OBOCK
BIBLIOGRAPHIE
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Obock n'est pas encore, mais deviendra bientôt une colonie française. Cette ville ne nous appartient que nominalement; mais elle est si bien située, que, si les circonstances la favorisent, ^lle pourra devenir comme Tembryon d'une France nouvelle.
L'isthme de Suez était en voie de formation. Les Anglais, inquiets et jaloux, s'opposaient sourdement à ce gigantesque travail, qui devait renouveler les conditions économiques du commerce universeL Ils venaient de s'emparer de Périm (1857) et y construisaient un nouveau Gibraltar, afin de dominer la mer Rouge. Il n'était que temps pour la France d'intervenir '.
1. VcM 1860, lors de la mission du commandant Russel, la baie dMduIt* et nie de Dessé, qui en défend l'entrée, avaient été déjà achetées au roi Nogousié. Cette acqQi^ition ne fut pas ratifiée à Paris, et ce fut un malheur, car nous serions entrés en relations directes avec les Abyssins, et notre influence se serait prompiement établie dans cette région, si bien située sur son frais plateau, d'où elle domine les deux Orients, et regarde à la fois les Indes et TÂfrique.
Nous avions alors à Aden pour agent consulaire un homme énergique, très au courant des menées anglaises et fort capable de les déjouer. M. Henri Lambert résolut, avec l'autorisation du gouvernement, d'acheter un territoire au débouché de la mer Rouge, afin d'y créer un port, qui deviendrait à la fois une position stratégique et un centre commerciaL Son choix fut heureux. Il se détermina pour Obock, dans le golfe d'Aden ou plutôt de TadjourQj au sud du détroit de Bab-el-Mandeb. C'était un village inconnu et si peu fréquenté, que les indigènes lui avouèrent naïvement que jamais, avant lui, un Européen ne les avait visités; aussi le considéraient-ils comme un être surnaturel. Les femmes et les enfants fuyaient à son approche; mais ils les apprivoisa bien vite et, par sa bonté et sa générosité, leur apprit à chérir le nom de la France.
Obock appartenait à un roitelet des Somâlis, Abou-Becker, sultan de Zeilah. Les Anglais % qui se doutaient des projets de Lambert, avaient écrit à cet arrière-cousin du Prophète de ne pas lui accorder sa protection, ce qui, dans un pays si mal gouverné, était une sorte de provocation à l'assassinat. Lambert, prévenu à temps, n'eut pas de peine à démontrer au sultan que, si les Anglais prenaient tant de précautions et agissaient si déloyalement à son endroit, c'est qu'ils redoutaient l'influence française, et, par conséquent, que lui, sultan de Zeilah, avait tout intérêt à devenir notre allié. Cette argumentation spécieuse convainquit Abou-Becker, qui vendit à notre agent pour une somme insignifiante, une cinquantaine de mille francs, la ville et le territoire d'Obock.
Lambert n'eut pas la satisfaction de prendre possession de la nouvelle colonie que son habile diplomatie venait d'acquérir à la France. Le 4 juin 1859, il tombait victime d'un guetapens, et ses assassins, d'obscurs Arabes, excités par un ennemi d' Abou-Becker, jetaient son cadavre à la mer. Ce fut seulement en juin 4863 que MM. Goldtammer et Capitaine plantèrent à Obock le drapeau français. L'année suivante, l'aviso de la marine impériale le Surcouf^ commandé par M. Salmon, exécu-
1. Les Anglais d'Aden ont déjà essayé de pénétrer dans ces régions inexplorées pour ouvrir à leur commerce des voies fécondes. La morgue britanniqiie s'aliéna vile l'esprit des habitants, et le capitaine Burton dut fuir à la oago li colère du peuple de tierbera, que son arrogance avait ameuté contre loi.