‹ Les colonies françaisesChapitre 14 sur 99 · C. Bruno · texte numérisé non relu

C. Bruno

M'RoNi. — Capitale et ville principale de la Grande-Comore, située sur la côte ouest de l'île, au fond dune petite baie et au pied de rochers dorigine volcanique. 2 144 habitants. M'Roni était autrefois la résidence du sultan-lhibé de la Grande-Comore; aujourd'hui, un administrateur des colonies y représente le gouvernement français. Les murailles en ruine,

flanquées de tours et percées de portes basses et étroites, entourent la ville. Les rues sont tortueuses, très peu larges; les maisons sont presque toutes construites en mortier de chaux et blocs de lave. Quelques habitations ont le style arabe. Les paquebots des Messageries maritimes venant de la Réunion et de Madagascar touchent à M'Roni tous les 25 du mois; ils apportent en 20 jours à Marseille le courrier de la Grande-Comore. Le port assez bien abrité pendant les six à huit mois que dure la mousson sud, est très peu sûr quand souffle la mousson du nord.

FoMBONi, ville située sur la côte est de la Grande-Comore. 1 136 habitants. Quoique sur le bord de la mer, elle n'a pas de port, la plage étant constamment battue par la houle du large. Ville très ancienne, qui a dû être un centre arabe important, comme semblent l'indiquer plusieurs cimetières des environs. Ancienne résidence de sultans indépendants, Fomboni est entourée de hautes murailles dont une partie a été éventrée par nos obus, il y a quelques années, lors de la révolte d'Achimou contre Saïd Ali. Le seul monument de la ville est une mosquée entourée des tombeaux des anciens sultans.

Icoui, ville située sur la côte ouest de la Grande-Comore au sud de la capitale M'Roni. Icoui était la résidence préférée des anciens sultans et le lieu de leur sépulture, l 685 habitants.

MiTSAMiHOULi, ville maritime située au nord de la Grande-Comore, au fond d'une l'ade. 1 604 habitants. Elle est mieux bâtie que les autres villes de l'île, les rues sont moins étroites, moins tortueuses. Elle est entourée de hautes murailles, flanquées de tours carrées. Quelques maisons arabes à un étage, avec terrasse. Deux grandes mosquées et l'ancien palais des sultans complètement en ruine.

R. SiiHNER.

j^njouan {NTSouani, Johanna), la « Perle » du groupe des Comores, à 50 kilomètres È. de Mohéli et à 90 S.-E. de la Grande-Comore. Population, 12 000 ou 15 000 hab. Cette île, figurant dans ses contours un triangle dont une pointe serait exagérée ou plus effilée (celle de l'ouest), a une superficie de 390 kilomètres carrés, une longueur de 49 kilomètres et une largeur de 33. Des bancs de coraux, soudés au rivage, s'étendent à 1 ou 2 kilomètres en mer sur la côte occidentale et sur quelques points de la côte orientale ; partout ailleurs, la côte tombe à pic et n'offre que des rades foraines. La structure du sol, très pittoresque, est analogue à celle de l'Auvergne. Deux chaînes de sommets très boisés, partant de l'angle sud, divergent l'une vers le nord, l'autre vers l'ouest et le nordouest. Ce massif de mornes, extrêmement accidenté, est dominé par le pic du centre, le pic d'Anjouan (altitude, 1 600 m.). Des cirques étages à des altitudes de 300 à 1 000 mètres, des vallées étroites et profondes se creusent entre les rameaux de ce massif et recueillent ies ruisseaux abondants. Une riche végétation atteste la fertilité du sol d'Anjouan. Le climat de cette île est en général plus sain que celui de Mayotte; toutefois l'éléphantiasis, les ophtalmies y sévissent sur les indigènes.

Page 1