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déjà signalés dans les guerres de l'Inde sous l'ancienne monarchie, défendirent leur île contre les escadres anglaises sous le gouvernement de la République, (]uand elle s'a[)[)ela f)Our la première fois la Réunion, et sous l'Empire quand elle avait pris le nom de Bonaparte. Le général Decaen, gouverneur des établissements français de l'extrême Orient, se signala par sa bravoure, mais il ne put sauver ce dernier fleuron de notre couronne coloniale. Il avait fixé sa résidence à l'île de France, et avait donné le commandement de Bourbon à un de ses lieutenants, le général des Bruslys. Eu prescrivant à ce dernier de dissoudre les assemblées élues de la colonie, et de supprimer les milices locales, il désorganisa, sans les remplacer par rien, les éléments de défense préparés par les colons. Abandonnés par la métropole, privés de leurs ressources locales, sans renforts et même sans nouvelles depuis plusieurs années, attaqués par des forces supérieures, les créoles furent obligés de capituler en 1810 et devinrent Anglais. En 1814, Bourbon fut rendue à la France. De nouveau menacée pendant les Cent jours, elle n'hésita pas à se mettre en défense. Le rétablissement de la paix générale la préserva d'une seconde invasion.
De ce moment date une ère nouvelle pour la colonie. Seule et dernière possession de la France dans l'océan Indien, Bourbon semble avoir conscience de son importance politique et commerciale. Ses habitants redoublent de travail. Ils étendent et améliorent leurs cultures; ils perfectionnent leurs ponts et chaussées; ils domptent la mer, qui les étreint et les assiège. L'émancipation des nègres en 1848 les a surpris en pleine réorganisation, mais ils n'ont pas perdu courage, et voici que la Réunion, toutes proportions gardées, est la plus vivace et la plus productive de nos colonies. Est-il donc vrai que nous soyons incapables de coloniser, puisqu'une poignée de Français, à quatre mille lieues de la métropole, a réussi à fonder une France nouvelle?
Voyons-les donc à l'œuvre, ces frères d'outre-mer. Descendons dans leur île; suivons-les dans leurs cultures et dans leurs usines.
Le trait saillant de la géographie physique de la Réunion, c'est le contraste des éléments. Ici un sol généreux et pro-
digue; là une mer dangereuse et inhospitalière. Séduction du continent, menaces de l'Océan, c'est là toute i'ile de la Réunion.
L'île de la Réunion n'est pas grande. Elle n'a comme superficie que 251,160 hectares, à peine le tiers d'un département fiançais. Elle affecte généralement la forme elliptique et s'allonge du nord-est au sud-est. Sa longueur de la Pointe des Galets à celle diAngo est de 72 kilomètres, et sa largeur de Saint-Pierre à Sainte-Suzanne de 51 kilomètres. Ses côtes ont un développement de 207 kilomètres. Elle est coupée en deux du nord-est au sud-est par une chaîne de montagnes qui la divise en deux versants. Cette chaîne paraît s'exhausser autour de deux centres principaux, que marquent d'un côté le Piton des Neiges, qui élève à 3,069 mètres sa blanche pointe, de l'autre le Piton de Fournaise, qui atteint une altitude di; 2,6io mètres. On cite encore le Grand Renard (2,970 m.), le Guuandel (2,226 m .), les Salazes (2,145 m .) et l'Ange vin (2,391 m .)• Les deux groupes de montagnes de l'île sont réunis par un plateau appelé \d. plaine des Cafres : il est élevé de 1,600 mètres au-dessus du niveau de la nier. La nature du sol atteste que l'île entière est le produit des éruptions de deux foyers occupant les deux points qu'on vient de signaler, mais dont le plus considérable, le piton des Neiges, est depuis longtemps éteint, tandis que l'autre, le piton de Fournaise, brûle encore. L'île se trouve partagée par cette double chaîne en deux versants : le premier, celui du nord-nord-est, que l'on dénomme la partie du vent, c'est-à-dire qui reçoit directement le vent du large; le second, celui du sud-sud-ouest, que l'oh dénomme la partie soKs lèvent, c'est-à-dire qui est plus ou moins abritée par les montagnes contre ce même vent. Le premier de ces versants incline au soleil d'orient ses flancs toujours battus par les vents alizés; le second, celui sous le vent, redresse ses pentes au couchant dans une atmospiière plus calme. D'un côté, c'est l'Asie avec ses chaudes et enivrantes séductions, de l'autre l'Afrique avec sa verdoyante parure et ses ellluves embrasés. Cette diversité harmonique réunit deux mondes en un seul et exerce une sensible influence non seulement sur les cultures, mais même sur le caractère et les idées des hai)it;iiits.
