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Les colonies françaises [microforme]

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sur nos Colonies, en manière de propagande, à l'usage de la Jeunesse française, un livre très élémenlaire, de simples notices historiques et économiques, capables ou d'exciter l'enthousiasme chez les enfants ou de développer l'esprit d'initiatives.

Ce projet, Mie A. Clayton, sa belle-sœur et son secrétaire, en fut la confidente. Ils le réaliseraient à eux deux. M. Paul Bert rassemblerait les documents et tracerait les grandes lignes ; Me Clayton lirait et rédigerait ; puis le frère, le maître, ferait le travail définitif d'émondage et de révision. ;

On se mit à l'œuvre : malbeureusement le départ et la mort de M. Paul Bert l'interrompirent avant qu'elle fut achevée. ?

Le livre que publie aujsurd'hui Me Clayton est donc bien le fruit d'une intime collaboration. On y retrouvera les idées de M. Paul Bert en matière ” coloniale, maïs comme cette révision dernière, dont fe. Parlais plus baut, n'a pu être faite, Mte Clayton veut qu'on sache que les fautes sont d'elle seule, Cette modestie, aux yeux du public, sera une garantie de plus. :

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SEPH CHAILLEY,

Le CANADA

Je n'avais pas plus de quinze ans, lorsqu'un jour mon père me rapporta de Paris quelques volumes de Fenimore Cooper, le grand romancier américain. Il y a longtemps de cela, hélas ! Mais je me rappelle encore mon enthousiasme d'enfant pour cette vie des prairies que j'entrevoyais dans ses récits.

La vaste prairie avec ses troupeaux de buffles ou d’antilopes, les grands lacs, les bois sans fin, la montagne mystérieuse, tout cela me charmait. Et puis ces peuples sauvages, ces Peaux Rouges, si braves, si habiles, si fidèles dans l'amitié, commeils captivaient mon imagination de quinze ans, et avec quelle passion je suivais leurs luttes avec les « Visages Pâles »| k Aujourd'hui, mes rêves d'enfant sont loin, je … ne demande plus à manier le-tomahawk, et à parcourir la prairie à la tête de quelque tribu ‘ the bare j'aime encore ce brave pays du Canada, que nos pères appelaient du doux nom . de Vouvelle France. Ce Canada qui a su ler au fond du cœur le souvenir pieux et tendre de

‘la chère Patrie nie: qui a sine: avec nous . -’ dans notre dernier deuil, et qui re aan % la pus sr pet avec attendrissement et or- &

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ea était : français ; exploré Sr. pa français, il a été gr ae DS . soldats français, et colonisé par des sujèts fran-

Le Canada fnt découvert en 1497 par à Venitien Cabot. Plus tard, François 1°" y envoya - Verrasanni, et enfin en 1535, un brave et hardi marin français, ac Cartier, natif de Saint- ra - Malo, découvrit le Golfe du St-Laurent, remonta le fleuve, et prit possession de tout le pays au : nom du roi de France.

La Mère Patrie envoya des colons et des troupes et une com française se forma pour exploiter la nouvelle Colonie.

À ce moment, ces contrées étaient SRE “

trois nations indiennes contre lesquél

ut soutenir une guerre longue et acharnée.

Mais malgré cette lutte et de auras diff cultés la jeune Colonie

Les çais s'établi vs poranes en Acadie; Samuël Champlain fonda la ville à Québec, et d’autres cités s'élevèrent bientôt s … les rives du St-Laurent. On créa des cor

2 De rase des forts, on sema des re er la Nouvelle France avait :

marins allaient faire la pêche . Neuve, et le commerce des ns «0

* Ainsi, cet ère ue au 1 de usqu'alors était EP a une « Nouvelle

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revenant alors sur ses pas, il prit possession de cette belle vallée qu'il venait de découvrir, et … : à laquelle il donna le nom de Louisiane. is

Mais là-bas dans son île l'Angleterre guettait

toujours. Elle n'osait pas à ce moment nous

‘attaquer directement, mais en attendant elle

+ souleva contre nous les Iroquois, à qui elle … envoya de la poudre et des armes. Et ces enfants dé la prairie, avec leur sens subtil et leurs ruses diaboliques, qui se riaient de la douleur et de la mort, étaient de terribles adversaires. Il fallut près d'un siècle de guerre atroce pour subjuguer ces farouches guerriers remplis d'une haine mortelle contre l'étranger.

Enfin, en 1701, une qarantaine de tribus sauvages envoyèrent leurs chefs à Montréal, fumer le calumet de paix. On enterra le tomahawk, et tous jurèrent à la France une amitié” « qui devait durer aussi longtemps que les fleuves poursuivraient leurs cours, et que les astres gardraient leurs clartés. » Par un serment soennel, ils s'engagèrent à rester neutres en Cas de guerre entre l'Angleterre et la France, Désormais ces peuples étranges et passionnés, au

cœur mobile, seront à nous tout entiers, non. comme des vaincus, mais comme des frères, des enfants du Grand Onnonthio Français. ô = Le Canada soulagé, respira. On laissa tomber - l'épée pour. prendre la pioche ou la charrue, et … l'agriculture fit de grands et rapides progrès, Le : commerce prit une extension considérable, la population augmenta, on fonda des forts pour s'assurer la possession du pays, oh se lança

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de nouveau dans des voyages de découvertes, et pendant un demi-siècle, la Colonie jouit d'une grande et réelle prospérité. -

Hélas! elle ne devait pas durer. L'Angleterre était toujours là ; depüis cent ans elle attendait, ct maintenant le moment était venu. La France gouvernée par M°° de Pompadour et M"° Dubarry était trop occupée par lés intrigues de cour as songer à ses Colonies. Quant à son roi, ‘incapable et indigne Louis XV, il vidait les querelles de ses voisins sur le continent, envoyant ses armées avec les Soubise et les Clermont, se faire battre à Rosbach et ailleurs par le roi de

