebot; par exception, elles peuvent être envoyées le 5 et le 20 par Lisbonne, de façon qu'elles puissent rejoindre les paquebots partis ce même jour de Bordeaux. Elles doivent porter la mention suivante : M. X .., passager à bord du paquebot le , à destination du Brésil et de la Plata.

tobre, décembre).. Ils vont le 12 à Oran et sont le 21 à Dakar ; ils visitent, aux mêmes dates, les mêmes escales que les bâtiments des Chargeurs réunis.

Au retour, l'itinéraire jusqu'à Dakar est également le même. Il est fixé comme suit : arrivée à Kotonou le 6 de chaque mois, à Grand-Bassam, le 9; au cap Palmas, le 1.0 ; à Sierra-Leone, le 12; à Konakry, le 13; à Dakar, le 16. Retour à Marseille (pour la Compagnie Fraissmet^ en janvier, mars, mai, juillet, septembre et novembre) le 26 ou le 27. Retour à Lisbonne (parles navires des Chargeurs) le 23, à Bordeaux le 27, des six autres mois de l'année; ces navires se dirigent ensuite sur Dunkerque (arrivée le l^"") et reviennent le lendemain au Havre, leur port d'attache.

En résumé, le service des courriers mensuels est le suivant :

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