Deux volcans surgissent donc un jour du sein de l'Océan et projettent avec violence les masses de laves qu'ils entraînent
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au doliors. Peu à peu, la distauce qui les séparait se rapproche; bientôt elle n'existe plus, et, comme le travail souterrain de la nature n'est pas interrompu, le sol continue à s'exhausser, des rivages se forment, et l'île s'étend au large. Aussi bien la base volcanique du sol tantôt se découvre en. masses noires et compactes, tantôt apparaît en rocs rugueux, disséminés çà et là, mais le plus souvent est cachée par les alluvions entraînées des montagnes par les pluies et enrichies d'humus par les détritus végétaux. Quoique les feux souterrains aient singulièrement diminué d'intensité, et que l'un des deux volcans ait cessé depuis plusieurs siècles d'être dangereux, partout on retrouve les traces de la force ignée. Ici, des sources thermales qui jaillissent (à 872 mètres d'altitude, la source de Salazie, qui contient de l'acide carbonique; celle de Ma fat, à G82 mètres, sulfureuse et ferrugineuse; celle de Vran- Rouge, dont la température s'élève jusqu'à 48"; celle de Cilaos, alcaline acidulé et ferrugineuse); là, des champs de lave, et, à l'extrémité orientale de l'île, le piton de Fournaise, sou)hre cratère, qui, de temps à autre, allume ses incendies sur l'horizon. Par bonheur, ses éruptions ne sont jamais accompagnées de tremblements de terre, ce qui indique le facile dégagement des gaz et peut-être aussi l'apaisement du foyer comburant. Les éruptions n'étant plus dangereuses n'ont que l'attrait d'une illumination grandiose. Le volcan semble les annoncer par un bruit sourd et continu. Bientôt une lave enflammée déborde du cratère et tombe dans la plaine, où elle continue de brûler; par bonheur, le fleuve de feu se dirige toujours du côté de la mer. c'est-à-dire vers le seul Côté où une issue lui soit ouverte. De temps à autre, il s'arrête, parce que la lave se refroidit; mais de nouveaux flots de bitume ou de métal arrivent pour l'alimenter, et il continue sa marche avec un bruit assourdissant. Quand il arrive sur la côte, on entend comme le frissonnement de l'eau froide qu'on laisse tomber sur du fer rougi : c'est la lave qui tombe dans l'Océan en cascades éliiicelantes.
Les éruptions de Fournaise sont parfois signalées par un singulier symptôme. Elles remplissent l'air d une poussière jaune et brillante : ce sont des parcelles de verre lîlé en menus fragments, qu'on prendrait pour de la poudre d'or.
et dont on se débarrasse à giand'peine. Cette poussière équivoque couvre l'île entière et se répand très au loin sur la mer. Elle se dégage sans murmure, sans émission de lave au deliors et presque sans fumée. Au pied du volcan actuel et autour de ses différents cratères s'étend le Grand-Pays- Brûlé, région stérile, hérissée de coulées de lave refroidie ou liquide.
