‹ Les colonies françaises [microforme]Chapitre 38 sur 57 · TE · texte numérisé non relu

TE

en

| dent et entreprenant, Jean Dupuis, eût l'idée

millions. La À a 4 d'explorer le Fleuve Rouge ou Song-Coiï qui El la capitale actuelle arrose le Tonkin. Il ne demande ni escorte, ni ss

| autre chose ; seul avec son domestique chinois il 8

point de vue com- " 1 A / s'installe sur sa petite barque et se met en route. ‘es 4

capitale, et Æaw-

tant non loin de Partant du Yunman il descend le fleuve, tra- ne versant des régions infestées de brigands, pas- en | sant au milieu de peuplades hostiles et à demi- 48 sauvages, rencontrant mille obstacles, de la nature Fe | NNAM et des hommes. Mais rien ne l'arrête ; à force ss | d'habileté et d'audace il arrive jusqu'aux avant- êe à par la Chine et au postes annamites, où il peut constater à sa FE rtie de ce dernier grande joie que, depuis Mang-Hao jusqu'à son de. : fertile contrée, tra- embouchure, le fleuve-est navigable. +

Le problème était résolu, le but du voyage

- dé sm:

Ps 0 belies mes eng print mr Ca

merveil son œuvre; il s'agissait maintenant d'ouvrir au peer És pr commerce le chemin trouvé. Il entre donc en

relations avec les autorités du pays, et finit par les intéresser à son projet.

Les circonstances aussi vinrent l'aider. À ce | moment le Yunnan était désolé par une insurrection musulmane, et Dupuis fut chargé par les autorités chinoises d'acheter en Europe armes et munitions, qu'il devait leur faire parvenir le plus

promptement possible.

On lui donna des lettres de crédit pour l'An-

à inutiles, parce que nquent. Les Anglais, rs l'Inde le courant une grande partie de plusieurs expéditions mais ils ne trouvèrent Les Français, de leur

ion pour explorer le , :

gi Pverse l'Indo- MA} ram, pays vassal de la Chine, exigeant au nom imirablement conduite du Céleste Empire suzerain qu'on lui ouvrit le servit qu'à démontrer Tonkin. Ceci obtenu, il fait voile pour la France,

où, dès son arrivée, (au commencement de 1872) . Lil rend compte au gouvernement de sa découverte et de ses projets commerciaux. Si la France

| n'était pas encore le nt qu'un Français at

nn

dit-il, obtient lc droit de naviguer sur le Fleuve Rouge, et d'établir des comptoirs à son embouchure, tous les produits de la Chine centrale passeront par là, et notre Colonie de Saïgon deviendra un des marchés les plus importants de l’Extrême-Orient. Il plaide tant et si bien sa cause que le Gouvernement français met à sa disposition un bâtiment de guerre et le charge de négocier avec la cour de Hué les conditions pour l'ouverture de cette nouvelle voie,

De retour au Tonkin, Dupuis se mit en relations avec les représentants du roi Tu-Duc, mais ceux-ci faisaient traîner les choses outre mesure, suscitant des embarras de tous genres, et Dupuis résolut de remonter le fleuve sans se soucier de * Tu-Duc. Il voulait, coûte que coûte, remplir ses engagements envers les habitants du Yunnan; aussi, malgré pièges et menaces, il finit par atteindre son but. Laissant ses navires à Hanoï sous le commandement de M. Millot, il chargea son matériel sur des jonques chinoises et continua son chemin.

Au Yunnan il fut reçu par une véritable explosion de joie, et lorsqu'il voulut repartir, le général en chef des troupes chinoises lui offrit une armée de 10,000 hommes. Dupuis accepta seulement une escorte de 150 Chinois pour faire la police du fleuve, et les lettres du vice-roi ordonnant aux Annamites de le laisser circuler librement.

