NOTIONS GÉNÉRALES
Climat suivant les régions. — Sous l'équateur (Guinée, Côte d'Ivoire, Dahomey, Congo), il n'y a que deux saisons, la saison chaude, pluvieuse ou hivernage et la saison sèche, fraîche ou belle saison. Cette dernière est moins chaude que l'autre, mais la différence est peu marquée et n'excède pas 5» à 6o, en moyenne 3*. Ces deux saisons se succèdent sans transition.
Au Sénégal, au contraire, déjà assez éloigné de l'équateur, les différences entre la température des mois peut atteindre 18*, et l'écart entre le jour et la nuit s'élève dans certains cas jusqu'à 21» : 39* à S heures de l'après-midi, is» k 7 heures du matin. {G. Treille.)
En se rapprochant des tropiques (Antilles, lie de la Rénnion), les deux saisons intermédiaires commencent à se dessiner. On donne à une sorte de printemps le nom de renouveau, à un vestige d'automne celui de petit été de la Saint-Martin.
Entre le 30e et le 40' degré, ces deux saisons sont déjà plus marquées. L'Algérie, par exemple, jouit d'un printemps délicieux qui en fait pendant quelque temps un séjour enchanteur; un véritable automne un peu pluvieux, il est vrai, sépare l'époque des chaleurs de celle des grandes pluies. (Rochard.)
L'état d'humidité de l'air est la caractéristique des pays tropicaux, plus encore que l'élévation de la température. Pendant l'hivernage, l'air est saturé d'humidité, et même au Sénégal, malgré le voisinage des sables du désert, l'air contient pendant la saison sèche plus de vapeur d'eau que pendant nos étés les plus pluvieux. Cet état d'humidité de l'air est àù à l'immense évaporation des océans et des grands fleuves. Du 2* degré sud au 8* degré nord il existe une zone équatoriale où les pluies sont presque continues.
La température de la nuit dépend en grande partie de l'état d'humidité de l'air, l'absence de soleil produit un refroidissement considérable partout où l'air est sec. • Dans le Sahara, où le sol est de feu et le vent de flamme, le froid de U nuit est souvent très pénible à supporter et, après une journée chaude, il arrive que de la glace se forme pendant la nuit. > (Fonssagrives.)
L'humidité, a-ton dit avec justice, est aggravatrice de la chaleur. D'autre part, en augmentant la décomposition des matières putrides qui recouvrent la
Colonies II. SI
terre et dont les émanations sont maintenues peu au-dessus du sol, la chaleur . humide multiplie les maladies épidémiques et notamment le paludisme.
Les vents très chauds et secs qui viennent des déserts {siroco en Algérie, harmattan au Sénégal) sont nuisibles à la santé parleur température, par leur extrême siccité et leur saturation électrique. Ils sont particulièrement à redouter quand ils sont chargés dune poussière impalpable, comme le simoun, ou de débris végétaux, de microrganismes. Si une altitude de 300 ou 400 mètres suffit à supprimer les maladies ou tout au moins à les atténuer, c'est très probablement parce que les poussières organiques ne s'élèvent pas à cette hauteur.
L'état électrique de l'air a aussi une action reconnue sur l'organisme : les orages secs tendent à l'extrême le système nerveux, qui se calme au contraire dès que la pluie commence à tomber. Les orages sont très fréquents dans les colonies : à la Martinique, leur nombre est double de celui de la France.
Les pays tropicaux sont favorisés au point de vue de la lumière, les rayons du soleil étant d'autant moins obliques qu'on se rapproche de l'équateur; il n'est pas douteux cependant que cette extrême luminosité peut avoir une influence fâcheuse et provoquer certaines maladies, notamment des affections oculaires.
Climats comparés des îles, des côtes et des continents. — D'une façon générale, le climat des îles est supérieur à celui de l'intérieur des continents, qui lui-même remporte sur celui de leur littoral. La température des îles est un peu inférieure à celle des côtes continentales, l'abaissement nocturne est faible, mais cette constance est atténuée par la brise de mer, par la possibilité de vivre à une certaine hauteur, les montagnes, dans les îles, étant en général peu éloignées du rivage. Dans l'intérieur des continents, notamment dans les régions montagneuses, l'atmosphère contient une moindre quantité de vapeur d'eau, les écarts de température sont très grands, mais le repos, la détente des nuits favorisent plutôt l'acclimatation de l'Européen.
S'il est obligé d'habiter le littoral, il choisira un vallon montagneux et évitera le voisinage immédiat de la mer, notamment des points où le mélange des eaux salées et douces crée des centres de paludisme.
Action du climat tropical sur les fonctions du corps. — Respiration. — L'air dilaté par la chaleur contenant moins d'oxygène, l'individu est obligé de compenser cette insuffisance par une augmentation du nombre et de la profondeur des respirations.
D'autre part, l'air étant saturé d'humidité, l'exhalaison par les poumons de la vapeur d'eau, qui est un des résultats des combustions organiques, se trouve gênée, et le travail respiratoire est, de ce fait, encore accru.
Enfin Mathieu et Urbain ont démontré que le sang dissout d'autant moins d'oxygène qu'il est plus chaud.
