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rendit maître de Ninh-Binh, mais au mois d'octobre l'amiral Courbet prit la direction suprême des opérations:
A ce moment, la situation militaire devint fort inquiétante à cause des Chinoïs qui se mirent à prendre part à la lutte ouvertement et artivement.
Partout on trouvait des réguliers Chinois, à Son-Tay, à Bac-Ninh et à Hong-Hoa. Impossible de songer à organiser un pays dans cet état. Ce n'était pas encore l'heure du gouvernement civil, aussi le D' Harmand demande à rentrer en France, et l'amiral Courbet demeure chef unique.
Entre Sonñtay, au nord-ouest, et Bac-Ninh, au nord-est, oceupés tous deux par les Pavillons- Noirs, la ville d'Hanoï était sérieusement menacée. Ne pouvant attaquer les deux à lafois, Courbet se prépare à marcher d'abord sur Sontay très solidement fortifié: Le r4, dès le matin, le corps expéditionnaire se met em marche: et à 7 heures il était auprès des premiers postes annamites. Toute cette journée jusqu’à nuit close on se bat de part et d'autre avec acharnement, mais vers le soir, l'ennemi est refoulé et nous occupons les fortes positions de Phu-Sa. La nuit cependant ne fit pas cesser les hostilités; les Pavillons- Noirs furieux de leur défaite-revinrent à la charge et € nos troupes, dit le général Bichot, ont dépe oyé au milieu de l'obscurité durant ces longues k de lutte br bravoure, un sang-froid et une énergie dignes des plus glorieuses journées de leur hétoire » .
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Le surlendemain à $ heures 1/2, après une lutte héroïque, la place de Sontay était à nous. Nos soldats pleins de confiance dans leur chef avaient été admirables de bravoure. Ce fut une brillante et glorieuse victoire, importante à tous
retentissement,
L'amiral Courbet voulut de suite marcher sur Hong-Hoa, mais Ja baisse des eaux l'en em: pêcha, puis à ce moment d’autres Cet 4 arrivès rent de France avec le général Millot auquel l'amiral Courbet remit le commandement le 12 février r884.
Le nouveau chef amenait avec lui les gémi raux de Négrier et Brière de l'Isle.
Sa première préoccupation fut Bac-Nimh; il prit de suite les mesures nécessaires pour s'en emparer, et un mois plus tard, le r2 mars, le pavillon français flottait sur les remparts de cette si importante place; au-delà, sur la route de Langson, N chassait devant lui les Pavillons-Noirs en pleine déroute,
Encore un mois et Brière-de-l’Isle entrera dans la citadelle de Hong-Hoa.
Partout nous étions les maîtres ; on croyait à la paix, et le 11 mars 1884 on signa le premier Traité de Tien-Tsin, en vertu duquel la Chine: devait immédiatement retirer ses garnisons du Tonkin. Sur la foi de cet engagement nous renvoyâmes des marins à Madagascar et des.
tirailleurs à En même temps le colon Dugenne füt d'aller prendre possession de Lang-Son. Il partit avec 800 hommes, et jus:
les points de vue, et qui eut en France un grand :
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qu'à Bac-Lé ne rencontra aucun obstacle, mais un peu au-delà de ce village, il fut assailli par plus de 4,000 réguliers Chinois, qui refusèrent G'évacuer Lang-Son, disant n'en pas avoir reçu l'ordre, Depuis 4 heures de l'aprésmidi jusqu'au soir, la petite troupe française lutta vaillamment contre ces forces prodigieuses, et le lendemain matin le combat reprit avec rage. Dans la journée cependant, malgré des prodiges d'énergie et de bravoure, écrasé par le nombre, il fallut battre en retraite jusqu'à Bac- Lé, où le général de Négrier vint secourir les nôtres et les ramener à Hanoï. Dans cette dé: sastreuse affaire 30 hommes furent tués et 49 blessés.
