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LA RÉUNION

de vastes bassins de cuivre, ou défécateurs. On le purifie, on l'écume, on le décante, et il prend alors le nom de sirop. Ce sirop descend dans des cliaudières étaiïées, les batieries, où il se concentre au degré voulu, et passe enlin, pour être cristallisé, dans d'énormes chaudières en cuivre rouge, où l'on produit le vide. Dans une dernière opération, le turhinage, on décolore et on dessèche les cristaux par des toupies inélalli(jues mues à la vapeur. Rien de curieux comme l'aspect d'une sucierie au moment du grand travail de la roulaison. Chauffeurs qui jettent la bagasse sous les chaudières, écumeurs, décanteurs : c'est une mêlée étourdissante. Le bruit des cylindres, la ronde des turbines, les sifflements de la vapeur, le hennissement des chevaux et les chants des ouvriers qui reviennent de la plantation, tout se mêle et se confond. Pendant ce temps, les immenses cheminées de l'usine vomissent des torrents de fumée, et le directeur, le sucrier, comme on le nomme, escompte en espérance les produits de sa récolte.

Le café ne vient plus qu'en seconde ligne. Eu 1812, 3,890 hectares lui étaient consacrés; le chiffre s'est élevé l'année suivante à 4,163. Le café de la Réunion est fort réputé. On ne lui connaît que celui de Moka de supérieur en qualité. A la dernière exposition universelle, il a obtenu un grand prix et un certain nombre de médailles d'or et d'argent. Mais les plauiations sont aujourd'hui ravagées par i'hernileia vastatrix. Le tabac était cultivé en 1872 sur 693 hectares et en 1873 sur 702. Ce sont les trois grandes productions de l'île; mais il nous faut encoie citer le cacao, ïarrowroot, racine qui fournit un potage excellent, la vanille, de fort bonne qualité et dont la culture est des plus lucrative^. Elle a produit en 1884 44,510 kilogr., valant 1,113,676 francs. Viennent ensuite le coton, le mais, le manioc, les patates, les épices introduites par l'intendant Poivre (muscades, clous de girofle, cannelle, rocou), enfin toutes les planics potagères d'Europe et tous les fruits de l'Inde et de l'Amérique.

A peine débarqué à Saint-Denis, on peut se livrer à une véritable étude de botanique coloniale. La canne à sucre dresse sa svelte tige surmontée d'une aigrette violette. Le bananier aux grappes pendantes, l'arbre à pain, le papayer, colonne végétale, qui porte pour chapiteau une couronne de melons verts, le cocotier élancé, le vacao dont on tresse les feuilles

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en nattes ou en paniers, se mêlent au letchi chinois, au bananier, au liguier indien, au goyavier, à l'avocatier et au jac quier. Çà et là, les tamariniers et les filaos, ces pins du tropique, marient leur sombre feuillage au vert éclatant des caléiers et de toute la tribu des orangers. Partout des fleurs odorantes, roses, grenades, aloès, lianes, tous ces végétaux (ont des abords de Saint-Denis un séjour enchanteur. Il en est de même pour le reste de l'île. Le pays presque tout entier a été défriché ou amendé par de puissants engrais. Aussi bien, en 1873,1a valeur des propriétés agricoles était évaluée à 158,787,095 francs et la valeur annuelle des produits à 13,830,822 francs. Ce sont là des chiffres éloquents, qui nous font d'autant plus regretter que nos autres colonies n'aient pas atteint le même développement que la Réunion.

La population de la Réunion est fort mélangée. Elle s'est formée, on peut le dire, d'éléments de toute provenance. Européens nés dans le pays ou ailleurs; petits créoles ou petits blancs, Hindous, Chinois, Malais, Africains, Malgaches. Nous les étudierons successivement.

La première de ces races, en date, en importance et en puissance, est la race européenne proprement dite. Elle se compose de tous les descendants des anciens colons, des nouveaux émigrants et des fonctionnaires. Elle constitue en quelque sorte la classe dirigeante de l'île. Pendant longtemp.'elle seule a eu entre les mains la propriété, la richesse et la direction politique. Cependant, par une bizarrerie ethnographique qui ne manque pas de piquant, la plupart de ces Européens ont dans les veines un sang bien mélangé, et, s'ils passent pour blancs, c'est en vertu d'une convention acceptée par les mœurs. Sauf de très-rares exceptions, en effet, les premiers colons de la Réunion s'unirent tous à des femmes de Madagascar, qu'ils avaient emmenées avec eux ou qu'ils firent venir <Je la grande île. En dépit des recrues européennes qui se mêlèrent à la population primitive et l'épurèrent par i'aUiance d'un sang étranger, la trace indélébile de leur origine subsiste encore dans les générations actuelles. Certains signes héréditaires trahissent la filiation madécasse, quelque chose d'inappréciable dans la forme de l'œil, et surtout la couleur de la peau, qui, sans être blanche ou basanée, laisse néanmoins

