‹ Les colonies françaises; (volume 4)Chapitre 7 sur 30 · DÉVELOPPEMENT DE LA COLOXÏE DE 1819 A 1852; VOYAGE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE LA COLOXÏE DE 1819 A 1852; VOYAGE

DE RAFFENEL ET DE LEOPOLD PANET. — Pendant qu'oufaisait dans le Oualo des essais de colonisation et de culture, la situation de la colonie s'était profondément améliorée. Le 8 mai 1819, avait été passé avec le brack du Oualo un traité par lequel ce chef nous cédait en toute propriété moyennant des coutumes annuelles, les terres et îles de cepays^.

1. Ce fut le 15 juillet 1841 que plusieurs maisons de Marseille firent venir du Saloum, à titre d'essai, 500 kilogrammes d'arachides. Le résultat dépassa leurs espérances et la culture de cette plante commença à prendre une extension qui devint considérable vers 1850, époque à laquelle un négociant de Rufisque, nommé Rousseau, parvint à expédier pour la première fois une cargaison entière d'arachides.

2. Sauf pour les essais de culture dont il a été question plus haut, nous ne pûmes guère profiter de ce droit, malgré le traité du 8 mai et les traités ultérieurs du 23 décembre 1830 et du 4 septembre 1835, car les Maures Trarzas, prétendant être les suzerains du brack du Oualo, ne tinrent nul compte de ces conventions et ne cessèrent de

Deux ans après, le 25 juin 1821, les Maures Bracknas, voisins des Trarzas, reconnaissaient nos droits sur le Oualo etç quelques jours plus tard, le 3 juillet, on commençait à Bakel les premiers travaux de construction d'un poste fortifié. L'année suivante {1 janvier 1822), paraissait le décret organisant la justice au Sénégal; enfin, le 5 juin 1823, le code de procédure civile était déclaré applicable à la colonie. L'année 1822 fut également signalée par un fait d'ordre secondaire, mais qui a son importance ; dans les derniers jours du mois de janvier, on fit à riiôpital de Saint-Louis les premiers essais du sulfate de quinine, substance alors récemment découverte, dont la métropole avait envoyé une demi-once seulement (environ 15 à 16 grammes) .

Vers la fin du mois d'octobre 1826 eut lieu un engagement assez sérieux entre les nègres de Gandiole et les soldats chargés de protéger le sauvetage d'un bâtiment français qui s'était perdu sur la barre du fleuve. On profita de cet incident pour amener les gens de Gandiole à renoncer, ainsi que venaient de le faire les chefs de la presqu'île du cap Vert, à un prétendu droit de bris et de naufrage qu'ils exerçaient depuis un temps immémorial sur la côte.

Peu de temps après, le gouverneur de la colonie, le capitaine de vaisseau Brou, chassait successivementdu Oualo les Maures Trarzas, qui se prétendaient maîtres du pays et venaient y commettre des actes de brigandage , et le faux prophète Mohamed-Amar qui venait le conquérir. Châtiés sévèrement, les Maures demandèrent et obtinrent la paix (15 avril 1829); quant au prophète, il fut mis en fuite près du Dagana, puis poursuivi par les colons et les indigènes des plantations qui s'en emparèrent et le pendi-

ravager ce pays jusqu'au moment où le colonel Faidherbe leur infligea une telle série de défaites qu'ils demandèrent grâce et durent reconnaître nos droits.

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD

rent aux branches d'un tamarinier, en face du poste de Richard-Toll (1830)i.

On a vu plus haut que la culture d'indigo, qui avait succédé aux plantations de coton, avait été peu à peu abandonnée dans le courant de Tannée 1822. A partir de cette époque jusqu'au moment où l'arachide vint apporter à la colonie un élément nouveau d'échange, on se rejeta exclusivement sur le commerce de la gomme; la spéculation devint effrénée et, au mois de décembre 18/il, l'ensemble des affaires commerciales en était arrivé à un tel désordre que la dette des traitants ne s'élevait pas à moins de 2. 237.000 francs. C'est dans le courant de cette même année — on l'a vu précédemment — que l'arachide fit son apparition. Ce trafic nouveau vint alors se joindre à celui de la gomme et, peu à peu, les affaires parvinrent tant bien que mal à reprendre quelque équilibre.