Circulation. — Les pulsations sont plus fréquentes ; l'accroissement des mouvements du cœur résulte d'une diminution delà pression sanguine, diminution qui est liée à la dilatation des capillaires périphériques sous l'action de la chaleur continue. Conséquence, un engorgement des viscères, qui lui-même est l'origine des affections hépatiques et du mauvais fonctionnement des organes digestifs.
Digestion. — Les troubles dyspeptiques (perte d'appétit, ballonnement du ventre, constipation) sont pour M. "rreille la conséquence de l'augmentation de la sécrétion sudorale, qui est, au minimum, doublée (2 litres au lieu d'un). Cette sueur enlève au corps du chlorure de sodium nécessaire à la formation de l'acide chlorhydrique du suc gastrique, ce qui entraîne une diminution dans la faculté digestive de l'estomac. Si le colon consomme en outre autant qu'en Europe des boissons alcooliques, qui précipitent la pepsine, on s'explique facilement ses dyspepsies. La nutrition intime des tissus s'effectue par suite dans de mauvaises conditions.
Sbcrétiox de la suedb. — On •vient do voir que la sécrétion de la sueur est accrue dans une proportion considérable et quelle éprouve une grande difficulté à s'évaporer dans Tatmosphère par suite de la saturation de l'air due aux pluies abondantes de l'hivernage; cette difficulté augmente la température du corps. Ce relèvement thermique peut être fixé en moyenne à un degré. (Brown-Séquard.)
La sécrétion est encore accrue par l'exercice, par les repas, par l'abondance des boissons, surtout lorsque celles-ci sont alcooliques.
SÉCRÉTION BÉNALE. — La dilatation des veines de la peau et l'abondance de la sueur entraînent une diminution de la tension du sang et, par suite, de la sécrétion rénale, qui peut tomber à la moitié de la normale.
SÉcEÉTioN DU FOIE. — La bile est augmentée et le travail du foie est gêné par suite du trouble que la sécrétion exagérée de la sueur apporte aux fonctions digestives.
Action scb la natalité. — La fécondité est atténuée dans les pays chauds pour les Européens; comme, d'autre part, la mortalité des enfants du premier âge y est considérable et qu'elle est encore grande pour les enfants de deux à sept ans, la multiplication des nouveaux colons est difficile. Il est bien entendu qu'on parle ici des premiers arrivants et que, peu à peu, une a<laptation au climat, une créolisation se produit par sélection des cléments les plus vigoureux.
Cette situation est, en outre, très modifiée lorsque les Français se marient avec des créoles ou avec des indigènes, les métis sont en général très résistants. La natalité en Algérie est supérieure, surtout pour les Israélites, à la natalité française. Cet excès de natalité doit, du reste, entrer en ligne de compte pour atténuer la mortalité enfantine. Un décès unique dans une famille qui ne compte que deux enfants exprime évidemment une mortalité supérieure à la perte de deux lorsque la famille en compte huit.
L'acclimatement aux pays chauds s'effectue d'autant plus facilement que le colon habitait déjà une partie méridionale de la France et notamment la région des Pyrénées (Béarn, Roussillon), puis la Gascogne, le Languedoc, la Provence ou la Corse. C'est ce que Bertillon a appelé le petit acclimatement.
Maladies des pays chauds. — Lps maladies des pays chauds peuvent être réparties en deux classes : l* les maladies ^'origine météorologique, comme 1h coup de chaleur ou insolation, l'anémie tropicale et certaines maladies de peau ; 80 les maladies infectieuses, comme le paludisme, la dysenterie, la fièvre jaune les fièvres bilieuses, la fièvre typhoïde, le choléra, qui frappent, sinon exclusivement, an moins avec une préférence spéciale l'Européen non acclimaté. De ces maladies infectieuses, les ones, comme la fièvre typhoïde on le paludisme, ne sont pas particulières aux pays chauds; d'autres, comme la fièvre jaune, ont besoin, pour se multiplier, de la température et de l'humidité du climat tropical et, importées en France, s'y éteignent rapidement. Quant au choléra, il fait en Europe des apparitions de plus en plus éloignées et de moins en moins nocives, n'y trouvant plus, par la multiplication des mesures hygiéniques, les moyens de développement que rorient lui conserve.
• Les conditions météorologiques, a ditOutrouleau, ne bornent pas leur action à la production de l'infection épidémique, elles agissent puissamment aussi et peut-être essentiellement sur l'organisme humain pour la détermination de l'aptitude morbide. Sans les modifications qu'elles apportent aux fonctions du corps, la cause infectieuse n'aurait peut-être pas de prise- • La période d'hivernage étant celle qui diffère le plus du climat européen, c'est au cours de cette période et principalement vers sa terminaison que les maladies spéciales aux tropiques arrivent à leur mazimam d'effet infectieux.
Il n'est pas possible de décrire ici les différentes maladies tropicales, mais il est cependant nécessaire de donner un rapide exposé des deux affections qui frappent le plus grand nombre d'Européens, Vanémie tropicale et le paludiime.
