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COLONIES ASIATIQUES

Cambodge, Cochinchine (i). — Htgibnb climatbrique. — La saison fraîche ou sèche commence à la fin de décembre et cesse à la mi-avril, soit une durée seulement de quatre mois pendant lesquels les vents dits moussons soufflent du nord-est; la saison chaude ou des pluies comprend le reste de l'année les moussons, pendant cette période, soufQent du sud-ouest.

La Cochinchine est Tnn des pays où la quantité d'eau tombée pendant l'hiTernage est la plus considérable : elle est cinq k six fois plus grande qu'en France aussi la saison des pluies , par suite du refroidissement dû à l'abondance d'eau et à l'humidité du sol, peut-elle être, en contradiction avec ce qui se passe d'ordinaire dans les pays tropicaux, relativement fraîche. Le maximum de température se produit en mars et au début d'avril; le minimum en novembif et au début de décembre. La différence de température entre les deux saisons ne dépasse pas 8o et la moyenne générale atteint 28o, ce qui constitue un climat à température élevée et constante. Cette égalité n'existe du reste que pour le jour, car les différences entre le jour et la nuit sont de 6° à 7» pendant la saison des pluies, de 13« 16" et même quelquefois 18" pendant la saison sèche. Au cours de la saison des pluies il se produit au moins un orage par jour.

EspiiCES ANIMALES DANGEREUSES. — Lcs serpents sont très nombreux, mais peu sont très venimeux : les sangsues abondent dans les arroyos et les marais ; les moustiques persécutent partout les Européens. Il faut aussi se précautionner contre les morsures des scorpions et de certains poissons dangereux du genre Pimelade.

Maladies. — La plus fréquente est l'anémie, si bien caractérisée par l'apparence maladive et l'amaigrissement des sujets qu'on en a fait une variété spéciale & laquelle on a donné le nom du pays, anémie de Cochinchine.

Le choléra règne du mois d'avril an mois de juin, où il cesse complètement; il atteint du reste rarement les Européens, bien que très souvent mortel chez les Annamites.

Il n'en est pas de même de la diarrhée chronique dite aussi de Cochinchine, car elle lui est très spéciale; on la voit apparaître chez l'Européen vers le mois d'avril, soit après un séjour prolongé (cas le plus ordinaire), soit dès les premiers mois après l'arrivée. Il est à remarquer que le rapatriement ne fait souvent qu'exalter les symptômes. Les principaux signes sont les suivants : anémie progressive par nutrition de plus en plus imparfaite, due aux graves troubles dyspeptiques, puis décoloration des selles, qui sont grisâtres, molles et assez fréquentes (trois à cinq par jour). A certains moments, sous l'influence d'un orage ou d'une faute de régime, la diarrhée s'accentue ; les selles deviennent liquides et plus nombreuses. Puis les selles pâteuses reparaissent, mais sont aloi-s très abondantes.

En môme temps, il se produit des cloques, puis des aphtes et des ulcérations sur la langue, qui devient lisse, brillante et cuisante par l'effet de la disparition de toute la couche des cellules superficielles. L'amaigrissement est extrême et finit par enlever le malade.

Les dysenteries aiguë et chronique sont moins fréquentes aujourd'hui qu'autrefois, sans pour cela être négligeables : elles sont surtout graves par l'abondance des hémorragies, liées à une ulcération de l'intestin. La dysenterie aiguë peut succéder à la diarrhée chronique.

Traitement préventif. — Le choléra, la diarrhée chronique et la dysenterie semblent avoir leur origine dans l'eau de boisson (microbe spécial). Le traitement préventif doit donc consister & ne boire que de l'eau bouillie (thé). Lo palu-

(1) D'après Le Roy de Mérieourt et Layet.

disme se présente surtout dans les parties du pays où Teau salée se mélange à l'eau douce, où la mer remonte très haut dans les terres. Les accès pernicieux, notamment avec apparence de choléra ou avec hémorragies, ne sont pas rares. On observe aussi assez souvent la fièvre typhoïde; relativement peu, au contraire, les maladies du foie.

L'ulcère phagédénique a pour cause prédisposante l'anémie profonde des pays chauds, pour cause déterminante les piqûres de moustiques, les morsures de sangsues, le contact irritant de la boue des marais et des rizières, le^* pustules de l'acné ou de l'ectyma. Il siège sur les malléoles, d'où il remonte vers le mollet. Les signes sont un faible gonflement avec des démangeaisons qui provoquent du grattage et une excoriation. Celle-ci suinte, s'entoure d'un bourrelet qui s'élargit assez rapidement en formant un ulcère, lequel peut gagner, en largeur et en profondeur, et amener la destruction complète d'une partie d'organe ou d'un organe ehtier. La douleur n'est pas très forte et peut être presque nulle.

Parmi les affections de poitrine, il convient de noter la phtisie, qui s'installe facilement chez des individus affaiblis par l'anémie; la syphilis est fréquente (i pour 5 cas) et souvent grave; enfin, de temps en temps, on observe des épidémies de varioles.

Sanatoria. — On travaille à en établir plusieurs actuellement dans les hauteurs. En attendant leur création la station du cap Saint-Jacques, au bord de la mer, rend de grands services.

