‹ Les colonies françaises; (volume 4)Chapitre 5 sur 30 · EXPORTÉ ES · texte numérisé non relu

EXPORTÉ ES

Gomme.

Morfil.

Peaux de boeufs.

Total

Moyen ne des 5 années. .

Livres.

Livres.

Nombre.

Parmi les navires qui venaient dans la colonie, quelquesuns portaient un pavillon étranger, car la Convention avait, sur la proposition de Mellinet, autorisé les expéditions de marchandises françaises sous le pavillon des États- Unis d'Amérique ou sous celui des autres nations avec lesquelles la République n'était pas en guerre; c'est ce nombre des bâtiments américains signalés dans nos possessions de la côte d'Afrique qui fit croire à Pelletan, successeur de J.-B.-L. Durand, que le commerce du Sénégal était en entier entre les mains des armateurs des États-Unis,

D'ailleurs, dans toute cette période de 1792 à 179Zi, ce qui nuisit aux échanges, ce ne fut pas seulement la hausse irréfléchie que les négociants sénégalais firent subir aux denrées et aux marchandises, mais aussi, dans une cer- , taine jnesure, les guerres continentales et la concurrence \

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des Anglais tout récemment établis alors à Sierra-Leone, qu'une escadre française détruisait peu de temps après.

Prise de Corée (1800). — De leur côté, du reste, les Anglais cherchaient à s'emparer du Sénégal; ils firent môme dans ce but, de 1793 à 179Zi, trois tentatives qui ne réussirent pas et ce n'est qu'en 1800 que leurs attaques recommencèrent, Cette fois Corée, seule, succomba; mais les troupes britanniques ne purent encore mettre le pied sur le continent, le gouverneur intérimaire de Saint- Louis, alors occupé à la guerre contre les Maures, s'étant hâté de conclure la paix avec ceux-ci pour pouvoir disposer de toutes ses forces contre les nouveaux assaillants.

En 1802, lors de la paix d'Amiens, il fut stipulé que l'île de Corée nous serait remise, mais cette clause ne fut pas observée et, peu de temps après, comme la guerre avait éclaté de nouveau entre la France et l'Angleterre, on décida de reprendre l'île de vive force. Le 18 janvier 180Zi, des corsaires français, assistés d'un détachement de troupes de la garnison du Sénégal, l'enlevèrent par un hardi coup de main ; mais on commit l'imprudence de n'y laisser qu'une vingtaine d'hommes pour la défendre et, à quelque temps de là, elle retombait au pouvoir des Anglais.

A Saint-Louis, la situation n'était pas brillante et une expédition impolitique, entreprise en 1805 par le commandant du Sénégal contre les Peulhs du Fouta, ajoutant encore aux maux de la guerre maritime, acheva de paralyser le commerce.

DÉFENSE héroïque DE Saint-Louis (1807). — Dcux ans plus tard, les Anglais se présentèrent de nouveau devant

1. En 1793, malgré les attaques continuelles dont elle était l'objet de la part des forces britanniques, la colonie du Sénégal, dans un patriotique élan, réunit et put envoyer à la Convention nationale, pour Taider à repousser l'éti^anger, une somme de plus de 20.000 livres.

LES GOLOiMES FRANÇAISES.

la ville qu'ils bloquèrent pendant quatre mois, mais la population, quoique n'ayant plus dans les derniers jours qu'un quart de ration, se défendit si héroïquement que l'ennemi dut lever le siège. Cependant les fortifications restèrent dans un tel état de délabrement, qu'en 1809, lorsque les Anglais revinrent pour la sixième fois depuis quinze ans, la place dut capituler après quelques jours de siège (iU juillet).

La colonie du Sénégal fut rendue à la France par l'article 8 du traité de Paris (30 mai 181/i). Par cet article, on nous restituait tous les établissements que nous possédions au 1^^ janvier 1792 sur la côte occidentale d'Afrique, c'està-dire le bassin du fleuve et le littoral compris entre le cap Blanc et l'embouchure de la Gambie.

Les événements de 1815 empêchèrent qu'on songeât au Sénégal durant cette année-là et ce n'est que vers le milieu de 1816 qu'une expédition partit de Rochefort pour aller reprendre possession de la colonie. Aux matelots de l'escadre et aux troupe3 de garnison, le gouvernement français avait joint une mission de trente personnes, chargées de reconnaître la presqu'île du cap Yert et de voir si l'on pourrait donner suite au projet de colonisation conçu par l'un des aides de camp du chevalier de Boufflers, Geoffroy de Villeneuve.

