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A la prise de Dialmath, nos pertes furent considérables î

fut renforcée et les escales et coutumes complètement supprimées 1.

Le gouverneur Faidherbe. — Malgré la prise de Dialmath, les négociants de Saint-Louis émirent le vœu que les gouverneurs du Sénégal fussent dorénavant choisis parmi des hommes ayant séjourné dans la colonie assez longtemps pour y avoir acquis la connaissance du pays et des indigènes, et pouvant rester en fonctions pendant sept ans au moins. En outre, des démarches furent faites par plusieurs de ces négociants, alors en France, pour que le capitaine Faidherbe fût nommé chef de bataillon et gouverneur de la colonie ^.

D'accord avec le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, le ministre de la marine, Théodore Ducos, se rendit aux désirs des habitants de Saint-Louis et, le 16 décembre 185Zi,le commandant Faidherbe prenait possession de ses nouvelles fonctions.

Dès son arrivée dans la colonie, M. Faidherbe jugea que notre autorité ne devait pas s'arrêter aux portes de

175 hommes sur 600. Le commandant du détachement de sapeurs du génie, qui fut grièvement blessé, était le lieutenant Guichard, aujourd'hui général de brigade et gouverneur d'Alger.

1. Depuis 1839, les coutumes s'élevaient annuellement à la somme de 41,000 francs, représentés en armes et en marchandises diverses: sabres, pistolets, fusils, poudre, balles, ambre, corail, verroterie, fer en barres, tabac, vin, eau-de-vie, guinées ou drap écarlate. Voici d'ailleurs quelle en était la répartition en 1840 : chefs de Saint- Louis, valeur des coutumes, 1.031 fr. 45; — villages avoisinan; SaiiU-Louis, 316 fr. 76; — Oualo, 9.470 fr. 57 ; — Gayor, 1.558 fr. 98 -7- Trarzas, 10.545 fr. 81 ; — Darmankous, 396 fr. 10; — Bracknas, 2.835 fr. 12; — Fouta, 3.266 fr. 76; —Galam, 1.517 fr. 18; — Bondou, 608 fr. 18; — Tuabo, 814 fr. 06; — Douaich, 1.257 fr. 59; — Bar, 6i3 fr. 69; — Dakar, 658 fr. 20; — Gasamance, 156 francè; — vivres aux chefs venant recevoir leurs coutumes, 3.646 fr. 40.

2. Le capiiaine du génie Faidherbe, né à Lille le 3 juin 1818, avait déjà passé six années en Algérie et deux années à la Guadeloupe. Il avait construit, en Guinée, .le fort de Dabou, près de Grand Bassam, et était ensuite venu au Sénégal, où il avait dirigé les travaux du fort de Podor^ achevé en trente-quatre jours.

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Saint-Louis, que les traités de 1819, 1830 et 1835, nous donnant des droits sur le Oualo, devaient être exécutés, malgré l'opposition des Maures qui se prétendaient les maîtres de ce pays, et qu'enfin nous devions assurer à nos traitants le droit de libre navigation tout le long du fleuve.

La première période du gouvernement de M. Faidherbe (tour à tour chef de bataillon, lieutenant-colonel et colonel), de décembre 185Zi à juin 1861, peut donc se diviser en trois parties distinctes :

Guerre contre les Maures de février 1855 à juin 1859;

2° Guerre contre £1 Hadj Omar, de janvier 1855 à août 1860 ;

S"" Actes administratifs.

Guerre entre les Maures ; annexion du Oualo. — La guerre entre les Maures fut surtout une guerre de surprises, d'embuscades, de razzias, analogue à celle que nous avions faite en Algérie pendant de longues années.

La cause de cette guerre fut la suppression des coutumes et escales, à la suite de laquelle les Maures Trarzas avaient envahi le Oualo.

