‹ Les colonies françaises;Chapitre 15 sur 36 · GABON ET CONGO · texte numérisé non relu

GABON ET CONGO

8 grammes par jour, par doses successives de 50 ou 100 centigrammes, au lieu de 1 à 2 grammes par doses successives de 25 centigrammes). La meilleure manière de prendre ce remède est de l'avaler dans du café noir, qui est lui-même un fébrifuge*.

Il est d'autres médicaments que les médecins emploient selon le caractère et les phases de la maladie; ce sont : Talcoolé de quinquina, l'extrait aqueux de caïlcedrat (1 gr. à 1 gr. 50 par jour), l'écorce de doundaké, le sulfate de soude (cas hématuriques : 75 à 80 gr, par vingt-quatre heures, en deux fois), certains purgatifs, le vesicatoire, les mouches de Milan, l'alcoolat de menthe, Péther, la limonade sulfurique (1 gr. d'acide sulfurique pour i litre d'eau sucrée), les sinapismes, la teinture d'iode (usage externe), l'acétate d'ammoniaque, le laudanum de Sydenham, la teinture de valériane, le bicarbonate de soucie et la magnésie calcinée 2. On se sert aussi d'eau-de-vie, de thé punché, d'eau glacée, de jus de citron, de vinaigre, de café; on fait également usage de frictions et de lotions.

Enfin, dans les cas graves, lorsque les vomissements empêchent l'absorption des remèdes, on a recours aux injections sous-cutanées, qui sont le plus souvent couronnées de succès 3.

1. Livingstone, qui n'admettait la quinine que comme tonique, s'était composé des pilules que les indigènes avaient appelées des réveilleuses et qui contenaient 6 à 8 grains de résine de jalap, autant de quinine et de teinture da cardamome, et 3 grains de calomelj le tout pour 4 pilules.

2. Nous donnons cette liste assez complète des médicaments dont on fait ordinairement usage en ces pays, afin de permettre aux Européens qui se disposeraient à partir dans ces contrées avec un bagage impoitant de se prémunir à l'avance de ce qui peut être nécessaire ou utile. Autant que possible, l'ordonnance de ces remèdes dtjvra être confiée à un médecin ; l'important est que celui-ci puisse avoir sous la main ce qu'il lui faut.

3. Pour ces injections, une seringue spéciale est nécessaire et il est bon d'en avoir une, On fait un pli à la peau et, entre les deux doigts qui la serrent, on enfonce horizontalement une aiguille per-

En cas de blessure, de coupure, d'accident, il est toujours bon de posséder un remède dont on se sert beaucoup aujourd'hui, et qui porte le nom de cartouche -pansement; c'est un simple mélange de collodion et de perchlorure de fer. Quand il est appliqué, le collodion fait pellicule et presque instantanément Tiiémorrhagie s'arrête; on peut y ajouter un peu de baudruche.

Outre les médicaments énumérés plus haut, il est également utile d'en avoir quelques autres, ainsi que différents objets accessoires à peu près indispensables. Ces remèdes ou ces objets peuvent être, par exemple, les suivants : rhubarbe, acide phénique, alcool, ammoniaque liquide, aloès, calomel, glycérine, pain azyme, amadou, ipécacuanha, charpie, ouate, bandes de toile, compresses, cuiller à mesurer, compte-gouttes, flanelle, petit verre gradue, trousse garnie (bistouri, lancette, ciseaux, pince, aiguilles, fil) et crayon de nitrate d'argent.

Hygiène. — Dans ces contrées, une hygiène rigoureuse

forée ; s'il vient du sang, il faut recommencer l'opération en un autre endroit. On doit veiller à ce que la pointe de l'aiguille traverse entièrement la peau et puisse se mouvoir avec une certaine liberté. L'endroit du corps où l'on opère importe peu. mais il est préférable de choisir l'avant-bras ou le mollet. Les doses du médicacament sont moins fortes que pour l'absorption: on met de 15 à 20 cenligr. de sulfate de quinine neutre dans de l'eau chaude et l'on donne (ou prend) trois ou quatre injections par jour. (Employer de préférence la formule de Bourdon et Dodeuil si l'on en a la possibilité : eau distillée, 40 gr.; sulfate de quinine bibasique, i gr.; acide tartrique 0 gr. 50). Si l'on fait usage du bromhydrUe, dont lest ffets sont plus puissants et plus rapides et la solubilité plus grande, il suffira de faire dissoudre 1 gr. de cette substance (neutre ou basique) dans 5 parties d'eau bouillante ou 60 d'eau froide. (On peut employer ici, soit la formule de Gubler : 1 partie bromhydrate, 10 parties eau alcoolée, ou l'une des deux formules du docteur Dardenne : (a) bromhydrate 1 gr., acide sulfurique dilué, 6 goutte.^, eau distillée, 10 gr.; ou (6) bromhydrate, 1 gr., acide tartrique, 0 gr. 50^ eau distil ée, 10 gr.) Quand l'injection est terminée, il faut conserver le doigt sur la piqûre pendant une ou deux minutes j on Applique ensuite une compresse d'eau froide. . .

