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COLONIES AMÉRICAINES

Antilles (Guadeloupe, Martinique). — Époque d'arrivée. — Il convient d'arriver à la Guadeloupe ou à la Martinique dans les six premiers mois de l'année et de préférence après la première quinzaine de janvier. Si, par malheur, la fièvre jaune régnait en ce moment, on se hâterait de traverser les villes du littoral pour se rendre à l'intérieur sur les hauteurs, où la température est très agréable.

Lieu d'habitation. — Choisir en toas cas, si l'on doit vivre dans an port, un logement éloigné de la mer, des canaux et des rivières, avec exposition à l'est, afin que l'appartement soit balayé par les vents régnants et d'être préservé du soleil aux heures les plus chaudes.

Maladies. — La fièvre jaune frappe de préférence l'Européen non acclimaté et les créoles qui, s'otant absentés un certain temps du pays, ont perdu l'immunité. Elle ne reparaît du reste dans les Antilles qu'à des intervalles de huit à dix

ans. Les maladies endémiques dans les Antilles sont la fièvre paludéenne, la dysenterie et l'hépatite; elles sont particulièrement fréquentes pendant l'hivernage, c'est-à-dire pendant les six derniers mois de l'année. On retrouve ici les maladies tropicales de la peau : éléphantiasis, ulcère phagédénique et la lèpre, dont les cas sont assez nombreux pour avoir nécessité la création d'une léproserie.

Animaux nuisibles. — Il existe, à la Martinique, un reptile très venimeux, le bothrops. C'est un trigonocéphale qui peut atteindre 2 mètres de long ; il habite un peu partout : champs de cannes, voisinage des habitations, bords des ruisseaux et des rivières. Il n'attaque pas l'homme, du reste, quand il peut fuir. Le sérum antivenimeux du D' Calmettes, de Lille, est à employer en cas de morsure, car les cas de mort ne sont pas rares. L'abondance des moustiques explique la fréquence des fièvres intermittentes; enfin une sorte de scorpion fait des piqiires assez redoutables.

Sanatorium et eaux thermales. — Il existe plusieurs sanatoria. Les principaux sont le camp Jacob, à la Guadeloupe; les camps de Balata, de Chazeau, à la Martinique; enfin, celui des Prêcheurs, dans la même île, possède en outre des eaux thermales bicarbonatées mixtes et ferrugineuses très chaudes (66°), ce qui les rend utiles dans les rhumatismes. La Guadeloupe renferme aussi de nombreuses sources minérales, notamment les bains jaunes ferrugineux et les bains caffé.

Guyane. — Époque d'arrivée. — La saison fraîche correspond à décembre, janvier, février (moyenne 25»). Elle forme la première partie de la saison des pluies, qui se prolonge pendant les mois suivants : mars, avril, mai, juin, séparés par juillet et novembre des mois secs, août, septembre, octobre (28'>;. 11 est d'autant plus utile d'arriver en Guyane pendant les deux premiers mois, que ce sont ceux où les fièvres paludéennes sont rares.

Maladies. — Le paludisme produit à lui seul plus de moitié des maladies, et les régions les plus salubres sont, à ce point de vue, les îles du Salut, l'îlot la Mère et l'îlot le Père, puis une partie de la terre ferme qui longe la mer, y com pris Cayenne. Insalubres, au contraire, sont les terres basses ou marécageuses, placées en arrière de la zone précédente et même les régions montagneuses voisines du Brésil, mais seulement si on y travaille la terre. L'époque la plus dangereuse est celle des trois mois de saison sèche, l'évaporation des miasmes étant alors à son maximum. La fièvre intermittente à type quotidien est particulièrement fréquente, ainsi que certaines formes graves, comme la bilieuse hématurique. La dysenterie est relativement rare; sa localisation est inverse de celle du paludisme : on la rencontre surtout par suite dans les îles et sur les côtes. On lui attribue pour cause le refroidissement de la nuit, après des écarts de régime» soit d'alimentation, soit surtout de boisson.

On observe des cas d'hépatite et de lèpre. La fièvre jaune a fait plusieurs apparitions à la Guyane. On observe aussi des plaies venimeuses produites par plusieurs variétés de serpents, de scorpions, de mygales.

Saint-Pierre et Miquelon. — La rigueur de la température détermine les habitants de ces îles, du reste en général peu fortunés, à vivre dans des logements insuffisants, éclairés par d'étroites fenêtres et dans lesquels ils s'entassent autour d'un poêle en fonte continuellement chaufi'é au rouge, La conséquence de cette insuffisance d'aération est d'abord Tanémie, puis la tuberculose, à laquelle les Miquelonais et les Saint-Pierrais ne sont que trop prédisposés par l'insuffisance de nourriture et surtout par l'alcoolisme.

L'eau est mauvaise, étant fournie par des puits en communication avec des fosses d'aisances, d'où la fréquence de la fièvre typhoïde. Enfin, des épidémies de scorbut, dues à l'abus des viandes salées, viennent encore affaiblir cette malheureuse population.

D' Galtier-Boissiêre.

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Colonies II. **

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