Après une vigoureuse leçon, qui fut infligée le 16 janvier 1855 au village de Bakaret obligea le Dimar à se soumettre à nos conditions, le gouverneur marcha contre les Trarzas, dont une des principales tribus, celle des Azounas, campée sur la rive gauche du fleuve entre Dikten et Tiaggar, fut mise en déroute après quelques minutes de combat Quelques jours plus tard, ne croyant pas à la

1. Tandis qu'une colonne composée de 50 hommes d'infanterie^ de 50 spahis et des compagnies de débarquement de quatre de nos avisos venait de Dagana par des routes différentes et se concentrait à 2 lieues à l'est de Tiaggar, le comipandant Faidherbe partait de Saint-Louis avec les troupes de la garnison, débarquait à 200 mètres au-dessous de Diktea et marchait aussitôt à l'ennemi. Les Azounas/ déjà prévenus, étaient en fuite, - n'emmenant que. leurs troupeaux et abandonnant leurs tentes, leurs, vivres et leurs t^ffets.. Comme ie gouverneur ravait prévu, ils .aUère,^t dopiier dans, la

continuation de nos succès, les gens du Oualo se soulevèrent en masse et rejoignirent l'armée des Maures. Battu une première fois près de Dioulboudou par la colonne que commandait le gouverneur et qui comprenait ZiOO hommes de troupes, ZiOO volontaires, i peloton de spahis et 2 obusiers, Tennemi fut de nouveau mis en fuite à N'Der et à Dikten ^

Un mois après (mars 1855), les restes de Tarmée du Oualo qui s'étaient réfugiés aux environs de Mérinaghen et paraissaient animés des dispositions les plus hostiles, n'attendirent même pas nos troupes et se réfugièrent dans le Cayor^. La reine du Oualo fut déclarée déchue du trône et remplacée, à la tête de la contrée, par un indigène de grande famille, Fara-Penda, qui depuis longtemps déjà nous avait donné des preuves nombreuses de son dévouement. Fara-Penda, qui devint au mois de décembre suivant commandant de cercle, rallia peu à peu les gens de la contrée et rétablit une partie des villages incendiés. Un peu plus tard (décembre 1855), en présence de l'obstination des anciens chefs du pays à se considérer comme sujets des Trarzas, le Oualo fut annexé à la colonie et divisé en cinq cercles : Khouma, N'Guiangué, N'Der, Foss et Ross.

colonne venant de Dagana. Les spahis les chargèrent, leur tuèrent 6 ou 7 hommes^ firent 69 prisonniers et enlevèrent 700 bœufs. Deux heures plus tard, leur camp était pillé par les volontaires de* Saint-Louis et les tentes livrées aux flammes (15 février 1855).

1. Les volontaires de Saint-Louis étaient des jeunes gens de la ville qui aidaient les gouverneurs dans leurs opérations. Ils avaient l'habitude de discuter, une fois en route, s'ils continueraient ou non à marcher. Lors de la guerre contre les Maures, le commandant Faidherbe leur fit savoir qu'il ne leur permettrait pas de mar- ^ chander leur concours. Ainsi avertis, ils marchèrent fort bien, se conduisirent admirablement et furent des auxiliaires précieux dans toutes les campagnes qui eurent lieu à cette époque.

2. Les chefs de l'armée avaient annoncé que, cette fois, ils étaient décidés à se faire tous massacrer plutôt que de fuir et avaient fait à cet égard le serment le plus solennel que puisse faire un Ouolof : chacun avait juré par le nez de sa mère*

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Cependant les Maures n'avaient pas perdu Tespoir de nous vaincre. Mohammed el Habib, roi des Trarzas, eut même l'idée d'attaquer Saint-Louis par le pont de Leybar, mais il se heurta au poste fortifié qui défendait ce pont et ne put, malgré tous ses efforts, aller plus loin (21 avril 1855) ^ Pendant ce temps, le commandant Faidherbe, à la tête d'une forte colonne, opérait près de Rouk,dans la direction de M'Pal, une razzia de SOOObœufsappartenant aux Trarzas Dagbadgis.

