V. — Les Comores
L'archipel des Comores, indépendamment de Mayotte, colonie française depuis 18 i5, comprend les îles de Grande Gomore, Anjouan et Mohéli, qui ont reconnu le protectorat de la France par le traité du 12 juillet 1886. Elles sont situées au. milieu du canal de Mozambique, entre la pointe N.-O. de Madagascar et le Mozambique.
L Grande Comore. — Le souverain de cette île était depuis longtemps notre protégé, mais sans litre officiel, lorsqu'en 1883, et sous prétexte de l'empêcher de faire la traite, l'Angleterre brûla sa flotte. La France intervint. Par suite de la suppression des transports de riz assurés par celte flotte, une famine se déclara qui enleva 60 000 habitants. Aussi notre protectorat, établi le l^juillet 1886, a-t-il été accepté avec enthousiasme. Toutefois, un des chefs de l'île, Achimou, trompé par l'Allemand Schmidt, refusa de reconnaître ce protectorat. Une expédition conduite par le capitaine de frégate Gatier a soumis la contrée en huit jours.
La Grande Gomore est à peu près aussi grande que la Réunion. Elle ne possède pas de ports. A l'intérieur existent de magniliques forêts, de gras pâturages et des richesses agricoles d'une grande valeur. Volcan du Kartale (2,600 m.).
IL Anjouan, — L'Angleterre avait placé cette île sous son protectorat ; mais le sultan, ayant dénoncé le traité dont les conditions n'avaient pas été exécutées, a demandé notre protection. Le décret de juillet 1886 lui a donné satisfaction. Anjouan, à 60 milles de Mayotte, mesure 49 kil. de long sur 33 de largeur. La ville principale est Makhadou. La population est éva-
MADAGASCAR ET SES DÉPENDANCES
liiéc à 20,000 àmcs (Arabes). Les richesses végétales sont nombreuses.
III. MohHi. — Cette île était gouvernée, il y a peu de temps, par une reine, pclite-fille de Radama. L'influence anglaise était jadis toute-puissante dans celte île. Notre protectorat suflira sans doute pour ruiner les prétentions de nos voisins d'outre- Manche . Mohéli a une superficie de 20,000 hectares et une population de 6,000 habitants. Le sol y est très fertile et le climat très sain.
Dans aucune de ces îles le protectorat français n'est encore suffisamment établi. Ce sont pourtant les satellites de Madagascar, et, puisque la grande île africaine est décidément terre française, il importe que des rivaux ou des adversaires ne possèdent pas les clefs de notre maison.
Aujourd'hui que nous entourons l'Afrique au nord par l'Algérie et la Tunisie, à l'ouest par le Sénégal, le Soudan et le Congo, au nord-est par la côte des Somalis, au sud-est par Madagascar, qui sait les destinées à nous réservées? Les anciens disaient déjà que l'Afrique est le pays de l'inconnu : In Africa semper aliquid novum. L'influence qui nous échappe en Europe, nous la retrouverions peut-être en Afrique! Après avoir initié l'Europe à la liberté politique, nous aurions l'heureuse chance d'initier l'Afrique à la liberté sociale et de répandre sur elle tous les bienfaits de la civilisation.