ANGLETERRE
Or. — - Souverain . 26,00
1/2 souverain . 13,00
Les relations pécuniaires avec la France n’éprouvent aucune difficulté : pour les faibles remises, quelques-uns font usage des mandats de poste; mais pour les créances plus importantes, on émet généralement des traites très favorablement accueillies dans les pays environnants, primées même dans quelques-uns.
Les lois fixant le taux de l’intérêt ne sont pas promulguées dans la colonie. Aucun arrêté local n’y réglemente le taux de l’intérêt; il y a donc liberté entière à cet égard; cependant on n’en abuse pas, et s’il se fait de l’usure, ce doit être très accidentellement.
Depuis longtemps l’intérêt est de o p. 100 en matière civile et de 6 p. 100 en matière commerciale sans oscillations ni fluctuations sensibles.
On a dit des lies Saint-Pierre-Miquelon que c’étaient de grandes fabriques de morue. Cette qualification n’a pas cessé d’être exacte, fort heu reuse i peut; notre petite colonie ne peut subsister, comme nous avons eu l’occasion de l'indiquer, que par la pêche où elle puise toute sa richesse, et il faut souhaiter qu’elle étende de plus en plus son cercle d’action, sans se laisser décourager par les progrès que font, dans la même industrie, nos rivaux les Anglais et les Américains. Les fabriques de morue, pour nous servir du mot consacré, n'assurent pas seulement de sérieuses ressources à l’administration publique; elles donnent au commerce et à l’État des matelots d'élite dont le recrutement doit être, dans la situation actuelle de l’Europe, la préoccupation constante de nos gouvernants. A ce seul titre, elles mériteraient toute notre sollicitude.
On sait que nos pêcheurs de Terre-Neuve ont été obligés de modifier leurs habitudes séculaires à la suite de la promulgation du boet bill qui interdit aux Anglais l’exportation et la vente de l’appàt nécessaire à la pèche de la morue;
SAINT -PIERRE-MIQUELO N . 309
on sait aussi qu’au lieu de se procurer cet appât à Saint- Pierre-Miquelon, où l’apportaient les bateaux anglais, nos pêcheurs ont été forcés de s’approvisionner directement dans les havres du Trench Sliore. Il résulte de renseignements tout récents que nous pouvons nous passer très aisément du concours intéressé que nous prêtaient jusqu’ici
La Petite Miqüelon. — Maison du Gouverneur.
les Anglais, et nous avons lieu de nous féliciter d'une mesure qui tourne tout à notre avantage. En effet, le havre Saint-Georges, où nous avons le droit exclusif de pêche est, assure-t-on, un véritable 'vivier à harengs qui peut approvisionner toute notre Hotte de pêcheries.
Il y est venu pendant l’année 1888, du 12 avril au 23 mai, 132 navires montés par 2,248 hommes d’équipage, et le havre leur a fohrni 21,773 barils de harengs. Il aurait pu en fournir bien davantage, car les derniers navires banquiers