ARRONDISSEMENT DE MARIE-GALANTE
Grand-Bourg (bourg)
— (campagne) . 3,872
Capcsterre . 3,281
Vieux-Fort; Saint-Louis, . 2,167
Total général tour la colonie. . .
Organisation générale de la colonie. — -Il y a un demisiècle, l’administration et la direction des affaires de la colonie était confiée à un gouverneur, assisté d’un conseil privé; il y avait en outre un conseil colonial de trente membres élus pour cinq ans.
Étaient électeurs des membres de ce conseil, tous les Français, âgés de 25 ans, nés à la Guadeloupe ou y habitant depuis deux ans, jouissant de leurs droits civils et payant dans la colonie 300 francs de contributions directes ou bien justifiant de la possession, dans File, des propriétés mobilières ou immobilières d’une valeur de 30,000 francs; ces électeurs étaient au nombre de 1.092.
Les éligibles, au nombre de (319, devaient remplir, à peu de chose près, les mêmes conditions que les électeurs; mais l’âge exigé était de 30 ans au lieu de 25 et le chiffre des contributions ou celui de la valeur des propriétés était doublé : 600 francs au lieu de 300; 60,000 au lieu de 30,000.
Outre ses attributions ordinaires, dont les principales étaient la discussion et le vote du budget intérieur de la colonie, ainsi que de l’assiette et de la répartition des contributions locales, le conseil nommait deux délégués chargés de représenter à Paris les intérêts de la colonie. Ces délégués étaient élus pour cinq ans et recevaient chacun une indemnité de 20,000 francs par an.
LA GUADELOUPE
ni
Au-dessous du gouverneur se trouvaient le commandant militaire et, après lui, l’ordonnateur, le directeur de l’intérieur et le procureur général.
Il y avait en outre un inspecteur colonial chargé de veiller à la régularité du service administratif.
Le gouverneur, le commandant militaire, l’ordonnateur,
P oi n te -a- Pitre. — Le musée Lhcrminicr.
le directeur de l’intérieur et le procureur général, ainsi que trois habitants notables désignés par le roi, formaient le conseil privé, dont il est question plus haut, dont les attributions étaient à peu près les mêmes que celles des conseils de préfecture en France.
Quant à l’administration municipale, remaniée par un décret colonial de 1837, elle était confiée aux soins d'un maire à la Basse-Terre» à la Pointe-à-Pitre, au Moule, au
Grand-Bourg de Marie-Galante et au Marigot de Saint-Martin. Chacune de ces villes avait à cette époque :
La Basse-Terre. . 4,808 habitants libres et 7,536 -esclaves.
La Pointe-à-Pitre.
Le Moule .
Le Grand-Bourg.
Le Marigot . . .
Le personnel salarié présentait alors un total de 2,579 personnes dont 2.138 affectées aux services militaires.
Le secrétariat du gouvernement comprenait 4 personnes. La direction de l’intérieur, 39; le commissariat de la marine était représenté par 9 commissaires ou souscommissaires et 20 commis; le service des ports par 14 agents divers et celui des ponts et chaussées par 9 personnes dont 3 ingénieurs. On avait affecté en outre : au service de santé, 19 médecins et 16 religieuses; au service du culte, 29 prêtres divers; et au service des finances et des douanes, 104 fonctionnaires, commis ou préposés.
L’administration de la justice comprenait : une cour royale, siégeant à la Basse-Terre et composée d’un président, de 8 conseillers, de 3 conseillers auditeurs, d'un procureur général, d’un substitut et d’un greffier. Il y avait aussi 3 tribunaux de première instance à la Basse- Terre, à la Pointe-à-Pitre, et à Marie-Galante; chaque tribunal comportait 1 juge, t lieutenant de juge, 2 auditeurs, 1 procureur du roi, 1 substitut et I greffier; il y avait enfin 6 justices de paix à la Basse-Terre, à la Pointeà-Pitre, à Capesterre, au Moule, au Marigot et au Grand- Bourg.
