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CHAPITRE V

GRANDEUR DE DUPLEIX. — SES DÉTRACTEURS. — MOUSAFER- SINGUE A PONDICUÉRY. — PROJETS DE CONQUÊTE DU DÉKAN. — DUPLEIX SE SÉPARE DE BUSSY, QUI ACCOMPAGNE MOUSAFER DANS SA MARCHE SUR LE DÉKAN. — MORT DE MOUSAFER. — TRICUINAPALY AU POUVOIR DE MÉHÉMET-ALI ALLIÉ DES ANGLAIS. — EXPÉDITION DE d'AUTHEUIL. — IL EST REMPLACÉ PAR LAW. — INCAPACITÉ DE CELUI-CI. — DÉSASTRE DE TRICUINAPALY. — DUPLEIX NE DÉSESPÈRE PAS.

En ce moment, Dupleix est à l'apogée de la fortune, et peut-être va-t-il perdre un peu de ce sang-froid qui ne l'abandonna jamais dans les occasions les plus difficiles de sa vie. Gela se voit ; la gloire grise parfois un peu les hommes que l'adversité n'entame pas, Dupleix obéit-il à un mouvement d'orgueil, lorsqu'il se proposa de porter son nom jusqu'à des limites momentanément trop reculées ? Envisagea-t-il seulement l'influence française que les circonstances lui permettaient d'étendre au loin, du moins à son idée ? 11 est difficile de se prononcer là-dessus. Toujours estil qu'il prit alors une mesure néfaste, qui allait bientôt peser de tout son poids dans la balance de sa fortune.

Ses détracteurs d'alors lui reprochèrent son faste,

et ne comprirent pas ou ne voulurent pas comprendre sa politique habile qui le poussait à éblouir ses vaincus devenus ses alliés. C'est ainsi qu'on lui reprocha, en termes amers, la fameuse cérémonie de Pondichéry, où, au milieu d'une pompe sans pareille, il reçut les hommages de Mousafer-Singue et de tous les seigneurs de son armée. Avec une connaissance profonde du caractère des indous,Dupleix savait qu'ils sont sensibles à toutes les choses extérieures, et qu'à leurs yeux le luxe est un signe de force et de puissance. Cependant, l'ambition du prince indien, surexcitée par les victoires successives des armes françaises, ne connaissait plus de bornes. Avec de tels soldats, il se savait invincible, et il se mit à faire toutes les démarches possibles, près de Dupleix, pour obtenir, de lui, une force imposante, avec laquelle il se proposait de gagner ses états et de conquérir Aurungabad.

Dupleix se laissa séduire. Ce fut une faute. Quoique vainqueur, il ne devait cependant pas croire que les Anglais le laisseraient éternellement tranquille et que ces patients adversaires avaient désarmé* Le fort Saint-David était toujours à eux, cependant, et sa possession était une sorte de menace constante dont il eût été bon de ne pas faire fi. Rien même ne pouvait lui être plus agréable que de telles propositions. A son avis, des soldats européens, commandés par des hommes énergiques, garantiraient la fidélité du souverain du Dékan, sincère alors, mais qui pouvait fléchir, un jour ou Tautre, grâce à cette mobilité de caractère et d'impressions, qui est l'apanage de la population indoue.

Après des hésitations plus calculées que réelles, et faites pour enflammer les désirs de Mousafer, en

même temps que pour en tirer des avantages plus considérables et plus précieux, Dupleix céda et donna à Mousafer-Singue un corps expéditionnaire de deux mille Jiommes, avec une batterie d'artillerie. Parmi ces deux mille hommes, il y avait trois cents soldats français. Le contingent n'était pas énorme, mais la valeur des hommes lui donnait une extrême importance. C'était Bussy qui devait les commander, l'énergique et entreprenant Bussy, dont l'absence et l'éloignement se feront bientôt cruellement sentir, dans les heures prochaines où les hommes manqueront à Dupleix. Les dix officiers qui l'accompagnaient comptaient aussi parmi les meilleurs de l'armée. L'histoire a conservé les noms de ces vaillants hommes, gardiens de l'honneur français dans ces contrées éloignées, presque inconnus, et nous nous faisons un devoir de les citer. C'étaient, outre Kerjean dont le nom est déjà connu, le major Vincent, les lieutenants Dugray, Aimard , les enseignes Ligny, Féjac, le Normand, Aumont, Clérac et le maître canonnier Gaveau.