La Réunion continue donc à être le théâtre de phénomènes volcaniques, mais qui ne présentent plus aucun danger pour la sécurité de ses habitants. Pourtant, le 26 novembre 1873, un grand malheur a frappé notre colonie. Une partie du piton des Neiges et du gros Morne s'est écroulée dans le cirque de Salazie, ensevelissant sous ses débris le village du Grand-Sable, situé sur les bords du torrent des Fleurs-Jaunes. Plus de ISO hectares ont été ainsi recouverts par des milliers de mètres cubes de rochers et de terres, qui forment, dans tout cet espace, comme un manteau d'une épaisseur de 40 à 60 mètres. Piés de cent victimes ont été ensevelies sons ces débris, sans qu'il soit possible de songer à retrouver leurs cadavres. Dans cette catastrophe, un terrain en pente reposant sur une couclie d'argiles et de rochers lisses, glissa et fut poussé à plus dii deux kilomètres de distance avec une effrayante rapidité. Les arbres, les moissons, les constructions restèrent debout. Les animaux furent préservés, et le propriétaire qui se trouvait assis devant sa maison ne ressentit que l'émotion de ce formidable voyage qui lui valut de n'être pas broyé, comme ses voisins, sous les décombres de la montagne. Au premier moment, on a cru que le piton des Neiges reprenait son activité. On s'est imaginé que cet accident provenait de secousses volcaniques et peutêtre d'un tremblement de terre; mais on n'a ressenti nulle part, même en des points assez rapprochés du théâtre de la catastrophe, de trépidation du sol. Ni feu, ni fumée, ni détonation n'ont précédé ou suivi ce gigantesque bouleversement. La raison en est simple. Ce n'est qu'un éboulement, conséquence trop naturelle de la désagrégation des rochers volcaniques de ces montagnes sous l'influence des agents atmosphériques. En 4869, un immense incendie avait déjà déboisé ces montagnes. Les racines, qui retenaient la terre, pourrirent avec le temps et devinrent comme autant de canaux par les-
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quels s'infiltrèrent les eaux pluviales. Donc n'accusons pas de cette catastrophe l'action des feux souterrains, et affirmons sans crainte que les volcans de la Réunion ont cessé d'être dangereux.
Ces volcans sont au contraire pour les habitants de l'île roccasion de profits inespérés. On connaît la fertilité des terrains formés par des matières volcaniques. Les flancs du Vésuve et de l'Etna par exemple sont réputés pour l'abondance et la qualité supérieures de leurs produits. En France, il n'existe peut-ôtre pas de canton plus riche et plus admirablement disposé pour l'agriculture que la plaine de la Limagne, en Auvergne, toute bordée de volcans éteints. Il en est de même à la Réunion, d'autant plus que toutes ces matières volcaniques fermentent au soleil des tropiques avec une prodigieuse énergie. Le territoire est baigné par une multitude de ruisseaux et de rivières, qui coulent des montagnes, comme d'un bassin où l'eau déborde : la rivière de Saint-Denis, celles dfs Galets, de Saint-Etienne, à' Abord, des Marsouins, des Poches, du Mat, de Sainte-Suzanne, des Pluies, etc. Ces cours d'eau se icndent impétueusemetit du centre à la circonférence. Aucun d'eux n'est navigable. Mais leur nombre, l'abondance de leurs eaux, et la rapidité de leur course, qui permet de les utiliser et comme force motrice et comme moyeu d'irrigation , contribuent à augmenter la fertilité du sol. L'intérieur de l'île renferme en outre un certain nombre d'étangs, dont les principaux sont le Grand-Étang et l'étang de Cilaos. Sur la côte, on en remarque quatre autres, qui, dans la saison des pluies, communiquent avec la mer, l'étang de Saint-Paul, qui, lorsque les eaux se retirent, donne du natron très-pur, et les étangs Salé, du Col et du Champ Borne. De l'eau, du soleil, un terrain volcanique, certes on ne trouve pas souvent réunies de telles conditions de fécondité.