Au cours des années qui s'étaient écoulées de 1819 à iSliU il s'était passé plusieurs faits qu'il est bon de signaler : tels sont la mise en vigueur du Code de commerce {1«^ juillet 1819), du Code pénal (li mai 182Zi), du Code civil (5 novembre 1830), l'organisation d'une milice (31 janvier 1830), l'application du Code d'instruction criminelle à la colonie (IZj février 1833), les efforts tentés par le gouvernement du Sénégal pour empêcher le roi desTrarzas d'épouser la princesse Guimbotte, du Oualo, union qui aurait eu pour résultat l'établissement des Maures sur la rive gauche du Sénégal (26 mai 1833), le traité passé avec les chefs de la Casamance et la construction du poste de Sedhiou (mars 1837), la première formation d'une compagnie

1. C'est durant l'année 1830 (23 décembre) que fut fixé définitivement la coutume annuelle à payer au brack du Oualo. Cette coutume était de 10 bouteilles d'eau-de-vie; mais il devait être payé, en outre, 2 bouteilles d'eau-de-vie et une barre de fer au domestique du brack et, à Guimbotte, princesse royale, une malle, une pièce de mousseline, 4 bouteilles d'eau-de-vie, 10 têtes de tabac et .500 grammes de clous de girofle.

de soldats (novembre 1838), la création d'une cour d'appel (19 novembre ISZiO) et enfin l'ouverture de l'école des frères à Saint-Louis {U novembre IBZil).

En 18/|3, le gouvernement de la colonie fut confié au capitaine de corvette Bouët-Willaumez, qui crut devoir, quelques mois après son arrivée, charger une mission d'aller examiner sur place les mines d'or du Bambouk, ainsi que les procédés de travail des indigènes, d'établir la carte du bassin inférieur de la Falémé et de déterminer la position astronomique de différents points. Composée d'abord de cinq membres : MM. Huard-Bessinières, pharmacien de marine, Jamin, enseigne de vaisseau, Kaff'enel, officier du commissariat de la marine, Peye-Ferry, chirurgien de la marine et Pottin-Patterson, habitant du Sénégal, cette mission ne compta bientôt plus que trois personnes, par suite du départ de MM. Jamin et Peye-Ferry que la maladie obligea de rentrer à Saint-Louis; elle remonta le fleuve jusqu'à Bakel, traversa Sénoudébou, visita les mines d'or de Kéniéba et rentra par la Gambie le 16 mars i^liliK

En 18Zi6, Raffenel, accompagné d'un jeune homme de couleur, Léopold Panet, entreprenait un nouveau voyage; il cherchait à traverser le Soudan, à gagner le lac Tchad et à atteindre ainsi les sources du Nil. Quatre ans plus tard (1850), son compagnon, M. Panet, fut à son tour chargé par le gouvernement d'une mission qui consistait à aller de Saint-Louis à Alger à travers le Sahara. Parti avec une caravane de Maures de l Adrar, le jeune voyageur fut dévalisé auprès du douar de Grono par ses compagnons de route et laissé pour mort Secouru par quelques Arabes charitables, il parvint à Mogador, où le consul de France lui donna les moyens de gagner Marseille.

Pendant que Raff'enel et Panet exploraient ainsi, l'un le Soudan, l'autre le Sahara occidental, nos possessions s'é-

1. Quelques mois plus tard, M. Huard mourait de fièvres contractées au cours de ce voyage.

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tendaient dans le bassin de la Falémé, où, par un traité en date du 23 août 18Zi5, nous étaient concédés le village et le territoire de Sénoudébou.

En même temps, à Saint-Louis, on autorisait les indigènes à entrer dans le corps de spahis (7 juillet 18/i7), on créait un tribunal spécial pour les musulmans (22 avril 18/t8), on rendait exécutoire la loi du 27 avril 18Zi8 sur l'abolition de l'esclavage, on supprimait les Conseils généraux créés en 1830 (26 juin 18Zi8) ainsi que la représentation des colonies (3 février 1853) S enfin Gorée était déclaré port franc (8 février 1853), et, le U août suivant, on prenait dans l'île de Sor les mesures nécessaires à la création d'un nouveau village qui devait porter le nom de Bouët (devenu plus tard Bouëtville).

PRISE DE DiALMATH. — A cottc époquc, le gouvemcur de la colonie, le capitaine de frégate Protêt, résolut de mettre fin aux actes de brigandage que les Maures, les Ouolofs et ^ les Toucouleurs ne cessaient d'exercer contre les traitants, européens ou indigènes; il demanda en conséquence au ministre de la marine l'autorisation de se rendre aux désirs de ces derniers qui réclamaient la suppression des escales, le rétablissement de la garnison du poste de Podor et l'augmentation de celle du poste de Dagana.

Le ministre, Théodore Ducos, ayant approuvé le programme qui lui avait été présenté, la colonne expéditionnaire quitta Saint-Louis le 4 8 mars 185Zt et s'arrêta en premier lieu à Podor où l'on allait construire un fortin\ On marcha ensuite sur Dialmath, capitale duDimar, qui fut emportée après un combat assez vif ^; enfin la garnison de Dagana

• 1. Le conseil général du Sénégal a été rétabli en 1879 ; quant à la représentation des colonies au Parlement, elle a été rétablie en

2. Commencé le 27 mars 1854, sous la direction du capitaine Faidherbe, de Farme du génie, ce poste fut terminé le 1^' mai suivant.

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