LA REUNION 2H reconnaître un mélange de sang européen et de sang madécassc. L'histoire de ces origines est si connue dans l'océan Indien, que certains colons de Maurice ou de Pondicliéry, très-fiers de la pureté de leur race, nomment blanc de Bourbon tous les objets de lingerie ou d'habillement d'un blanc douteux. Heureusement, à Bourbon, par un accord tacite, ôn renonça de bonne heure à tenir compte de ces alliances madécasses. C'est la liberté, plutôt que la nuance de la peau, qui lut le signe auquel se reconnurent les maîtres.

On donne le nom de petits créoles ou petits blancs aux descendants de quelques colons ou d'anciens aiïranchis, qu'un goût de solitude et d'indépendance conduisit dans les hauts de l'île, ainsi qu'on parle à la Réunion. Ils vivent, solitaires et insouciants, d'un peu de jardinage et des produits de la chasse. Ils s'emploient volontiers, au temps de la récolte, à couper des cannes, et, dans l'intervalle, s'adonnent, moyennant une part, à ce qu'on appelle les cultures oivrières. Ce sont du reste de bons citoyens. Dans les guerres de la Révolution et du premier Empire, ils formaient l'équipage de ces fameux corsaires qui firent tant de mal au commerce anglais, et, à l'heure actuelle, bon nombre d'entre eux figurent avec honneur dans notre armée régulière. L'ambition des petits blancs serait, paraît-il, de tenter une descente à Madagascar, qu'ils considèrent comme appartenant de droit à la France. Leurs vœux seront peut-être salistciits un jour ou l'autre.

Après les Européens et les petits blancs, nous trouvons les Noirs. Ils sont installés à la Réunion depuis les premiers jours de la colonisation. Les premiers immigrants commirent la grave faute de précipiter la mise en cujture du sol en appelant à leurs côtés de nombreux esclaves achetés ou arrachés à la côte d'Alrique. Impatients de bénéfices, ils introduisirent à la Réunion un si grand nombre d'esclaves que leur nombre, au commencement du xviii' siècle, dépassait de quatre fois celui des maîtres (64,000 contre 16,000). Sous ce beau ciel, et dans un pays où l'on ne peut invoquer comme une excuse la difficulté du travail pour les blancs, mieux eût valu que fût constituée peu à peu une jeune société, qui se serait développée lentement, mais sûrement. Ces nouveaux flots d'arrivants de race différente avaient établi deux classes trop distinctes dans la

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population : d'un côté les maîtres blancs, de l'autre les noirs esclaves. Il est vrai que la tacilité de l'existence et la bienveillance des mœurs adoucirent à la Réunion les rigueurs de l'esclavage. De plus, comme tous ces esclaves noirs, bien que nés en Afrique, étaient d'origine diverse, les uns Catres ou Abyssins, les autres de Zanzibar, ceux-ci du Zambèze et ceuxlà de l'Orange, la variété des types et des origuies maintint une sécurité favorable aux rapports des blancs et des nègres. Jamais n'éclata de guerre servile. Lors de la première Révolution, on redoutait une explosion et des représailles, mais les créoles eurent la sagesse de faire des concessions, et les esclaves le bon sens de les accepter, en sorte que l'accord entre la race dominante et la race dominée ne fut pas encore troublé. Les blancs se montrèrent reconnaissants. Dès 4834, l'Assemblée coloniale proposait au gouvernement diverses mesures en faveur des esclaves; aussi, en 1848, lorsque fut proclamée l'abolition définitive de la servitude, comme le terrain était préparé, la colonie passa de l'esclavage à la liberté sans la moindre secousse. Il n'y eut même pas à regretter une faillite. Afin de ménager la transition, les alfranehis consentirent à servir deux ans encore leurs anciens maîtres, moyennant salaire librement débattu : au bout de ces deux ans, ils recouvraient la plénitude de leurs droits. Pendant ce temps, patrons et ouvriers se prépareraient. En elïet, après les deux années d'épreuves, quoique les nouveaux citoyens se soient donné le plaisir ou de changer de patrons, ou de se faire patrons à leur tour, ou de se livrer au commerce, l'équilibre s'est presque aussitôt rétabli. Comme les Noirs ont été les premiers à reconnaître la nécessité du travail, bon nombre d'entre eux reprirent leurs anciennes occupations ou se livrèrent aux petites mdustries à leur portée. En général, ils s'habituèrent à leur dignité de citoyens; et les créoles ont accepté sans arrière-pensée ce nouvel état de choses. L'instruction primaire, largement distribuée aux enfants de couleur, a singulièrement contribué à amener cet apaisement dans les esprits. Les Noirs apprennent avec avidité. Les écoles sont très-fréquentées, même par des hommes faits. Avec le niveau intellectuel s'élève peu à peu le niveau moral. La famille, dont les esclaves faisaient judis si peu de cas,