Épouvantés, les Maures battirent en retraite et ne tardèrent pas à évacuer le Oualo.

Bientôt les Braknas commencèrent à leur tour les hostilités contre nous en essayant, avec le concours [de certains villages du pays, d'arrêter les caravanes qui se rendaient à Podor. Il fallut que le gouverneur, à la tête d'une colonne de 1100 hommes (dont 600 volontaires), fît un exemple terrible en brûlant et en

Un baobab.

1. La tour qui commandait ce pont n'avait pour g*arnison que 11 soldats d'infanterie de marine, commandés par le. sergent Brunier, et 2 canonniers qui servaient un obusier de campagne. Ces hommes se défendirent avec un courage admirable contre les centaines de Maures qui les attaquaient. Au bout de cinq heures de combat, voyant que leurs efforts n'aboutissaient pas, les Maures renoncèrent à la lutte et se retirèrent.

Afbk^ue I.

pillant les villages rebelles. Cette petite expédition eut pour résultat de nous rallier les gens du Oualo, qui dès lors se mirent à traquer les Maures, et ceux-ci durent repasser sur la rive droite du fleuve ou se réfugier dans le Cayor.

Jusqu'au mois d'octobre suivant, les Maures restèrent tranquilles; puis, poussés par la famine, ils se rapprochèrent du fleuve et furent attaqués en détail par les habitants du Oualo et du Dimar que nos succès avaient enhardis.

Bientôt le gouverneur, ayant appris que Mohammed el Habib l'avait défié de pénétrer sur son territoire, c'est-àdire d'aller le chercher sur la rive droite du Sénégal, réunit une colonne de 2.500 hommes (dont 1.500 volontaires), avec 200 chevaux (dont 100 de volontaires) et Zi obusiers, passa le fleuve, atteignit le lac Cayar et parcourut une partie du pays sans pouvoir joindre le gros de l'armée ennemie qui s'était retirée dans le Nord.

Espérant détacher de l'alliance des Trarzas les Braknas qui s'étaient récemment joints à eux, le commandant Faidherbe fit établir à Koundy (à une lieue au nord de Podor) un camp qui servit de base d'opérations pour les expéditions ultérieures ^. On continua à razzier les partis ennemis qui passaient à proximité et, au début de l'année 1857, quelques tribus vinrent faire leur soumission.

Cependant, au commencement du mois de mai 1857, Mohammed el Habib reparut; mais son armée ne put tenir devant nos troupes et, le 13 mai, elle fut complètement défaite sur les bords du lac Cayar. Quant à lui, suivi d'une bande de 300 à ZiOO hommes^ il nous fit pendant quelques semaines une guerre de partisans dans les environs du lac

1. La garnison du camp comprenait un bataillon d'infanterie et une section d'artillerie. EUe fut scindée, un peu plus tard, vers ]e mois de mars 1857, en deux moitiés, dont l'une resta à Koundy et l'autre alla sur la Taouey.

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de Guier et dans le Dimar, mais, le 31 mai, on parvint à l'atteindre et une p:irtie de ses hommes furent massacrés.

A partir de cette époque, la résistance des Maures faiblit singulièrement et ceux-ci ne surent même pas profiter, en juillet 1857, de l'absence du gouverneur Faidherbe, qui était alors parti pour aller au secours de la garnison de Médine, attaquée par El-Hadj-Omar.

A la fin de l'année 1857, les défections commencèrent. En novembre, les Douaïeh signèrent le traité que nous voulions passer avec tous les Maures. Quelques mois plus tard, après une nouvelle série d'engagements où ils n'avaient pas eu l'avantage, les Trarzas acceptèrent nos propositions et, le 25 mai 1858, Sidi, fils d'El Habib, rapportait à Saint- Louis le traité signé par son père. Le 10 juin suivant, c'était au tour des Braknas de faire la paix avec nous; les deux compétiteurs,Mohammed-Sidi, roi d'une partie desBraknas, et Sidi Ely, roi de l'autre partie, qui nous était plus favorable que son rival, donnèrent leur adhésion aux propositions qui leur furent faites K

Guerre contre El-Hadj-Omar. — El-Hadj-Omar (Omar le Pèlerin) était un marabout toucouleur, né à Aloar, près de Podor. Il avait passé un certain nombre d'années à la Mecque, et était ensuite revenu dans le Dinguiray (à l'est du Fouta-Diallon), où, depuis 18Zi8, tout en se ralliant de nombreux compagnons, il attendait le moment propice pour déclarer la guerre sainte.