Anémie tropicale. — Cet état est caractérisé par la pâleur de la peau et des muqueuses (lèvres, paupières), la perte de l'appétit, des digestions difficiles, marquées notamment par de la constipation ou de la diarrhée, des vertiges résultant des mauvaises digestions, des palpitations, de l'essoufflement, une perte
Phases du microbe du paludisme.
A., B, C, D, Corps sphériques. — E, P, G, Flagella. — H, Corps en croissant.
— I, Corps en resaces.
partielle de la mémoire, une dépression de l'intelligence, un sentiment plus ou moins intense d'anéantissement.
Naturellement, il existe des degrés très différents dans la gravité de la maladie. L'anémie tropicale se présente sous une forme plus grave chez les soldats, auxquels souvent il n'est pas permis de changer d'air, d'aller se retremper dans la
montagne. La constitution personnelle et surtout l'hygiène modifient considérablement la résistance organique.
Paludisme. — Le paludisme est la plus grave, sinon la plus répandue des maladies coloniales ; les décès qui lui sont imputables représentent les deux tiers de la mortalité dans l'Ouest africain, un tiers à Madagascar et à ia Guyane. Or il est actuellement démontré que: l» le paludisme est produit par un parasite dont une partie de la vie s'effectue dans le sang de l'homme et qui y est introduit par la piqûre des moustiques ; 2» qu'on peut se débarrasser, en partie au moins, de ces moustiques, en détruisant leurs larves, soit par la suppression des mares d'eau où elles vivent, soit par le versement d'une certaine quantité Moustique. de pétrole à la surface de ces
„ „ ,. , eaux. On peut donc espérer qu'on
A. Moustique. — B, Moustique sur la peau. — ™ ,. ^ ., , ,^ ,. ^
C Moustique ayant son aiguillon dans la peau. - fera disparaître le paludisme, au
D, Larve de moustique dans un marais- moins aux alentours des agglo-
mérations. D'autre part, des doses préventives de quinine (0,25 à o,50 centigr. par jour) préservent des accès au cours des voyages.
Le paludisme se montre sons les formes les plus multiples. La plus ordinaire est la forme dite intermittente, dont les accès se produisent le malin (contrairement aux autres fièvres, dont la montée de chaleur a son maximum vers cinq heures) et sont caractérisées par des stades de frissons, de chaleur et de sueur. Mais il est des formes où la fièvre a lieu l'après-midi, et elle peut même exister toute la journée alors que, dans d'autres cas, la maladie est caractérisée par des névralgies ou des vertiges non accompagnés de fièvre.
Maladies produites par le froid. — Les maladies produites par le froid sont loin d'être rares dans les pays tropicaux, et il convient, au contraire, de compter avec elles. Les refroidissements nocturnes, extrêmement intenses, succédant à des journées et même à des soirées très lourdes, sont l'origine d'affections de l'arbre aérien (laryngite, bronchite, pneumonie, pleurésie) et donnent lieu aussi à des diarrhées.
Hygiène à suivre dans les colonies. — L'acclimatement est l'adaptation d'un organisme à un nouveau climat : « L'acclimatation est l'état de l'organisme non encore parvenu à l'état d'adaptation au climat, c'est-à-dire toute la phase d'activité physioloTique que représente la période de lutte contre ce climat. ■ (G. Treille.) La victoire ne peut être obtenue qu'en s'astreignant à un ensemble de mesures hygiéniques dont les principales sont énumérées ci-après.
Alimentation. — Boissons. La première règle a trait aux boissons. • Tout homme, a écrit le D' J. Navarre, qui veut sérieusement se présenter à l'agression du soleil tropical avec tous ses moyens de résistance organique doit se faire une loi de l'abstinence absolue de l'alcool et des alcooliques par distillation. » I L'usage de l'alcool sous les tropiques est un empêchement formel à l'acclimatation. > (Buchner.) t L'alcool se rencontre dans toutes les maladies endémiques comme cause prédisposante. » (G. Treille.)
L'usage des spiritueux agit d'abord sur le système digestif : la congestion de la muqueuse qui se produit normalement sous l'influence de l'alcool provoque une altération du suc gastrique, d'où la perte d'appétit et la difficulté de digérer qu'on attribue au climat alors que celui-ci n'est que la cause aggravante de cet état. Le foie à son tour est atteint, et alors l'organisme se trouve préparé à l'anémie tropicale, à l'hépatite, aux maladies infectieuses comme le choléra, la dysenterie et la fièvre jaune, dont les lésions principales occupent justement le tube digestif.
Le vin n'est pas nuisible, mais à condition de ne boire que des vins légers ne dosant pas plus de 8 pour loo d'alcool et en quantité très modérée-, les vins alcoolisés artificiellement (et c'est le cas de beaucoup de vins envoyés aux colonies à cause de la conservation meilleure assurée par l'alcool) doivent être absolument proscrits, car ils provoquent les mêmes troubles que l'eau-de-vie.
Dès qu'il se produit de la dyspepsie il convient de ne boire que de l'eau ou du thé.
L'alcoolisation, même à petites doses, a une influence considérable sur l'affaissement physique et moral des colons, sur les troubles intellectuels si fréquents dans les pays chauds.
La question de l'eau est très importante : celle de rivière n'est pas utilisable pendant l'hivernage et même pendant la saison sèche -, elle n'est acceptable que puisée au-dessus d'une agglomération.