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s'est constituée rapidement, et a pour conséquence ininiédiate la propriété. Avec la l'aiDillc croissent les besoins; avec l'aisance, l'anihition. Aussi, sous cette triple influence de l'enseignement, de la l'uni il le (!t de la propriété, de remarquables progrès se sont-ils accomplis dans ces dernières anîiées.

Le préjugé de la couleur règne à la Réunion infiniment moins que dans les autres colonies. On a vu, il est vrai, certain journal réactionnaire reprocher aux Frères de la Doctrine chrclienne d'exciter outre mesure la pensée dans le cerveau des jeunes nègies. On a même entendu un gouverneur, visitant certains districts éloignés, s'étonner de trouver dans les écoles des enfants noirs portant casquettes, cravates et souliers, et s'en plaindre comme d'une atteinte aux vieilles traditions de l'île. Les temps sont bien changés. On n'accuse plus aujourd'hui les Fières de la Doctrine chrétienne d'être trop liiféraux, et un gouverneur qui s'aviserait d'une pareille algarade ne serait plus accueilli que par des sifflets. La l'usion n'est peut-être pas encore opérée , mais au moins les droits de chacun sont reconnus, et ils aboutissent à des égards mutuels. L'égalité se constate déjà au théâtre, dans les promenades, même dans le duel, oflert et accepté de blanc à nègre. Elle pénètre dans les mœurs surtout par l'éducation. Ainsi les jeunes négresses, jadis exclues des pensionnats, quelles que fussent la fortune ou la position de leurs pères, y sont admises aujourd'hui. Depuis plus de cinquante ans on voit au lycée et dans les autres écoles des enfants de toutes couleurs. En résumé, l'émancipation des esclaves n'a donné à la Réunion que des résultats satisfaisants.

En 1848, pour parer à la désertion, qu'ils croyaient imminente, de leurs usines, quelques propriétaires s'avisèrent de faire venir à la Réunion des travailleurs hindous. Ils y éiaient encouragés par l'exemple de l'île Maurice, où les engagés hindous, substitués aux esclaves nègres, avaient provoqué un grand essor de prospérité. Nos colons tirèrent parti de nos établissements de Pondichéry et de Karikal, et, dès 1851, obtinrent l'autorisation d'engager quelques milliers de travailleurs ou coolies. Le gouvernement anglais avait d'abord interdit l'émigration des coolies nés sur son territoire, mais il renonça bientôt à cette impolitique prohibition, et aujourd'hui près de l.WO travailleurs hindous émigrent chaque année à la

Réunion Ce sont de bons ouvriers, lents et flegmatiques, mais doux et olxîissants. Ils sont, par malheur, d'une immoralité scandaleuse. Aussi bien les convois ne comptent qu'une femme pour neut hommes. Ce régime cache de graves désordres; en sorte que l'immigration iiindoue peut enrichir la Réunion, mais elle l'inquiète et la scandalise.

On songea également à la Chine. Les Chinois ont une aptitude particulière au labeur agricole. De plus, la Chine est une pépinière humaine pour ainsi dire inépuisable. Les résultats ont été fort médiocres, soit qu'on ait mal choisi les individus, pris au hasard dans les barracons du Pacifique, soit que les Chinois perdent, sur un autre sol, leurs qualités natives. Aussi rciionça-t-on vite à l'immigration chinoise. On trouve cependant des danois à la Réunion, mais ils ont déserté les plantations et s'occupent des commerces de détail, surtout de l'épicerie.

A défaut des Gliinois, les colons se sont adressés aux Malais. Ils espéraient que des engagés malais, habitués à des cultures analogues, s'acclimateraient facilement à la Réunion et leur rendraient des services : mais la Malaisie est éloignée; le gouvernement liollandais surveille avec soin ses intérêts ; enfin les Malais gagnent si facilement leur vie dans leur propre pays, qu'ils ne songent pas à le quitter.