Vers la fin de 1854, se sentant assez fort, il quitta le Dinguiray, envahit le Bambouk avec 12.000 fidèles environ et atteignit bientôt nos établissements du Haut-Sénégal, dont le plus avancé était Balvcl.

1. Le 13 décembre de la même année, les deux princes se trouvèrent réunis par une feinte réconciliation, alors que chacun d'eux avait juré de tuer son compétiteur à la première occasion : Sidi-Ely tua Mohammed-Sidi d'un coup de fusil lire à bout portant et devint ainsi seul roi des Braknas. Il nous fallut cependant, l'année suivante, imposer son autorité par la force de nos armes.

Ce poste était à cette époque dans un état de délabrement complet. Le capitaine du génie Faidherbe, qui avait accompagné le précédent gouverneur, le commandant Protêt, dans son voyage sur le fleuve, demanda, en présence des nouvelles qui arrivaient du sud-ouest, à rester pour diriger la mise en état du fort. Il répara l'enceinte et construisit trois redoutes intérieures, reliées par un retranchement; en outre, les traitants et leurs agents furent organisés en milice, et de Saint- Louis furent envoyés des renforts, des vivres, des munitions et un chirurgien.

En même temps, des préparatifs de défense furent faits également à Sénoudébou, sur la Falémé.

Le commandant Faidherbe put bientôt se féliciter d'avoir été si prévoyant. Grâce à ses succès dans le Kaarta, le Kaméra, le Khasso, le Bondou, le Fouta central et le Damga, El-Hadj-Omar put détacher de nous certaines populations voisines des postes, principalement les Toucouleurs et les Sarakollés. Plusieurs Européens furent attaqués ou maltraités par ces derniers et les villages toucouleurs riverains du fleuve tirèrent plus d'une fois sur nos avisos; deux petites colonnes volantes ne purent, malgré l'incendie de plusieurs centaines de cases, détacher ces peuplades de l'alliance du nouveau prophète.

Siège de Médine (1857). — El-Hadj avait fait savoir indirectement à Saint-Louis qu'il était disposé à ne pas attaquer nos postes si nous consentions à les évacuer pour toujours. La réponse du commandant Faidherbe fut telle qu'on pouvait l'attendre de cet officier énergique et infatigable.

Pour porter la frontière au delà de Bakel et rendre à ce poste, si cela était possible, son animation commerciale, le gouverneur du Sénégal résolut de construire un nouveau fort sur le haut du fleuve et, au mois d'août 1855 il se transporta avec toutes ses forces disponibles jusqu'à Kayes, point situé à une lieue et demie en avant de Médine et à

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près de 1.000 kilomètres de Saint-Louis ^ Le 16 septembre, on commençait les travaux du fort de Médine; 600 ouvriers avaient répondu à Tappel du gouverneur et travaillaient 9 heures par jour. Pendant ce temps, le commandant Faidherbe, avec une partie de la colonne, visitait les cataractes du Félou et faisait graver sur les roches le nom des officiers qui l'accompagnaient.

Le 5 octobre suivant, le fort, quadrilatère bastionné de 30 mètres de côté, ayant un canon à chaque bastion, était terminé et le commandement en était donné à un vieux traitant mulâtre, nommé Paul Holl, auquel on laissait sept Européens^ et une cinquantaine de soldats noirs.