La paix maintenant était loin, puisque la Chine avait ainsi foulé aux pieds son traité, De son côté, la cour de Hué nous suscitait de nombreux ennemis, et notre ministre à Pékin, chargé de négocier les affaires avec elle, crut nécessaire de lui rétrocéder le Binh-Thuan et trois autres provinces. ,
Les démarches de ce même ministre, M. Pa.
tenôtre, pour obtenir des Chinois réparation du guet-apens de Bac-Lé ne réussirent pas, En conséquence, l'amiral Courbet reçut l’ordre d'agir contre le Céleste Empire, et cette campagne navale merveilleusement conçue et conduite à été des plus remarquables.
L'Amiral devait s'emparer de deux ports dans l'île de Formose, dont l'un possédait des mines de charbon; de plus il devait détruire l'arsenal maritime de Fou-Tchéou. C'est cette seconde
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partie des opérations qu'il se réserve, et qu’il exécute de façon à causer à la Chine une perte de 30 millions de francs environ. En une demi heure on coule 22 navires et jonques de guerre, montés par 2,000 marins, Nous ne perdimes que 10 hommes,
Maître aussi des ports de Formose, Courbet demande ensuite et reçoit l'autorisation de bloquer Pé-tchi-li et d'occuper les îles Pescadores, espérant par là couper à la Chine du Nord ses provisions de riz. Mais au commencement d’avril, il reçoit l'ordre de cesser les hostilités à cause des préliminaires de paix, et peu de temps après on évacue Formose,
Au Tonkin cependant où le général Brière-del'Isle avait succédé au général Millot la cour de Hué, toujours de mauvaise foi, ne cessait de nous créer des ennuis. Le pays était parcouru par des bandes de rebelles et de pirates soutenus secrètement par les grands mandarins. D'autre part, ls Chinois qui avaient reçu des renforts considérables s'organisaient activement, Dans le nord surtout, à Loch-Nan, ils se montraient nombreux, etlc général de Négrier à la tête de 4 colonnes dut se mettre en route pour les repousser et nettoyer le pays. Il avait affaire à 4,000 hommes, parfaitement armés et disciplinés, mais nos soldats se comportèrent comme des Français. Ils enlevèrent brillamment Kep et Chu, places de première importance stratégique. C'étaient deux portes fermées contre l'invasion pe le nord.
Pendant que le général de Négrier agissait dans le nord, le commandant en chef étudiait la mar-
-che sur Lang-Son, difficile à.cause des transports: pas de route,.et un pays de bois et.de montagnes à peine connu des Européens, où partout pouvaient s'embusquer des troupes ennemies. Ce fut une marche terrible et glorieuse et la France peut être fière de ses enfants qui ont si vaillamment soutenu l'honneur du drapeau. Dans 7 -combats successifs ils ont vaincu les Chinois, dix fois plus nombreux, armés à l'européenne, bien ‘isciplinés et braves. Ils les ont chassés de leurs positions et refoulés jusqu'à Lang-Son, où le 13 ‘février 1885, ils pénétraient en vainqueurs.
Aussitôt maître de la place, le commandant ‘en Chef, laissant le général de Négrier à Lang- Son partit enitoute hâte vers Tuyen-Quan, où le -commandant Dominé était bloqué par 15,000 ‘Chinois. Grâce à.des:marches forcées, il y arriva 15 jours plus tard, et, par le combat de Hoa- Moc, délivra l'héroïque garnison pour laquelle -on ne peut être que rempli d'admiration. Le général en chef lui adressa l’ordre du jour suivant :
« Officiers, sous-officiers, soldats et marins de la garnison de Tuyen-Quan.
« Sous Je.commandement d'un chef héroïque le chef de bataillon Dominé, vous.avez tenu têt depuis trente-six jours au nombre de six cent à unearmée, dans une bicoque dominée de toute parts.
« Vous avez repoussé victorieusement 7 assauts
« Un tiers de votre effectif et presque tou vos officiers ont été brûlés par les mines ou fra pés par les. balles et les obus chinois; mai
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«< Aujourd'uuivous faites l’admiration-des braves troupes qui vous ont: és au prix de tant de fatigue et de sang versé. : in VOUS serez acclamés par la France:entière,
ne tous aussi vous pourrez dire avec orgueil:
« J'étais de la garnison de Tuyen-Quan ; j'élais sur la canonnière \a Mitraïlleuse.
« Au :qt tier général, à Tuyen-Quan, le 3 mars 1885.