Ses si bp remplis vis-à-vis des Chinois, il redescendit à Hanoï où, pendant son absence, M. Millot avait grandement souffert de la haine}

NÇAÏSES RENE a ii iguer sur le Fleuve toirs à son embou- > ja Chine centrale Colonie de Saigon les plus importants e tant et si pl sa t français mêt à sa cm le charge “Hué les conditions uvelle voie.

puis se mit en reladu roi Tu-Duc, mais choses outre mesure, ous genres, et Dupuis ve sans se soucier de ue coûte, remplir ses abitants du Yunnan; enaces, il finit par ses navires à Hanoï M. Millot, il chargea ues chinoises et con-

u par une véritable wil voulut repartir, le bus chinoises lui offrit hmes. Dupuis accepta 150 Chinois pour faire les lettres du vice-rot | de le laisser circuler

s vis-à-vis des Chinois, , pendant son absence, E nt souffert de la haine

et de la fourberie des mandarins. De plus, la cour de Hué avait envoyé des ambassadeurs au Gouverneur de la Cochinchine, se Le de 1« présence des Français au Tonkin, et le priant d'intervenir.

L'Amiral Dupré, notre Gouverneur, s'empressa de saisir cette occasion pour se créer des relations au Tonkin, et envoya immédiatement un jeune officier fort distingué, Francis Garnier, pour régler les affaires.

Et, ici, commence une campagne des plus étonnantes, incroyable d'audace, de talent et de bravoure.

Garnier quitte Saigon le 1r octcbre 1873, commandant une seule canonnière montée de 56 hommes, ayant comme armement trois pièces de 4. Il arrive à Æanoï où le mandarin suprême refuse de reconnaître sa mission, et se prépare activement à la lutte. En face de cette attitude Garnier ne se trouble pas, mais pose hardimént ses conditions. « J'attendrai la réponse jusqu’à six heures du soir, dit-il; passé ce délai je prendrai telle détermination que je jugerai convenable. » La réponse n'arrivant pas, l'attaque de la citadélle fut décidée.

Les renforts envoyés à Garnier portaient le

nombre de ses hommes à 214, tandis que la citadelle-était défendue par 7,000 hommes environ.

Mais l'attaque fut menée avec une vigueur, un

entrain et une habüeté tels qu'en moins d'une … heure nos 200 braves s'étaient rendus. maîtres . de cette citadelle formidable, ancienne capitale du royaume d'Annam, défendue par 7,000 hom-

‘que Balny en fait autant par celui de droite, et

« PCR PS nt vw TE MEN VE Ca A AN 100 MARS AN “4 #0 ds ET METLA 6 EN Nr AUS +

mes, et sans avoir à constater une seule mort ni même une blessure. Les pertes ennemies. étaient de 8o morts, 300 blessés, et 2,000 prisonniers, dont plusieurs mandarins, y compris N'guyen, le mandarin suprême L mourut quel:

ques jours plus tard des suites de ses blessures.

Le premier soin de Garnier fut de ré iser l'administration d'Hanoï; puis, comme il avait besoin du coneours des autorités voisines, il envoya une reconnaissance sous les ordres de Balny d'Avricourt, lui donnant ge première mission d'exiger la soumission mandari d'Hung-Yen, et en second lieu de se rendre maître de PAw-Zy, place très importante au point de vue des communications.

Balny obtint la soumission de plusieurs autotités, puis pour obéir aux ordres de son chef | poussa jusqu'à Phu-Ly où il trouva porte close €t barricades. De plus, les remparts étaient cou. ! verts de soldats armés. :

On somme les Annamites d'ouvrir; le chef ‘fait répondre qu'on va apporter les clefs, et Balny lui accorde dix minutes. Pendant ce .temps un de ses officiers, M. de Trentinian, gri pe ‘sur la porte de façon à voir dans la place, où il aperçoit mandarins et soldats fous de terreur, qui s'enfuient pèle-mêle dans la plus grande confusion. Aussitôt il en fait part À ses compa-

ons, puis suivi par ses hommes, il passe par-

us le ps à gauche de la porte, tandis

Ja petite troupe entre fièrement dans la place, et fait le tour des remparts.

