ANNAM
L'Annam proprement dit est constitué par une bande de terre de 1100 à 1200 kilomètres de longueur et de 150 kilomètres environ de largeur moyenne seulement. Sa superficie est d'environ 260 000 kilomètres carrés.
Le pays s'étend le long de la côte orientale de la grande presqu'île indo-chinoise entre la Cochinchine au sud, le Cambodge et le Siam à l'ouest, le Tonkin au nord et la mer de Chine à l'est.
Relief du sol. — Une longue chaîne de montagnes parcourt TAnnam du nord au sud. Cette chaîne se rattache aux plateaux du Yun-Nan par les montagnes du Tonkin ; elle couvre à peu près tout le pays et vient prendre fin dans le nord-est de la Cochinchine française. La hauteur moyenne de la chaîne est de 600 à 700 mètres. Les montagnes sont séparées par de petites vallées, et, tout à fait près de la côte, elles finissent en plaines basses. Partout, d'ailleurs, la mer est dominée par des hauteurs, généralement boisées, qui rendent le pays très pittoresque.
Le sol de l'Annam est très tourmenté et les routes terrestres y font complètement défaut. A part quelques voies, très imparfaites d'ailleurs et à peine carrossables, telles que les divers tronçons de la route mandarine qui part de Cochinchine, traverse l'Annam, le Tonkin et s'engage en Chine par la porte de Nam-Kouan, présentant une longueur de 1 500 kilomètres sur le territoire de l'Annam et du Tonkin, le reste des voies de communication se réduit à des sentiers de montagne, qui coupent en quelques endroits la chaîne annamitique.
Climat. — Les hautes régions et les parties basses et marécageuses sont malsaines pour l'Européen. La zone intermédiaire, la plus riche et
LE PAYS
la plus peuplée, est très habitable. Pendant la saison chaude, de juin à août, la température s'élève à 30°, mais les nuits sont relativement fraîches. La saison des pluies va de septembre à décembre et correspond à la mousson du nord-est.
Hydrograpliie. — La ligne principale de partage des eaux étant très rapprochée de la côte, les rivières qui s'échappent des montagnes
Entrée des grottes de marbre à Tourane.
sont peu importantes, et leur cours est très réduit. Elles sont en général peu profondes, à peine flottables pendant six mois de l'année, et subissent de fortes crues pendant les grandes pluies.
On ne compte pas moins de onze cours d'eau, du nord au sud : 1° Le Song-Ma, qui descend du haut Laos, en suivant dans sa partie supérieure un cours parallèle à celui de la rivière Noire au Tonkin; 2" le Song-Ka. Cette rivière et le Song-Ma sont de beaucoup les plus étendus des cours d'eau de l'Annam; 3° le Song-Giang; 4° la rivière de Dong- Hoi; 0° celle de Hué; 6° la rivière de Tourane, navigable sur 80 kilomètres; 70, 8° et 90 les rivières de Quang-Ngai, Qui-Nhone, Ninh-Hoa; 10» le Song-Da-Rang et enfin la rivière de Nha-Trang, navigable sur
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une vingtaine de kilomètres seulement. Tous ces cours d'eau sont obstrués à l'entrée par une barre.
Côtes. — Du delta du Song-Ka (au nord) au cap Saint-Jacques (au sud), le littoral de l'Annam affecte le profil d'un « ventre de polichinelle », La section comprise entre Vinh et Tourane est bordée de dunes et de lagunes, notamment dans les parages de Hué. Plus au sud, toujours fouettée par une mer furieuse, la côte projette de longs éperons, se découpe en presqu'îles, s'échancre en baies très dentelées. La plus vaste et la plus sûre est la baie de Tourane, à laquelle l'ont suite les baies de Quang-Nam (à l'embouchure du Song-Kaï), de Ki-Quik (au cap Ban-Tarn), de Qui-Nhone 011 aboutit un réseau de rivières côtières. Au cap Varella, la côte tourne au sud-ouest jusqu'au cap Saint-Jacques ; parfois bordée d'îlots, elle se hérisse de promontoires et se creuse de baies, dont la principale est celle de Hon-Cohé.
Deux phares, dont le feu est visible à 50 kilomètres, sont érigés l'un au cap Padaran, l'autre au cap Saint-Jacques.