‹ Les colonies perdues [microforme]Chapitre 5 sur 88 · HENRI IV · texte numérisé non relu

HENRI IV

Champlain était un homme d'une rare énergie et qu'aucun obstacle ne décourageait. Malgré les tracasseries et les actes d’hostilité des. Anglais et des Hollandais, qui étaient jaloux de notre grandeur coloniale naissante, et bien qu’il n’eût sous ses ordres

qu'un fort petitnombre d'hommes, l'armateur normand qui avait pris en main les destinées de la Nouvelle- France réussit à conclure des alliances avec les populations indigènes et à élever les premières fortifications de Québec. Investi en 1620 du titre de gauverneur, il fit construire le château de Saint-Zouis, qui devint sa résidence, Il fit défricher les forêts qui entouraient Québec et apprit aux sauvages l'usage de la charrue, en même temps qu'il favorisait la fondation de maisons d'éducation et d'établissements de bienfaisance dont plusieurs subsistent encore à l'heure Actuelle.

En 1627, le cardinal de Richelieu organisa une société de cent membres en vue d'achever l’œuvre de la colonisation du Canada. Cette compagnie s’engageait à transporter dans la Nouvelle-France seize mille ouvriers et laboureurs, à les nourrir pendant un certain temps et à leur fournir du blé pour faire des semailles. Le gouvernement français déléguait à la nouvelle société une partie de ses prérogatives et notamment le droit de ncinmer des juges, de fondre des canons, de décerner des titres. La compagnie avait le monopole du commerce des pelleteries dans l'Amérique du Nord et était investie d'un privilège exclusif pour y trafiquer sans âvoir rien à payer au fisc.

Il y avait là une grande idée. Malheureusement, au momentmême où la compagnie venait de seconstituer et commençait à réunir les capitaux nécessaires, la guerre éclata entre la France et la Grande-Bretagne. Une flotte anglaise de dix-huit vaisseaux se dirigea vers nos possessions américaines. La petite ville de Québec, malgré le patriotisme et le courage de sa population de centet quelques Français, étaitincapable

de résister à des forces aussi imposantes. Il n'y avait pas cinquante livres de poudre dans les magasins, etles habitants se trouvèrent réduits à une ration de sept onces de pain par jour. Après avoir supporté les

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