‹ Les colonies françaises [microforme]Chapitre 27 sur 57 · RATS · texte numérisé non relu

RATS

LE Feet AS

entrevue il avait deviné chez lui l'homme supé. : rieur, Puis, charmé par cette nature franche ét: loyale, il se prit de grande amitié pour lui, s'occupa ave: sollicitude de son instruction commerciale, lui mit entre les mains les papiers de la Compagnie, et tout ce qui pouvait servir à l'initier à ses opérations. Bientôt il lui confia la! direction de certaines affaires importantes, et le jeune diplomate, avec son esprit droit et ferme, ne trompa pas les espérances de son chef.

En 1730 il fut appelé au Gouvernement de Chandernagor, qui était alors dans un état pitoyable. De commerce, point ; tout semblait en! dormi, enterré, sous une misère stagnante.

Dupleix n’y trouva même pas une chaloupe.

Un an plus tard, ce même Chanderns or avait 15 vaisseaux qui naviguaient de mer en mer, transportant. nos produits jusqu'en Chine. Dix ans plus tard, ce n'était pas 15 navires! mais 72 qu'il possédait; on avait bâti r0.000 maisons, les revenus étaient considérables & Chandernagor aurait éclipsé Pondichéry, si en 1742 les directeurs de la Compagnie n'avaient appelé Dupleix dans cette possession.

** Pondichéry : était le poste colonial le plus élevé ; tous les autres comptoirs lui étaient subor donnés. Le Gouverneur avait à $a disposition les forces militaires, et, chose non moins impor tante, pt le conseil qui nommaït aux em plois, Tout était donc dans sa main, et assurément] Dupleix était bien l'homme qu'il fallait puur ce hautes et difficiles tonctions.

- Il y arriva plein d'esnoir, avec de vastes el

ANÇAISES L'INDE

ez lui l'homme supé: 2 superbes projets, IL voulut faire ce qu'ont fait te nature franche ét A depuis les Anglais, appuyer nos établissements de amitié pour lui, Æ sur de grandes possessions territoriales, A -vrai de son instruction @R dire, il révait pour son pays le protectorat de es mains les papiers M cette admirable péninsule de l'Hindoustan.

e qui pouvait servir à ! Mieux que personne il connaissait la constiienñtôt il lui confia 4% tution politique du pays. Il avait étudié à fond res importantes, et lÆ ce redoutable empire du Grand Mogol, et, deresprit droit et ferme % rière la splendeur et ia puissance apparentes, il

es de son chef. M avait découvert la décrépitude qui annonce la au Gouvernement dé dissolution.

lors dans un état pH} Cet immense empire, autrefois si puissant, se

HAE MERS démembrait avecune rapidité incroyable. Nababs. LH bal ASRANCSS ct soubabs, ces gouverneurs de province, chargés pas une Fi ny On dans le principe de recueillir les impôts, et de He de er en ire exécuter les ordres du Grand Mogol étaient vigualent de Chi M devenus autant de petits rois. Ils guerroyaient duits JUN ER dires C0tre EUX, chacun cherchant à étendre son doétait pas Hi à auuine aux dépens du voisin. Grâce à leurs 0h AV: de bles M discordes, le pays, ravagé par des bandes de

es pere ns Melards et de brigands qui vendaient leurs psé Fongichérÿ, A nsc au Nabab le plus généreux, était en Compagnie nav guerres et en bouleversements continuels. x

possession. k Si joste colonial le plus Le Grand Mogol lui-même n'était plus qu'un ptoirs lui étaient subor fantûme d'Empereur, incapable de maintenir avait à £a disposition unis tous ces peuples de races différentes, qui se

remuaient et se soulevaient déjà pour recouvrer

hose non moins imp L t déjà pou | qui nommait aux em leur indépendance et leur individualité,

s sa main, et assurémenl me qu'il fallait pour c& ons.

noir, avec de vastes €

A moins que quelque main ferme et puissante ne vienne saisir ce sceptre que le faible souverain de Delhi ne sait plus soutenir, c'est le frac-

D NOT SI PE D I AR D 7 PSE BU A Ce PES.

TRI DE te FRERE SRE ENS 4

tionnement, le morcellement de la péninsule à bref délai.

Et Dupleix se demande pourquoi une main <uropéenne, française même, ne saisirait pas ce sceptre chancelant et ne sauverait pas de la mort ce grand empire jadis si florissant et si puissamment uni, |

Il ne mettait pas en doute que la race européenne, avec sa grande supériorité, n’arrivât fa. | cilement à dominer ces peuples hindous. A !

la vérité, on laisserait à l'empereur fantôme ! son titre de Grand Mogol; les on Ê les hommages seraient encore pour lui, on parlerait par sa bouche, les décrets seraient signés de son nom, mais l'empire effectif appartiendrait à la France.

Il est déjà au courant de toutes les divisions locales, connaît les griefs de tel Nabab, les intérêts religieux de telle province, s'informe de tont, et donne parfois son appui à quelque Na. ! bab, qui dès lors se trouve l'obligé, et au besoin, ! l'allié de la France. Une soubabie est vacante, il s'efforce d'y faire placer un partisan des Français. Et puis, pour séduire ces peuples amoureux de pompe et de cérémonies brillantes, qui méprisent l’humble commerçant, il s'entoure de toute la splendeur éblouissante d’un prince : oriental. {1 fait au travers de l'Inde un voyage féerique, où au milieu de fêtes splendides les rajahs lui décernent le titre de Nabab de Chan- " . Le gouverneur musulman 74 eu

aut et puissant personnage, officier du Gran Mogol lui-même, se prosternant à ses pieds, lui

LANÇAISES

nt de la péninsule à !

is si florissant et si ;

te que la race euro. | périorité, n’arrivât fa. | peuples hindous. A { l'empereur fantôme !

; les honneurs et les pour lui, on parlerait eraient signés de son | [ appartiendrait à la

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s de tel Nabab, les rovince, s'informe de appui à quelque Na. !

l'obligé, et au besoin, :

ubabie est vacante, il

rend l e d'un Vassal. Quel prestige aux y es Hitous !

Mais Dupleix sait bien qu'il va se heurter

à d’autres puissances que les indigènes. Il n'est pas seul dans l'Inde ; les Anglais sont là, avec des élablissements nombreux et florissants, Madras, Bombay, fort St-David; et d'autres sont fondés, -— et les rapports des deux Com ies sont loin d'être sympathiques | On sent déjà une haine, une jalousie so: qui ne fera que grandir et qui un jour éclatera d'une façon terrible.

Il est vrai que les Anglais ne s'occuper pas encore de politique, ne cherchent pas à nouer des rapports avec les princes indizènes, ni à étendre leurs possessions territoriales ; l'association jusqu'à présent ne se soticie que d'affaires purement commerciales.

Mais Dupleix a toujours considéré le choc des deux nations comme inévitable, dans un avenir: plus ou moins éloigné. Dès le premier jour il y a songé, et dès son entrée au pouvoir il s’y prépare. Sa grande préoccupation est toujours d’être prèt le premier.

Il conmaît le pays à fond, s'y est créé des relations, des amitiés ; les peuplades s’habituent . déjà à notre suprématie, Dupleix a, par conséquent, de l'avance et il continuera silencieusement son œuvre jusqu’au jour où il se sentira assez fort, et où il pourra par la voix du Mogol lui-même dicter ses volontés à l’înde tout entière. Ce jour-là l'Anglais bondira, mais il lui

faudra s'armer, s'organiser, se préparer en un

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