Le moment. était en vérité bien choisi, et.

l'Angleterre entend le méttre à profit: Tout d'un

coup, sans même prendre le temps de jeter son cri. de guerre et de nous avertir, « selon la coutume des nations civilisées, » elle donne ordre aux siens de Courir sus à tout navire français et s'empare de nos vaisseaux sur toutes les mers. Navires de commerce ou de guerre, bateaux pêcheurs, baleinières, n'importe, tout lui est bon . à prendre. Au bout d’un mois, 300 bâtiments français, qui naviguaient sur la foi des traités sont à l'ancre, pavillon bas, dans les ports de la … Grande Bretagne. RS Longtemps déjà avant cette étrange déclaration de guerre, les planteurs anglais et les colons français de l'Amérique du Nord s'entretuaient sur les bords de l'Ohio, sans pour cela que la paix officielle fut rompue entre les deux Mères Patries. Pendant que le sang français

coulait au Canada, l'ambassadeur anglais était. é reçu et choyé à toutes les fêtes de Versailles;

c'est que le gouvernement faible et corrom.

pu de Louis XV sentait sa faiblesse et tremblait dévant-sa redoutable voisine, Ces beaux ministres”. 7 Me s'aplatissaient honteusement devant “êllé; acceptant tous les affronts, se cramponnant

à der t à ca ns Fe À : u'à cet . acte ri e qui fit bon "Europe.

Pendant un ni Louis XV lui-même sentit.

l'insulte, et ei, x ‘au pauvre Canada, qui combattait pour le roi de France et réclamai: instamment des renforts. Le Commissaire des … guerres écrivait que la Colonie « courait les plus grands risques, » et que sa situation exigeait « de prompts et puissants secours. » Dir

Il faut dire qu'à ce moment les possessions:

étaient vingt fois plus peuplées quele : Canada, de plus elles étaient sur le bord de la - mer et par conséquent en communication directe - … avec la Mère Patrie, tandis que les Français n'avaient d'autre passage que le Saint-Laurent, Ainsi, avec une audace superbe, notre Canada : allait se mesurer avec un ennemi mieux placé .. et vingt fois à on nombreux. Dans de telles. conditions, la défaite elle-même est une gloire, . {On débuta cependant par une victoire, et une brillante. Le 3 juillet 1755 M. de Beaujeu, à la - tête de 220 Français et quelques bandes de sauvages, mit en déroute un corps de l'armée ‘ anglaise composé de 2,200 hommes. L'ennemi - laissa sur ce champ de bataille de la AMononga-…. héla — où Malengueulée comme le veut notre

vieille langue ga uloise — 130 hommes, 500 chevaux et 13 piété de cam

L'année suivante Louis XV, a avec une bonté toute royale, finit par envoyer 2,500 hommes.en-. viron, sous la con grrr lg à qui devait prendre le commandement del’armée coloniale. Pauvre petite armée! qui:

a Lamée de 5,000 hommes de troupes ae comptait déjà 40,000 hom-

FRE) ; plus tard elle sera de 60,000, D maigre Montcaim fait l'inventaire ressources, arrête son plen d'opéébuie par un coup de maître.

L ,-sans aucun droit, avaient bâti se 4 bords hr un ie ouegen, qui coupait en deux notre Colonie, et arrêtait toutes nos communications. Montcalm décide de l'enlever coûte que coûte; il sg cette première entreprise avec une une promptitude et une habileté qui irophenl: de tout. Avec sa brave petite troupe il force les. Anglais : à capituler, malgré leur grande supériorité numérique, exige que la garnison se rende ù prisonnière et ee fort avec tout son matériel suit livré à la France.

Malgré cette éclatante et merveilleuse victoire,

croit oblig le 15 août 1756, le jeune général se croi d'écrire au ministre pour s'excuser de sa | . « Les dispositions et

arrêtées, dit-il, sont si fort contre les rt naires, mo qui à été mise di

armées, je me conduirai sur dés principes différents. »

de sa victoire faute d'hommes, car chaque soldat chez lui est en même temps un laboureur. Il faut.

pain.

Pour réussir, il lui faut des soldats et la France. ne lui en donne pas. Eh bien! il ira les demander

mais ce n’est plus assez; il veut maintenant leur concours. Et il s'en va dans les forêts vivre de leur vie, passant des journées entières dans leurs

rands chefs, parlant leur langue, cette langue

- pents, séduisant et captivant les cœurs naïfs et passionnés qui finissent par vouer au « pâle visage, » au « grand sachem français » un amour enthousiaste et un dévouement que la mauvaise fortune n'effraiera pas, car ils lui resteront fidèles dans la défaite.

mobiles enfants de la prairie, qu'ils sont à lui

TEE

toute grâce, d'assurer S. M. que si jamais’ elle veut, comme je l'espère, m'envoyer dans ses

Malheureusement, Montcalm ne put profiter :

+ retourner aux champs, récolter le blé, faire le

aux Peaux-Rouges. Ils ont juré la neutralité,

wigwams, fumant gravement la pipe avec leurs .

. huronne, riche et belle comme une poésie :

. d'Orient, Il guérit les malades, charme les ser-

Quand il sent qu'il les tient dans sa main, ces à

tout entiers, il reprend son épée et se remet en ; campagne. Encore un fort à enlever aux Anglais, : presqu'aussi important que celui de Mhouegen. … | C'est le fort William-Henry, situé à la tête du . | - lac St-Sacrement, comme la clef de la route de … + Québec, et d'où les Anglais pouvaient tomber à - JS

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