Essayerons-nous d'avoir une idée sensible de la Réunion? Qu'on se figure l'immense ellipse décrite par l'île. Les rivages torment comme une première zone qui s'élève insensiblement en amphithéâtre et dont les gradins sont séparés par des coupures. Les unes forment de sauvages escarpements; les autres s'élargissent en vallées. C'est là que sont bâties les villes et groupés les villages; c'est là que les usines et surtout les
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sucreries sont en pleine activité. Au-dessus de cette première zofie commence le royaume de la canne à sucre, qui se dé[)loie sur une largeur d'environ 6 kilomètres. C'est la ceinture verdoyante de l'île, qui recèle dans ses flancs d'incalculables trésors. Une troisième zone est celle des cultures tropicales : c'est là que grandissent les forêts, qui l'ont de l'île, vue de la mer, comme une corbeille de fleurs et de fruits aux senteurs pénétrantes, A mesure que grandissent les montagnes commence la quatrième zone, celle des cultures européennes : c'est la région des plateaux. Vient ensuite la cinquième, et la plus considérable comme superficie, la zone des montasrnes : tantôt pitons aigus ou mornes neigeux, réservoirs intarissables des fleuves de l'île, pics des bauts Saint-Gilles, de la Grande- Montée, de la Ravine-Blancbe, des Treize-Cantons, du Nez-de- Bœuf, d'Aiigo, et, dominant tous les autres, les pitons des Neiges et de Fournaise, ce dernier avec sa gigantesque coulée de lave du Grand-Biùlé ; tantôt ce sont des cirques énormes formés par l'aflaissement des assises inférieures du sol, rongées par les feux souterrains. Les deux principaux sont ceux de Cilaos et de Salazie. L'île de la l^éunion, avec ses cinq zones, ne ressemble-t-elle pas à une colossale pyramide émergeant du sein de l'Océan, les pie'ds baignés par la vague bleue, les flancs entourés de verdoyantes cultures, et la tête parfois couronnée de neiges et de feux?
Par un concours de bienfaits rares dans les régions chaudes, ce pays si pittoresque était en même temps un des plus salubres du globe. Air pur, ciel magnifique, eaux abondantes, fraîches brises, tout s'est réuni pour faire de celte île un séjour enchanté. On ne s'y croirait pas sons la zone torride. La température moyenne est de :24''; la température maxima estde 36° et la minima de 1:2° au-dessus de zéro. Les premiei's explorateurs furent émerveillés de trouver réunies dans cette île une chaleur modérée et des pluies rafraîchissantes. Ils remarquèrent que les plaies s'y guérissaient promptement, que les fièvres et les maladies endéuiiques y étaient inconnues. Aussi la population s'y éiablit-elle dans des conditions exceptionnelles de salubrité. Bourbon devint une véritable terre promise. C'est, encore aujourd'hui, une des stations les plus saines qu'on puisse recommander. On y trouve jusqu'à, des eaux thermales dont les pro-
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priétés reconstituantes sont bien rares. Aussi les navigateurs de toutes les nations pcuvcnt-ils y déposer et y déposent-ils Jeui s malades. Nulle part il n'existe de sanitariiim aussi bien disposé. Malheureusement, depuis quelques années, on a sif^nalé d'assez non)breux cas de lièvres intermittentes. On ne sait s'il laut les attribuer à l'introduction des travailleurs hindous, ou plutôt au déboisemerit exagéré des montagnes et à la corruption des eaux potables. Il est probable que ces inconvénients disparaîtront bientôt, dès qu'on en connaîtra la cause certaine. A ces avantages, il faut ajouter l'absence de tout animal dangereux ou même incommode.