La clarification par l'alun (filtre Lapeyrière) ne donne que des résuluts insuffisants. D'autre part, le filtre Pasteur ne peut être utilisé que dans les villes, car il peut assez facilement être fêlé et ne donne de résultats sérieux qu'à condition
80t; LES COLONIES FRANÇAISES
d'être stérilisé une fois par semaine. Les seules boissons siires sont donc les infusions légères de thé ou d'eucalyptus, qui, prises chaudes, désaltèrent très bien. Elles sont bien supérieures à l'eau glacée dont on fait grand abus dans les colonies au détriment de l'intestin, qui réagit sous forme de diarrhée. Les alcarazas suspendus dans un courant d'air donnent une eau suffisamment fraîche ; il convient de les nettoyer de temps en temps avec de l'eau acidulée pour détruire les matières organiques qui s'y déposent (Kermorgant).
Aliments solides. En ce qui concerne les aliments, le principe fondamental dont l'Européen doit s'inspirer aux colonies, c'est d'épargner toute fatigue à l'estomac (G. Treille). Il faut donc ne faire qu'un usage assez rare du gibieri aliment trop nourrissant et de digestion difficile; employer les volailles, le mouton jeune, le bœuf, qu'on mangera rôti et demi- saignant, les œufs, le lait frais ou concentré additionné, s'il y a lieu, d'eau alcaline naturelle ou artificielle, les poissons, les huîtros. On s'abstiendra des graisses de viande, qui ne sont pas digérées dans les pays chauds par suite, notamment, des modifications qu'y subit la bile, et on restreindra, dans la plus large mesure, les assaisonnements (beurre, huile); les moules, les crustacés sont des aliments irritants dont il ne faut pas non plus faire emploi. Les légumes et les fruits se trouvant en abondance dans les colonies, on donnera une part importante aux légumes rafraîchissants et aux fruits non acides, les fruits acides peuvent en effet être quelquefois l'origine de troubles intestinaux.
Les condiments, particulièrement le curry (coriandre, safran, poivre et piment), rendent de grands services en variant le goût des mets; il y a lieu seulement de n'en pas ahuser.
La sobriété doit être la loi alimentaire; toute dérogation qui y est faite se paye par la maladie et cela à bref délai ; mais il sera bon de varier autant que possible les mets de façon à conserver l'appétit, d'éviter les ragoûts toujours peu digestibles et de donner la préférence aux viandes rôties ou bouillies. La meilleure répartition des repas dans la journée sera la suivante. Premier déjeuner avec du lait et du pain vers sept heures du matin, c'est-à-dire une demi-heure après le lever et seulement après avoir libéré l'intestin par une selle qui en tout pays , mais surtout en pays chauds, doit être le premier acte de la journée. Deuxième repas vers onze heures à la fourchette et le plus abondant de la journée ; la mastication devra être parfaite, les viandes et les légumes très divisés de façon à faciliter la digestion. Troisième repas vers sept heures composé d'aliments légers. La régularité dans les heures de repas est indispensable.
Vôtemsnts. — Ils doivent répondre à de multiples obligations : protéger le corps contre la chaleur, le froid, l'humidité de l'air, contre les poussières et les piqûres des insectes; faciliter l'évacuation de la sueur, en modérant sou évaporation de façon à ne pas abaisser brusquement la température du corps.
Le vêtement sera différent le jour et le soir.
L'emploi de deux vêtements légers superposés est utile pour se protéger contre une haute température, l'air interposé entre eux étant mauvais conducteur de la chaleur.
Pour le haut du corps on fera usage sur la peau d'un maillot descendant devant l'abdomen et qui devra être formé d'un tricot de coton ou mieux de laine légère à mailles larges ; celui de laine a l'avantage i* de conserver beaucoup d'air interposé entre ses mailles ; 20 de ne céder que lentement à l'atmosphère la sueur absorbée. Un caleçon de cotonnade légère recouvrira les jambes. La ceinture de flanelle est indispensable jour et nuit aux personnes qui ont le ventre susceptible.
Comme vêtement extérieur on donne la préférence aux tissus de coton à texture serrée, peu poreuse et à surface lisse ; la forme sera celle d'un veston très ëchancrèen haut, ample à la taille et à l'attache des bras, d'un pantalon lui aussi ample, peu serré à la ceinture, large et flottant sur les membres ^Kermorgant).
Le coutil est employé dans certaines colonies. Les jours de pluie ou de brume ce costume sera remplacé par un vêtement de flanelle qu'on portera, en tout cas, le soir et pendant la nuit.
A lintèrieur, au contraire, pendant les heures très chaudes, on pourra se contenter de vêlements très amples en soie ou en coton léger.
L'expérience a montré que la couleur à préférer pour les vêtements était le blanc, puis le cachou, le jaune ou le gris, toutes teintes qui absorbent peu de chaleur.
Coiffure, ombrelles, lunettes. — L'air interposé entre les cheveux constituant une couche mauvaise conductrice de la chaleur, les cheveux sont par suite les protecteurs nés du crâne ; il convient donc de les garder assez longs. Pour une raison analogue il faut aussi garder sa barbe.
