I. — Organisation indigène
Administration centrale. — Le Cambodge présentait une organisation politique et sociale arriérée, fort inférieure à celle de l'Annam. La population, privée de franchises communales, était livrée à l'arbitraire et à la fiscalité d'une monarcliie absolue. Le protectorat français s'est efforcé de supprimer les abus et de régulariser l'administration du royaume.
Le roi est actuellement S. M. Norodom, nom qui signifie « élevé parmi les hommes » [narottama). Il possède de nombreux titres : stac ou brah-pâd, « les pieds sacrés », kambujâdhipati, « souverain seigneur du Cambodge ». Sa personne est sacrée. Il reçoit, assis, les princes et les mandarins, qui, en sa présence, s'accroupissent sur les genoux et les coudes. Son pouvoir est illimité. Il a droit de vie et de mort sur ses sujets. Il est propriétaire du sol du royaume.
Près du roi {râj, raja) se trouvent trois personnages princiers, auxquels il cédait jadis, en une sorte d'apanage, partie du royaume : le roi, qui a abdiqué, upayuvi'âj , dont le parasol royal est à six étages (il n'en existe pas actuellement); le premier prince du sang, S. M. Vobbarach,