FRANÇAISES os

Cette fois, les Annamites étaient 1,000, les nôtres 30; il avait fallu ro minutes pour enlever la forteresse.

ater une seule mort ni ertes ennemies. étaient

Duhormg g" compris | Au bout de dix jours les quatre départements réme qui mourut quel: MN de Ha:Noi étaient soumis, ét la province de suites de ses blessures. ! | Hung-Yen avait accepté le Protectorat français. rnier fut de Mais la province la plus importante pour nous

Va e était celle de Haï-Dzuong, à cause de sa posi- \ D RE M tion et de ses excellents mouillages. ce sous les ctéres de Après son succès de Phu-Ly, Garnier envoya lonnant pour première donc Balny d'Avricourt savoir quelles étaient nission Les mandarins |: dispositions du mandarin de Haï-Dzuong à nd ïeu de se rendre A ‘te sujet. Celui-ci, qui du reste travaillait actice très importante au M ‘ement à fortifier la citadelle, se permit de nications D manquer d'égards envers le représentant de la : # lusieurs . 4 France.

re vd 4 de son post M Balny chercha d'abord à négocier, mais les ù il trouva porte close MR Annamites se montrèrent intraitables. Après es remparts étaient cou- plusieurs tentatives, convaincu d’ailleurs de la : mauvaise ur x Rp ris il bg ge ma : PE « J'atten usqu'à huit heures, dit-il, et si à ce ibn ; je de À : qe moment, satisfaction n'est pas donnée, les hosti- 7 lités commenceront. » A huit heures et demie | se Li rien es ho mb sur le fort, qui ; : M répond ; heureusement passe par voir dans la place, où il la canonnière sans rx de mal. Lu Les nôtres, intrépides, pleins de confiance e davs la pis an de mettent pied à terre et manœuvrent si bien qu'à dix heures le pavillon français flottrit sur les a de Bai Dune sb V4, Auris près quelques jours consacrés à l'administ par aelui de der [A tation de la province M. Balny partit laissant : M. de Trentinian avec une quinzaine de soldats

PR tn dat 0:

pour défendre la place. Il faut dire que tr ‘ “et partout le peuple tonkinois accueillait oldats à bras ouverts,

Pendant que Balny soumettait ainsi la province de Haï-Dzuong, son frère d'armes M.

Hautefeuille faisait une reconnaissance à Ninh- Binh, citadelle située sur la rivière Daï et ! commandant la route de Hué à Ha-Noï.

Il était assez clair que le Gouvernement annamite enverrait des troupes au secours de ses partisans au Tonkin, lesquelles passeraient vraisemblablement par Ninh-Binh. Il s'agissait donc de se rendre maître de la place et de leur barrer le passage si c'était possible. M. Hautefeuille part avec un canot à vapeur, armé d’une pièce de 4, son équipage se composant de huit personnes.

we Après deux jours de navigation, il est arrêté pepe par un barrage en voie de construction, mais assez facilement on parvient à le dé ‘ire et le surlendemain au petit jour, il est vue de Ninh-Binh, cidadelle formidable, ée de deux forts, situés l'un et l’autre sur uu ner de trente mètres de haut.

A l'approche de notre redoutable flotte les Annamites s'ébranlent, descendent lestement au bord de l'eau et détachent leurs jonques pour pouvoir la cerner,

Hautefeuille manœuvre pour tirer, lorsque le malheur veut que son bateau s'échoue, Ce contre-temps ne l'épouvante pas outre mesure; avec une volonté peu commune, il se met à la! besogne avec ses hommes, et finit par dégager son bâtiment, mais au moment où il se croit

ut dire quete “set is accueillait jol-

umettait ainsi la proon frère d'armes M.

econnaissance à Ninh- |

sur la rivière Daï ct Hué à Ha-Noi.

le Gouvernement annaau secours de ses parles passeraient vraisemh. 11 s'agissait donc de ace et de leur barrer le e. M. Hautefeuille part armé d’une pièce de 4, ant de huit personnes.

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vient à le dé ‘ire et le

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descendent lestement au hent leurs jonques pour

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sauvé les tubes de la chaudière sautent, Nos hommes ne perdent la tête, avec un froid imperturbable ils se laissent dériver jusqu’à la berge, trouvent er de sauter à terre, et là, bannière Gsplonte, ils dvancent fièrement sous les murs de la citadelle.

