FRANÇOIS
A son retour, le roi Francois If", qui avait assez le goût des entreprises aventureuses (honni soit qui mal y pense), fit le meilleur accueil à l'explorateur breton, lui donna plusieurs gudiences et lui promit de mettre à sa disposition les ressources nécessaires
k LES COLONIES PERDUES,
pour conquérir les vastes territoires dont il lui faisait une description enthousiaste. Malheureusement l'organisation de l'expédition projetée présenta des difficultés de diverse nature et traîna en longueur. Puis la guerre que François I soutenait contre Charles- Quint détourna du Nouveau-Monde la pensée du roi de France. Cependant, M. de Roberval, nommé viceroi de la Nouvelle-France (c'est le nom que Cartier avait donné au Canada),cingla en 1542 avec deux bàtiments vers les rivages du golfe Saint-Laurent et y fonda quelques comptoirs.
Les successeurs de François l‘s'inquiétèrent peu de la Nouvelle-France. Ils abandonnèrent à elle-même leur colonie d'Amérique. Les marins et les négociants qui s'embarquaient dans les ports de la Bretagne et de la Normandie pour aller faire au Canada le commerce de pelleteries agissaient à leurs risques et périls, et n'avaient pas les moyens matériels de fonder des établissements durables et capables de se développer.
Ce ne fut que sous le règne de Henri IV qu'eurent lieu de sérieuses tentatives de colonisation sur les bords du Saint-Laurent. Ce prince, le plus intelligent peut-être qu'ait eu la France, songea, quandil eut mis fin à la guerre civile et reconstitué les finances publiques, à jeter les fondements d’un vaste empire colonial. L'un des gentilshommes qui l’entouraient, M. de Monts, organisa, au moyen d'une subvention * qui lui fut octroyée sur le cassette royale, et aussi avec le concours pécuniaire de plusieurs négociants, une expédition pour Terre-Neuve et le Canada. Parmi les personnes qui montaient les quatre bâtiments affrétés au Havre en 1604 et dont M. de Monts prit le
LE CANADA. ÿ
commandement, se trouvait | armateur dieppois Champlain. Ce fut ce dernier qui eut bientôt la direction de l'entreprise, M. de Monts étant retourné en France en 1606, après avoir exploré l'Acadie et le Canada.