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ÉTABLISSEMENTS DE LA MER ROUGE

donc y pcnélrcr par tous les temps. Lo mouillage du nord est prcféralile. Obock possède on oulrc deux avantages inappréciables, de l'eau potable et du charbon. Les puits et les torrents sont noml)reux, et il serait facile de détourner juscpic dons le port la rivière Anazo. Quant au cliarbon, on le trouve dans le voisinage, à fleur de terre, très abondant, et de qualité supérieure. Or à Adcn, le port le plus fréquenté de la région, l'eau potable, récoltée à grand'peine dans des citernes, se vend très cher et est détestable, et le charbon y est transporté à grands frais d'Angleterre.

Obock occupe en outre une position stratégitjue de premier ordre. Entre Toulon et Saigon, la seule ville française est Pondichéry, c'est-à-dire que nos navires sont forcés de relâcher dans des ports anglais, et que, en cas de guerres maritimes, nos communications seraient facilement interrompues. Que si, au contraire, nous possédions à Obock à la fois un dépôt de charbon, un port de ravitaillement et de refuge, et un arsenal, établissements qu'il serait facile de fonder, nous aurions ajouté un anneau à cette chaîne de stations navales que doit posséder toute puissance maritime.

Nos négociants trouveront également dans cette région l'occasion de contracter des marchés lucratifs. Obock peut en effet devenir le débouché des produits de l'Abyssinie, du Somal, du Choa et de tous ces pays encore vierges, qui n'attendent pour être fécondés que la présence des Européens. Dès que les indigènes sauront qu'on y trouve à peu de frais les objets qu'ils recherchent, ils apporteront leurs métaux, leurs bois précieux, caoutchoucs, cafés, cotons, indigos, tabacs, lins, cannes, encens, koussôs, coloquintes, etc. Les chevaux abyssins, si vantés pour leur légèreté, les bœufs et les bulles, les éléphants et les autruches, les perles, nacres, écailles, coraux, en un mot toutes les richesses végétales et animales de la contrée seront dirigées vers Obock, qui de la sorte deviendra le point de départ des caravanes pour l'intérieur de l'Afrique et le principal marché d'exportalion des denrées africaines.

Obock n'est déjà plus le seul point occupé par la France sur la côte africaine de la mer Rouge. Dès 1856 Monge, vice-consul à Zeilah, avait acheté Ambabo, où le drapeau national ne fut arboré qu'en 1884, à la suite de tentatives des Égyptiens, qui

avaient essayé de nous supplanter. ïatljoura fut également occupé en 'l!S8i ainsi que Sagala et Ami^ado, dont la prise de possession ne précéda que de quelques heures celle des Anglais. Peut-être nous clendrons-nous jusqu'à Doungareta, que nous disputent encore les Anglais.

Plus au nord et toujours sur la même côte, la France a des droits sur la haie d'Adulis, l'île Dessi, et les villes d'Amphilah et d'Edd. La haie d'Adulis pourrait devenir une possession commerciale de premier ordre, car elle nous assurerait la lihre navigation de la mer Rouge, et c'est en outre le point où ahoutissent tous les courants de l'Étliiopie septentrionale. Nous venons de prendre possession de l'île Doumeirali, le point le plus rapproche de la côte éthiopienne. Enlin, sur la côte orientale de la mer Rouge, en face de l'île de Périm, nous possédons depuis 1868 le territoire de Cheick-Saïd. acheté par des négociants marseillais à un chef arabe, Ali-Tahatt. Ce poste domine l'île Périm, et commande le détroit de Bab el-Mandeh. Sa possession nous est contestée par les Turcs, excités sous main par les Anglais, mais nos droits finiront sans doute par être reconnus.

A partir de 1887 la situalion s'est modiliée. Lagarde, gouverneur d'Obock, amené à étudier la position de Djibouti sur la rive sud de la baie de Tadjourah, a tout de suite compris le parti qu'on pouvait en tirer. A Djibouti l'eau douce arrive facilement de la rivière Ambouli. La température est plus modérée. Enfui toutes les routes de caravanes du Choa y aboutissent. Djibouti peut en outre servir de point de ravitaillement, en cas de guerre, aux navires français qui se rendraient en Extrême-Orient. Aussi s'est-on décidé, en 1897, à y transporter le chef-lieu de nos possessions sur la côte des Somalis, et, en même temps, à y élablir l'escale des Messageries Maritimes pour les lignes d'Indo-Chine, du Japon et d'Océanie. Les événements récents dont l'Ethiopie fut le tiiéàtre et notre alliance avec le Négus Ménélick ont encore augmenté l'importance de ce nouveau poste. Djibouti a poussé comme par enchantement. Elle présente déjà un aspect riant et agréable. C'est la future capitale de nos colonies dans l'Afrique oric ilale. Sans doute elle a jusqu'à présent donné surtout des espérances, mais qui pourraient se réaliser bientôt.

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