Pendant la route un des vaisseaux de l'escadre, la frégate la Méduse^ se perdit le 2 juillet sur le banc d'Arguin, par l'incurie de son commandant, M. de la Chaumareys, récemment improvisé officier de marine ^

C'est ici que se place un épisode devenu légendaire. Des ZiOO hommes de l'équipage, 130 prirent place sur un

1. La manie que Ton avait alors de -donner des commandements de régiments ou de navires à des gens qui, forts de leur nom ou de leur titre, n'avaient la plupart du temps jamais commandé une escouade ou conduit une chaloupe, a fourni à un auteur dramatique fort connu. Al. de Gomberouss^, le sujet d'une de ses plus jolies pièces, la Salamandre,

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radeau où ils restèrent durant treize jours, et où se passèrent les scènes les plus affreuses K

Ceux des passagers de la frégate qui n'avaient pas pris place sur le radeau s'étaient jetés dans les embarcations du navire. Deux canots, dans l'un desquels était le colonel Schmalz, le nouveau gouverneur, gagnèrent le Sénégal après une traversée de quatre jours seulement. Les autres abordèrent la côte aux environs du cap Mirik et ceux qui les montaient ne parvinrent à Saint-Louis qu'après une longue et cruelle marche dans le désert.

Le gouverneur anglais de cette ville, Beurthome, prétendant n'avoir pas reçu d'ordres, exigea le départ des soldats français. Quant au colonel Schmalz, dénué de tout à la suite du naufrage de la Méduse^ il reçut le meilleur accueil dans une des principales maisons de commerce, dont les propriétaires lui firent, tant en vivres et en argent qu'en marchandises, une avance de 50.000 francs.

Premier établissement des Français a Dakar. — Ce n'est qu'au mois de novembre suivant que le différend, soulevé par la mauvaise foi de Beurthome, put enfin être aplani. Tandis que le personnel de l'expédition française, obligé de chercher un abri, était allé s'établir au village de Dakar, où il fut en proie à la disette et aux maladies provenant d'une installation défectueuse et de la mauvaise qualité de l'eau, le gouverneur général des établissements anglais en Afrique, Mac-Carthy, autorisa Schmalz à prendre possession de Saint-Louis. Ce fut le 25 janvier 1817 qu'eut lieu la remise effective de la colonie à l'administration française.

Essai de création de centres agricoles. — A cette époque la perte de plusieurs de nos colonies agricoles et l'abolition de la traite des nègres portèrent le gouverne-

1. Quand le brick V Argus, envoyé de Saint-Louis à la recherche de la Méduse rencontra le fameux radeau, il n'y trouva plus que quinze survivants; les autres avaient péri ou avaient été mangés.

ment à diriger ses vues sur la création de centres de color nisation, dont la principale ressource devait être la culture de certaines plantes indigènes. Le plan qui avait été présenté à ce sujet ayant été adopté, deux expéditions partirent successivement de France, le 8 juillet 1818 et le 15 février 1819, pour transporter au Sénégal le personnel etle matérieljugés nécessaires à Texécution dePentreprise.

Le commandant de la colonie, n'ayant pu s'entendre avec les Peulhs, dans le pays desquels il avait été d'abord question de créer ces centres agricoles, passa le 8 mai 1819, avec le brack Amar-Boye et les principaux chefs du Oualo, un traité par lequel ceux-ci, moyennant des coutumes annuelles, cédaient à la France, en toute propriété et pour toujours, les îles ou autres terres du Oualo, où le gouvernement français jugerait convenable de fonder des établissements. Le 20 du même mois, un traité de même nature était signé avec le roi de la tribu des Maures Bracknas, et le chef-lieu de la colonisation fut d'abord placé sur le plateau de Dagana, sur la rive gauche du Sénégal, à quarante lieues environ de l'embouchure du fleuve.