Le chapeau de paille à fond élevé et a bords très larges est la coiffure de beaucoup de colons. Elle n'a cependant pas les qualités du casque lorsqu'il remplit les conditions suivantes : être de tissu très léger doublé d'étoffe bleue ou verte et à bords très évasés, ne reposer sur la tête que par une couronne gondolée de façon à laisser libre accès à l'air, avoir un fond asseï élevé pour que l'air placé au-dessus de la tête et qui par le procédé précédent sera en grande partie renouvelé d'une façon continue forme une couche suffisamment isolante.
Si on veut éviter les insolations on ne doit jamais sortir sans casque, même lorsque le temps est couvert, du lever au coucher du soleil.
Des ombrelles doublées de bleu ou de vert compléteront la protection de la tête. Celle des yeux se fera par l'usage de lunetiet à verrres coquilles, neutres, fumés ou bleus.
Chaussures. — Des sortes d'espadrilles par le beau temps, des souliers on des bottines de chevreau souples à lacets par les temps de pluie sont les chaussures des pays chauds.
Bains, massage. — Les bains seront pris après la sieste, très courts (s à 6 minutes) dans leau courante, desiderata qu'on peut réaliser dans une baignoire par l'ouverture permanente des robinet.* d'entrée et de sortie de l'eau. A défaut de bain on prendra chaque jour une ablution générale suivie dune friction. Le massage pst également une excellente pratique, par l'action générale produite sur l'organisme.
Exercices. — Marche. — Il est inutile de faire plus de 3 à 4 kilomètres de marche, mais il faut les faire tous les jours, et en évitant autant que possible, pour cet exercice, les heures de la pleine digestion. Les promenades en voiture sont très recommandées.
Chatte. — C'est un bon exercice, à condition de ne pas s'y livrer aux heures brûlantes de la journée et dans des marécages.
Sietle. — Les avis sont opposés sur 1 utilité do repos au milieu do jour, U j a là une question tout individuelle. La sieste, en tous cas, ne doit pas être trop prolongée.
Habitation. — Choix de l'emplacement de la maison. — Choisir un plateau bien draine, bien sec, suffisamment ventilé et situé dans le sens opposé au vent venant des marais, dont on se préservera en outre par un rideau d'arbres. S'il existe des broussailles autour de la maison, les brûler et semer du gazon sur les cendres de façon à éviter le fendillement du terrain sous l'action du soleil.
Le drainage du sous-sol, sauf lorsque celui-ci est constitué par du table, est indispensable; il devra amener les eaux à un cours d'eau ; les fondations seront placées sur un lit de béton.
Orientation, — Les façades principales doivent êlre dirigées vers le nord-sud et pour obtenir ce résultat il faut disposer la maison au milieu de jardins.
Construction. — Employer la pierre et la brique de préférence au bois, que dévorent les insectes, qu'envahissent les champignons et qu'altèrent les alternatives de chaleur humide et de sécheresse brûlante. Treille admet simplement à titre temporaire la maison en fer et bois comportant un matelas d'air entre des doubles parois.
Les murs doivent se composer d'une paroi extérieure de briques dures de 30 centimètres, doublées d'un premier revêtement de briques creuses de 20 centimètres et à l'intérieur de briques vernissées ou vitrifiées. Il y a avantage à employer ces derniers matériaux pour les cloisons qui devront s'arrêter à un mètre du plafond afin d'assurer la ventilation uniforme de tout l'appartement.
Une large véranda entourera la maison. Les services accessoires, cuisine, cellier, water-closets seront placés dans une annexe reliée à la maison par une galerie.
Le sol des pièces sera carrelé, ce qui permet le lavage et donne de la fraîcheur.
Les tuiles semblent le meilleur procédé de couverture; elles seront placées au-dessus d'un faux grenier.
Des fenêtres nombreuses fermées par des persiennes à claires-voies assureront l'aération des pièces, qui doivent toutes cuber au moins 100 mètres cubes avec 4 mètres au moins de hauteur. La nuit il sera bon, au contraire, de fermer les fenêtres. On pourra remplacer les vitres par une fine toile métallique empêchant l'entrée des moustiques.
La maison sera ouverte seulement pendant quelques heures un peu avant le coucher du soleil ; on évitera ainsi l'entrée du soleil le jour, des moustiques et des vapeurs marécageuses la nuit.
Ameublement. — Nattes et mobilier canné. Lit en cuivre poli très largo (1 m 60 à 2 m.) afin de permettre au dormeur de trouver des parties fraîches; les pieds du lit doivent reposer sur des godets en verre remplis d'eau, de façon à empêcher la montée des fourmis et des scorpions ; l'eau en sera renouvelée chaque semaine pour détruire les larves; un moustiquaire entourera entièrement la couche. Le sommier doit être en toile métallique, et le matelas assez mince, en laine et crin ou mieux en crin pur ; les draps en coton. Ne pas oublier, pour le nombre de couvertures, le refroidissement nocturne souvent très intense.
