GABON
ET CONGO FRANÇAIS
France et le Congo français. On était obligé de prendre l'une des lignes suivantes qui mènent de Libreville à Loango ou à Pointe-Noire :
{° Paquebot anglais (Hatton et Cookson), partant de Liverpool le mercredi de trois en trois semaines et touchant à Ténérifife, Grande-
Village pahouin de Duila.
Canary, Kroo-Goast, Bonny, Fernando-Po,Vieux-Calabar, Kameroun, San-Thomé, Libreville^ Loango, Poinie-N oire^ Landana, Bas-Congo, (Banana), Ambrizette, Kinsembo, Ambriz et Loanda.
2" Paquebot allemand (Woerman), parcant de Hambourg le dernier jour de chaque mois et touchant à Madère, Gorée, Rufisque, Monrovia, Grand-Bassa, Sinoé, cap Palmas, Accra, Adda, Kittâ, Afrique, ii. 10
Petit-Popo, Grand-Popo, Whydah, Kameroun, Elobey, Libreville, Landana, Kabinda, Banana, Ambrizette, Kinsembo, Ambriz et Loanda.
3» On se servait le plus ordinairement de la ligne anglo-portugaise dont les bâtiments partent de Lisbonne Je 6 de chaque mois aboutissant ou touchant à San-Thomé. Là un navire de la station locole, faisant le service de correspondance, venait chercher les voyageurs, les dépêches et les marchandises de l'État.
Ligne française de la cote occidentale d'Afrique. — La loi du 15 mars 1889 a créé un service maritime postal, depuis longtemps réclamé par les chambres de commerce et les négociants métropolitains ou locaux.
0-3 service maritime est double ; les paquebots partent alternativement tous les deux mois du Havre ou de Marseille.
Les itinéraires fixés par le cahier des charges sont les suivants :
1^ Ligne du Havrk. (Départs en janvier, mars, mai, juillet, septembre, novembre). — Aller : le Havre (départ le 5 des mois précédemment indiqués), Cherbourg, Bordeaux (passage du paquebot le 10), Ténériffe, Dakar, Konakry, cap Palmas, Grand-Bassam, Kotonou, Libreville et Loango. — Retour : Libreville, Kotonou, Grand-Bassam, cap Palmas, Konakry, Dakar, Ténérifife, Dunkerque et le Havre.
2° Ligne de Marseille (Départs en février, avril, juin, août, octobre, décembre, le 10 de chacun de ces mois). — Aller: Marseille, Oran, Dakar, Konakry, Sierra-Leone, cap Palmas, Grand-Bassam, Kotonou, Benito, Libreville, Loango. — Retour: Libreville, Bénito, Kotonou, Grand- Bassam, cap Palmas, Konakry, Dakar, Marseille.
D'après le cahier des charges, les paquebots doivent avoir une vitesse minimum de 9 nœuds à l'heure ; ceux du Havre accomplissent aussi le trajet jusqu'à Loango en 36 jours (dont 10 jours pour les escales) et celui de Loango au Havre en ^0 jours (dont 15 pour les escales), en tout 75 jours ; ceux de Marseille mettent 2 jours de
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moins à l'aller et 2 jours de moins au retour^ en tout 71 jours.
Les paquebots de la ligne anglaise, dont il a été question tout à l'heure, mettent de Liverpool au Gabon 29 jours (escales comprises) et 35 jours pour le retour, en tout 6li jours.
Les paquebots de la ligne Woerman, de Hambourg, mettent 1x0 jours à l'aller, l\l jours au retour, en tout 87 jours.
Depuis le mois de février 1890, la ligne du Havre (Chargeurs réunis) a, outre les paquebots qui font le service entre la colonie et la métropole et qui sont des navires de 2500 tonneaux, deux petits bâtiments chargés de visiter les différentes factoreries de la côte, de remonter surtout dans certaines rivières (à N'Djolé, dans l'Ogôoué), ou de desservir plusieurs points de la côte entre Libreville et Massabi, servant ainsi d'intermédiaires entre les comptoirs de la région et le paquebot mensuel. Ces petits bâtiments sont : le Sergent Malamine, qui jauge 60 tonneaux et qui a une machine de 120 chevaux; l'autre, V Èclaireur , ne jauge que 25 tonneaux et a une machine de 80 chevaux ; chacun d'eux a 30 mètres de longueur, sur 5°^,30 de largeur. '
En partant du Havre, le fret d'aller est le suivant (par tonne de 700 kilos ou mètre cube), quelle que soit l'escale du Congo français où doivent être déposées les m.archandises (Libreville ou Loango).
— Poudre et pétrole en caisses 55 fr.
— Mercerie, colliers ea verre, cotons, droguerie, parfu-
merie, étoffes et marchandises non dénommées, quincaillerie, coutellerie 45 »
— Eaux minérales, bières, biscuits, cauris, cordages,
feutre, farme, meubles, fusils, verrerie, vins, liqueurs, machinerie, peinture, armes, provisions fraîches et conservées, pipes en terre, spiritueux,
tabac, goudron , 40
Riz, charbon, fûts et caisses vides, craie, poterie.
faïences, marmites, sel, savons, bois, briques,
ciment, fer, briquettes 35 fr.
— Genièvre; rhum, alcool , 32 »
— Espèces, valeurs, bijoux, pierres précieuses, horloge-
rie, orfèvrerie { 1 0/0 de
' ( leur \aleur.
Le fret de retour est le suivant (par tonne de 1000 kilos ou mètre cube).