Ces projets d'expansion mécontentèrent les Maures Trarzas, qui prétendaient avoir des droits sur le Oualo, et inquiétèrent les Peulhs du Toro; ces deux peuples formèrent alors une ligue dans laquelle ils réussirent à entraîner les Braknas et le damel du Cayor. Les hostilités commencèrent bientôt et, au mois d'août 1819, deux bâtiments français remontant le fleuve, furent assaillis à coups de fusil. Un détachement de troupes envoyées de Saint- Louis pénétra alors dans le Oualo et écrasa les alliés à deux reprises; sur le territoire des Trarzas et dans le Fouta. Les Maures ne tardèrent pas à demander la paix et reconnurent nos droits sur le pays par un traité signé les 7 et 25 juin 1821. On profita de cette situation pour signer également un traité avec les Douaïch et établir près de Bakel une nouvelle escale pour la gomme, où, sous la pro-

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tection d'un poste fortifié élevé sur la rive gauche du fleuve, Ton traita, la même année, pour plus de 500.000 livres de ce produit.

Jusqu'alors, les plans de colonisation approuvés par le gouvernement n'avaient pu recevoir leur exécution. En 1832, celui-ci accorda des primes tant pour la production de denrées que pour leur exportation ; il distribua des instruments aratoires, donna des vivres pour les travailleurs, du grain pour le bétail et fonda sur l'une des rives du marigot de la Taouey, à un endroit qui porte depuis cette époque le nom de Richard Toll (jardin du Richard), un jardin destiné à l'acclimatation des plantes exotiques.

Grâce à ces encouragements, le territoire qui nous avait été concédé fut bientôt couvert d'établissements agricoles ^

Culture du coton. — On avait rencontré, non loin de la mer, vers l'embouchure de quelques-unes des rivières du Sud, des pieds de cotonnier venus spontanément. On en avait conclu qu'on pouvait tirer un parti excellent d'une plante poussant ainsi naturellement dans le pays et, sans s'occuper autrement de la nature du terrain et des conditions météorologiques, on se mit avec ardeur à la nouvelle culture. En 1825 (recensement du 8 décembre), on en avait planté 3./i/i9.000 pieds; en outre, les habitations royales en contenaient environ i.l2Z».000; soit, pour la colonie entière, un total de /i. 573. 000 pieds.

1. Ces établissements furent divisés en cinq quartiers ou cantons; le premier était celui de Dagana, qui formait provisoirement la limite extrême du territoire agricole, en remontant le fleuve; autour du village, on avait construit un blockhaus; ce canton comprenait, entre le poste, l'habitation de Koïlel, subventionnée par la cassette du roi, et des plantations particulières. Le second, Richard-Toll, était le point central de la colonisation et comptait six plantations. Le troisième était celui de Faf que traversait le marigot de Goroum et ne comprenait que des établissements particuliers. Le quatrième, Lampsar^ avait dix plantations. Enfin huit autres établissements privés formaient autour de Saint-Louis le canton rural.

Malheureusement la production fut loin d'être en rapport avec la vaste surface cultivée. D'après les relevés officiels, l'exportation du coton égrené fut :

Dans ces conditions, le kilogramme de coton revenait à un prix exorbitant.

On chercha toutes sortes de raisons pour expliquer cette différence : la rareté des pluies, l'action desséchante du vent, l'élévation du prix de la main-d'œuvre, les débordements périodiques du fleuve, etc., etc. La vérité est que la plupart des cultivateurs fraudaient le gouvernement et préféraient simplement bénéficier de la prime que celui-ci allouait pour pied planté, au lieu de chercher à s'enrichir par la culture. Profitant en effet de ce que certains agents du fisc n'avaient pas touie la rigueur que l'administration était en droit d'attendre d'eux, les agriculteurs faisaient compter, comme arbustes sains, des pieds de cotonnier déjà morts ou desséchés.

Dès qu'il eut découvert la fraude, le gouvernement s'empressa de modifier les conditions de délivrance de la prime ; celle-ci ne fut plus attribuée à la culture de la plante, mais à l'exportation du produit. Le résultat ne se fit pas attendre bien longtemps; en 1828, tous les cotonniers avaient disparu.

Culture DE l'lndigo. — On songa alors à entreprendre la culture de l'indigotier; l'on fit venir du Bengale un agent spécial et on créa d'immenses plantations; mais, au bout de six ans, on comprit que, si la qualité du produit était la même que celle de Tindigo des Indes, les frais de main-d'œuvre, si peu élevés dans la presqu'île de l'Hindous-

En 1872, de.

En 1873, de.

En 1874, de.

En 1875, de.

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