En chemin, M. Hautefeuille aperçoit un mandarin Fa gse c'était le Gouverneur de la place. Avec ses six hommes (il en avait laissé deux sur le bateau) il le fait prisonnier, le conduit

dans la Maison des Etrangers, et là, le revolver :

d'une main, sa montre de l'autre, déclare que, «si dans un quart d'heure, lui, officier français, n'est pas escorté, dans la citadelle, de tous les mandarins, les troupes sur son passage à genoux, et les armes à terre, il lui brûle la cervelle, » Un quart d'heure après la capitulation est signée.

M. Hautefeuille, officier français, fait son entrée aux conditions voulues, et le drapeau français remplace les pavillons annamites.

Pendant ce temps, les habitants de la ville, enchantés, étaient venus apporter aux Français des bœufs et des porcs. Ils les voyaient arriver avec une joie qu'ils ne cherchaient pas à dissimuler.

Quelques jours plus tard, Garnier vint rejoindre M. Hautefeuille, mais à peine arrivé il repart. Il avait quitté Hanoï avec 40 hommes d'équipage et un détachement d'infanterie de marine, mais en chemin, à Phu-Ly, il avait appris que les de Son-Tay avec les

fameux Pavillons Noirs étaient en marche et déjà tout auprès d'Hanoï. Or, il avait laissé cette for-

teresse sous la garde de M. Bain, avec 34 marin seulement. Vite il avait débarqué son infAnteri de marine avec ordre de rentrer à Hanoï le plu rapidement possible. Lui-même continue jusqu” Ninh-Binh où il s'entend avec M. Hautefeuille puis le lendemain repart pour Vem-Dink.

Là, il rencontre une résistance sérieuse, le ennemis sont nombreux, la place est fortifiée di main de maître, et Garnier, avec ses 40 hom mes, possède pour tous engins de simples fusils Mais rien n'arrête ces braves, rien ne les épou vante ; avec une audace incroyable et superb ils se moquent de toutes les difficultés, de tou les obstacles, et, au bout de quelques heures, il restent maîtres de la place.

Grâce à cette victoire, tout le Delta étai maintenant à la France. Z7amoi était entre no mains ainsi que Æong- Ven — Phu-Ly — Nin Binh — Haï-Dsuong et Nam-Dink.

Mais, pendant ce temps, les redoutables Pavi lons Noirs avançaient toujours, ils s'étaient déj ermparés d’un fort tout auprès de Hanoï, et n jeunes chefs comprirent qu'il fallait agir av vigueur et promptitude. Une attaque généra contre Son-Tay fut décidée et préparée, m:

avant le comm®ncement des hostilités arrive u ambassade de la Cour de Hué, demandant négocier avec le chef de l'expédition françai Garnier alors renonce à l'attaque immédiate

oclame aux habitants la suspension d’

s ambassadeurs eux-mêmes se chargeai

de M. Bain, avec 34 marins son infanterie

it de rentrer à Hanoï le plus

Lui-même continue jusqu'à end avec M. Hautefeuille, art pour Vam-Dinh.

ne résistance sérieuse, les

"ux, la place est fortifiée de

Garnier, avec ses 40 hom- 4 us engins de simples fusils.

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utes les difficultés, de tous | bout de quelques heures, ils ;

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nt toujours, ils s'étaient déjà | ut auprès de Hanoï, et nos he fallait agir avec |

ne attaque générale |

irent ude.

ants la suspension d'armes. :

tions d'un traité de paix, mais à l'heure même où ils discutaient, on vient prévenir Garnier que

les Pavillons Noirs sont en marche pour attaquer

la citadelle. A l'instant il est sur pieds et court se mettre à la tête de ses hommes.