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est absolument nécessaire et quiconque n'en observe pas les règles ne tarde pas à s'en repentir. Il convient donc de signaler rapidement les points sur lesquels doit se porter plus particulièrement l'attention de l'Européen qui veut parcourir le pays ou y résider.

Habitation et couchage. — Autant que possible, la de^ meure, quelle qu'elle soit, doit être placée sur une hauteur pourvue de deux côtés bien fermés et de deux faces possédant des ouvertures qui permettent l'aération. Si le vent dominant est sain, une des faces peut y être exposée; s'il est insalubre, les deux doivent en être préservées; en outre, les rayons du soleil ne doivent pénétrer qu'obliquement dans l'habitation . L'emploi de la pierre pour élever le rez-dechaussée donne non seulement une plus grande solidité, mais aussi empêche une trop grande absorption d'humiditépar les murs. Le toit (construit, s'il est possible, en briques et mortier) doit s'avancer tout autour de l'unique étage de l'habitation ou seulement devant chaque face, de manière à former véranda et garantir de la pluie et du soleil. S'il y a une cour intérieure, les mêmes dispositions doivent être observées.

On ne saurait trop recommander de bâtir des murs épais, garantissant à la fois de l'humidité et de la cha'eur, et de les recouvrir d'une couche de peinture de couleur claire; le blanc, qui fatigue la vue, peut ici être remplacé par le gris clair, le vert d'eau, le jaune très clair ou le bleu de ciel. Les fenêtres seront larges, pourvues de persiennes et l'habitation possédera, autant que possible, des fosses mobiles. Enfin, dans la distribution des pièces, le rez-dechaussée sera de préférence réservé aux magasins et au personnel indigène.

Dans un grand nombre de pays chauds, on a coutume, le soir, d'allumer devant les portes de grands brasiers, sous prétexte de chasser des pièces de la maison les moustiques qui sont attirés ainsi par le feu. Généralement c'est le contraire qui se produit et cette mesure n'a pour effet que d'attirer ceux du dehors, de sorte qu'en rentrant

dans la pièce où Ton habite, on trouve une quantité beaucoup plus considérable de ces insectes. Le mieux, pour atteindre le but qu'on se propose, est de brûler une substance produisant peu de lumière et beaucoup de fumée; le papier nitré est ce qu'il y a de meilleur; à son défaut, on peut employer des pastilles du sérail ou du tabac.

Pour le couchage, le lit en fer est préférable et, si le lit est en bois, ses quatre pieds doivent reposer dans des godets ou des tasses remplies d'eau acidulée (au moyen de vinaigre ou d'acide sulfurique) afin de se préserver des incursions de certains insectes.

Vêtements. — La question des vêtements est également d'une grande importance. La meilleure étoffe est celle qui s'échauffe le moins vite et se refroidit le plus lentement; mais la laine qui remplit ces conditions est beaucoup trop chaude; aujourd'hui, on fait généralement usage de la soie, étoffe légère, moins froide que la toile ou le coton. On se sert également de petite flanelle ; en tout cas, il est indispensable que les vêtements soient amples et de couleur claire.

Les chaussures les plus commodes sont de forts brodequins en cuir fauve, lacés au moyen d'œillets et garnis d'épaisses semelles; on les complète au moyen dejaaibières en cuir de même nature. On est ainsi préservé des morsures des reptiles, quelques espèces de serpents pouvant seules traverser avec leurs crochets les jambières ou les chaussures, mais alors la protection de celles-ci n'en est pas moins réelle, les crochets atteignant rarement la peau et le venin ne pouvant même, si par exception ce cas se présentait, pénétrer au delà de l'épiderme

1. Une formule, dite de Tourrainne, permet d'imperméabiliser le cuir fauve, tout en i'assoupHssant. On lave la chaussure, on l'essuie, on l'enduit du mélange (sur une épaisseur de 1 millim.), on l'expose au soleil, puis l'on frotte avec un tampon de flanelle, de manière à absorber l'excédent de graisse. La formule est celle-ci : suif de mouton, 120 gr. ; axonge, 60 gr. ; térébenthine, 30 gr.; huile d'olive, 30 gr. ; cire jaune, 30 gr.; le tout fondu ensemble.

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Enfin, comme coiffure, on se sert du casque colonial, auquel il peut être utile d'ajouter un parasol pendant la saison sèche.