Telle est la terre. Mais voici le contraste l'Océan, qui, furieux, indomptable, étreintde ses lames la base de l'île et semble vouloir l'arracher à ses tondements. Aucun port, aucune baie. Pour tout mouillage, des rades foraines, fatiguées par une mer houleuse , et pendant six mois de l'année, de novembre à avril, des tempêtes presque quotidiennes, des ras de marée et des cyclones. Les ras de marée durent vingt-quatre heures, soulevant la masse liquide, la déroulant en nappes immenses qui se brisent sur le rivage. Quant aux cyclones, ils sont effrayants. Celui de mars 1879 restera tristement célèbre. Ce sont des ouragans circulaires, qui semblent rayonner autour d'un foyer commun, et dont les mouvements vibratoires se communiquent du centre à la circonférence. Qu'on se figure un bàion qu'on enfonce dans l'eau, en le faisant tournoyer. Les cyclones, à la Réunion, surviennent presque à l'improviste. Ils brisent et engloutissent les navires et parfois étendent leurs fureurs daîis toute l'ile. Les arbres sont alors déracinés et les herbes comme fauchées par le vent. Les toits sont emportés. On a même vu des pierres, préparées pour des constructions, que le tourbillon transportait à une certaine distance. Au lendemain d'une telle journée, l'eau des sources et des fontaines, même dans l'intérieur de l'île, est légèrement saumâtre, comme si les flots salés avaient été balayés à travers les airsjusqu'à ces réservoirs éloignés, ou poussés par une pente et une force inconnue dans des caveauxsouterrains. Aussi, pendant six mois de l'année, tout le monde est-il sur ses gardes, tant à bord des vaisseaux, qui entourent l'île, que sur le rivage. On étudie le vent, on a l'œil fixé sur le bai omùtre, et, au premier signe précurseur de
l'orage, dès que tonne le canon d'alarme, chaque capitaine lève l'ancre pour échapper au naufrage. Si parfois il voulait rester au rivage et jouer dans un imprudent défi la vie de ses homme? et la fortune de ses armateurs, un boulet sauveur le forcerait à fuir. C'est là le côté faible. Autant la terre attire à la Réunion, autant l'Océan repousse. On dirait un antagonisme des éléments ; mais l'homme prend racine partout : aussi, malgré les périls de la mer, de nombreux émigrants n'ont-ils pas hésité à se fixer sur cette terre hospitalière, qui promettait à leurs peines une juste récompense. Leur société s'y est consolidée en grandissant, et, poursuivant sa propre fortune, elle a aidé celle de la France.
Nous connaissons le sol. Etudions maintenant les productions : la principale est celle de la canne à sucre.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Au siècle passé, ce furent le café, directement importé de Moka, et les ipices, que l'intendant Poivre était allé chercher au péril de sa vie dans les Indes hollandaises, qui firent la fortune de la colonie. Les ouragans de 1806, 1807 et 48^29 détruisirent successivement tous les grands arbres de l'île, et surtout ceux qui servaient d'abri aux caféiers. La culture changea, et la canne importée dès 1711 par Pierre Parât, fut cultivée en grand à Bourbon. Elle y a pris un essor prodigieux, car elle résiste aux ouragans et pousse sur lû flanc des montagnes comme sur les rivages de la mer. Pour elle, on a le tort de tout négliger. La Réunion peut d'un jour à l'autre mourir de faim, mais les colons s'en préoccupent peu. La culture de la canne a pris une extension exagérée surtout après l'émancipation des esclaves noirs. Les colons ont modifié leui' outillage et étendu leurs défrichements. 42,894 hectares, en 1872, étaient consacrés à la canne. Dès 1873, on en comptait 43,672. En 1877, il n'y en avait plus que 39,613. En 1884 [)Ourtant on exportait encore 30,337,932 kilog., présentant une valeur de 12,959,892 francs. C'est au mois de juin que la précieuse graminée arrive à maturité. Alors commence la coupe. Ce sont les vendanges de Tîle. La canne, coupée au pied, débarrassée de ses feuilles, est portée au moulin, où, pressée entre de gros cylindres de fonte, elle donne un jus aqueux et sucré, le vesou. La partie ligneuse, ou bagasse, est mise de côté, séchée, et sert à alimenter les chaudières. Le vesou tombe dans