Déjà $ ou 600 Chinois tenaient la route à peu de distance de la citadelle et, derrière eux, plus loin 2.000 Annamites. Les Chinois, très habilement postés derrière les buissons et dissimulés par les maisonnettes d'un hameau, avaient déjà ouvert le feu. Ils attaquaient furieusement une

des portes avec leurs pièces installées à 200 mè-

tres. Garnier donne l'ordre de placer un canon sur le mirador de cette porte et.ses coups bien dirigés ne tardent pas à jeter le trouble parmi

les Chinois qui sont obligés de battre en retraite, . mais ce mouvement de recul se fait en bon.

ordre. Derrière chaque buisson, à chaque pli de terrain qui peut servir d’abri, on s'arrête

pour envoyer sur la citadelle une nouvelle bor-

dée. Arrivé enfin au rempart qui entoure la

commune de Hanoï l'ennemi se divise en deux

bandes, l’une d'elles se replie vers le nord et l'autre vers le sud.

Balny d’Avricourt avec dix marins français et.

quelques volontaires indigènes suit de près la

première band, tandis que Garnier s'élance à la

poursuite de la seconde. Pour abréger son che-

min, ce dernier quitte ia route et coupe à travers

des rizières où son canon s'embourbe ; pour ne pas perdre de temps il l'abandonne, et presqu'en même temps ses amis de la citadeile sont

ebligés de cesser leur feu par crainte d'atteindre sa petite troupe.

* Âl continue néanmoins sa marche et aperçoit les ‘ennemis embusqués derrière le remblai du chemin en avant d'un village. Il fait sonner le pas de charge, et ordonne de fouiller ce village. « A la baïonnette, en avant », s'écrie-t-il en gravissant lui-même le remblai. Trois hommes le suivent, l'un d'eux frappé d'une balle à la poitrine tombe mort, un second est blessé à la tempe, Garnier lui-même, revolver en main, redescend parmi les buissons pour en chasser les Chinois qui s'y sont cachés, lorsque son pied avant butté contre un obstacle il tombe.

Au même moment les Pavillons Noirs avec leurs lances et leurs sabres sont sur lui, et lorsque plus tard on vint chercher son corps on constata qu'ils avaient emporté sa tête comme traphée avec celle du brave Dagorgne, mort à côté de lui.

Pendant ce temps, l'autre petite troupe, malgré une résistance héroïque n'avait pas été plus heureuse. Balny lui-même enveloppé par l'ennemi avait succombé comme son vaillant chef ; ‘un de ses marins avait reçu une balle au front, et deux autres furent blessés.

(Cette fatale journée avait coûté aux Français la vie de leur :chef, perte irréparable, celle de Balny d'Awricourt, ‘officier brave et habile, et celle de trois marins. En outre, six (hommes avaient été blessés.

Trois heures après la mort de Garnier, un courrier annonçait l'arrivée des renforts de Sai-

L », s'écrie-t-il en graai. Trois hommes le d'une balle à la poiond est blessé à la , revolver en main, ons pour en chasser hés, lorsque son pied cle il tombe.

Pavillons Noirs avec sont sur lui, et lorsercher son Corps on porté sa tête «comme ve Dagorgne, mort à

e petite troupe, mal m'avait pas été plus nvelo l'ennemi

m vaillant chef ; un de balle au front, et deux

gon; 102 hommes avec un matériel-considérable étaient-déjà au Cua Cam. Il était ob tard.

Les.officiers réunis.en conseil décidèrent qu'on défendrait la citadelle « jusqu'à la ièr extrémité ». M. Dupuis mit à leur disposition.ses bateaux, son matériel, et tout son personnel.

A la nouvelle de nos revers.et.de la mort.de Garnier, :les lettrés se mirent à la besogne, parcourant:.les.provincessoumises, et tâchant partout de susciter l'insurrection. À Nam-Dinh, et à Ninh-Binb. il y eut quelques troubles aussitôt réprimés “vec l'aide des volontaires indigènes, (car le pr aple était avec nous). Quant à la belle et populevse.province de Haïi-Dzuong pas.un souffle de rév':te ; on ne Craignait qu'une chose, c'était le retsar-des mandarins de Tu-Duc. ”