L'année 1856 se passa sans qu'il y eût autre chose que quelques engagements avec les Maures; mais, vers le mois d'avril 1857, on vint avertir Paul Holl qu'El-Hadj-Omar se disposait à venir l'attaquer. Holl prit aussitôt certaines mesures défensives et fit relier au fort, par un double terrassement, le village indigène déjà

Tirailleur sénégalais.

1. La colonne comprenait : 300 fantassins, 40 spahis montés, 30 canonniers avec 4 obusiers, 15 sapeurs du génie, 20 conducteurs du train et 20 mulets, 600 volontaires noirs de Saint-Louis, 100 ouvriers noirs du génie et 150 laptots.

2. L'histoire doit conserver les noms de ces Européens qui méritent d'être cités ici. C'étaient Desplats, sergent d'infanterie; Sacray, soldat, secrétaire de Holl; Marter, Chaveau, Giavanti, soldats; Deshayes ei Marot, artilleurs. Il y avait, en outre, vingt-cinq ou trente soldats noirs et une vingtaine de laptots. Ajoutons que durant tous les événements qui se succédèrent dans le Bondou, à partir

défendu par nn tata (muraille trèsépaisseen terre battue).

El-Hadj, qui avait cru avoir facilement raison de ce poste, fut repoussé à deux reprises, les il mai et 3 juin, et, en présence du mécontentement d'une partie de son armée, il lui fallut renoncer à tenter l'assaut et se résigner à convertir le siège en blocus.

Celui-ci dura 97 jours. Dès la fin de mai, les habitants du village (environ 6.000) furent mis à la ration, et celle-ci en arriva à être réduite au point que, vers la fin du siège, il fallut manger des arachides pilées et mouillées, le bois manquant pour faire du feu.

La poudre fit défaut à son tour et Ton s'en procura un peu en vidant quelques vieux obus. HoU cependant ne voulut pas que l'on crût que la poudrerie était vide; il craignait que cette nouvelle ne décourageât les défenseurs et répondait aux demandes de munitions en disant qu'il fallait se garder de tirer, qu'on avait tué assez d'ennemis, que l'air était empesté par les cadavres, que les maladies étaient plus dangereuses que les coups, que d'ailleurs le jour de la délivrance approchait, qu'il fallait enfin prendre patience.

Le 18 juillet au matin, la situation devint terrible; il n'y avait plus de vivres que pour quelques heures; en outre, chaque homme de la garnison n'avait plus qu'un coup de fusil à tirer et chacune des quatre pièces avait encore deux gargousses. Les travaux des assiégeants étaient à 50 mètres de l'enceinte du fort et à moins de 25 mètres du tata du village. Paul Holl, en présence de cet état de choses, s'apprêtait à prendre une détermination énergique, lorsque le canon retentit dans le lointain.

C'était la colonne de secours, commandée par le gouverneur en personne, qui venait en toute hâte de Saint-Louis pour délivrer les vaillants défenseurs de Médine. Le lieu-

de 1855, nous eûmes comme chef de ce pays un homme, Boubakar- Saada, qui fut notre fidèle allié jusqu'à sa mort, survenue en 1885.

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tenant-colonel FaidherbeS avec une poignée de soldats, 500 tout au plus (dont 100 blancs), n'hésita pas à attaquer les forces d'El-Hadj-Omar, qu'on estimait à 15 ou 18.000 hommes, et qui furent repoussées hors de la vue de la place.

Mais, cinq jours après, les soldats du prophète, réunis à une armée de secours qui arrivait du Fouta, essayèrent de reprendre l'offensive; ils furent obligés bientôt de battre en retraite et les troupes du Fouta se retirèrent pour rentrer chez elles 2.

Fin de la guerre contre El-Hadj-Omar. — Quelques semaines après, El-Hadj-Omar, comprenant que son prestige contre les blancs était perdu, se retira à Dinguiray, pendant que le colonel Faidherbe allait, avec de nouveaux renforts qu'il venait de recevoir, détruire la forteresse de Souisani, dans le Bondou.