Hygiène publique. — Les matériaux usés (eaux ménagères, déchets) et les matières fécales sont l'origine d'un grand nombre de maladies infectieuses, lorsque, comme c'est malheureusement le cas dans la plupart de nos colonies et notamment au Sénégal, on se préoccupe peu de leur disparition. La terre aux environs des villages nègres est, suivant l'expression de M. G. Treille, fortement stercoralisée, et il en est à peu près de même auprès des agglomérations européennes qui avoisinent ces villages. Il importe au plus haut point que ces matières dangereuses soient mélangées à de la paille et détruites par l'emploi en couche mince dans des champs cultivés. Le transport jusqu'à ces terrains doit s'effectuer par des tinettes mobiles. Si on est forcé de les verser simplement dans la ferre, on aura soin de creuser pour cela un trou assez profond loin d'un cours d'eau. On n'assainira les colonies qu'en créant des égouts et en y amenant des eaux pures.
"Voyages d'arrivée. — La rapidité actuelle des voyages par mer ou par terre est assez grande pour ne pas permettre une adaptation progressive à des climats très différents. La transition brusque d'un climat froid à un climat chaud provoque de préférence des maladies de l'abdomen, celle d'un climat chaud à un climat froid des affections de poitrine.
Il convient d'emporter avec soi les vêtements appropriés au climat sous lequel on va vivre.
Au cours du voyage, pendant les relâches, « ne descendre à terre qu'avant neuf heures du matin et après quatre heures du soir et tenir en suspicion leau qu'on y trouvera « . (Kermorgant.)
Conditions d'arrivée. — Age et sexe. — Il est prudent de ne pas amener dans lescolonies d'enfant ayant moinsde 8 à 10 ans. De 15 à 80 ans l'acclimatement s'effectue peut-être encore mieux que de 20 à 40. Les hommes plus âgés s'adaptent encore assez bien au climat et les vieillards eux-mêmes ne semblent pas présenter une mortalité supérieure à celle de la métropole.
Les femmes s'acclimatent aussi bien et môme, dans certains cas, mieux que les hommes ; la nature de leurs travaux devait faire prévoir cette conséquence.
Époque. — Le futur colon doit prendre ses dispositions pour arriver dans les colonies au début de la saison saine, après la terminaison des chaleurs et de U recrudescence annuelle des affections épidémiques. Il fera d'autant plus facilement son apprentissage du climat que la fraîcheur des nuits le reposera des chaleurs du jour. Cette époque préférable sera indiquée à l'article consacré à chaque colonie.
Bevaccination préalable. — On n'oubliera pas, d'autre part, que dans la plupart des colonies la variole existe à l'état endémique et l'on aura soin de se faire revacciner avant le départ.
Conditions de travail. — > En général l'Européen ne doit exercer que des fonctions de surveillant ou de directeur ; ce n'est guère qu'en Nouvelle-Calédonie qu'il pourra lui-même se livrer à ces travaux; presque partout ailleurs il devra s'en abstenir. Les bouleversements du sol dans les terres chaudes sont toujours accompagnés et suivis d'explosion de fièvre paludéenne (Kermorgant). Celui qui creuse le sol, creuse ta fosse.
Sanatoria. — Les sanatoria doivent toujours être placés sur des hauteurs (1500 à 2000 mètres) et sur le versant ne recevant pas directement les grands vents chargés de pluie. Excellents pour délasser pendant la saison chaude, excellents pour les individus atteints d'affections d'estomac, du foie, des intestin», de la vessie, pour les convalescents de fièvres intermittentes, les sanatoria peuvent être nuisibles à d'autres malades, notamment aux asthmatiques, aux rhumatisants, aux paludéens ayant en récemment des accès hémoglobinuriques ou dans un état de cachexie avancée (Kermorgant). En tous cas, il est utile de se munir de vêtements en rapport avec la modification de température.
Retour en France. — Il ne semble pas douteux que des séjours en France, pendant la saison d'été, à des intervalles de quelques années, ont une influence bienfaisante. Les statistiques montrent que les Français et notamment les officiers qui, dans les pays intertropicaux ne prennent pas cette précaution, payent un large tribut à la mort, notamment pour l'hépatite, la bilieuse hématurique.
Actuellement, la durée du séjour est fixée ainsi qu'il suit pour les soldats :
Engagét
pour plas Eagag<* CoIoniM. Reng«K'*- '^ 3 ^"* <^" 3 ui*-
Antilles, Nouvelle-Calédonie, Tahiti 4 ans. 3 ans. 2 ans.
Indo-Chine, Madagascar, Réunion, Sénégal, Guyane. 3 — 2 — 2 — Soudan, Bénin i— i— » —
Il y a lieu de remarquer ici encore que les soldats et même les officiers ne peuvent pas toujours, comme les colons, aller faire un séjour sur les hauteurs pendant la mauvaise saison, ce qui atténue l'intensité des maladies pour les civils.
Algérie. — Hygiène climatériqce, — L'Algérie présente, d'après Laveran, trois climats principaux : lo celui de la côte, qui subit à un haut degré l'influence de la mer, est caractérisé par une saison fraîche de novembre à avril (moyenne + 14,5, maximum 21, minimum 8) et une saison chaude et sèche de mai à octobre (moyenne + 22, maximum 30, minimum 15): 2» le climat desp/a(e«Ma; intérieurs du Tell où la moyenne annuelle est -f 16, maximum 35; 3» le climat du Sahara (Biskra), dont la moyenne est, en hiver, de + il, en été de + 33, avec un minimum de 0 et un maximum de + 48. L'atmosphère est en général d'une grande pureté et les jours de pluie sont rares (87 par an à Alger). L'eau, du reste, s'évapore rapidement; la rosée est très abondante la nuit. Le siroco apporte la poussière du désert. L'époque d'arrivée doit être la saison fraîche.