Le 25 décembre 1873 on repritlesnégociations , interrompues avec les Annamites, et la convention, en tous points avantageuse pour.la France allait être signée lorsqu'on reçoit d'un nouvel envoyé français l'ordre de suspendre toute négociation, et, -quelques:jours;plus tard, M. Philastre, qui succédait au brave Garnier, fait évacuer par les troupes françaises toutes les citadelles conquises, Ninh-Binh, Nam-Dinh, Haï-Dzuong, et même Hanoï, Toutes :ces conquêtes, tous ces résultats magnifiques dûs à l'habiletéet à l'intré-

pidité de .ces quelques braves, et payés par du

sang ‘français, tout est rendu nui par un trait de plume du nouveau plénipotentiairel

Le 45 mars 1874 un traité de paix fut signé à

Saïgon entre notre Gouverneur et le représentant du-roi Tu-Duc. — Traité moins avantageux pour la France que celui négocié par les officiers de Garnier. *

La Cour de Hué reconnaissait la souveraineté de la France sur les 6 provinces de la Cochinchine, Moyennant des conditions assez dures

our nous, elle s'engageait à ouvrir le Fleuve

ouge au commerce, ainsi que certains ports * désignés, dans chacun desquels nous aurions un consul. Il était stipulé en même temps que les indigènes qui avaient servi sous nos drapeaux ou qui s'étaient montrés favorables à la cause française auraient amnistie pleine et entière.

Mais Tu-Duc, perfide et déloyal, ne tint pas ses engagements, et c'est la violation de ce Traité et Fintervention de la Chine dans les affaires du Tonkin qui nécessita l'expédition du commandant Rivière.

Redoutant les armes de la France, Tu-Duc se

rappela fort à propos sa vassalité envers la

Chine, vassalité depuis longtemps oubliée. Il

envoya à la Cour de Pékin des ambassadeurs et

des présents, et le Céleste Empire qui voyait d'un mauvais œil l'arrivée des Européens dans l'Extrême Orient parut assez disposé à écouter

Tu-Duc et à le soutenir les armes à la main, Se

sentant ainsi encouragé et appuyé, Tu-Duc se

montra de plus en plus hostile, si bien qu’au mois de mars 1882, notre Gouverneur de la Cochinchine, M. Le Myre de Vilers, se vit obligé d'envoyer à Hanoï 2 compagnies d'infanterie de marine sous le commandement du capitaine

ur et.le représentant ins avantageux pour par les officiers de

ssait la souveraineté inces de la Cochinbditions assez dures à ouvrir le Fleuve i que certains ports uels nous aurions un nême temps que les i sous nos drapeaux avorables à la cause pleine et entière.

déloyal, ne tint pas ses lation de ce Traité et dans les affaires du pédition du comman-

la France, Tu-Duc se

, vassalité envers la ongtemps oubliée. 11 des ambassadeurs et te Empire qui voyait : des Européens dans sez disposé à écouter s armes à la main. Se + appuyé, Tu-Duc se hostile, si bien qu'au re Gouverneur de la de Vilers, se vit obligé mpagnies d'infanterie ndement du capitaine

re 0 EU ds | L'INDO-CHINE 149

de vaisseau Henri Rivière. Il espérait toutefois arriver à une solution pacifique. « Toute ma pensée », disait-il, en donnant ses instructions à. Rivière, peut se résumer en cette phrase. « Evitez les coups de fusils, ils ne serviraient qu'à nous créer des embarras. » f Mais l'attitude des Annamites ne permit pas une entente amicale; partout ils se montrèrent défiants et hostiles. À Hanoï où les Français ne se sentaient pas en sécurité il fallut recourir aux armes. On somma le Zong-Doc de livrer la citadelle ; il refusa, et aussitôt l'assaut fut donné. Une demi-heure suffit pour la prendre, et mettre en fuite ses défenseurs. Nous n'avions que:

blessés ; l'ennemi comptait 40 morts et un gran nombre de blessés ; 18 furent recueillis par l'ambulance française, Le lendemain, le Tong-Doc, au désespoir, se suicida. RE Le LR C'est us cette seconde prise de Hanoï fut

connue en Europe, que le Marquis de Tseng, :