Mousafer-Singue, fier d'être accompagné par la petite armée, quitta Pondichéry le 15 janvier 1751, pour gagner Golconde. Tout paraissait aller pour le mieux, dans les premiers jours du voyage, lorsque des symptômes de révolte se manifestèrent. Quelques nababs, ayant des prétentions à l'édifice de la fortune de Mousafer, voulurent poser leurs conditions, ou du moins se préparer à faire valoir leurs services. Après avoir pénétré sur le territoire deCadapa, ils accentuèrent leurs exigences, tinrent une conduite très ambiguë, se montrèrent hautains vis-à-vis de la petite escorte française. Bref, ils firent tant et si bien que la

patience échappa à Housafer-Singue, et que les rebelles furent défaits dans un combat homérique, dont le succès fut décidé cependant par les troupes firançaises

Malheureusement Mou^afer avait succombé dans la lutte et la question d hérédité se présentait à Bussy gro se de difflcultCs En outre le fidèle officier de Dupleix se lojait entouré par des masses indoues

dont le nombre seul pouvail les écraser, lui et ses valeureux compagnons. Hais le nom du grand Français exerçait encore un souverain prestige, et ce prestige rejaillissait sur Bussy, qui fit la loi. Le lils aîné de Naser-Singue, Salabet, fut reconnu comme souverain de Golconde et du Dékan et, en présence de toute l'armée, fut investi, et rendit hommage h Dupleix, dans la personne de ses représentants. C'était la consécration de l'influence française. Après une

marche ditlicile, pendant laquelle on eut à lutter contre les dissidents, et où les Français s'emparèrent de Canoul, par un hardi coup de main, digne des héros de Gingy, on arriva le 20 juin à Aurungabad, où eut lieu le couronnement de Salabet-Singue.

Ainsi, dans la personne de deux vassaux, Salabet- Singue et Ghanda-Saïb, et grâce à l'habileté et h l'énergie de Bussy, Dupleix était maître du Garnate et du Dékan. Mais la possession définitive ne devait être assurée qu'après de nouveaux combats contre les cavaliers mahratles deBaladgi-Rao, que les soldats français, commandés par leurs vaillants officiers, no tardèrent pas à tailler en pièces, malgré leur nombre cent fois supérieur. Tout, dans cette con- (|uéle de l'Inde rappelle les exploits des Grecs contre les Perses, et les moindres batailles touchent à répoj)ée. Baladgi-Rao dompté et réduit à merci, il ne restait plus que Méhémet-Ali et les Anglais. Geux-ci, vaincus dans les précédentes batailles, ne paraissaient pas dangereux. Mais, hommes h saisir les moindres occasions propices, ils voient une fissure dans l'édifice si laborieusement élevé par Dupleix, et c'est par là cpi'ils se glisseront. Gette fissure, c'est l'abandon de la mère-patrie.

Gependant, en dépit des conventions conclues, Trichinapaly demeurait toujours au pouvoir de Méhémet-Ali, qui ne semblait prendre aucune disposition pour l'évacuer, et qui de plus était protégé par les Anglais qui lui avaient fourni une petite garnison. Au commencement de 1751, ils augmentèrent ces forces dans de notables proportions, et Méhémet- Ali, qui savait ce que valaient les troupes européennes, se crut çn mesure de résister à Dupleix et de violer

les engagements précédemment contractés. C'était presque une déclaration de guerre, et Dupleix, toujours prêt à faire face aux événements, le comprit ainsi. Malheureusement il était privé du concours de ses meilleurs et de ses plus actifs officiers. Il ne fallait pas songer à Bussy, engagé dans son expédition lointaine. DWutheuil seul restait, riche en états de services exceptionnels, mais vieux, goutteux, toujours brave, mais plus incapable d'initiative que jamais et facile à démoraliser.

