NOMBRE
VALEUR par lête.
fr.
fr.
Chevaux . . .
Moutons . ,. . .
Chameaux..
LES
Les bœufs sont de petite taille et portent une bosse sur le dos; on les divise en bœufs de travail et bœufs de boucherie. On en a pendant longtemps importé aux Antilles; mais, depuis plusieurs années, les colons de ces îles se sont plaints de ce que ces bœufs apportaient avec eux un parasite terrible, la tique, qui faisait grand mal aux aux autres animaux domestiques, et ce commerce a cessé. Les ânes et les chevaux résistent peu sur le littoral ; quant aux chameaux, le sable du désert leur est, pour ainsi dire, indispensable et ils sont presque tous entre les mains des Maures. Il y a enfin quelques porcs, mais en si petite quantité qu'on n'a pas jugé à propos d'en rechercher le nombre exact.
Pêche. — 11 existe, sur tout le littoral de la Sénégambie, une population maritime qui se livre à la pêche pour les besoins locaux; on trouve également des pêcheurs tout le long du fleuve et sur le lac de Guier.
11 a été dit, au chapitre ii de cette notice, que le cap Blanc était divisé en deux parties; une partie espagnole, vers Touest, c'est-à-dire vers l'Océan, et une partie française vers l'est, c'est-à-dire vers les baies d'Arguin et du Lévrier. Tout le long du cap Blanc et surtout en face des deux baies françaises, existent d'énormes bancs de poissons, dont une partie est exploitée depuis longtemps déjà par les pêcheurs canariens qui ne se privent point, en l'absence de tout stationnaire français, de jeter leurs filets dans les eaux qui dépendent de nos possessions. Ces bancs comprennent des quantités immenses de morue — principalement, — puis des sardines, des anchois, des rougets, des surmulets, des dorades, des merlans, etc.
Il y a plus de deux ans (28 octobre 1887), le gouvernement métropolitain a adressé à propos des bancs d'Arguin une circulaire à plusieurs chambres de commerce pour engager les armateurs français, surtout ceux du Midi, à envoyer des bateaux de pêche en ces parages; jusqu'ici cette circulaire n'a produit aucun effet et aucun bâtiment fran-
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çais ne s'est encore présenté au banc d'Arguin. Ce fait est regrettable; quelques armateurs ne demandaient pas mieux, paraît-il, que de tenter une ou deux saisons de pêche sur cette partie du littoral africain ; mais ils ont fait comprendre qu'ils avaient bien plus d'avantages à aller à Terre-A^euve ou en Islande, où leurs navires bénéficient d'une prime d'armement De plus, à Arguin, le pays est entièrement désert sur une étendue de plusieurs dizaines de kilomètres dans l'intérieur; il n'y a aucune ressource et il serait, avant tout, nécessaire que les pêcheurs fussent certains d'y trouver ce dont ils pourraient avoir besoin, des rechanges, de l'eau et des approvisionnements. Il y a à Arguin une maison, une ou deux citernes et un puits; H faudrait qu'on fît sur ce point quelques travaux de sondage et d'installation première qu'il serait sans doute possible de répartir, dans des proportions diverses, entre le gouvernement métropolitain , certains ports de commerce et la colonie elle-même. Enfin, il serait nécessaire qu'on accordât aux navires d'Arguin comme à ceux de Terre-Neuve et d'Islande une prime d'armement; cette décision pourrait encourager les armateurs de la métropole, ainsi que la marine locale ; il ne serait pas étonnant de voir se créer ainsi au Sénégal une industrie importante qui donnerait à la colonie et au littoral maure de l'animation et des ressources importantes.
Industrie. — L'industrie proprement dite est peu développée au Sénégal, et, sous ce rapport, il y aurait beau-
1. On raconte qu'il y a un certain nombre d'années plusieurs navires de commerce, ayant, en passant devant Arguin, péché des morues, constatèrent que cette morue, une fois préparée, devenait noire, et on en a conclu aussitôt que dans ces conditions la pêche serait impossible. Le fait est peut-être exact; mais il faut faire observer que ces bâtiments n'étaient nullement disposés pour la préparation ni pour la conservation de la morue, et qu'en outre les pêcheurs canariens, qui se livrent à cette industrie depuis de longues années, n'ont jamais constaté cet inconvénient. D'ailleurs, celui-ci, s'il existait réellement, ne serait pas irrémédiable et il suffii?àit de chercher un mode de préparation approprié au climat.
coup à faire pour nos compatriotes de la métropole, Actuellement, il existe quelques briqueteries et plusieurs chaufourneries exploitées par les indigènes d'une façon absolument primitive; les unes emploient la terre argileuse des environs de Saint-Louis, les autres font usage de vastes bancs de coquillages fossiles qu'on rencontre dans les mêmes parages ou sur le littoral du Sine (vers Joal ou Portudal).