ambassadeur chinois, demanda le rappel de nos troupes du Tonkin. M. de Freycinet répondit « que nous avions donné l’ordre au Gouverneur de la Cochinchine d'assurer l'application compiète du Traité de 1874, que les suites de l'action que nous entendions exercer dans cette vue concernaient exclusivement les deux Etats signa taires, et qu'en conséquence nous n'avions aucune explication à fournir au gouvernement . chinois. » Fe Hs Due Au Tonkin, cependant, on ne restait pas inactif. Le Fos an Rivière avait fait occuper Hong-Gay, important à cause de ses mines de

houille, puis pour assurer ses communications s'était dirigé sur Narn-Dinh, où les Annamites construisaient des barrages. C'est pendant cette marche sur Nam-Dink que les Pavillons Noirs profitant ‘r# l'absence du commandant et d'une partie de ses forces attaquèrent Hanoï. Ils étaient en grand nombre, 4,000 environ, habilement dirigés et bien armés avec des fusils à tir rapide, C'est dans la nuit du 26 au 27 mars

u'ils traversent le Fleuve Rouge, se dirigent silencieusement sur la Pagode Royale, et se jettent sur les Français, espérant !°s surprendre ; mais ceux-ci leur tiennent tête, et une sortie vigoureuse les force à se retirer. Ils se replient sur Bac-Ninh,

Toutefois, cet échec ne les décourage pas longtemps, et lorsque le 2 avril, Rivière rentre à Hanoï, ils étaient de nouveau près de la ville, b=rcelant les Français, pillant les habitants, enlevant femmes et enfants, semant partout l'épouvante. Parmi eux, on voyait bon nombre de réguliers Chinoïs.

Le commandant, aussitôt, à à lui toutes les: forces disponibles, voulant frapper un coup

- lécisif, et dégager la ville. Mais ses préparatifs dé lutte ne troublent guère nos redoutables adversaires, et le chef des Pavillons-Noirs envoie au Consul de France une déclaration qui débute ainsi : « Le guerrier robuste Lun fait la déclation suivante aux Français :

« Vous n'êtes que des brigands hors la loi ; les autres nations ne font pas le moindre cas de vous. » Suit une longue énumération de:ses griefs,

s communications où les Annamites est pendant cette les Pavillons Noirs h commandant et aquèrent Hanoï. Ils boo environ, habiledes fusils à tir du 26 au 27 mars Rouge, se dirigent rode Royale, et se rant les surprendre ; tête, et une sortie irer. Ils se replient

les décourage pas vril, Rivière reritre à veau près de la ville, nt les habitants, enile- »mant partout l'épouéusi bon nombre de

)t, à à lui toutes

Pavillons-Noirs envoie déclaration qui débute ste Lun fait la décla-

gants hors: lof; les 5 le moindre cas de

imération de:ses griefs,

après quoi il termine en disant : « Aujourdti£ moi, j’at des ordres: ‘faire law guerre. J'ai conduit mes troupes à Phu-Hoaï-Duc ; mes drapeaux et mes lances obscurcissent le ciel ; ‘mes fusilset sabres sont aussi nombreux que les arbres d'une

forêt ; *uut cela dans le but d'aller vous tuer

tous, et saper votre infernal repaire (la: concession frangaisé).

« Mais l'intérêt public est à considérer avant tout. Je ne veux pas me permettre: de prendre pour lieu de combat le territoire de la ville d'Hanoï par crainte de eauser préjudice aux habitants.

« C'est pourquoi je vous fais:savoir que, si vous êtes assez forts: vous n'avez qu'à conduire vos troupes de bandits à Phu-Hoaï pour qu’elles: se mesurent avec srphis vous avez peur, 2.

n'avez pas assez de courage venir, @ bien | coupez et prenez les étendu consul, du commandant en chef, du chef de: bataillon et des capitaines; envoyez-les à ma résidence, et j'aurai assez de pitié pour ne pas vous poursüivre et VOUS MASSACTET:

« Sivoustardez trop àvenirouisi vous ne venez pas, je ferai descendre mon: armée: et je viendrai vous tuer tous: jusqu'au:

En conséquence; réfléchissez bien l' » : \

En vérité, la situation était grave-; puisqu'on était entre: là: bande de Bac-Ninh et celle de Son- Tay. Il fallait de toute nécessité agir, et énergiquement. é

Une sortie dans lx direction de Phu-Hoaï sur la route de: Son-Tay fut décidée pour le: 19.