Ce fut lui cependant que Dupleix choisit pour le seconder dans ses projets. A tout prix il fallait frapper un grand coup et s'emparer de Trichinapaly. Pour cela d'Autheuil avait, sous ses ordres, cinq cents Français seulemeut et un fort contingent de troupes indigènes. Il se mit aussitôt en marche, muni des instructions précises de Dupleix. Mais les Anglais, instruits de la marche en avant, firent du chemin, de leur côté, et vinrent s'installera quelques lieues de Trichinapaly, dans un endroit de peu d'importance, nommé Volcondapuram, sous les yeux de d'Autheuil; qu'ils eurent l'audace d'attaquer. Celui-ci, retrouvant au feu sa valeur et son énergie passées, repoussa l'attaque, mais là se borna son effort, et, au lieu de poursuivre les Anglais l'épée dans les reins, il arrêta l'élan de ses soldats et laissa l'ennemi se retirer en bon ordre sur Trichinapaly.

On ne pense pas, sans angoisses, à ce fatal concours d 3 circonstances qui , dans les occasions les plus critiques, déjouait les pi ans de Dupleix et mettait à néant ses plus habiles combinaisons. Cependant d'Autheuil, quoique malade, se jetait à petites journées sur les pas des Anglais; mais, épuisé, sans forces, et, chose terrible pour

un homme d'action, sentant son énergie décroître à chaque instant, il demanda lui-même son rappel, exposant, en termes dignes, qu'il n'était plus à la hauteur des circonstances, et que le commandement, dans ses mains, périclitait. Dupleix écouta les légitimes réclamations de ce vieux compagnon, qui depuis des années lui avait rendu tant de services. S'il avait eu sous la main le valeureux Bussy, il n'aurait pas donné à d'Autheuil d'autre successeur. Mais Bussy était loin, dans une position assez difficile lui-même , et d'Autheuil fut remplacé, devant l'ennemi, par un officier incapable, assez brave soldat, mais sans coup d'œil et sans prestige, le neveu du célèbre financier Law, et qui portait le même nom. En prenant possession de son commandement, Law ne vit point ce qu'il avait à faire, et, malgré les instructions précises et pressantes de Dupleix, il ne tenta rien, malgré la valeur des troupes sous ses ordres. Bien au contraire, il les laissa s'énerver dans rinaction et dans l'attente. Pour comble de malheur, il trouva devant lui un vrai soldat, l'anglais Clive, homme de ressources, qui laissant les Français s'user devant Trichinapaly où il savait une garnison suffisante, se déroba et s'empara, par un hardi coup de main, de la ville d'Arcate. D'assaillis, les Anglais devenaient assaillants, et dès lors, malgré les prodigieux et incessants efforts du génie de Dupleix, malgré tous les renforts possibles envoyés à Law, celui-ci entassa fautes sur fautes, laissa ravitailler la garnison de Trichinapaly, sans bouger lui-même d'une semelle. On l'eût dit en proie à une de ces paniques qui, à de certains moments, sévit sur les années, et quoique à la tête d'un corps de troupes intact, qu'aucun échec