El-Hadj n'avait cependant pas perdu tout espoir de nous vaincre et, vers le mois d'avril 1858, il fit reprendre l'offensive. Le gouverneur Faidherbe qui, avant le retour du prophète, avait projeté l'occupation des mines d'or du

1. Le gouverneur Faidherbe avait été nommé lieutenant-colonel le 8 octobre 1856. Pour secourir Médine avant que les eaux du fleuve fussent hautes, il tenta presque l'impossible et eut la chance de réussir. Le passage duBasiliCy efî'ectué le 17 juillet au soir, à l'endroit appelé les Petites Cataractes, est un des incidents les plus émouvants de la route. Le bâtiment n'avançait plus, n'ayant en ce moment que 8 ou 10 centimètres d'eau sous la quille. Le colonel Faidherbe donna l'ordre de surchai'ger les feux et de passer à tout prix, quitte à périr, pour tenter de sauver Médine. Après quelques minutes d'attente solennelle, le bâtiment avança et passa sans encombre. En descendant le fleuve quelques jours plus tard, il se perdit à ce même endroit.

2. Pendant les journées des 17, 18 et 23 juillet 1857, nos pertes furent assez sensibles; nous eûmes aussi à déplorer la mort de deux jeunes officiers pleins d'avenir : M. des Essarts, enseigne de vaisseau, mort au passage des Petites Cataractes, et M. Roger Descemet, sous-lieutenant d'état-major, appartenant à l'une des plus anciennes familles de la colonie, tué au combat du 2i devant Médine.

Bambouk, résolut, malgré la baisse des eaux, d'exécuter son programme tel qu'il Pavait conçu tout d'abord. El- Hadj tenta de l'arrêter en faisant construire à Garly, dans le Fouta central, un barrage que les premières crues emportèrent L'occupation des mines eut lieu sans grandes difficultés : le prophète n'était d'ailleurs plus aussi heureux qu'auparavant dans sa guerre sainte et rencontrait de différents côtés de sérieuses résistances. Il crut devoir se retirer sur le Haut-Fleuve et, dans sa marche rétrograde, tenta d'enlever, sans y réussir, le poste de Matam ainsi que le village d'Arondou. Il passa dans le Diombokho et se dirigea vers Nioro, après avoir laissé une très forte garnison dans le tata de Guémou (juin 1859)

Mais, de Guémou, il était facile aux gens d'El-Hadj de coupêr les communications sur le fleuve; le colonel Faidherbeprit donc la résolution de détruire ce village et confia cette mission au commandant Faron, qui partit à la tête d'un millier d'hommes (dont ZiOO volontaires du haut pays). Depuis Dialmath, jamais combat ne fut plus opiniâtre; on se battit pendant 7 heures (25 octobre 1859) et il fallut donner l'assaut au tata, qui fut emporté après des pertes considérables de part et d'autre \

1. Le barrage se composait de massifs de 10 mètres de largeur et 35 mètres de longueur dans le sens du courant, séparés, par des intervalles de 1 à 2 mètres pour laisser le passage à l'eau. 1.500 hommes y avaient travaillé pendant deux mois et y avaient accumulé plus de 20.000 mètres cubes de rochers, de terre et de troncs d'arbres.

2. El-Hadj-Omar alla continuer la guerre sainte contre les idolâtres dans le bassin du Niger; il opérait principalement contre les Bambaras qui possédaient le pays jusqu'à Sokolo et Sansanding, En 1861, il était maître de l'empire de Ségou; Tannée suivante après avoir pris le Macina, il entra à Timbouktou. Sa domination s'étendait a^ors du Fouta-Diallon au royaume de Sokolo et du Sahara jusqu'à l'empire de Kong. Il fut tué en 1864 par des Peulhs révoltés; son empire fut démembré et une partie de ses États passa sous la domination de son fils Ahmadou, qui vit encore et a accepté le protectorat de la France.

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