Aussi bien les colons de la Réunion, s'ils se sont adressés successivement à tous ces Asiatiques, Hindous, Chinois ou Malais, n'ont jamais caché leurs préférences pour la race africaine, plus vaillante au labeur, plus facile à acclimater, plus morale et moins chère. C'est surtout à la côte d'Afri(|ue qu'ils ont cherché des travailleurs. De coupables abus ont été commis. Sous prétexte de recruter des engagés volontaires, certains capitaines ont couimis des actes de piraterie. La reine des Howas à Madagascar a Uni par défendre à ses sujets toute émigration. Le sultan de Zanzibar, bien que désireux d'écouler sa marchandise noire, a dû régulariser le tralic auquel il devait sa for tune. La Fiance enfin finit par adopter des mesures de rigueur et interdit tout recrutement sur la côte africaine. Ce fut pour la colonie une rude épreuve à supiporter, car le nombre des bras diminua tout à coup, et le prix de la main-d'œuvre augmenta subitement, On est depuis revenu sur cette défense trop radicale, et les engagements

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à la côte d'Alri(iue sont de nouveau permis, mais à coudiiiou d'une glande surveillance.

Le meilleur moyen d'assurer aux propriétaires de la Réunion les ouvriers dont ils ont besoin serait encore de s'adresser aux petits blancs et aux nègres. Les uns et les autres sont citoyens , liabitués depuis plusieurs générations au climat de l'île et intéressés à sa prospérité. Quelques concessions les attireraient bien vite. Si par aventure quelque guerre de race éclatait dans l'île, sa prospérité serait pour longtemps compromise. Si au contraire on arrêtait l'immigration étrangère, si l'on se contentait des ouvriers déjà installés dans l'île, en ménageant leur amour-propre et en garantissant leurs intérêts, on fonderait du jour au lendemain une société homogène, et la production coloniale serait assurée pour de longues années. Se conl'ormera-t-on à ces sages principes d'économie politique, ou suivra-t-on les vieux errements? C'est ce que l'avenir nous apprendra.

Au point de vue administratif, la Réunion jouit de privilèges particuliers. Elle est régie par des lois et non par des décrets. De plus, elle est représentée à la Chambre des députés ; un conseil général et des conseils municipaux, dont les membres sont élus par le suffrage universel, règlent les affaires locales. Le conseil général possède une grande liberté d'action : il vote le budget, il répartit les impôts, il a tous les pouvoirs nécessaires pour développer les ressources de la colonie , comme aussi pour diminuer ses dépenses. Pour les rapports commerciaux et les intérêts intérieurs, il peut faire ce qui lui semblera le plus avantageux. A vrai dire, la Réunion est un département français , dont le préfet s'appelle gouverneur et concentre entre ses mains des attributions un peu plus étendues. Peut-être serait-il temps de renoncer à cette fiction légale et de déclarer purement et simplement que la Réunion est un département français , administré comme tous nos autres départements.

Le chef-lieu de la colonie est Saint-Denis, au nord de l'île. C'est une jolie ville, bien percée et bien bâtie. Elle est dépourvue de port, ce qui ne lui permet pas de devenir aussi importante pour le commerce et l'industrie que pour l'administration. La population , qui n'était en 1837 que de

12,000 âmes, s'élève aujourd'hui à 42,140. Saint-Denis est aussi le ciief-lieu de l'arrondissement du Vent, qui compte encore cinq communes et deux districts : Sainte-Marie (7,500 h.), Sa.inte-Suzanne. Saint- André (1 5,000 \\.],Saint-BenoU (20,000 h.), Sninle-Rose; le district de Salazie et le district de la plaine des Palmistes.

Saint-Pierre (32,400 11.) est le chef -lieu de l'arrondissement Sous-le-\ ent. On y exécute en ce moment de remarquables travaux pour la construction d'un port artificiel. Les autres communes sont Saint-Paul (27,000 h.), Saint-Leu (10,500 h.), Saint-Louis, Saint-Joseph et Saint-Philippe. 514 kilomètres de routes, pourvues de travaux d'art remarquables, relient toutes ces villes entre elles et l'ont le tour de l'île. Un chemin de fer de 123 kilomètres réunit Saint-Pierre à Saint-Benoît par Saint- Paul, et le nouveau port de la pointe des Galets. Ce port, récemment achevé et qui peut recevoir les paquebots, même de 160 mètres de longueur, a coûté 45 millions. Le décret d'avril 1887 en autorise l'exploitation définitive.

La population de l'île, qui atteignait en 1872 le chiffre do 185,179 habitants, a légèrement baissé en 1873. Elle n'était plus que de 183,529 habitants. Nous retrouvons à peu près le même chiffre en 1881 (182,130) et en 1883 (180,814), mais seulement 163,831 quelques années plus tard. En 1895, il s'est légèrement relevé à 169,493. Malgré cette dépopulation, la Réunion est une des plus florissantes et des plus françaises de nos colonies. Son exemple ne peut que servir d'encouragement et démontrer une fois de plus aux détracteurs systématiques de la colonisation que nous ne sommes pas incapables de créer des Frances nouvelles au delà des mers.

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