n'avait jusqu'alors affaibli numériquement et dont il était facile de relever le moral par un coup heureux, il s'enferma dans l'île de Sheringam, une motte de terre entre les deux rives du fleuve Gauveri, et cela malgré les remontrances indignées de Ghanda-Saïb, qui dans ce renoncement devinait la catastrophe prochaine. Dans des circonstances aussi critiques, Dupleix, informé do ce qui se passait, lit appel au dévouement de d'Autheuil et releva Law de son commandement. Hélas! il était trop tard. L'incapable Law, bloqué dans l'îlot où il s'était réfugié avec ses troupes d'élite, capitula quand les vivres commencèrent â manquer, sans songer à s'ouvrir une route les armes à la main, et qu'il n'avait qu'un signe à faire pour se faire suivre des soldats invincibles qui, depuis des années s'étaient illustrés sur tous les champs de bataille de l'Inde. Ce fut une honte. « L'armée française, dit M. Tibulle <f Ilamont, était prisonnière do Méhémet-Ali. 35 ofû- ( ciers, 785 soldats, 2000cipayes mirent bas les armes « devant le commandant anglais qui agissait au « nom de l'héritier d'Anaverdikan. Ai canons furent « livrés. Au mémo moment, un esclave de Méhémet- « Ali apportait la tète de Ghanda-Saïb à son maître. x< Law avait voulu le sauver, en le mettant sous la « protection de Manokgi, général dans l'armée du c( rajah de» Tanjore. Gelui-ci accepta avec empresse- « ment la mission d'assurer le salut du nabab vaincu, <( et reçut une forte somme d'avance. Ghanda-Saïb, « confiant dans les serments du rajah, se livra sans « inquiétude aux gardes de Manokgi, et monta dans le <( palanquin qui, dans l'obscurité de la nuit, devait « le transporter au camp de son libérateur. Il en « descendit pour être jeté en prison. »

Sur los suggestions des Anglais qui ne voulaient pas assumer l'horreur d'un pareil meurtre, Manokgi lit trancher la tôte du vaincu. Ainsi Dupleix se trouvait sans soldats, sans alliés, privé d'un matériel considérable, et pourtant il ne désespéra pas. Le désastre accompli, il songe aussitôt à la réparation. Rien n*est plus beau, dans les fastes de l'histoire romaine, que l'attitude de ce vaincu, que sa solitude n'effraie pas et qui songe à rétablir sa fortune, quand il n'a plus, pour ainsi dire, ni hommes ni canons. « A ce moment, « écrit M. Tibulle llamont, dont on ne saurait se, « lasser de citer les belles pages, Dupleix arrive à « l'apogée de la grandeur morale. Seul, n'ayant pour u aide que sa femme, il recommence la lutte, et par « la puissance de son génie tient tète à tant d'adver- « saires, triomphe, et ne cède que lorsque la patrie « elle-même vient le frapper au cœur. »

Le premier adversaire que rencontra Dupleix fut l'opinion publique. Dans la colonie, la résistance était considérée désormais comme impossible, puisqu'elle s(^ trouvait fatalement réduite à la défense de Pondichéry et de (juelques forts environnants, sans soldats. \Ai capitulation de Law semblait entraîner fatalement la perte de l'Inde. Seul, Dupleix ne capitulait pas, malgré les nouvelles qui lui parvenaient d'Europe, de la Compagnie des Indes, et qui lui prescrivaient de prendre souci, avant tout, de l'intérêt commercial, sans se mettre en peine de conquêtes dont on ne voyait pas bien, à Paris, l'avantage et les bénéflces. On ne s'y doutait même pas que la lutte était désormais établie entre deux influences, Tinfluence française et l'influence anglaise, et que le triomphe de l'une anéantissait fatalen^ent l'autre à jamais. Le pire

côté (le sa situation, c'est que, Ghanda-Saïb mort, il n'avait plus de prétendant à opposer à Méhémel-Ali, par conséquent pas d'alliés, et que toutes les troupes indoues, revenues sur Tidée de son prestige, allaient se tourner contre lui. Les Anglais et les Indous, c'était trop de moitié, et pourtant, malgré des ressources précaires, Dupleix n'eut pas un moment d'hésitation.