Le chef de bataillon Berthe de Villers fut chargé de la conduire. Rivière cependant, accompagnait les troupes qui dès le petit jour étaient en mouvement. À six heures ils arrivaient au Pont de Papier occupé par les Pavillons Noirs. Le pont fut enlevé et l'ennemi repoussé malgré une résistance opiniâtre. Les Français avançaient toujours chassant devant eux les Chinois, lorsque Berthe de Villers tombe mortellement blessé. Rivière le remplace et le mouvement en avant continue, lorsque l'ennemi essaie de tourner notre droite pour reprendre le Pont de Papier, nous barrer la route de Hanoï et couper la retraite.

Aussitôt on rappelle les marins qui avaient poussé jusqu'au village de Trung-Thong, mais le feu des tirailleurs Annamites qui les atteint en

d nombre est désastreux. Un officier est tué ainsi que plusieurs soldats, et un second officier blessé,

Presque en même temps un de nos canons tombe dans la rivière, il est urgent de le sauver, “et Rivière avec quelques hommes s'efforce de le remonter lorsqu'il est mortellement frappé. Plusieurs tombent autour de lui. Aussitôt les Pavillons-Noirs se ruent sur les cadavres pour les décapiter et emporter les têtes comme trophées. » Les nôtres parviennent à les arrêter dans leur besogne sanglante et à sauver le canon, puis tristement ils continuent leur pénible retraite. Nous avions perdu 30 hommes, et 55 étaient blessés, -

Cette douloureuse nouvelle fit passer sur la France un frisson de patriotisme, et le 26 mai

de Villers fut chargé hdant, accompagnait our étaient en mouivaient au Pont de lons Noirs. Le pont sé malgré une résiss avançaient toujours nois, lorsque Berthe ent blessé. Rivière le en avant continue, tourner notre droite Papier, nous barrer la a retraite. qi

s marins qui avaient lrung-Thong, mais le tes qui les atteint en eux. Un officier est oldats, et un second

ps un de nos canons t urgent de le sauver, ommes s'efforce de le tellement frappé. Pluui. Aussitôt les Pavilles cadavres pour les êtes comme trophées.

à les arrêter dans leur sauver le canon, puis leur pénible retraite.

ommes, et 55 étaient

velle fit passer sur la riotisme, et le 26 mai

on reçut à Hanoï le télégramme suivant: « La Chambre vote à l'unanimité ïe crédit pour le Tonkin; la France vengera ses glorieux enfants, »

Le général Bouët, alors commandant supérieur des troupes en Cochinchine, prit la direction des opérations. On lui envoya tous les renforts disponibles. Une nouvelle escadre, la division navale du Tonkin fut créée et confiée au contre-Amiral Courbet, Le D' Harmand,compagnon d'armes de Garnier, fut chargé de la direction politique et administrative de l'expédition.

Ces trois chefs commencèrent par tracer leur plan de campagne. Pour le général Bouët, il s'agissait de reprendre l'rffensive sur la route de Son-Tay; pour l'amiral .‘ourbet, d'enlever les forts de Thuan-An situés à l'embouchure de la rivière de Hué, tandis qu'Harmand devait remonter jusqu'à Hué pour négocier avec le successeur de Tu-Duc, mort depuis peu, un nouveau traité plus favorable à la France.

Chacun d'eux réussit à exécuter sa partie du

| programme. Le général Bouët força les Pavil- |

lons Noirs à évacuer leurs lignes qu'ils reculèrent jusqu'à Phung d’où ensuite il les chassa; de plus Haï-Dzuong fut repris. Les forts de Thuan- An furent brillamment enlevés et le 25 août 1883 le D'° Harmand signait un nouveau traité avec la cour de Hué.

De retour au Tonkin il commença son œuvre d'organisation, mais bientôt de très graves difficultés s'élevèrent entre les autorités civiles et militaires ; et le général Bouët dût rentrer en France.

Il fut remplacé par le colonel Bichot, qui-se

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