Animaux nuisibles. — Les marais et les petites rivières contiennent des quantités de petites sangsues qui, avalées avec l'eau, se fixent sur la muqueuse du pharynx, dans le nez, le larynx ou la trachée et sont l'origine d'hémorragies. Les efforts de vomissements suffisent en général pour les expulser; mais, dans d'autres cas, il faut employer la fumée de tabac ou l'extraction directe avec de longues pinces.
Les scorpions habitent les endroits pierreux et cependant frais et humides; leur piqiire produit un refroidissement, une vive douleur et un gonflement plus ou moins étendu, mais tout se calme après quelques jours. La morsure des vipères à cornes, fréquentes dans les régions arides et sèches, occasionne au contraire souvent la mort, avant la découverte du sérum antivenimeux de Calmettes, dont il est toujours bon de se munir à l'avance, car l'évolution des accidents est très rapide (quelques heures;.
Maladies. — Le paludisme est encore fréquent dans certaines parties de l'Algérie, mais a beaucoup diminué depuis quelques années. C'est à la fin de l'été qu'il exerce ses ravages. Les accès ont lieu en général entre neuf et dix heures du matin. La dysenterie est ensuite la maladie endémique la plus répandue et après elle les abcès du foie.
Comme maladie de la peau, on observe la ga!e bédouine (lichen des tropiques), le bouton de Biskra (affection tuberculo-ulccreuse).
La conjonctivite frappe le Français moins souvent que l'Arabe.
Eaux minérales. — Il existe en Algérie de nombreuses sources minérales. Les principales sont les suivantes : Ben-Haroun, eaux froides bicarbonatées sulfatées, employées surtout comme eau de table; Chezah, eaux froides chlorurées sodiques; Hamma, eau chaude bicarbonatée ferrugineuse; Hammam Melouane, eaux très chaudes chlorurées sodiques; Hammam Meskoutine, eaux très chaudes chlorurées arsenicales; Hammam, Rihra, eaux très chaudes sulfatées calciques. Ces deux dernières localités possèdent des établissements importants.
Station d'hiver. — Alger est devenue une station d'hiver oii se rendent les anémiques, les lymphatiques, les personnes atteintes du mal de Bright et les phtisiques non excitables (les vents qui régnent sur les côtes sont nuisibles aux autres). Le climat n'est pas non plus favorable aux rhumatisants, aux dyspeptiques, surtout à ceux qui souffrent du foie.
Tunisie. — Époque d'arrivée et maladies. — La Tunisie est un pays parfaitement sain ; mais si la température moyenne à Tunis est de 18», elle est très supérieure dans l'intérieur. On doit donc ne pas y débarquer pendant l'été, c'està-dire de mai à octobre, et surtout en aoiit et septembre, oii la température est très fatigante.
La dysenterie est endémique, mais bénigne ; quelques foyers d'impaludisme sont disséminés dans la Régence.
Sénégal. — Époque d'arrivée. — « Janvier et février sont relativement bons partout ; mars, avril, mai sont les meilleurs mois à la côte, parce qu'ils sont les plus frais, les plus malsains dans l'intérieur, parce qu'ils sont les plus chauds ; juin, juillet et août deviennent de plus en plus mauvais sur le littoral, à mesure qu'on avance dans la saison ; septembre, octobre, novembre continuent k être mauvais sur la côte et d'autant plus qu'on descend davantage vers le sud ; enfin décembre marque partout une période de transition et le retour à la meilleure époque de l'année (i). •
Laboratoire dk Saint-Louis. — Le D' Marchoux y a fait les premières découvertes sur la propagation du paludisme par les moustiques.
Soudan. — Époque d'abeivée. — La saison sèche commence en octobre et se termine vers le mois de mai. Elle est coupée de petites périodes de pluies, et, le matin, il existe de la brume avec rosée abondante, la nuit. Le thermomètre, qui. le matin, suivant qu'on est en décembre ou en avril, est à 16» ou à 2o% monte à 31» ou à 40" à deux heures, pour redescendre à î2» ou à 33° à huit heures; la nuit il tombe à iQo, 8° et même 2". Pendant la saison d'hivernage, les plaines sont transformées en lacs et en marécages.
Maladies. — L'habitation dans les villages nègres est particulièrement dangereuse, à cause de leur habitude de répandre autour de leur case des matières fécales et de leur extrême malpropreté. L'insolation et le paludisme sont les deux affections particulièrement à redouter.
Côte d'Ivoire, Dahomey, Guinée, Congo. — Conditions climatêkiqub». — La caractéristique est l'extrême humidité de l'atmosphère. Pendant la saison dite des pluies, qui commence en octobre pour durer jusqu'à fin décembre, celles-ci sont torrentielles et continues ; pendant la saison dite sèche, ces pluies sont encore très fréquentes, et leur abondance correspond à celles de nos gros orages européens. La température varie de 2* à peine entre les deux saisons, et la moyenne est de 26° à 28° avec une variation de 8» au cours des journées.
