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La GUYANE
Notre Guyane, malheureuse et calomniée,
s'étend sur 12 millions d'hectares, sans parler de
ce territoire, au sud-est du fleuve Oyapock, con:! testé par le Brésil depuis bientôt deux siècles. : Notre Colonie incontestée, de la rivière Maroni à l’ouest (qui nous sépare de la Guyane Hollan- ! daise), à l'Oyapock à l'est, a pour limite nord. l'Océan. Au sud nous côtoyons l'immense Brésil, &
mais cette frontière est indécise, et depuis le
xvu® siècle, donne lieu à d'interminables discus- |
sions diplomatiques.
La Guyane française d'aujourd'hui, n’est !
u'un point au milieu de nos anciennes posses- | sions. La Ærance Equinoxiale telle que l’avañent !
rêvée et comprise nos premiers colons était tout
ce vaste territoire encadré par l'Océan, l'Oréno. |
. que, le Rio Négro et l'Amazone.
. Ce pays entrevu par Christophe Colomb, puis
exploré par un de ses compagnons, Pinçon, :
reçut de bonne heure la visite de nombreux | aventuriers et chevaliers errants de tous pays, |
venus pour chercher et conquérir cette contrée . mystérieuse, cette cité merveilleuse de richesse
. et de splendeur qui existait au-delà des savanes !
et des grands bois, disait-on, là-bas plus loin vers le centre du vaste continent. Le prince Char-
euse et calomniée, tares, sans parler de leuve Oyapock, conbientôt deux siècles. :
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là-bas plus loin vers nt. Le prince Char-
mant de ce pays légendaire se vêtissait de paillettes d'or et un trésor inépuisable fourcisit de
quoi renouveler chaque jour ce vêtement éblouis-
sant, On nppoiait le souverain de ce pays fortuné l'Homme Doré, Z{ Dorado. Et longtemps cette légende fascina l'esprit de nos pères, car assez près de notre époque, en 1720,un des gouverneurs de la Guyane envoya une expédition à la recherche des trésors de l'Eldorado.
Quoiqu'il en soit de cette légende qui attira bien quélqués chercheurs d'or et d'aventures, nous savons que dès l'année 1604 quelques Gascons envoyés par Henri IV débarquèrent”sur
les côtes de la Guyane, et en 1643, les Français | $
étaient établis à Cayenne.
Pendant un demi-siècle, quatre compagnies commerciales, soutenues par le gouvernement français, se succédèrent dans ce pays, sans toutefois réussir à développer en quoi que ce soit la : colonisation. Les Hollandais s'emparèrent de Cayenne et notre Colonie était pour ainsi dire morte, lorsqu'en 1664, Colbert chargea M. de la Barre de conduire en Guyane une nouvelle
expédition, Les Hollandais furent chassés et
la Com des /ndes Occidentales que le.
d ministre venait de fonder et à laquelle on
fit la cession de toutes les ions françaises entre l’Amazone et le Labrador, prit en mais la direction des affaires. + ASTON Mais cette Compagnie ne réussit pas mieux :
que les autres. En 1667 notre Cblonie fut prise et … rav. par des corsaires anglais, et grand nombre de nos colons furent massacrés. Après les
EEE CREER A EE
s8 LES COLONIES FRANÇAISES
er revinrent les Sagruagrnr Ps 1674tout avait te sr nr 0 ue Co: supprima la C ie Cou et résolut d' ie la Colonte lui-même directement.
| 7x Ce fut une bonne fortune pour la Guyane. Sous cette direction ferme et intelligente l'ordre
À se rétablit, le travail s'organise, l'agriculture est encouragée. On introduit la canne à sucre, l'indigo et le coton. On bâtit des villages, on explore 4 l'intérieur du pays — en somme, pendant près “AE d'un siècle, la Guyane respire à pleins poumons,
2: RES elle march® même, lentement il est vrai, mais enfin il n'y a pas de rechûte, c’est une Calonie qui se soutient.
En 1763, cependant, un événement des plus sinistres éclipsa totalement cette prospérité relative, et donna à la Guyane cette réputation d'insalubrité effrayante qu'elle a jusqu'à ce jour conservée, et qui a si grandement nui à son pe pement. Terre maudite, terre de la mort, es tombeaux — devinrent dès lors synono En LS uyane, et cela la faute de l'homme bien plutôt que par celle de la nature. Men. En cette année 1763 Choiseul, qui avait obtenu pour lui-même et pour sa famille concession de tout le pays compris entre le Kourou et le Maroni, voulut y organiser une exploitation largement conçue. Il fit grand bruit autour de son projet, publia des brochures, distribua des prospectus et lança l'affaire comme sa haute
position le lui permettait.
Quinze mille colons, surtout Alsaciens et Lor- .. rains furent vite recrutés; le chevalier Turgot,
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