‹ Les colonies perdues [microforme]Chapitre 15 sur 88 · IROQUOIS · texte numérisé non relu

IROQUOIS

répandus sur les rives septentrionales du Saint-Laurent, les Micmacs ou Souriquois, qui habitaient à l'embouchure du fleuve, et plus au sud les Miamis ou Illinois.

Le second groupe comprenait les Hurons, campés

dans les environs du grand lac qui a gardé le nom de lac Huron, et les Iroquois, dont le territoire s'étendait entre les lacs Ontario et Champlain.

Toutes ces populations sauvages avaient des goûts belliqueux, un superbe mépris de la mort et une haine féroce de l'étranger. Elles firent aux Français, quand ils entreprirent la conquête de leur pays, une guerre acharnée. Parmi les premiers colons qui s'aventurèrent à travers les forêts qui ombiageaient les rives du Saint-Laurent et les bords des grands lacs, nombreux furent ceux qui tombèrent sous la hache des sauvages, sous le terrible tomahawk. Ce ne fut qu’au commencement du dix-huitième siècle, après l’extermination presque complète des Hurons et des Algonquins, qu'ils se décidèrent à déposer les armes et que leurs chefs vinrent à Québec fumer, avec les officiers français et les notables Canadiens, le « calumet de paix ».

Les Iroquois étaient ceux qui avaient le moins souffert pendant les guerres que les sauvages eurent à soutenir contre les colons français. Ce fut parmi eux que Montcalm trouva ses plus fidèles auxiliaires.

Par ce nom d'Iroquois, on désignait une puissante confédération de cinq nations, qui s'étendait, comme nous le disions plus haut, sur les bords de l'Ontario. Nous ne citons pas les noms barbares des cinq nations iroquoises, pour ne pas écorcher les oreilles de nos lecteurs. L'organisation politique des Iroquois était presque républicaine. Chaque nation était subdivisée en clans. Chaque village se gouvernait lui-même, par ses propres chefs, aucune distinction héréditaire

. n'étant admise dans la confédération iroquoise. Les

chefs étaient nommés dans les assemblées populaires, suivant leurs mérites individuels, leur courage et leur éloquence. Ils se vantaient eux-mêmes de joindre la férocité du tigre à la finesse du renard. Ils tendaient aux Français des embuscades à travers leurs épaisses forêts et scalpaient impitoyablement les malheureux qui tombaient entre leurs mains. Parfois, par un raffinement horrible de cruauté, après avoir enlevé à leurs prisonniers la peau du crâne, ils coiffaient les malheureux mutilés avec une sébile remplie de sable brûlant, qui arrêtait l'effusion du sang et prolongeait de plusieurs heures leur supplice.

Les Iroquois avaient cependant une demi-civilisation. À la différence des Algonquins, qui ne vivaient que de la chasse et de la pêche, les Iroquois menaient dans leurs wigwams, qu'ils remplacèrent plus tard par des cabanes d'’écorce, une existence sédentaire. Is labouraient la terre avant l’arrivée des Français et apprirent d'eux avec assez de facilité des procédés de culture plus perfectionnés que ceux qu'ils avaient jusqu'alors mis en usage.

En débarquant er Amérique, Montcalm savait déjà de quelle utilité pouvaient être pour lui ces guerriers indiens d'une bravoure héroïque, indisciplinés, mais ayant des sens subtils et habitués à se battre dans les forêts et les montagnes du Canada. Il rechercha leur alliance, les flatta, les caressa, au point d'adopter leur costume national, de parler leur langage, de prendre, dans ses entretiens avec eux, leurs allures graves et compassées. Ainsi Alexandre-le-Grand prenait les vêtements des Perses et Napoléon I‘, en Égypte, faisait des professions de foi musulmanes. Tel a été le système politique de tous les grands conqué-

rants. Le meilleur moyen d'imposer aux races inférieures les mœurs et la civilisation des races supérieures, c'est de paraître accepter les leurs. On feint d'adopter leurs usages pour pouvoir mettre la main sur elles et leur mieux imposer sa volonté.

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Éblouis, comme nous l'avons dit, par le prestige dont Montcalm était entouré depuis la prise du fort Chouaguen, les Indiens se rangèrent en grand nombre sous les drapeaux du jeune commandant en chef des

troupes franco-canadiennes. Ces sauvages devinrent les éclaireurs de sa petite armée, «-les chiens de

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