Les différences entre les saisons sont plus accentuées sur le littoral.
Maladies. — L'anémie tropicale est la maladie plus particulière de ces régions; elle se complique souvent de paludisme.
Madagascar. — Époque d'arrivée. — Sur la côfe orientale, les pluies sont. continuelles de la fin de novembre à avril, elles co'incident avec les plus fortes chaleurs; la saison sèche, saison d'arrivée à Madagascar, répond à la période maioctobre. Le froid est très vif la nuit, la différence de température est surtout grande pendant la saison chaude.
A Tananarive, la température maxima est de 26* et la température minima de 16°; de mai à novembre, elle tombe à 15°. Toutes les côtes, sauf celles de l'cxtrêmo sud, sont malsaines; les plateaux sont, au contraire, relativement salubres.
Maladies. — Le paludisme a produit les trois quarts de la mortalité du corps expéditionnaire; les soldats frappés étaient surtout ceux qi.i travaillaient à la route. Ses formes sont multiples.
Les maladies spéciales au pays qu'on rencontre ensuite le plus fréquemment sont la gale bout(mueuse, le bouton malgache (ectyma impétigineux), l'ulcère de jambe et la syphilis.
Un Institut Pasteur a été organisé k Tananarive; il fournit notamment du vaccin, la variole étant très répaudue à Madagascar.
(I) BuKOT et Lmkamo, Le» Troupe» coloniale» (BailUtre, tdit.).
Ile de Sainte-Marie. — Elle contient des marécages qui sont l'origine des fièvres intermittentes. La température moyenne annuelle est de îS», 5 avec des écarts mensuels de 9» et des écarts entre la nuit et le jour de 8°.
Nossi-Bé. — La température en décembre, janvier, février est de 28», de mai à août de 24', 5; les matinées et les soirées sont fraîches pendant la saison sèche, la température ne baisse que de 6° pendant les nuits.
Le paludisme y a fait de nombreuses victimes, surtout à la période d'installation, à cause du remuement des terres effectué pour la construction des routes.
Les Comores (Mayotte). — Température moyenne de 27° pendant la saison sèche (mai-octobre), de 30o pendant l'hivernage (novembre-mai), avec des écarts de 8° à 9° seulement.
Il existe là aussi des marais et, par suite, du paludisme.
Anjouan possède des eaux ferrugineuses très utiles dans l'anémie tropicale.
Ile de la Réunion. — Époque d'arrivée. — La saison des pluies et de la chaleur (moyenne, 26°, 5l ou hivernage se produit de novembre à avril, la belle saison, fraîche et sèche (22»), de mai à octobre; les quatre mois intercalaires servent de transition. Il faut, en conséquence, aborder à la Réunion de préféx>ence à la fin de mai.
Sanatoria kt eaux minérales. — On fera sagement, pendant les grandes chaleurs, d'aller dans la montagne respirer un air plus frais. Le climat de Salazie (872 mètres au-dessus de la mer) est d'autant plus k recommander qu'on y trouve une source thermale bicarbonatée sodique, magnésienne et ferrugineuse qui convient admirablement aux malades atteints d'affections de l'estomac, du foie, des intestins et de la vessie, ainsi qu'aux convalescents de fièvres intermittentes. Il existe, en outre, à la Réunion : i° une source de propriétés analogues à Cilaos; 20 une source sulfurée sodique à Mafate, fort utile dans les maladies cutanées, rhumatismales et pulmonaires; 3» de nombreuses sources ferrugineuses froides.
Maladies. — h' hématurie, caractérisée par des urines contenant du sang. Cette affection se produit de préférence dans l'enfance et l'adolescence, souvent par accès qui reviennent à des intervalles plus ou moins éloignés, sans douleurs et sans altération de la santé ou au contraire avec des douleurs dans les lombes, de la fatigue et une anémie intense. Dans certains cas, l'urine devient rosée, laiteuse, graisseuse (hématurie chyleuse). Cette maladie n'est pas en général grave, elle disparaît par un séjour dans la montagne ou en Europe. Elle semble produite par la présence d'un parasite dans le sang (distome ou strongyle).
Les vers intestinaux (lombrics, ténias) sont extrêmement fréquents. La lèpre n'est pas rare, et un asile spécial est réservé à ces malades; les Européens sont du reste atteints dans une proportion très faible.
Parmi les autres affections de la peau, il faut citer ïéléphantiasis, Yicthyose et surtout les varices lymphatiques. lia dysenterie, les affections du foie et la phtisie sont endémiques.
Mais, de toutes les affections, celle qui fait le plus de victimes, c'est la fièvre paludéenne dont les formes sont très variées (intermittente, rémittente, continue, pernicieuse, bilieuse) et le séjour même à des hauteurs moyennes, comme Salazie, n'en préserve pas. Il en est différemment pour la fièvre dengue, qui semble avoir été importée par les Hindous et qui a sévi à diverse» reprises sous forme d'épidémies.