Une chose le confirmait aussi dans son idée de résistance. C'était l'arrivée prochaine des renforts annuels. Que ne pouvait-il faire, avec des troupes fraîches, ardentes et disciplinées, s'il lui était permis d'attendre jusque-là. D'autres, à sa place, avec autant de courage que lui, mais moins d'habileté et de prévoyance, se seraient empressés d'expédier à Bussy l'ordre de revenir. Mais Bussy était le maître encore h la cour de Salabet-Singue. Le Dékan était à lui, donc à Dupleix, à la France. Gomment abandonner une telle conquête, qu'aucun projet ne paraissait inquiéter et qui exerçait sur l'esprit des populations une influence considérable? Dans l'esprit de Dupleix, la force morale devait compter au même rang et au même titre que la force matérielle.

En outre, avec cette habileté dont il avait déjà donné tant et de si grandes preuves, il semait et entretenait la division dans les rangs de ses ennemis. La désorganisation s'y accentuait de jour en jour, entretenue par les émissaires de Dupleix, gens adroits et hardis, fidèles aux plus petites de ses instructions, chargés de séduire ou d'irriter les chefs de la coalition et obéissant tous aux ordres de Madame Dupleix, qui, dans ces circonstances suprêmes, se montra la digne compagne de ce grand homme, auquel la

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Tortune échappait, et qui se sentait encore de force à la retenir. A force d'habileté, sans se compromettre, sans même que rien transpirât des négociations entamées, elle agit avec une telle force sur Tesprit des chefs alliés des Anglais, qu'elle finit par isoler ceux-ci, c'est-à-dire par les laisser avec leur allié primitif, ce Méhémet-Ali qui, par son humeur arrogante et son orgueil, était, sans s'en douter, le plus sûr des collaborateurs de cette femme extraordinaire.

Mais, malgré ces succès diplomatiques, il n'y avait pas moyen d'entamer l'action, sans hommes et presque sans officiers. Les choses traînaient ainsi en longueur, lorsque, le 28 juillet, on signala deux voiles à l'horizon. C'étaient le Bourbon et le Centaure, qui apportaient sans doute de nouvelles instructions de la Compagnie, mais aussi les renforts si ardemment désirés, cinq cents hommes, et encore accablés par les fatigues de la traversée. Dupleix les partagea en deux corps, garda Tun et envoya l'autre à Bussy. En outre il prit ce qu'il put de matelots aux équipages dos navires et se prépara à recommencer ses opéralions militaires avec un effectif aussi mince. Il confia le commandement de la petite troupe à Kerjean, avec ordre de dégager Gingy, occupée par Brenier. qui y tenait avec une énergie extrême, et les Anglais furent battus et contraints à la retraite, sous les murs même de la citadelle où jadis Bussy s'était distingué par un si brillant fait d'armes.

C'était là le premier pas imprimé, presque imposé à la fortune. Méhémet-Ali, surpris par ce ressaut d'énergie, fléchissait, avec la souplesse et l'indécision indoues, entamait, en dessous, des négociations avec Dupleix. Peu à peu les autres chefs, naguère si arro-

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jiiaiils, se iir-lachiTi'nl, se rapprochiTont, rto sorlo que la situation se retrouvait à. peu pri'S la même qu'avant le désastre de Trichinapaly. Dupleix avait même déjà l'idée bien arrêtée d'y bloquer les Angolais, et de les y réduire, sûr quil était maintenant du concours de nombreuses troupes indigènes. A ses yeux, les dt'sastres provoqués par l'incapacité et l'inertie de l,aw étaient déjà réparés. Avec cette admirable coiilianco en lui-même qui ne l'abandonna jamais, il ne sunpeait plus aux heures de détresse et d'abandon, et marchail, l'œil fixé sur l'avenir, avec la certitude de la victoire. L'esprit demeure confondu, en présence d'une pareille énergie, et la postérité, dont nous sommes, ne saurait marchander son admiration et son respect à cet bomme étonnant, que rien ne fit plier et qui, contre tant d'adversaires réunis, lutta jusqu'à ce qu'on vînt l'arracher à sa conquête, comme un commandant de navire que dos armateurs intéressés arracheraient à son banc de quart, pour sauver la carène et contraindraient ;\ se couvrir de toile et à prendre la full''.

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