Il y a trois usines à l'huile qui sont fermées depuis deux ans par suite du bon marché des huiles dans la métropole : il existe aussi de petites fabriques indigènes d'huile d'arachides.
A Dagana, on vend des poteries du pays, surtout des gargoulettes poreuses destinées à tenir l'eau fraîche; aucune de ces poteries n'est exportée. On trouve- également à Saint-Louis, et dans la plupart des villages, des cordonniers, des tanneurs, des selliers, qui fabriquent des objets en cuir brodé, des babouches, etc., des trsserands, qui font des pagnes, dont le fil blanc est en coton du pays et dont les fils colorés viennent de France (les signars de Saint-Louis envoient à Bakel certaines étoffes provenant d'Europe pour les faire teindre à la mode indigène); il y a enfin des bijoutiers qui sont à la fois forgerons et taillandiers et qui fabriquent avec des instruments très primitifs des bijoux en filigrane d'un travail fort délicat, des poignards, des fers de lance, des houes, etc.. Enfin, les quelques chantiers de constructions navales qui sont sur le littoral entreprennent la construction d'embarcations de toutes dimensions; les charpentiers des Rivières du Sud sont particulièrement experts en leur art et parviennent à faire des goélettes ou de petits bâtiments pontés d'une certaine importance.
RÉGIME DU TRAVAIL. — Lcs artisans sont assez nombreux et presque tous sont habiles. Ainsi, outre les charpentiers, les maçons de Gorée sont réputés sur toute la côte et demandés jusqu'à Sierra-Leone.
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Plus tard, lorsque les lignes ferrées prendront dans la colonie une importance plus grande que celle qu'elles ont actuellement, il sera facile de former en peu d'années un noyau de bons mécaniciens. Les manœuvres sont généralement des Toucouleurs du Damga ou du Fouta central, des Peulhs du Fouta-Diallon ou des SarakoUés du Guoy, qui se louent ordinairement pour une saison de trois
Factorerie Verminck, à Benty.
mois. Les salaires des ouvriers artisans et manœuvres sont les suivants (à la journée, sans nourriture) :
Boulangers 6 fr.
Charpentiers 8 »
Carrossiers 10 »
Forgerons 8 »
Mécaniciens 12 »
Menuisiers 8 fr.
Maçons 1 . . . 7 »
Manœuvres 1 50
(Ces derniers avec Ja nourriture, 1 fr. seulement.)
Il n'y a que les esclaves qui s'occupent des cultures. Ceux qui sont captifs de case peuvent exercer quelquesuns des métiers manuels cités plus haut, à la condition de partager leurs profits avec leur maître : parfois ils possèdent eux-mêmes des esclaves; en tout cas, les travaux agricoles ne les regardent pas; ils se contentent de sur-
veiller les captifs de guerre^ qui font les grosses besognes*.
Malgré tous ses efforts, le gouvernement français n'a pu faire disparaître Pesclavage : la population entière eût émigré vers les régions de l'intérieur. Mais il a obtenu que dans les villes, dans leurs banlieues et autour des postes, enfin sur tout ce qui est territoire français, ainsi que dans certaines parties du pays, plus civilisées que celles de l'intérieur ou des Rivières, les captifs fussent bien traités. Depuis un quart de siècle, le nombre de ceux-ci a déjà diminué dans des proportions sensibles ; peu à peu, au fur et à mesure que la civilisation s'implantera dans ces contrées, l'esclavage régnera de moins en moins et finira par disparaître complètement.
Commerce. — En 1887, le commerce du Sénégal avec la France, les colonies et l'étranger s'est élevé à la somme de 39.756.718 francs, dont 25.812.676 francs pour l'importation au Sénégal, et 13.9Zi/i.0/i2 francs pour l'exportation.
Les principaux articles d'importation ont été - :
Beurre. . . pour
Farine
Huile
Morue
Riz
Animaux
Fer en barres,
et ouvré
Autres métaux.
Armes
Papeterie
Verrerie
Fil
Guinées
Vêtements
Sel