Institut Pastkur. — Il en existe un à Sa'igon, qui fournit à l'extrême Orient tous les sérums utilisés en médecine et, en outre, du vaccin antivariolique. C'est dans cet institut que le D' Calmettes a découvert le sérum antivenimeux.

Tonkin-Annam. — Hygiène climatérique. — Saisons tranchées. Dans le delta, cinq mois tempérés: novembre, 18» à 14»; aécembre, 12» à 10°; janvier, février, mars, 9° à 7» ; un mois de printemps, avril, avec relèvement progressif de la température; cinq mois chauds, dont les premiers, mai, juin et juillet (32o à 37») sont, en outre, très humides ; le dernier, septembre, est plus agréable ; enfin, l'automne est représenté par octobre. Les différences de température sont plus marquées dans l'intérieur, notamment dans les parties montagneuses.

Maladies. — On observe fréquemment le paludisme. Le choléra est endémique ; il suit toujours le cours des fleuves, mais atteint rarement l'Européen qui suit une bonne hygiène, qui notamment ne boit que de l'eau bouillie et s'abstient d'alcool. Il en est de même pour les autres affections épidémiques, dysenterie, hépatite. La lèpre est assez répandue et, de temps en temps, la peste est importée par les Chinois.

Institut Pasteur. — Il est placé à Nha-Trang, sous la direction du D' Yersin, qui y a inventé le sérum antipesteux.

COLONIES OCÉANIENNES

Nouvelle-Calédonie. — Hygiène climatérique. — Il y a deux saisons de quatre mois, avec deux périodes intermédiaires et transitoires de deux mois chacune. Une de ces saisons intermédiaires représente un très chaud printemps (moyenne 23o) et coïncide avec octobre-novembre. Elle est suivie, en dé- 1 cembre, janvier, février, mars, de la saison chaude (été), avec 32» à 33», entre midi et une heure, et 24» à 25», la nuit, qui, comme le jour, est lourde et sans air. Avril et mai représentent une nouvelle saison transitoire, qu'on ne peut appeler automne, car, pendant les mois qui suivent (juin, juillet, août et septembre) et qui constituent la saison fraîche, la température varie entre 20» et 23», avec des nuits qui ne sont jamais froides (minimum 16°). L'abaissement noc-

turne ne dépasse en aucune saison 8° à 9°, L'abondance des pluies n'est pas liée à une saison, les orages sont rares, les grands vents coïncident avec la fin de la saison chaude et contribuent & la rendre plus supportable.

EspÉCKs ANIMALES .NUISIBLES. — On cite : 1» plusieurs poissons de mer ayant donné des accidents mortels, une sardine [la melette vénéneuse], un tétrodon, un diodon, le lethrinus mambo et le sparua erythrimus ; t* une arachnide et de nombreux moustiques.

Maladies. — La Nouvelle-Calédonie est salubre, car, malgré ses marais, on n'y observe pas de fièvres intermittentes ni de maladie endémique quelconque, mais seulement une maladie cutanée, le tonga, constituée, chez les enfants de un à dix ans, par une sorte de gros bouton en forme de demi-fraise, qui se dessèche et guérit sans laisser de traces, ou s'ulcère en produisant une profonde cicatrice.

Tahiti. — Époque d'arrivée. — La saison fraîche et sèche s'étend de juin à octobre ; elle est séparée de la saison chaude (décembre-avril) par les mois à température intermédiaire de mai et novembre. La différence entre les deux saisons n'est du reste que de <• (24* à 28°). La température s'accroît graduellement da lever du soleil à deux heures de l'après-midi et s'abaisse ensuite jusqu'à deux heures du matin. 11 y a lieu de remarquer que les températures précédentes ont été prises sur la côte à Papeete, et qu'il suffit de s'élever de 450 mètres pour constater un abaissement de 8* ; outre les vents du large, une brise fraîche et parfumée, le hupé, donne un grand charme aux nuits. La vapeur d'eau, toujours très abondante dans l'air, est au maximum pendant la saison chaude {83* à 92* hygrométriques! qui est aussi, comme d'habitude, celle des grandes pluies.

Tahiti renferme de nombreuses sources ferrugineuses.

Maladies. — Tahiti est célèbre par sa salubrité pour les Européens. La mortalité des soldats y est inférieure à celle de la France, mais il n'en est pas de môme des Tahiliens, qui sont décimés par les affections contagieuses apportées par les immigrants, et notamment par la tuberculose. Tahiti est l'un des rares pays tropicaux où le Français peut cultiver le sol, le paludisme n'existant pas dans cette contrée, probablement par suite de la grande perméabilité du sous-sol et de l'abondance des vents. Les épidémies qui ont régné à plusieurs reprises dans le pays avaient toutes été importées. L'éléphantiasis n'est pas rare et atteint quelquefois les Européens, qui paraissent prédisposés à une forme de lèpre, du reste peu répandue à Tahiti. Certains poissons, notamment le hue, peuvent produire des empoisonnements alimentaires; enfin la piqûre d'un autre poisson, le no/in, provoque des blessures venimeuses, avec mortification rapide des tissus (H. Bourru).

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