Alimentation.— Dans ces contrées, où les affections des voies digeslives prennent rapidement un caractère assez grave, l'alimentation demande une attention sérieuse. On

Le cap Lopez.

ne peut indiquer ici ce qu'elle doit être, car elle varie forcément selon la région. On est toutefois assuré de trouver partout les aliments très nutritifs, dont les indigènes font usage, le manioc et les bananes bouillies. Dans quelques localités, on pourra se procurer aussi du maïs, du riz, des patates, du lait de chèvre, des œufs et des poules. En voyage, on peut y a.joUter les produits de la chasse. Si Ton vit dans un poste, il est facile d'y élever quelques animaux domestiques; enfin, sur la côte, outre le poisson, qu'on trouve en abondance, on a tous les produits alimen-

taires apportés par les navires (bœufs sur pied, boîtes de conserve de viande, de légumes, etc).

On ne saurait trop se garder de boire abondamment, car la transpiration s'effectue alors dans des proportions qui peuvent devenirdangereuses; si l'on veut se rafraîchir, on peut faire usage des bains froids ou encore des gargarismes d'eau fraîche, qui désaltèrent sans avoir les inconvénients de l'absorption du liquide; il faut surtout ne pas boire glacé, ni même très frais et l'on devra, après de grandes fatigues, prendre de préférence des boissons un peu chaudes, telles que lait, thé ou café. En voyage, l'eau dont on se sert doit être l'objet d'un examen sérieux. C'est souvent par elle que viennent ou se propagent les maladies. Si l'on se déplace chaque jour, il est facile d'avoir unfiltre à charbon (ou, mieux encore, un filtre à coussin d'amiante recouvert d'une poudre de charbon qu'on change à volonté). A défaut de filtre, il suffit de faire bouillir l'eau, puis de la battre pour l'aérer: dans ce pays, on trouve toujours du bois pour faire du feu^

Telles sont les principales indications hygiéniques à suivre lorsqu'on réside dans la région maritime ou dans la zone forestière du Congo français. 11 en est d'autres cependant (tant hygiéniques que pratiques) qu'il est bon de signaler à ceux que tenterait un voyage à l'intérieur ; ce sont celles qui ont trait à la tente et au couchage en route.

1. Dans les postes, on peut établir soi-même un grand filtre au moyen d'un baquet au centre duquel on place un tube en pierre poreuse (ou en verre, si l'on peut s'en procurer un), qui dépasse de quelques centimètres (au moins 30 ou 40) le niveau supéiieur du baquet. Le bout inférieur du tube doit être percé de plusieurs trous ou soutenu de façon à laisser de ce côté une issue à l'eau. Tout autour du tube et jusqu'au tiers de sa hauteur, on jette alors du charbon (en petite quantité) et quelques cailloux placés çà et là dans la couche charbonneuse. Par le tube, on verse l'eau qui descend au fond du baquet, puis qui remonte, clarifiée et épurée, au-dessus de la couche de charbon. On a ainsi constamment de l'eau filtrée.

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Au Congo, où Ton rencontre presque toujours un petit village, et par conséquent une case pour s'abriter, une tente n'est pas absolument nécessaire^. Toutefois, si Ton en veut emporter une, il faut la choisir en toile forte, d'un poids total peu élevé, solide, facile à démonter et bien aérée. Pendant la nuit, si l'on relève la portière, l'ouverture doit être p'àcée de façon à éviter l'action du vent régnant.

Les explorateurs qui ont parcouru les différentes parties de l'Afrique centrale ont employé diverses méthodes de couchage, toutes fort simples, qui pourront servir de modèle. Le lit de Livingstone, auquel le célèbre voyageur donnait ses soins chaque soir, se composaitdedeux perches de 8 à 10 centimètres de diamètre, placées parallèlement à une distance de 60 centimètres; sur ces perches, il plaçait une série de traverses d'environ 90 centimètres de long, étendait sur celles-ci une forte couche d'herbes, plus épaisse à l'une des extrémités, de façon à former oreiller et jetait là-dessus, d'abord une toile impermi'îable, puis une couverture. MVL de Brazza et Stanley couchaient tout simplement sur quatre ou cinq madriers placés parallèlement et recouverts d'une certaine quantité de feuilles de palmiers sur lesquelles était jetée une couverture ^

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces différents

. 1. On peut faire usage d'un hamac qui s'accroche aux branches des arbres ; une toile fixée au-dessus, au moyen d'une ou deux cordelettes, garantit le dormeur de la pluie.

2. Les bagages doivent être munis d'étiquettes de métal, indiquant, d'une façon sommaire, le contenu de chaque caisse (vivres, effets, linge, munitions, pharmacie, etc.); si ce sont des malles, la même clef doit les ouvrir toutes. Les objets craignant l'humidité exigent des caisses en bois de teck recouvert de zinc, avec des coins et des bords en cuivre, ainsi qu'un fond pourvu d'une double garniture. Les goulots des bouteilles sont garantis avec de la cire, les blattes dévorant les bouchons de liège et même les capsules de métal; on peut employer aussi les bouchons à l'émeri; enfin les caisses à provisions doivent être soudées avec grand soin, etc., etc.

points, et les Européens qui auraient Tintenlion de parcourir ces contrées pourront consulter avec fruit les relations de voyage des explorateurs qui les ont précédés.

Productions du sol. — Le sol du Congo français est d'une richesse incomparable; malheureusement, l'emploi de la plupart des végétaux, — arbres ou plantes, — n'est pas encore bien défini et, par suite, le plus grand nombre d'entre eux n'a pu être utilisé jusqu'ici par l'industrie européenne. Cen'est,ni en quelques mois, ni même en quelques années qu'on atteindra ce résultat, et la patience, qui est la première règle des entreprises coloniales, est ici de toute nécessité. Le pays est riche; il produit de plus en plus et, avec un peu de persévérance, nous en pourrons tirer, avant qu'il soit longtemps, un parti considérable dont profiteront notre com merce et surtout notre industrie.

Agriculture. — L'agriculture est encore fort peu développée, car l'indigène, de nature paresseuse, trouve, sans se donner de peine, dans la forêt, ce qui est nécessaire à sa nourriture.

Depuis plusieurs années cependant, des efforts sérieux ont été tentés et, autour de quelques-uns de nos postes, il a été créé des essais de cultures portant principalement sur les espèces suivantes : café, cacao, coton, riz et pommes de terre ; ces essais ont donné de bons résultats ; on a également cherché à développer les cultures indigènes de maïs, de manioc et de tabac. Les noirs s'habituent ainsi progressivement, sous la direction de nos agents, à se livrer aux travaux agricoles. On s'efforce aussi d'empêcher les indigènes de couper sans nécessité, comme ils le font en général dans toute la région, certains arbres tels que le palmier oléifère ou encore les végétaux qui produisent le caoutchouc.

Au fur et à mesure que le rayon d'action des postes s'étendra et que le réseau des voies de communication se développera, l'exploitation des produits naturels pourra devenir plus rationnelle et la superficie des cultures

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pourra augmenter d'une façon notable. Évidemment, cette dernière question est liée à celle de la main-d'œuvre indigène ; mais il est probable que, d'ici à un certain temps, il sera facile de résoudre celle-ci d'une manière satisfaisante*

VÉGÉTAUX DIVERS — Les produits végétaux qui font actuellement Tobjet d'un mouvement commercial avec l'Europe sont le caoutchouc, qui pousse à l'état sauvage, le bois d'ébène, le bois rouge, Thuile de palme et l'amande de palme. Le manioc ou ogomna {jnanihot edulis) pousse presque sans soins; les indigènes mettent le feu à la brousse, coupent le tronc dépouillé de ses branches, remuent la terre mélangée de cendres et plantent les éclats de distance en distance. Dès la deuxième année, la plante donne des tubercules qui sont mangeables après une préparation spéciale, car il existe, au Congo, deux espèces de manioc, le doux (dtilcis) et le vénéneux ou amer (edulis). Le poison de celui-ci s'enlève facilement : à la pulpe, mise dans un sac de feuilles de palmier, est pendue une cordelette qui est terminée par un poids et le long de laquelle s'écoule peu à peu un liquide qui n'est autre que le suc dangereux; le reste de la plante forme une fécule que les noirs mangent bouillie. Desséchée au feu, puis écrasée, cette fécule devient le tapioca dont nous faisons usage en Europe.

La banane (ou kondo) provient de diverses espèces de bananiers, peu différentes entre elles. Les indigènes la mangent verte, alors qu'elle est plus riche en matière azotée qu'en éléments sucrés. La plante se reproduit au moyen de drageons vivaces provenant de la souche et transplantés en bonne terre.

L Les végétaux dont l'usage est à peu près général chez les indigènes sont le manioc et la banane. On les retrouvera chacun en leur lieu et place au cours de la description qui va suivre. La banane verte bouillie, le poisson fumé ou sec et le manioc constituent le fond de la nourriture indigène.

Jusqu'ici, ces deux végétaux n'ont pas eu, au Congo, d'autre emploi que de servir à TalimRntation des indigènes; mais il est possible qu'avant peu ils soient utilisés par l'industrie pour la production de l'alcool.

Le riz, le maïs, le mil principalement, l'igname, le taro, la patate douce et le pain du jacquier sont employés également dans l'alimentation, mais en quantités bien moindres que le manioc et la banane ^. Le cocotier, le dattier sauvage (^e Phœnix sylveslris, qu'il ne faut pas confondre avec le Phœnix dactylifera, des oasis du Sahara) fournissent aussi un contingent minime à la nourriture indigène.

La culture du cocotier pourrait être particulièrement développée. La noix de cet arbre est l'objet d'un important trafic et les savonneries de Marseille, qui ont actuellement de la difficulté à s'en procurer en extrême Orient ou dans l'océan Indien par suite de la concurrence de l'industrie anglaise des Indes, accueilleront avec faveur les produits de la côte occidentale d'Afrique.

Il est un arbre, à peine connu jasqu'ici, de la culture duquel on pourra plus tard tirer d'Importants bénéfices ; c'est l'avocatier, ou ncombo, qui donne des fruits de couleur verte lorsqu'ils se forment, et de teinte violette lorsqu'ils sont mûrs 2. Ces fruits, quand on les pèle, ont la consistance d'un beurre un peu mou qui n'est employé jusqu'ici que dans l'alinientation. Dans certaines colonies,

1. Le jacquier ou arbre à pain {artocarpus incisa) est un arbre qui croît rapidement, mais ne vient que sur un sol riche; il donne des fruits au bout de cinq ans. En plein rapport, il peut porter jusqu'à GO ou 80 fruits pesant en moyenne l'^jSOO à 2 kilogrammes chacun. Quand ils sont encore verts, ces fruits se mangent entiers et cuits au four ou bouillis, ou encore coupés en tranches et frits comme les pommes de terre. Lorsqu'ils sont mûrs, ils sont très sucrés et rc[)andent une odeur très aromatique. Ils constituent un aliment agréable, mais peu nourrissant.

2. Il ne faut pas confondre l'avocatier, ou arbre à beurre du Congo {laurus persea ou persea gratissima) avec l'arbre à beurre ou karité, du bassin du Niger {bassia Parkii),

on s'en sert comme remède pour les maladies des femmes. Le péricarpe renferme une huile verdâtre dont on ne fait point usage. L'industrie européenne, qui pourrait l'employer de différentes manières, n'a point paru encore s'en préoccuper. Au centre du fruit est un noyau, chargé d'acide gallique, qui sert aux semis de reproduction ; dans ce cas, la greffe est à peu près nécessaire.

Un végétal, dont la cullure pourra prendre une grande extension dans ces contrées, est le cacaoyer [Theobroma cacao), qui atteint jusqu'à 7 et 8 mètres de hauteur. Dans les pays où on le cultive, on le trouve dans les champs ou en forêt. Si c'est en forêt, il faut couper les arbres qui sont trop rapprochés et laisser de préférence ceux dont le feuillage abondant peut abriter les jeunes pousses; puis, au début de l'hivernage, on met en place, dans un terrain riche et humide, des plants de six mois, venus de graines, de façon qu'ils soient entièrement sous l'ombrage des grands arbres et suffisamment éloignés de ceux-ci pour ne pas s'enchevêtrer dans leurs racines. Si c'est dans les champs, il faut labourer un endroit spécial, destiné à servir de pépinière; on forme ensuite de petites buttes de 22 à llx centimètres et, au sommet de chacune d'elles, on fait avec un bout de bois un trou au fond duquel on jette trois graines; on recouvre celui-ci de feuilles de bananier pour empêcher le sol de se dessécher, et l'on arrose, si la pluie manque. En même temps, entre chaque ligne, on plante (ou l'on transplante) des essences forestières d'une venue rapide qui donneront de l'ombrage à bref délai; l'arbre le plus employé à cet usage est le bananier. A la deuxième année, on écime le plant; à la fin de la troisième, les feuilles apparaissent, mais on les coupe jusqu'à ce que l'arbre ait cinq ans. Celui-ci commence alors à donner des fruits et dure pendant vingt ou vingt-cinq ans. D'une façon générale, on peut estimer la création d'une cacaoyère à 2,000 francs l'hectare (répartis sur cinq années). A cinq ans, l'arbre donne environ 50 pour 100

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de son produit total et, deux ans plus tard, il est en plein rapport.

Il existe au Congo un produit qui a de nombreux points de ressemblance avec le cacao, c'est le Dika {Irvingia gahonensis) que Ton vend à Libreville, sous forme de pains arrondis de couleur brun grisâtre. Ce produit, qui a

Village obamba.

l'odeur du cacao, est d'un goût un peu savonneux; il est très gras et peut fournir à l'industrie une quantité importante de stéarine. L'arbre d'où il provient est une sorte de manguier sauvage à fleurs blanches, que les nègres appellent oba.

Autres végétaux. — Le manguier cultivé {Mangifera gabonensis) est fort bien soigaé par les noirs et sa récolte (en septembre ou octobre) est pour eux une occasion de réjouissance. Les fruits qu'ils en tirent portent le nom de Afrique, ii. 9

mangues ou de mangots, selon que l'arbre a été greffé ou non. L'ananas pousse à peu près partout, et les soins qu'il demande sont insignifiants.

Parmi les autres végétaux, arbres, arbustes ou plantes, qui sont employés comme aliments ou condiments, il y a lieu de signaler encore l'oranger, le citronnier, le bigaradier, le limonier, le goyavier, le poivre, la canne à sucre, la vigne (ces deux derniers viennent à Tétat sauvage), la vanille, le musçadier, le gingembre, le piment, le raphia vinifera (d'où l'on tire un vin très apprécié des indigènes), l'ara-arouo {nymphœa abbrevîata) dont les rhizomes et les graines sont comestibles, le djoriga [Houmiri ou Aubrya gabonensis), avec les fruits duquel les noirs font une boisson fermentée appelée itoutou. Parmi ceux dont on fait usage dans l'industrie ou qu'on peut y employer, citons le ricin, Tow^ala {Pentaclethra macrophylla), dont l'embryon contient Zi9 pour 100 de matière huileuse, l'ézîgo {Pterocarpus ang ol ensis) ^'dontle bois rouge et l'écorce sont employés pour la teinture et le tannage; le m'pano [Baphia laurifo" /m), employé au même usage, l'acoumé [Bursera species), qui laisse exsuder une résine dont on fait des torches, le Bassia fioungou, dont la graine donne jusqu'à 56 pour 100 d'une matière grasse, analogue au beurre de Karité, et Fohila ou palmier oléifère {Elœis guinensis)^ qui donne l'huile et l'amande de palme si employées en Europe. Parmi les végétaux réservés à des usages pharmaceutiques, signalons le zégué {Xifnenia gaboneîisis) dont le fruit, l'amande et l'huile tirée de cette dernière (6 à 7 pour 100), sont très laxatifs ; le strophantiis hispidus, qui arrête les battements du cœur; le tchiogo ou tulipier du Gabon [Spalhodea campanidala]^ dont les fleurs contuses cicatrisent les ulcères; le m'boundou [Strychnos icaja), qui donne la strychnine; l'ogina ou guttier du Gabon [Arungana paniculata), dont l'écorce et les feuilles pilées sont employées dans les maladies dés voies urinaires; le Cannocarpus erecta, qu'on a proposé comme succédané du quinquina et dont on f^^it usage dan$

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le traitement du diabète; le Tephrosia Vogelii, des feuilles duquel les nègres se servent pour empoisonner les poissons (ceux qui sont tués ainsi ne sont pas toxiques), et Tadépou ou liane réglisse {Abrus precatorius)^ dont les feuilles mâchées facilitent l'émission des sons.

Enfin, parmi les arbres dont le bois peut être utilisé à des usages industriels, il convient de citer le griffonia, pour traverses de chemins de fer et constructions) ; Towala {Pentaclethra macrophylla ou griffomania), menuiserie et constructions; — l'ézigo ou santal rouge d'Afrique {Pterocarpus angolensis), tabletterie ; — le camwood {Baphia lauri folio), ébénisterie; le loncocharpiis sericeus, ressemblant au citronnier, ébénisterie; — le mœrua angolensiSj menuiserie ; — l'acoumé {Bursera species), pirogues et petites embarcations; — et Tébène (diospyrum ehenum), ébénisterie, marqueterie, tabletterie, etc.

Centres de culture. — L'un des centres de culture les plus importants du Congo français est : Libreville et ses environs, où l'administration a créé un jardin d'es^sais et où les missionnaires de Sainte-Marie ont des plantations fort bien tenues; ils y cultivent le cacao, qui donne de magnifiques résultats, le palmier oléifère et enfin le café et la vanille dont le rapport est encore insignifiant. Il est à craindre qu'avec le sous-sol de grès qui entoure Libreville et couvre la rive droite du Gabon, le café ne puisse réussir; mais, ailleurs, dans le bassin de rOgôoué, dans ceux du Congo et du Kiliou, les essais ont donné des résultats très satisfaisants ; il est du reste à remarquer que les terrains d'origine purement granitique, comme ceux d'Elima en Guinée, par exemple, étant en général profonds et riches en potasse, conviennent fort bien à cet arbuste.

A peu de distance au N.-E. de Libreville, la maison Woermann, de Hambourg, possède aussi des cultures diverses et une compagnie hollandaise a de belles plantations au Kayo, près de Massabi.

Les Gui^TunEs maraîchères, — Dans quelques stations,

comme Franceville et Lastoursville, il a été fait des essais d'acclimatation de plantes maraîchères; un certain nombre de celles-ci sont bien venues, d'autres n'ont donné aucun résultat.

On sait que les plantes maraîchères peuvent se subdiviser en trois catégories principales, celles qui viennent dans les terres calcaires, celles qui poussent dans les terres sablonneuses, celles qui demandent enfin des terres argileuses. Au Congo français, ce sont les deux dernières catégories qui réussissent le mieux, l'une sur les plateaux sablonneux des Batékés, l'autre dans les argiles du bassin de rOgôoué. Le calcaire manque à peu près totalement et peutêtre faudra-t-il, si l'on veut cultiver les trois caîégories ci-dessus indiquées, avoir à un moment donné recours à l'engrais chimique!

Les remarquables travaux de M. Georges Ville, du Muséum d'histoire naturelle, ont démontré à ce sujet que les plantes potagères demandaient une certaine quantité de chaux, un peu d'acide phosphorique et beaucoup de potasse. Dans la région congolaise,, les terres sont éminemment potassiques et les plantes telles que le seigle, le millet, la vigne, doivent y pousser admirablement; au contraire, ces terres ne possèdent que peu d'acide phosphorique et presque pas de chaux. Heureusement la quantité de ces substances chimiques nécessaire à la réussite des cultures est assez restreinte et il sera possible de remédier, dans une certaine mesure, à ce défaut; l'absence de potasse eût été bien plus fâcheuse, car non seulement ces plantes en exigent beaucoup, mais encore les sels potassiques ne se rencontrent point partout ou sont alors en quantité insuffisante.

La difficulté de se procurer les graines nécessaires à la reproduction des plants est également un obstacle au développement des cultures maraîchères. On a dit à ce propos qu'au Congo (comme au Gabon) les plantes potagères ne donnaient pas de semences j il serait plus exact de

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dire que les graines sont de qualité inférieure, parce qu'elles ne proviennent pas de plants exclusivement destinés à la reproduction et cultivés avec une attention toute spéciale. Cette condition serait-elle même exactement remplie, qu'elle ne serait d'ailleurs pas suffisante, car les graines doivent toujours être très sèches pour pouvoir se conser-

Coin de village batéké.

ver! Or au Congo français^ l'humidité ambiante est telle qu'il est difficile de parvenir à ce résuUat. Peut-être pourra-t-on tenter la dessiccation au four ! mais cette opération est très chanceuse. Il sera sans doute préférable de faire venir de France tous les ans les graines nécessaires, à moins qu'un jour on ne découvre sur les hauts plateaux situés entre le Congo et TOgôoué, ou au nord-ouest de rOubanghi un endroit assez élevé au-dessus du niveau de la mer et assez éloigné de la côte pour y créer une grande

pépinière destinée à produire, pour les plantations maraîchères de la colonie, les semences indispensables.

La colonisation. — On a pu voir par ce qui a été dit du climat, que la colonisation agricole au moyen d'Européens travaillant eux-mêmes était absolument impossible en ces contrées. De même qu'au. Soudan français, au Sénégal et en Guinée, l'Européen ne peut être que chef de culture, chef d'équipe ou d'atelier, se contentant de diriger le travail deè indigènes.

Richesses minérales — Au Congo les productions du sol ne sont point toutes végétales ; il en est aussi de minérales, qu'on ne connaît encore que d'une manière très imparfaite. On a reconnu déjà de nombreux gisements de cuivre dans le bassin du Kiliou, mais ces gisements, d'où Ton tirait autrefois une certaine quantité de minerai expédié surLoango ou Pointe-Noire, ne sont plus exploités actuellement que par les indigènes qui fournissent depuis un temps immémorial tout le cuivre employé dans l'intérieur. Il existe aussi des mines de sel gemme, versEloka, dans le bassin de la Likuala. En outre, les indigènes de certains aiïluents du Congo, ceux de TAlima entre autres, font bouillir l'eau de divers marécages et en retirent un sel qui leur procure de sérieux bénéfices ; d'autres extraient de la combustion d'une petite plante de la famille des crucifères, un sel de soude qu'ils emploient dans leur alimentation.

Les mines de cuivre et de plomb de M'Bonko Songo, près des sources de la Ludima, affluent du Kiliou, sont jusqu'ici les plus importantes que l'on connaisse.

Commerce. — Au Congo français, le commerce prend peu à peu une extension considérable.

Les marchandises se concentrent principalement à Libreville et Loango ; toutefois les lieux d'échange sont dispersés sur le littoral ou le long du fleuve. En général, les négociants remontent les cours d'eau sur de petits vapeurs, mais ceuxci ne vont jamais bien loin et s'arrêtent à peu de distance de la côte, à cause des rapides.

GABON ET CONGO FRANÇAIS

Avant d'expliquer de quelle manière se fait le commerce en ces contrées, il convient de donner la liste des maisons établies au Congo français à la fin de Tannée 1888; on y verra que, par suite du manque de communications directes avec la France, les factoreries érangères étaient les plus nombreuses ; on comprendra alors de quelle nécessité devait être pour notre pays la création de la nouvelle ligne postale de la côte occidentale d'Afrique.

Maisons françaises : Daumas (Comptoirs à Libreville, Lambaréné, rivière Moundah, Ningué-Ningué, Loango, Brazzaville et N'Djolé).

Sajoux (Comptoirs à Libreville, Lambaréné, rivière Moundah, Ningué-Ningué et N'Djolé).

Pecqueur (Libreville, Ningué-Ningué).

Adhiba, Pène, Sors, Brandon, Lagleyze, Gravier frères (toutes à Libreville)

Maison franco-américaine : Gillard et Parkes (Chissanga, Ghicano, Loango, Longobodi, riv. Kiliou).

Maisons anglaises : Holt (Libreville, Bata, Fernan-Vaz, Mandji Setté-Kama, Ningué-Ningué, Lambaréné).

. Halton et Cookson, de Liverpool (Fernan-Vaz, Glass, Lambaréné, Mayumba, Setté-Kama, Ningué-Ningué, lagune Bindo, Punta-Banda, N'Djolé).

Fothergill (au Fernan-Vaz); Lynslager (Nyanga, Setté-Kama).

Maisons portugaises : de, Bettencourt (Libreville); Da Silveira (Konkuati, Loango, Longobodi, M'tonka, riv. Kiliou); Saboga (Kakamoéka, Loango, riv. Kiliou) ; Santo, Macèdo et C*' (Pointe-Noire, Quillé); Da Cruz-Silva (Pointe-Noire); compagnie portugaise du Zaïre (riv. Kiliou ; Pointe-Noire) ; Mageriçâou (Kakamoéka), d'Assis (Loângo) ; José Guerrero Numez (Libreville, cap Lopez); Ramos et Costa (Pointe-Noire); Laurentino dos Santos (Pointe-Noire).

Maisons allemandes : Woermann, de Hambourg (Batah, Fernan- Vaz, Ningué-Ningué, Lambaréné, N'Djolé).

Stein (Batah, Glass).

Jantzen et Tormœhleo (Libreville).

Gœdelt et Giitschow (Ningué-Ningué, Mayumba).

Maison espagnole : de Galarza (Dindéh).

Maison américaine : Marsins (Chibotte, Loango, M'tonka, riv. Kiliou).

Maison hollandaise : Compagnie hollandaise ou Nieuwe Afrikaanschhandels Vennopchaps, de Rotterdam (Cossomabeda, Kayo, lagune Bindo, Longobodi, Massabi, M'pili, M'tonka, Tuba, riv. Kiliou).

Maisons indigènes : Louanga (Brazzaville). Leitao (Loango et Pointe-Noire).

Sur le Congo même, il n'existe qu'une seule maison française, celle de M. Daumas, dont un vapeur parcourt sans cesse le cours moyen du fleuve depuis les chutes de Stanley au delà de TGubanghi. Le port d'attache de ce bateau est Brazzaville; il y débarque -les produits des contrées qu'il a parcourues et ceux-ci gagnent ensuite la côte par la route de Ludimaet du Kiliou.

Dans l'intérieur le commerce est entièrement entre les mains des indigènes; les échanges s'y font encore de village à village et les denrées du pays parviennent ainsi jusqu'aux comptoirs européens.

Produits d'exportation. — Les produits que la colonie exporte en Europe sont principalement : l'huile de palme, le caoutchouc, les bois de teinture, surtout le bois rouge ou santal, l'ébène dont on fait un grand commerce, l'ivoire dont la qualité est bien supérieure à celle de la côte orientale, enfin la cire.

La valeur de ces divers produits variant naturellement sur les marchés indigènes selon les circonstances, il est impossible d'indiquer des prix exacts. Tout ce que l'on peut faire est de suivre l'usage pratiqué depuis longtemps en Europe et de donner une mercuriale remontant au milieu de l'année 1888 :

Ivoire vert i. — Pour les dents de 8 kilogrammes et au-dessus, l'échelle des prix varie selon la dent, mais on peut estimer que le prix moyen est d'environ 27 à 30 francs le kilogramme (prix moyen en France de cet ivoire non travaillé : 62 à 65 francs le kilogramme).

1. L'ivoire vert est celui qui est pris sur l'animal vivant, ou venant d'être tué. L'ivoire mort est pris sur l'animal mort depuis un certain temps déjà. On reconnaît ce dernier à ce qu'il est fendillé dans le sens de la longueur et à ce que sa blancheur est moins éclatante que celle de l'ivoire vert; celui-ci est d'ailleurs recouvert souvent d'une teinte brune qui disparaît en le polissant. L'ivoire d'Asie est bien inférieur à celui d'Afrique et se trouve souvent fendillé, sur l'animal môme.

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