— Orseille ^ 90 fr.
— Cuirs et peaux 68 »
— Caoutchouc, gomme élastique, cire, café en parche.. 66 »
— Marchandises non dénommées 60 »
— Arachides, gomme copal, fibres, cacao, café en grains,
poivre, gingembre, huile de palme 55 »
— Graines de coton 48 »
— Santal et acajou 42 »
— Amandes de palme 37 50
— Minerais et métaux communs 30 »
— Bois rouge ou ébène. 27.50
— Ivoire (par kilo brut) » 25
Le prix des passages est :
f P« cl I.lOO fr.
( Libreville.) 2« cl 780 »
, ) ( 3« cl 380 »
^'^^^^^^^j 1-cl 1.200 »
I LoANGô ... 2^ cl 800 »
^ ' 3« cl 400 »
Au départ de Marseille, les prix de fret sont fixés comme suit pour Loango ou Libreville :
— Poudre et pétrole en caisses 48 fr.
— Mercerie, colliers de verre, cotons, droguerie, parfu-
merie, étoffes et marchandises non dénommées, quincaillerie, coutellerie 42 »
— Eaux minérales, bières biscuits, cauris, cordages,
feutre, farine, meubles, fusils, verrerie, vins, li- ^
queurs, machinerie, peinture, armes provisions
fraîches et conservées, pipes en terre, spiritueux,
tabac, goudron 39 »
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- Riz, charbons, fûts et caisses vides, craie, poterie,
faïences, marmites, sels, savons, bois, briques,
ciment, fer, briquettes. 34 fr.
- Genièvre, rhum, alcool 30 »
- Espèces, valeurs, bijoux, pierres précieuses, horloge-
rie, orfèvrerie \ 1 0/0 de
( leur Taleur.
Le prix du fret de retour est le suivant :
- Orseille 91 fr.
- Cuirs et peaux 70 »
- Caoutchouc, gomme élastique, cire, café en parche . , . 67 »
- Marchandises non dénommées 61 »
- Arachides, gomme copal, fibres, cacao, café en grains,
poivre, gingembre, huile de palme 40 »
- Graines de coton 48 »
- Santal et acajou 42 »
- Amandes de palme 34 »
- Minerais et métaux communs 30 »
- Bois rouge ou cbène 27 50
- Ivoire (par kilo brut) n 25
Enfin le prix des passages est de :
r V'd 1,050 fr.
Libreville.] 2*^ cl 750 »
, , ( 3*^ cl 360 »
Pour ou de < ) ^ir^ , a A(\n
LoANGO....] 2« cl 780 »
' 3« cl 380 »
Les militaires et fonctionnaires bénéficient d'une réduction de 30 0/0.
Communication postales et télégraphiques. — Leslettres et envois postaux à destination du Congo français sont soumis aux tarifs en usage pour les colonies : 25 centimes pour les lettres, 5 centimes par 50 gr. pour les imprimés, 25 cent, jusqu'à 250 gr. pour les papiers d'affaires (au delà, 5 cent, par 50 gr. ou fraction) ; 10 cent, par 100 gr. pour échantillons (au delà, 5 cent, par 50 gr. ou fraction)
Pour pouvoir partir par le paquebot mensuel, ces en-
vois devront être mis à la poste à Paris le 9 de chaque mois avant 5 heures du soir.
Le tarif des dépêches est de 8 fr. 70 par mot, à destination de Libreville.
Conclusion. — Grâce à la création du service maritime postal de la côte d'Afrique et à celle du service annexe, dont il a été question plus haut, toute la région littorale de notre colonie qui compte plus de 1000 kilomètres d'étendue, vient (J'entrer récemment en pleine période de mise en valeur; c'est désormais à notre commerce et à notre industrie de savoir en tirer profit.
En outre, grâce aux travaux projetés, tels que l'aménagement du port de Libreville, l'établissement de jetées, la création d'un dépôt de charbon, nous pourrons tirer le meilleur parti de la magnifique rade de l'estuaire du Gabon.
Quant à la région de l'intérieur, il faut bien se pénétrer que tout le mouvement commercial du bassin du Congo, qui comprend un réseau de plus de 12,000 kilomètres de voies navigables actuellement parcourus par 27 vapeurs, dont 3 canonnières françaises, se concentre et se concentrera toujours au Stanley-Pool. Il reste alors à savoir quelle route suivront de préférence tous les produits de cette région pour gagner le littoral. Il y a trois voies différentes : la première partirait d'un point situé en amont de Borna, sur le territoire de l'État libre et gagnerait Brazzaville, en pénétrant ainsi sur le territoire français ; la deuxième est tout entière sur le territoire de l'État libre; c'est celle dont il a été dit quelques mots; elle partirait de Matadi et aboutirait à Kinchassa ; la troisième enfin, entièrement sur le territoire français, utiliserait le cours duNiari-Kiliou, puis, par un moyen de communication à étudier (route terrestre ou autre), gagnerait Brazzaville, qui n'est qu'à 132 kilomètres du point où pourrait s'arrêter la navigation. Un décret, en date du 25 janvier 1890, a tranché la question en fayeur de cette dernière voie et en a confié l'étude et la concession à
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l'industrie privée, qui se trouve ainsi intéressée directement à la mise en valeur et au développement du Congo français.
Il convient enfin d'ajouter qu'une voie de communication reliant l'intérieur au littoral permettra aux Européens de pénétrer jusqu'à la zone des hauts plateaux sains et ventilés où ils pourront facilement s'établir et résider.
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Renseignements statistiques.