Le nombre des atfaires civiles et commerciales inscrites aux rôles des tribunaux de première instance était en 1839 de 2,849, dont 346 pour la Basse-Terre, 2,109 pour la
LÀ GUADELOUPE
Pointe-à-Pitre et 394 pour Marie-Galante. Celui des affaires jugées par les cours d’assises de la Basse-Terre et de la Pointe-à-Pitre était de 48, comprenant 03 accusés dont 43 seulement (20 libres et 19 esclaves) avaient été condamnés, 20 pour crimes contre les personnes, 23 pour crimes contre les propriétés.
Les forces militaires de la colonie se composaient : 1° des troupes de la garnison; 2° d’un corps de gendarmerie à cheval; 3° des milices locales. Les troupes de la garnison et la gendarmerie appartenaient, comme aujourd’hui, à l’armée active.
L’état-major général et celui des places comprenaient 8 officiers; celui de l’artillerie, 2 officiers et 3 soldats; celui du génie, 1 officier et 4 soldats. L’infanterie de marine, c’est-à-dire les 2e, 3° et 4e bataillons du 1er régiment, comptait un effectif de 1,773 hommes; les canonniers étaient 208, les ouvriers d’artillerie, 41; enfin la gendarmerie se composait de 3 officiers et de 93 sous-officiers ou simples gendarmes.
Les ouvrages défensifs étaient alors au nombre de 34, qui se décomposaient en 4 forts principaux : fort Saint- Charles et Vieux-Fort, près de la Basse-Terre, Fort-Louis et fort Fleur-d’Épée, près de la Pointe-à-Pitre; et en 30 batteries de côte, armées d’un total de 120 pièces de tout calibre.
L’organisation et la composition des milices locales étaient réglées par l’ordonnance royale du 1er janvier 1787, et comprenaient tous les hommes valides de 15 à 55 ans.
Elles étaient organisées en bataillons pour chacune des villes de la Basse-Terre et de la Pointe-à-Pitre, et en compagnies pour les communes rurales. Une compagnie de pompiers était en outre attachée au bataillon de chaque ville. La cavalerie était formée de compagnies de chas-
seins à cheval. Quant à l’artillerie, elle n’était point organisée en unités de commandement, mais le service des batteries des côtes était fait par les canonniers de la milice, dont les postes respectifs étaient désignés à l’avance.
Au recensement de l’année 1839, l’infanterie était forte de o,18a hommes dont 276 officiers, la cavalerie de 723 dont 47 officiers, et l’artillerie sédentaire de 799 hommes dont 31 officiers; au total, 6,707 hommes1.
Sur ce nombre 3,000 hommes d’infanterie environ pouvaient être employés à un service actif; tous les autres ne devaient faire qu’un service sédentaire. La colonie possédait ainsi, pour concourir à sa défense, une force de près de 9,000 hommes.
Le budget de la colonie comprenait deux catégories de dépenses: 1° les dépenses de souveraineté et de protection, autrement dit les dépenses militaires et maritimes; 2° les dépenses d’administration intérieure autrement dit les dépenses civiles. Les premières s’élevaient, en 1839, à 2,262,440 francs, les secondes à 2,134,327, faisant ainsi un total de 4,396,967 francs, sur lesquels 2,262,000 francs étaient payés parla métropole.
La Guadeloupe en 1889. — - Le sénatus-consulte de 1834. — A l’époque actuelle, la colonie de la Guadeloupe et ses dépendances est soumise, d’après la Constitution du 14janvierl832, à un régime spécial, dit régime des sénatus-consultes. C’est en vertu de cette disposition qu’a été rendu le sénatus-consulte du 3 mai 1834, qui, malgré certaines modifications qui, depuis cette époque, y ont été apportées et dont nous parlons plus loin, régit encore dans ses
1. Il est à remarquer que les trois échelons de forces actives, milices actives et milices sédentaires de cette époque, correspondent à peu près à ce que nous appelons aujourd’hui armée active, réserve et armée territoriale.
LA GUADELOUPE
grandes lignes nos trois colonies de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion.